vendredi 5 juin 2015

Ah! La Mode de chez nous...


"Grâce à monsieur Doucet jusqu'à la fin du mois je n'avais plus rien d'autre à faire qu'à traîner dans les champs, me coucher dans l'herbe, fumer, rêvasser... 
Blaise CENDRARS


En 1924, Jacques Doucet n'est pas très jeune, et la haute couture ne l'intéresse plus guère. D'ailleurs, il déteste qu'on le présente comme un homme de la mode. Certes, il fut - et reste- l'un des grands libérateurs de la femme de la Belle Epoque, celui qui a introduit la légèreté dans les tissus, les dentelles, les plissés, les transparences, les broderies. Il a décidé que les femmes ne devaient plus se plier sous les carcans de formes artificielles et corsetées, mais apparaître comme elles sont, dans des robes moulantes, échancrées, sans artifices.
Il a habillé les plus grandes dames de son temps. Ses défilés sont de véritables manifestations artistiques. Le dimanche, à Longchamp, duchesses et comtesses aiment à montrer ses couleurs pastel, douces et délicates. Les artistes sont ses amies, Sarah Bernhardt et Réjane ses confidentes. Mais lui n'a qu'un désir:vendre sa maison. Car il est d'abord et avant tout un collectionneur. Un quidam un peu fou, même si cela ne se voit pas. Assez bel homme, d'une grande élégance, les cheveux argent, la barbe douce et parfaitement taillée. Il porte des guêtres et, dessous, des souliers incroyablement brillants: la rumeur assure qu'il utilise un vernis spécial et fait passer ses chaussures au four après chaque usage...

Dan FRANCK - Bohèmes

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