mardi 1 février 2011

LIRE ET RELIRE


Un départ pour la guerre-


Ainsi dit l'illustre Hector, et il tend les bras à son fils.
Mais l'enfant se détourne et se rejette en criant sur le sein de sa nourrice à la belle ceinture: il prend peur à l'aspect de son père; le bronze l'effraie et le panache aussi en crins de cheval, qu'il voit osciller, au sommet du casque, terrifiant. son père éclate de rire, et sa mère également. Aussitôt, l'illustre Hector ôte le casque de sa tête: il le dépose, resplendissant, sur le sol. Après quoi, il prend son fils, et le couvre de baisers, et le berce en ses bras. Et il le remet dans les bras de sa femme; et elle le reçoit sur son sein parfumé avec un rire en pleurs.

HOMERE


Mais la guerre n'est pas jolie! L'illustre Hector a péri et sa femme et son fils son captifs du vainqueur:

Dois-je oublier Hector privé de funérailles,
Et traîné sans honneur autour de nos murailles?
Dois-je oublier son père à mes pieds renversé,
Ensanglantant l'autel qu'il tenait embrassé?
Songe, songe, Céphies, à cette nuit cruelle
Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle.
Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,
Entrant à la lueur de nos palais brûlants,
Sur tous mes frères morts se faisant un passage,
Et, de sang tout couvert, échauffant le carnage.
Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des mourants,
Dans la flamme étouffés, sous le fer expirants.
Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue:
Voilà,comment Pyrrhus vint s'offrir à ma vue;
Voilà,par quels exploits il sut se couronner;
Enfin, voilà l'époux que tu me veux donner.
Non, je ne serai point complice de ses crimes;
Qu'il nous prenne, s'il veut, pour dernières victimes

RACINE - Andromaque


1 commentaire:

Amartia a dit…

On ne s'en lasse pas.