Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.
A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.
Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.
Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.
Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.
Tony Hillerman est mort l'année dernière; il avait 83 ans...
Si vous avez envie d'un voyage en pays Navajo, lisez ou relisez ses polars ethnologiques qui se passent aux USA dans la région de Four Corners sur la réserve des indiens Navajos.
Suivez dans ses enquêtes le lieutenant Joe Leaphorn, officier de la police tribale Navajo, parfaitement assimilé mais qui se trouve sans cesse confronté à ses racines, à un univers où l'inattendu, l'irrationnel, viennent à tout moment modifier le cours des évènements. Si vous avez envie de savoir qui sont les Navajos du 20° siècle, prenez la trilogie de Joe Leaphorn:
"La Voie de l'Ennemi"
"Là où dansent les morts"
"Femme qui écoute"
Comme j'imagine que vous en voudrez encore, lisez "Coyote Attend", où apparaît Jim Chee qui va prendre la suite de Joe, proche de la retraite. Jim, lui est tout à fait Navajo...
Si Pénélope avait connu les hauts faits guerriers et maritimes de son aventureux époux, nul doute qu’au lieu de défaire chaque soir sa tapisserie, elle les eût sur la toile, brodés au petit point. Cela lui aurait pris tout aussi longtemps et peut-être nous serait-il resté des images de ces temps légendaires, tout comme nous est resté avec la tapisserie de Bayeux, le souvenir de la bataille d’Hastings et de Guillaume le Conquérant qui, réussit l’exploit non renouvelé depuis, pas même par Napoléon : envahir l’Angleterre.
Cette tapisserie, dite aussi de la reine Mathilde fut commandée soit par la reine, épouse de Guillaume, soit par Odon, son demi-frère , évêque de Bayeux. Guillaume victorieux, offrit à ce dernier le comté de Kent qui comptait dans ses habitants les habiles artisans à qui seront confiés la réalisation de l’ouvrage.
Long de 70 mètres et large de 0, 5m, il représente 10 années de travail.
Exposée pour la première fois en juillet 1077 dans la cathédrale de Bayeux la tapisserie est vraisemblablement inachevée, puisque n’y figure pas le couronnement de Guillaume qui eut lieu le 25 décembre 1066. On pense qu’Odon fut arrêté pour trahison en 1082 et que sans commanditaire, l’œuvre ne fut pas terminée.
Le terme de tapisserie est inexact puisqu’il s’agit en fait d’une broderie exécutée au fil de laine à deux brins, en huit teintes naturelles, sur un assemblage de plusieurs morceaux de toile bise. Les points employés sont une variante du point de tige pour les contours et le point de couchure dit depuis point de Bayeux pour le remplissage
Exposé au musée de la reine Mathilde à Bayeux l’ensemble se trouve dans un état d’exceptionnelle conservation. Les bordures du haut et du bas représentent des scènes de chasse et de vie paysanne.
On peut la considérer comme l’ancêtre de la bande dessinée, puisque les évènements historiques montrés dans la partie centrale sont précédés d’explications en latin.
Cette fresque textile raconte comment Guillaume, septième duc de Normandie qui était le descendant direct de Rollon, ce chef viking à qui le roi de France Charles III concéda le pays de Caux afin de faire cesser les incursions de ces terribles guerriers qui ravageaient les côtes de France et semaient la terreur jusqu’à Paris.
Guillaume avait huit ans quand son père, Robert la Magnifique, mourut au cours de son retour de Terre Sainte.
Au cours de trente années consacrées à unifier son duché il combattit plus souvent ses propres barons que ses voisins anglais avec qui il entretenait de bonnes relations. Si bonnes que son cousin, Edouard le Confesseur qui avait repris l’Angleterre aux Danois, le désigna comme successeur.
Mais à cette époque, l’aristocratie anglo-saxonne menée par Goldwin, duc de Wessex, s’opposait à la noblesse d’origine normande. Tandis qu’il envoyait deux otages à la cour d’Edouard en témoignage d’approbation, le duc proposait à ses partisans d’élire son fils Harold qui n’avait pourtant aucune raison légitime de prétendre à la Couronne.
Le 5 janvier 1066, Edouard meurt et Harold s’empare de la Couronne.
