... Vous savez, cet exercice qui consiste à augurer de la journée en fonction de la première musique entendue au réveil.
Eh bien, heureusement qu'il fait soleil aujourd'hui! ou alors l'influence d'hier qui se prolonge? Car le soleil hier, était dans la voix de l'inoubliable, inimitable, incomparable Luis Mariano; alors que ce matin on avait droit à une sinistre prise de tête infligée par un chanteur anglais mélopant des airs scandianves... enfin, ce n'est peut-être pas ça, mais ça aurait pu!
Comment me direz-vous, peut-on préférer Luis Mariano? Certes, Francis Lopez n'est pas Verdi et la Belle de Cadix plus légère que Traviata. Mais ce qui compte, n'est-ce pas le bonheur? Le sourire épanoui des gens à l'entracte ou à la sortie du Châtelet? Le même d'ailleurs qu'on voit ces jours-ci dans des pubs annonçant André Rieu (qui n'est pas non plus Joshua Bell). Ce qui compte, ce sont les notes qui nous font décoller du quotidien, qui nous donnent envie de danser avec le balais, de chanter en agitant le chiffon à poussière, d'aller vider la poubelle en songeant àWest Side Story.
Alors, Verdi, Mozart, Hoffenbach, Gershwin, Bernstein ou Francis Lopez deviennent égaux dans le bonheur qu'ils nous offrent; et pour les mêmes raisons, Tino Rossi ou Luis Mariano s'alignent sur Alagna (qui d'ailleurs interprète le répertoire de Mariano), ou Nathalie Dessay.
Certes, Andre Rieu ni Francis Lopez ne donnent à penser. Mais vaut-il mieux rire ou penser? Et je dois avouer que j'ai souvent préféré aller écouter Luis Mariano et ses espagnolades, que voir des acteurs sombres et profonds se rouler sur scène en proférant des phrases aussi sinistres qu'engagées et dont la signification hérmètique (émètique?) a bien du mal à pénétrer mon cerveau populaire.
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