lundi 8 avril 2013

Ah! La mode de chez nous...


Fleurs d’Avril
Ne tiennent qu’à un fil.




MADAME VIGEE-LEBRUN



… Le vêtement doit s’effacer devant la beauté, il doit la servir et non en triompher. Elle-même (Vigée-Lebrun) ne porte plus que des robes blanches de mousseline et de linon. Elle ne se pare que pour ses séances à Versailles, étiquette oblige, sinon le naturel est de loin ce qu’elle préfère. Elle arrange ses cheveux elle-même. Le plus souvent elle se « tortille » un fichu sur la tête. Ses portraits en témoignent. Elle laisse son corps libre de toute entrave, sa coiffure sans apprêt, son visage sans maquillage excessif à une époque où la mode se veut encore sophistiquée. Il y a peu, les coiffures montaient si haut qu’elles ressemblaient à des œuvres d’art ou a des échafaudages.
Dès le début du règne, Rose Bertin, marchande de mode, introduite auprès de Marie-Antoinette par la duchesse de Chartres, entraîne la reine à de folles dépenses de toilettes. Toute la Cour suit les nouvelles modes lancées par la souveraine.
Et Mercier de commenter : « Il n’y a pas longtemps que les hautes coiffures, les plumes, les panaches étaient sur toutes les têtes des femmes. Et au spectacle une rangée de femmes, placées à l’orchestre, bouchant la vue à tout un parterre… » Il se plaint : « Si les femmes pouvaient quitter ce choquant enduit de blanc et de rouge trop prononcé, elles auraient détruit le mauvais goût de leurs mères. »
Mercier a été entendu. Rose Bertin a fait la mode, Elisabeth Vigée-Le Brun va la défaire ! Prônant la simplicité, elle libère le corps des femmes et les habille de robes légères. Elle dénoue les cheveux et les laisse à leur couleur naturelle, elle débarrasse le visage et les joues de leurs fards. Les gestes,  les attitudes de ses modèles ne sont plus raides et compassés mais romantiques et déliés jusqu’à paraître lascifs. Ce naturel, signe que les temps changent, plaira aux femmes, étonnera les hommes, quitte à faire crier les laides ou les vieilles.
Cette mode partie de Paris fera le tour du monde.

Inès de Kertanguy – Madame Vigée Le Brun

Gilles Clément est au Jardin et on perd ses chaussettes dans les Contes

Aucun commentaire: