jeudi 4 juin 2015

L'Olive

Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,
Et, pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait.

Déjà le ciel aux Indes rougissait,
Et l'aube encore de ses tresses tant blondes
Faisait grêler mille perlettes rondes,
De ses trésors les prés enrichissait:

Quand d'occident, comme une étoile vive,
Je vis sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien! une nymphe en riant.

Alors, voyant cette nouvelle Aurore,
Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'Indique orient.

Joachim DU BELLAY

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