vendredi 11 avril 2014

L'âme des poètes


Philis, plus avare que tendre,
Ne gagnant rien à refuser, 
Un jour réclama de Lysandre
Trente moutons pour un baiser.

Le lendemain, nouvelle affaire.
Pour le berger le troc fut bon;
Car il obtint de la bergère
Trente baisers pour un mouton.

Le lendemain, Philis, plus tendre,
Ne voulant déplaire au berger,
Fut trop heureuse de lui rendre
Trente moutons pour un baiser.

Le lendemain, Philis, peu sage,
Aurait donné moutons et chien
Pour un baiser que le volage
A Lisette donnait pour rien.

ANONYME

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