dimanche 25 janvier 2015

Pour prendre patience aux heures de pointe

Le jeu de l'île déserte...

Nombre de joueurs : 2, de sexe autant que possible opposé.
Accessoires: un wagon de métro de 2° classe**** aux heures de pointe..

Les joueurs entrent séparément dans le wagon de métro, chacun par une des portes située aux extrémités du wagon. Ils se trouvent donc séparés par toute la longueur du wagon. L'un des joueurs est le naufragé sur l' île déserte. L'autre est la belle jeune fille qui se noie dans la mer cruelle. Les voyageurs en masse compacte sont les requins sanguinaires.
Le jeu commence quand la belle jeune fille crie:" Au secours! je me noie!" Le naufragé plonge dans les flots pour la sauver. Il doit nager jusqu'à elle en écartant les requins sanguinaires. Pour cela, il dit:" Vous descendez à la prochaine?" 
Si le requin s'écarte, le naufragé avance. S'il ne s'écarte pas, le naufragé force le passage d'un bon coup de talon sur le mufle hideux de la bête.Si, après cela, le requin se le tient pour dit, le naufragé avance. Si le requin se rebiffe, le naufragé improvise. Il faut tenir compte aussi des mouvements de flux et de reflux qui se produisent à chaque station.
Parvenu à la belle jeune fille, le naufragé la sauve, la prend sur son dos et la ramène sur son île déserte par le même chemin.
S'il réussit à faire tout ça avant le terminus, il a gagné. Il fait alors à la belle jeune fille ce que les naufragés font dans ces cas-là. S'il ne réussit pas avant le terminus, il a perdu. Ce sont les requins qui ont gagné. Ils ont le droit d'aller s'acheter une boîte de cachou au machin du quai s'ils ont vingt centimes à foutre en l'air.
François CAVANNA

*** Pour les plus jeunes: si, si il y avait bien des premières classes dans le métro . Qui a dit que le démocratie ne faisait pas de progrès: voici au moins un endroit où la lutte des classes a cessé- Note de la chroniqueuse.

2 commentaires:

croukougnouche a dit…

aahh Cavanna!! un François qui avait le cheveu dru!!

LOU a dit…

J'aurais bien aimé voir de mes yeux vu, cela, dans ma traversée métropolitaine récente !