Guillaume aussitôt prépare une expédition militaire afin de défendre son bon droit. Ce qui ne va pas tout seul car les chevaliers et seigneurs normands, lassé de trente ans de lutte avec leur duc, ne sont pas convaincus du bien fondé de l’expédition. Guillaume réquisitionne partout : en Bretagne, en Flandres, en Bourgogne et jusqu’en Italie. Il rassemble une flotte de 1000 navires.
Parallèlement, il envoie des émissaires au pape Alexandre II dont il obtient le soutien officiel. Il s’assure aussi de l’aide du roi de Norvège en lui offrant de partager les terres conquises et achète la neutralité d’autres souverains scandinaves.
Diplomate et aussi stratège, il attend contre tous les avis, l’automne et le moment où Harold démobiliseses barons , pour prendre la mer et débarquer sur les côtes anglaises.
C’est donc à Hastings, le 14 octobre 1066, qu’il met en déroute Harold et son armée. Ce dernier, ses frères et la fine fleur de la chevalerie anglaise, y laisseront leur vie.
Toute opposition abolie, Guillaume régnera sur l’Angleterre qui jamais plus ne laissera une flotte aborder ses côtes ni une armée l’envahir.
Un mari qui hait le chat de sa femme décide de l'emmener en voiture à 20km de là.
Il l'abandonne et retourne à la maison, à sonarrivée le chat l'attend sur le pas de la porte.
Nerveux il reprend le chat et l'emmène à 40 km de à puis l'abandonne de nouveau, à son arrivée à la maison le chat l'attend sur le pas de la porte.
Furieux il reprend le chat et fait 10 km par la droite, puis 25 par la gauche, 30 km vers le Nord, et 25 km vers le Sud.
Il abandonne le chat et repart.
Au bout d'un moment il appelle sa femme avec le portable :
- Chérie, juste une question, le chat est-il là?
- Oui il vient d'arriver pourquoi ?
- Passe moi ce connard au téléphone, je suis perdu.
mardi 13 octobre 2009
Le jeune Bambin se réveille en pleine nuit et IL entend du bruit qui vient De la chambre de ses parents. Il se lève discrètement et va observer la scène intime. Le lendemain matin, au petit déjeuner, IL demande à maman : - Pourquoi TU rebondissais sur Papa, hier ? La mère, gênée, improvise : - Tu sais, comme Papa a un gros ventre, je saute dessus pour Le faire Maigrir ! Le bambin réfléchit deux secondes et dit : - Ca NE marchera jamais ! Sa maman, amusée, lui demande : - Et pourquoi, ça NE marcherait pas selon toi ? Le bambin explique : - Parce que quand TU vas faire les courses, Le samedi après-midi, IL y a Une dame qui vient et qui regonfle Papa.
lundi 12 octobre 2009
Mon cœur, c'est papa au téléphone. Tu peux me passer maman ? - Ze peux pas, elle EST à l'etaze dans sa chambre avec oncle David. Bref silence... - Mais ma chérie, TU n'as pas d'oncle David. - si si IL EST dans la chambre avec maman ! - Bien, OK, bon, alors, voila ce que je veux que TU fasses : pose le téléphone, cours en haut, frappe à la porte de la chambre, et crie à maman et oncle David que la voiture de Papa vient d'entrer dans Le garage... - D'accord papa Quelques secondes plus tard, la fillette revient au téléphone. - Z'ai fait ce que TU m'as dit, papa. - Et qu'est-ce qui s'est passé ? - Ben, maman s'est mise à crier, à sauter hors du lit toute nue, elle s'est mise à courir partout, elle a glissé sur Le tapis, elle EST tombée par la fenêtre, et maintenant elle EST toute morte. - Oh Mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon Dieu !... Et oncle David ? ' - Ben, IL a sauté hors du lit tout nu, s'est mis à courir partout, puis IL a sauté par la fenêtre de derrière dans la piscine... Mais IL a oublié que le week-end dernier TU avais vidé la piscine pour la nettoyer, et maintenant iL EST tout mort lui aussi.... Long silence... Puis papa dit : - La piscine ? Quelle piscine ? Je suis bien au 01.45.7???????
Le corps du PDG de France Télécom a éte retrouvé sans vie ce matin au siège social du groupe. D'après les premières constatations du médecin du travail de l'entreprise, il se serait donné la mort en s'assénant une trentaine de coups de hache dans le dos. La thèse du suicide est donc incontestable.
