dimanche 20 mars 2016

Article publié dans La Croix du vendredi 18 mars


Lundi prochain, 21 mars, marque le retour du printemps après un hiver tellement doux qu’on ne l’a pas vraiment senti passer. 
Météo France place l’hiver 2015-2016 au 1er rang des hivers les plus doux depuis le début du XXe siècle. 

Des spécialistes se penchent sur les effets pour l’homme de cette séquence climatique inhabituelle.
Encore trois jours. Seulement trois jours. Et enfin, les petits oiseaux pourront se remettre à chanter. 

-A cet endroit la chroniqueuse se permet d'intervenir
Faux! La pariade des oiseaux se situe aux environs du 14 février..
Assez de conjonctures sur le temps qu'il fait ou qu'il ne fait pas et sur les répercussion qu'il peut avoir sur nos chères petites personnes. La terre va mal, elle se révolte. Mais elle existait bien avant l'homme qu'elle éliminera s'il continue ses exactions. Alors acceptons le temps comme il vient et disciplinons nous: cessons de polluer, économisons l'eau et l'énergie, trions nos déchets... Chacun d'entre nous si minime que soit son intervention en plus ou en moins est RESPONSABLE de la terre et du futur de l'humanité-

Lundi, ce sera le 21 mars et l’arrivée du printemps. Et donc la fin officielle de l’hiver. Mais quel hiver ? Car on serait sans doute bien en peine pour trouver des Français qui, en décembre ou en janvier, se sont ruinés en chandails ou en laines polaires pour éviter de grelotter sous les frimas.
Que se passe-t-il quand les températures sont si clémentes ? Pour les espèces animale et végétale, les effets sont notables. Mais qu’en est-il pour l’espèce humaine ? Un hiver presque sans bonnet bouleverse-t-il aussi la santé des citoyens ?

« Le froid tue huit fois plus en moyenne »

En principe, les choses devraient être simples : logiquement, si l’homme ne souffre pas trop des grands froids, cela devrait s’accompagner de bonnes nouvelles sur le front sanitaire. Les médecins, en effet, sont formels : le froid peut être redoutable pour les organismes, en particulier les plus fragiles. 
« Depuis la canicule de 2003, on se focalise beaucoup sur les conséquences de la chaleur. Mais on oublie que le froid tue huit fois plus en moyenne », explique Jean-Louis San Marco, professeur de santé publique à Marseille.
Tout le monde en France se souvient des 15 000 morts de la canicule de 2003. Mais aucun ministre n’a démissionné quand on a appris que l’épidémie hivernale de grippe avait, l’an passé, entraîné 18 300 décès supplémentaires.

Un hiver doux n’empêche pas la circulation du virus de la grippe

Les statistiques seront-elles meilleures cette année ? « Elles le seront sans doute au final. En tout cas, pour l’instant, on n’a pas constaté de surmortalité cet hiver », souligne le professeur Bruno Lina, responsable du centre des virus grippaux de Lyon. 
« Mais il ne faudrait pas conclure que cela est uniquement lié au fait qu’il n’a pas fait froid. On ne connaît pas encore très bien la corrélation entre l’intensité du froid et la circulation du virus de la grippe. Certes, la grippe reste une pathologie hivernale en France, mais ce n’est pas parce qu’il fait moins froid que le virus va moins circuler ou toucher moins de gens. »
Plusieurs raisons permettent d’expliquer la forte surmortalité grippale de l’hiver 2015. « Le froid a joué un rôle bien sûr. Des températures très basses contribuent à fragiliser l’organisme des personnes âgées ou déjà malades, qui sont alors plus vulnérables face à la grippe », explique le professeur Bruno Lina.
Mais en 2015, le vaccin ne contenait pas une des souches (H3N2) présentes dans le virus épidémique. « Cette année, on devrait avoir une épidémie de plutôt faible ampleur. Mais cela s’explique aussi par le fait que la souche B, présente cette année, épargne en général les personnes âgées », souligne le professeur Lina.

Une douceur qui déstabilise

Reste une autre interrogation : cette absence d’hiver a-t-elle eu un impact positif sur le moral des Français ? 
A-t-on recensé moins de dépressions saisonnières, liées au manque de luminosité ? 
« Restons prudents. Ces dépressions restent quand même très marginales. Et il ne faut pas non plus médicaliser certaines réactions liées aux saisons », explique Michel Lejoyeux (1), professeur de psychiatrie à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris. 
 « Oui, on a plus de chances d’être guilleret au printemps. Mais cela ne veut pas dire qu’on va tomber en dépression parce qu’on grelotte durant l’hiver. Il faut arrêter de confondre émotions et maladies. »
Dans ses consultations, le professeur Lejoyeux a toutefois constaté un double phénomène. 
« Le fait qu’il fasse moins froid et que les gens aient eu tendance à sortir davantage semble avoir été un facteur de bien-être, dit-il. Mais en même temps, parmi mes patients anxieux, j’ai aussi vu des gens un peu déstabilisés par ce phénomène inhabituel. Parce que certaines personnes ont un rapport très personnel avec les saisons et qu’elles peuvent être un peu déconcertées par le sentiment de ne plus être en phase avec les grands cycles naturels du monde et de la nature. »
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Un hiver dans le monde

Dans le monde  : selon la Nasa, le mois de février 2016 a été le plus chaud des 136 dernières années. Les températures ont atteint 1,35 degré de plus que la moyenne observée entre 1951 et 1980.

Aux États-Unis : pour les météorologistes américains, l’hiver qui vient de se terminer a été le plus chaud jamais répertorié dans les données.

En Russie : les températures relevées au cours des trois derniers mois étaient de 4 à 5 degrés supérieures à la moyenne.​

En France : les températures moyennes enregistrées en décembre, janvier et février ont été de 8 °C, soit 2,6 °C au-dessus de la normale.

En Allemagne : la température moyenne a été de 3,6 degrés plus élevée que les valeurs de référence relevées entre 1961 et 1990.

Pierre Bienvault      

               

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