vendredi 16 janvier 2015

Et Dieu dans tout ça

Antoinettet Claude nous ont offert ce bel édito de Dominique Quinio ce matin du 9 janvier dans La Croix.
Les caprices de la machine ne m'ont pas permis de le passer plus tôt. Il est encore d'actualité me semble-t-il...



Les terroristes qui ont déclaré la guerre à Charlie Hebdo ont-ils agi au nom de Dieu et de l’islam ?
La question – redoutable – se pose aux musulmans d’abord.
Cet extrémisme djihadiste a-t-il vraiment quelque chose à voir avec leur foi ;
ou est-ce une dérive terroriste d’hommes perdus, qui se parent faussement des habits de l’islam ?

La plupart des responsables religieux et des croyants (ou incroyants) musulmans n’ont pas de doute :
pour eux, cette référence à leur religion est dévoyée,
ils n’ont rien à voir avec les tueurs et condamnent sans ambiguïté leur violence ;
certains s’agacent même de devoir se justifier,
alors qu’ils se sentent pleinement français,
pleinement citoyens,
pleinement républicains.
En revanche, certains y lisent la marque de l’islam,
d’un rapport littéral aux textes,
d’une vision intégraliste du monde qui ne laisserait aucun espace à la liberté de conscience,
au pluralisme religieux, à la critique théologique,
mais précisent que cela ne représente pas tout l’islam ;
d’autres au contraire globalisent l’analyse.
Leur peur peut alimenter une islamophobie qui, dans une spirale infernale,
se traduit en actes ou propos haineux contre des lieux ou des personnes.

Croyants ou non-croyants, il nous faut accepter
– même si elle nous fait horreur –
l’idée que le nom de Dieu n’est pas absent de ces actes,
parce que des terroristes le proclament haut et fort.
Parce qu’en d’autres périodes noires de l’Histoire,
il fut abondamment utilisé par des chrétiens.
Accepter l’idée et la contester.
Aux croyants de dire – et prouver – que le Dieu auquel ils croient
est un Dieu de paix et d’amour,
qu’il appelle mais ne contraint pas,
qu’il libère et n’assujettit pas,
qu’il unit et ne divise pas…
Aux non-croyants d’admettre que la religion ne se résume pas à ses dévoiements
et que le rejet de Dieu conduisit aussi à d’épouvantables tragédies.

Un des caricaturistes assassinés confiait en substance au micro de France Info :
un humoriste ne peut pas croire en Dieu.
Dieu serait-il imperméable à l’humour ?
En lisant la chaîne des hommages de tous ceux (dont le pape) qui,
un jour, se sont vus moqués, parfois méchamment, à la une de Charlie Hebdo,
en écoutant le glas sonner à Notre-Dame comme à Lourdes
pour des victimes qui s’affichaient volontiers mécréantes,
il est permis d’en douter…
L’humour, décidément, n’a ni camp ni frontières.
  

1 commentaire:

Patrick Guéguen a dit…

Le fanatisme islamique est consubstantiel au Coran.