Devinez où a fini le portable de Didier?
Qu'est ce qui a poussé ce brillant dirigeant à se donner la mort? Sa femme et ses enfants, sous le choc, affirment n'avoir pas vu venir le drame, décrivant un homme épanoui dans sa vie privée. "Il faisait plein de projets. Hier encore, il parlait de nous emmener en week-end à Dubaï, comme une famille normale". Mais son travail le préoccupait : "Ces dernières semaines, son job de chef d'entreprise s'est considérablement dégradé. Il avait une énorme pression. Les syndicats le harcelaient sans cesse, lui demandaient des comptes sur la gestion de l'entreprise. Il le vivait très mal". Un proche de la famille n'hésite pas à accuser : "Ses salariés l'ont tué. Il a été victime du harcèlement de ses employés, qui font régner la terreur dans l'entreprise. N'oubliez pas qu'il s'agit de fonctionnaires pour la plupart et syndiqués parfois! Chaque jour ils exigeaient plus de lui : alors qu'à la base il était formé pour contenter les marchés financiers, réduire les coûts, les effectifs, les syndicats le harcelaient pour qu'il améliore sa gestion des ressources humaines. Il n'a pas supporté cette destabilisation, ses repères étaient chamboulés". Jusqu'à l'irréparable?
Soucieux jusqu'au bout de la réduction des coûts, Didier Lombard a légué son corps à la cantine de France Télécom
Du côté des syndicats de France Télécom, le son de cloche est bien sûr très différent. D'après Jean-Paul, délégué CFDT, la polémique est vaine : "Je ne dis pas que le dialogue social est parfait dans l'entreprise, mais il est globalement apaisé. Ces allégations sont ridicules. Le suicide est un problème complexe, qui relève avant tout de la sphère privée. Je tiens à présenter à la famille toutes mes condoléances". Sous couvert de l'anonymat, certains salariés évoquent à demi-mot les problèmes personnels de la victime, parlant tour à tour "d'insuffisances sexuelles", de "fragilité psychologique" ou de "grosses pertes en bourse".
La piste privée reste d'ailleurs privilégiée par le CHSCT de l'entreprise, une thèse renforcée par la lettre laissée par Didier Lombard. Avant son geste fatal, Didier Lombard avait en effet recouvert son bureau d'inscriptions sans ambigüité en lettres rouge sang : "Tu vas crever charogne", "Tu vas payer pour les 23 ", autant de mea culpa qui dessinent un homme au passé trouble et rongé par le remord.
Conseil d'administration à France Télécom
Malgré tout, du côté du gouvernement, on "craint un effet de contagion" chez les patrons de grandes entreprises. Un ensemble de mesure (drap en papier déchirable, bureau individuel, réduction de charges, bouclier fiscal) va donc être mis en place pour prévenir une hécatombe au sein du MEDEF. Car on l'oublie trop souvent, derrière le chef d'entreprise conquérant, se cache bien souvent un homme à la sensibilité à fleur de peau.
lundi 28 septembre 2009
Quel jour sommes-nous
Nous sommes tous les jours
Mon amie
Nous sommes toute la vie
Mon amour
Nous nous aimons et nous vivons
Nous vivons et nous nous aimons
Et nous ne savons pas ce que c'est que la vie
Et nous ne savons pas ce que c'est que le jour
Et nous ne savons pas ce que c'est que l'amour.
Je sers à tous les usages Les fous comme les sages souvent me noircissent Bien peu me blanchissent Ne suis ni valet ni page Cependant, je deviens page.
Solution en colonne de droite sur http://gdscendu.blogspot.com
J'ai rencontré Mehdi à la fac. Il était en maîtrise de droit privé, mais personne n'est parfait. On s'est plu, on est tombé amoureux, on a vécu ensemble quelques années. C'est grâce à lui que j'ai réalisé que le répertoire de blagues et de poncifs sur les auvergnats était impressionnant.
D'abord, disons le, Mehdi avait vraiment une gueule d'Auvergnat typique : peau mate, barbe noire, cheveux noirs et yeux noirs. On le voyait à cent mètres qu'il était d'origine Auvergnate. Et je ne vous raconte pas le nom de famille, volcanique à souhait.
