samedi 5 mai 2012

Notre Claude chante clair....

Battre la campagne

Voilà  plus de quatre ans qu'un coq en rien gaulois
Gouvernait sans partage et imposait sa loi. 

Nombre de volatiles n'osaient le contredire
Bien  qu'il fut bas sur pattes, c'est le moins qu'on puisse  dire. 

D'origine hongroise, ce coq trop  agité
Ne laissait à personne le soin de  décider.

Oui mais dans quelques mois il faudrait  bien choisir
Un chef  pour la basse-cour. Qui allait-on élire ? 

« On ne veut plus du coq, il nous a affamés
Gardant  le blé pour lui et pour tous ses poulets » 

Disaient les pensionnaires de notre  basse-cour.
«  Voyons un peu pour qui voter au premier tour.»

Trouver un prétendant n'était pas chose aisée,
On le voulait plus grand, pas trop mou et racé.

Une faisane royale aux dernières élections
Avait  perdu des plumes dans cette confrontation
D'ailleurs perdu aussi la confiance de ses potes
Qui cherchaient quelqu'un d'autre pour battre le  despote.

Un jars avait la côte, vieux mâle grisonnant  ;
Dominer et niquer, tel était son passe-temps.

Partout, dans chaque recoin, on le voyait le  soir
Sauter toutes les oies, qu'elles soient blanches ou  noires.

" Pas question de le prendre, il pense trop  à la chose. 
Qu'il  aille se faire soigner, que nos oies se reposent »

Clamait un fier dindon venu droit de  Hollande
Qui  jurait d'exaucer jusqu'aux moindres demandes.

Il avait réussi à se débarrasser
 D'une  grosse dinde chti qui voulait s'imposer

En cherchant le soutien des poules et des  faisanes
Par  l'interdit des œufs de plus de trente-cinq grammes.

Ce Dindon courtisait une cane colvert.
Migratrice, elle venait d'un pays où l'hiver

Est plus rude qu'en France et pour son  grand bonheur
Avait  mis hors combat un pigeon voyageur.

Au demeurant jolie, elle jugeait qu'il  fallait
Pour pouvoir l'emporter promettre aux poulets

Nourriture plus saine, une vie plus aisée,
Mais  sans OGM et blé labellisé.

Le Dindon disait oui mais en réalité
C'était juste pour lui prendre les voix qu'il  convoitait.

Et pour tout perturber, voila qu'un vieux  poulet
Qui avait trépassé, était ressuscité.

Prétextant qu'il avait ainsi côtoyé  Dieu,
 
La  place de dirigeant, il appelait de ses vœux.
    
Ajoutez à ceux -là une sorte de poule d'eau,
Une  espèce marine qui parlait fort et haut

Et voulait quAllah sorte de son poulailler
Mettre  les poules tête nue qui avaient immigré.

« Elles viennent nous envahir et manger notre  blé
Si on les laisse faire, nos cous elles vont
  plumer.

Renvoyons les chez elles à coups de pieds  aux cul(te)s, !»
Tels  étaient les propos de notre gallinule.

Il y en eu bien d'autres d'ici le premier tour,
Candidats qui voulurent susciter notre amour,

Des paons et des canards essayant de faire croire
Que dans la basse-cour il faut reprendre espoir,

Cahin-caha nous sommes au second tour,
Le hongrois déplumé va griller dans le four,

C'est un bonheur immense,
Et la foule est en transe,

Le bonheur est là, juste à portée de patte.
Vous y croyez vraiment ? Mais que vous êtes tartes  !

          A la manière de  J. de  La Fontaine.  

2 commentaires:

Marité a dit…

EXCELLENT !!!
La Fontaine rigole dans sa tombe :-)
J'ai prévu une tarte à la rhubarbe meringuée...
GROS BECS Pomme et bon dimanche

solveig a dit…

Bon, je vais donc mettre un col pelle-à-tarte ...
Ce La Fontaine n'est qu'un
rabat-joie.