lundi 7 février 2011

A chacun son bouquin...

Marité, c'est à toi!
J'avais pensé à Manhattan Transfer , mais j'ai cru comprendre que la "Grosse Pomme" (l'autre, pas moi) ne t'avait pas laissé que de bons souvenirs. Cette ambiance là te conviendra mieux me semble-t-il:
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Et je ne résiste pas à t'offrir un de mes passages préférés et là, le choix est difficile.... j'en aime tant!
Alors...tiens... celui-là:

A ce moment le père Simon  apparut dans l'encadrement de la porte pour frapper dans ses mains et donner ainsi le signal de l'entrée en classe. Tous, dès qu'ils le virent, se précipitèrent avec impétuosité vers les cabinets, car on remettait toujours à la dernière minute le soin de vaquer aux besoins hygiéniques réglementaires et naturels.
Et les conspirateurs se mirent en rang silencieusement, l'air indifférent, comme si rien ne s'était passé et qu'ils n'eussent pris, l'instant d'avant une grande et terrible décision.
Cela ne marcha pas très bien en classe, ce matin_là et le maître dut crier fort pour contraindre ses élèves à l'attention. non qu'ils fissent du potin, mais ils semblaient tous perdus dans un nuage et restaient absolument réfractaires à saisir l'intérêt que peut avoir pour de jeunes Français républicains l'historique du système métrique.
La définition du mètre, en particulier, leur paraissait horriblement compliquée: "Dix millionième partie du quart, de la moitié... du... ah! merde!" pensait le grand Lebrac. 
Et se penchant vers son voisin et ami Tintin, il lui glissa confidentiellement:
-Eurêquart!
Le grand Lebrac voulait sans doute dire: Eurêka! Il avait vaguement entendu parler d'Archimède, qui s'était battu au temps jadis avec des lentilles.
La Crique lui avait laborieusement expliqué qu'il ne s'agissait pas de légumes, car Lebrac à la rigueur comprenait bien qu'on put se battre avec des pois qu'on lance dans un fer de porte-plume creux, mais pas avec des lentilles.
-Et puis, disait-il, ça ne vaut pas les trognons de pommes ni les croûtes de pain.
La Crique lui avait dit que c'était un savant célèbre qui faisait des problèmes sur des capotes de cabriolet, et ce dernier trait l'avait pénétré d'admiration pour un bougre pareil, lui qui était aussi réfractaire aux beautés de la mathématique qu'aux règles de l'orthographe...."
P:))



3 commentaires:

Marité a dit…

OH! MERCI, MERCI, MERCI Pomme.
Tu ne pouvais faire meilleur choix.
Cette "Guerre des boutons", je la relis régulièrement, car je donne, à l'occasion, des "cours de soutien" à des Grands n'ayant pas rencontré le plaisir de lire... préférant plus la récré. L'histoire me semble tout à fait appropriée pour relativiser leurs difficultés rencontrées à l'école et les faire rire. C'est un livre rabelaisien plein de vie et d'enthousiasme... comme j'aime...
Tu m'as vraiment gâtée et bien "cernée".
GROS BECS.

Lulu Sorcière a dit…

Je m'accroche volontiers à cette boutonnière là, qui habille parfaitement Marité !
Bises !

Odile a dit…

Croustillant ! J'aime ce livre et j'adore le film. Je ne peux m'empêcher de penser, chaque fois que je le vois, que bien des parents, les enfants les plus grands aussi, seraient poursuivis aujourd'hui pour maltraitance... Et les enseignants se retrouveraient au tribunal pour une gifle... Ca rejoint ce que tu as écrit chez moi, Pomme, il me semble.
Bises et... bonne nuit.