Quand je l'ai présenté à ma famille, parce que j'ai fait les choses bien comme il faut, il y a tout de suite eu deux camps : ceux qui n'ont rien dit à propos de ses origines auvergnates et ceux qui ont tiqué. Quand on allait manger chez ces derniers, on sentait toujours qu'il était pénible de leur imposer ces foutues origines auvergnates :
- Mais, je comprends pas.... Il peut manger quoi Ahmed ?
- Mehdi, il s'appelle Mehdi.
- Oui, pourquoi ?
- Tu l'as appelé Ahmed.
- Ah. il mange quoi alors... Mehd...
- Mehdi.
- Mehdi, oui. C'est compliqué, j'arrive pas à le retenir.
- Si tu sais dire "Mais, dis...", tu tiens le bon bout...
- Oui, bon il mange quoi alors...
- Ben comme moi, pas de soucis.
- Mais il est pas auvergnat ?
- Si, mais pas pratiquant.
- Ah bon, ça existe ?
- Oui, tu sais, l'Auvergne, il n'y a jamais habité. Hormis le Saint Nectaire, qu'on achète de temps en temps, on ne mange pas souvent auvergnat.
Ensuite, j'ai eu le droit à : "Si vous faites des enfants, attention qu'il ne les ramène pas en Auvergne"
Mais il y eu aussi : "Tu sais, les Auvergnats, ils sont gentils au début, mais il faut faire attention quand même." Au début, ils font des bisous. C'est après que ça se gâte...
L'Auvergne : une vision rétrograde de Lafâme.
Du coup, il a fallu que je fasse attention. Si je m'amusais à dire "J'adore les volcans" ou "Clermont, c'est sympa finalement" (on dit de ces trucs, parfois), ils ouvraient tout de suite des yeux ronds et bavaient un : "Ah, parce que tu te sens auvergnate maintenant ?".
Leur existence en tant que corporation ne remonte qu’à l’année 1675. Auparavant, seuls les tailleurs possédaient le privilège officiel d’habiller les hommes comme les femmes. Par exception, les filles des maîtres-tailleurs, et encore, avant d’être mariées, avaient le droit de vêtir les enfants jusqu’à l’âge de huit ans.
Dans les faits, depuis que les femmes savent tenir une aiguille, elles cousent, avec plus ou moins de bonheur ; les moins adroites trouvant toujours le moyen de se faire aider des plus habiles. Dans les maisons riches comme dans les campagnes, nombreuses étaient les femmes qui allaient « en journée » travailler comme lingères, couseuses ou repasseuses. De là à réaliser des toilettes entières, le pas était vite franchi, ce qui n’était guère du goût de Messieurs les Tailleurs, qui leur menaient une guerre sans merci, portant plainte auprès des lieutenants de police, les faisant écraser de lourdes amendes, et allant jusqu’à faire saisir chez elles étoffes et costumes.
Mais jamais on ne put interdire aux femmes de préférer volants et dentelles aux sévères costumes de lainage. Grâce au soutien de leurs employeuses et clientes, les couturières ont fini par avoir gain de cause. Rose Bertin en 1770, ouvrit son magasin de modes à l’enseigne du « Grand Mogol ». Le succès fut tel que la reine Marie-Antoinette fit de la couturière son « ministre de la mode ». C’est ainsi que s’ouvrit la route que suivirent plus tard Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, Sonia Rykiel et tant d’autres.
La couture sut prendre si bien sa place aux côtés des tailleurs que les hommes ont voulu devenir couturiers. Cependant, chez Christian Dior, Yves Saint-Laurent ou Christian Lacroix, pour ne citer qu’eux, le distinguo subsiste : il y a dans les maisons de couture, les ateliers « tailleur » dirigés le plus souvent par un homme et les ateliers de « flou » dont la « première » est la plupart du temps une femme.
Les couturières toujours soignées et bien mises ont partagé avec les lingères et les modistes la douteuse réputation d’avoir des mœurs légères. S’il est vrai que la précarité de leur condition a pu inciter certaines, -dans les siècles précédents surtout-, à embrasser la profession plus rémunératrice de courtisane, la plupart d’entre elles ont su vivre d’un travail aimé quoique souvent ingrat. Certaines, et là je cite encore Chanel, ont largement contribué au renom de l’artisanat français dans le monde.
