samedi 7 juin 2014

L'âme des poètes




Las, où est maintenant ce mépris de Fortune?
Où est ce coeur vainqueur de toute adversité,
Cet honnête désir de l'immortalité
Et cette honnête flamme au peuple non commune?

Où sont les doux plaisirs qu'au soir sous la nuit brune
Les Muses me donnaient alors qu'en liberté,
Dessus le vert tapis d'un rivage écarté,
Je les menais danser aux rayons de la lune?

Maintenant la Fortune est maîtresse de moi
Et mon coeur, qui voulait être maître de soi,
Est serf de mille maux et regrets qui m'ennuient.

De la postérité je n'ai plus de souci,
Cette divine ardeur, je ne l'ai plus aussi,
Et les Muses de moi comme étranges s'enfuient.

DU BELLAY

1 commentaire:

keyouest a dit…

de la pur poésie donnant le rêve ..dommage que ma petite cervelle ne puisse les retenir ,lundissime