Depuis que la chère Marcelle Ségal s'en est allée réconforter les anges, à qui confier nos peines de coeur?
Cydalise,
..."Jeune, vive, jolie, de ces femmes rares, pour lesquelles on sent, dès la première entrevue, quelque chose de plus que de la politesse....Cydalise pensait avec justesse, s'exprimait avec grâce, sa conversation attachait; et sin l'on ne se lassait point de la voir, on se lassait encore moins de l'entendre..."
ainsi nous la décrit Diderot dans "Les Bijoux Indiscrets", Cydalise donc sans oser prétendre à son expérience, son intuition et son bon sens, vous propose ses conseils.
Confiez-lui sans crainte vos états d'âme et ne craignez pas son humour.
Cette rubrique est la vôtre, aussi n'hésitez pas à vous répondre les uns aux autres; Cydalise transmettra.
Et ne croyez pas la chanson qui dit que....
Jeunes gens, jeunes filles, ne vous vantez jamais d’être plus habiles que les Dieux. Cela les indispose et leurs vengeances peuvent être terribles.
Actéon, prince de la famille royale de Thèbes, avait été éduqué par un sage mi-homme, mi-cheval : le centaure Chiron, qui lui enseigna entre autres connaissances, l’art de la chasse. Le jeune homme y devint fort habile. Il était jeune, il était chasseur ; il était vantard. Il racontait partout que la déesse de la chasse elle-même, ne pouvait l’égaler. Artémis le sut ; les Dieux savent tout. Furieuse, elle résolut la perte de celui qui se voulait son rival.
Actéon, sa meute et ses gens partirent à la chasse un matin. L’été finissait, une légère brume dorée laissait présager une journée chaude et ensoleillée. Le gibier ce jour-là abondait, mais étrangement ne se laissait pas prendre. Aucun chasseur n’aime à rentrer la giberne vide. Le prince mortifié, poursuivait la sauvagine sans prendre garde au soleil qui s’élevait dans le ciel, sans même s’apercevoir qu’il laissait derrière lui ses compagnons. Midi approchait, la chaleur de plus en plus forte faisait haleter les chiens, certains fatigués se couchaient, mais Actéon, miraculeusement rapide et léger courait l’arc à la main.
Il entra dans un bosquet sombre et silencieux où il fut brusquement terrassé de soif et d’épuisement. D’une grotte s’échappait un murmure d’eau courante, bientôt accompagné de cris et de rires de jeunes filles. Il s’avança ; dans l’ombre fraîche une source s’écoulait vers un bassin où des beautés, probablement des nymphes, s’ébrouaient en riant. Elles étaient nues. La plus grande et aussi la plus belle avait relevé ses cheveux retenus par un peigne d’or en forme de croissant de lune. De l’autre côté du bassin, un arc et des flèches étaient posés.
Actéon captivé, oubliait la fatigue et la soif. Avait-il reconnu la déesse ? il ne pouvait en détourner les yeux.
Artémis rosit d’émotion, de rage aussi car elle devait rester chaste et le chasseur était beau. Le meurtre passa dans ses yeux. Son arc hors de portée, elle se baissa et des deux mains éclaboussa le jeune homme en riant méchamment : «Va maintenant si tu peux, te vanter de ce que tu viens de voir ! »
Chaque goutte qui touchait Actéon faisait pousser sur sa peau, des poils. Une gerbe aspergeant son visage le transforma en mufle, ses cheveux devinrent ramure et ses mains, sabots. Et pire encore : son cœur qui jamais n’avait connu la crainte se mit à battre sans contrôle. Affolé de peur, le chasseur devenu cerf, se sauva droit devant lui.
Il rencontra bientôt sa meute : cinquante chiens blancs aux oreilles rouges, désemparés, sans maître, sans ordres, lui sautèrent à la gorge, lui mordirent les jarrets. Il tomba sur le sol. Lacéré, éventré, dépecé, sans pouvoir proférer ni un cri ni une plainte, il expira, mis en pièces par ses propres chiens.
Calmée, repue, la meute poursuivit son errance, cherchant partout son maître en aboyant à tous les échos. Chiron les entendit et les prit dans sa grotte où il éleva une statue en mémoire du prince infortuné.