A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

lundi 1 février 2010

J.D Salinger - L' Homme Hilare (4)

... Je ne vais pas le faire, bien sûr, mais je pourrais pendant des heures entraîner le lecteur - de force si nécessaire- de part et d'autre de la frontière sino-parisienne. Il se trouve que je considère l'Homme Hilare comme un de mes glorieux ancêtres, une sorte de Robert E. Lee, vous voyez, avec toutes les vertus attribuées à la sorcellerie. Et cette illusion est bien sage comparée à celle que je nourrissais en 1928, lorsque je me considérais non seulement comme le descendant direct de l'Homme Hilare, mais comme le seul légitime encore en vie. Je n'étais même pas le fils de mes parents, en 1928, mais un imposteur diabolique et sournois, guettant leur plus légère erreur pour avoir l'excuse - de préférence sans violence, mais pas nécessairement - de prouver ma véritable identité. Pour ne pas briser le coeur de ma fausse mère, je projetais de l'associer à mon activité clandestine, et de lui trouver l'emploi indéfini mais royal qu'elle méritait. Mais ce que j'avais, moi, de primordial à faire, en 1928, c'était de surveiller ma démarche, faire semblant de jouer, me brosser les dents, peigner mes cheveux. A tout prix, étouffer ma hideuse hilarité naturelle.
En réalité, je n'étais pas le seul légitime descendant encore en vie de l'Homme Hilare. Nous étions vingt-cinq Comanches au Club, autrement dit vingt-cinq descendants légitimes et bien vivants, parcourant la ville incognito avec des airs menaçants, jaugeant de l'oeil les lifitiers d'ascenseurs comme d'éventuels ennemis mortels, chuchotant du coin des lèvres des ordres bien sentis à l'oreille des cockers, visant de l'index le front des professeurs d'arithmétique. En attendant toujours l'occasion propice de jeter la terreur et l'admiration dans le coeur du commun des mortels.
Un après-midi de février, alors que la saison de base-ball comanche venait de s'ouvrir, je vis quelque chose de nouveau accroché dans le bus du Chef: une photographie à bords dentelés fixée au-dessus du rétroviseur, sur le pare-brise, qui représentait une fille en costume universitaire. Il me sembla qu'une photo de fille jurait avec le très masculin décor du bus, et je demandai vivement au Chef qui c'était. Il éluda d'abord la question, mais reconnut finalement que c'était une fille. Je lui demandai comment elle s'appelait. Il répondit mal à l'aise:" Mary Hudson." Je lui demandai si elle faisait du cinéma ou quelque chose. Il dit non, qu'elle était au collège Welleslay. Il ajouta, après mûre réflexion, que le collège Wellesley était une institution très sélect. Je lui demandai pourquoi, en tout cas, il avait sa photo dans le bus. Il haussa les épaules, comme pour laisser entendre à ce que j'ai compris, que la photo lui avait été plus ou moins imposée.
Les deux semaines suivantes, imposée ou non, la photo ne fut pas enlevée du bus. Elle ne disparut pas avec les papiers d'emballage Baby Ruth et les bâtons de sucettes. Nous, les Comanches, finissions par nous y habituer et bientôt nous n'y prêtâmes pas plus d'attention qu'au cadran indicateur de vitesse.

A demain....



Faisons un rêve (4)

Mécanisme du rêve
Le mécanisme physiologique du rêve a bien été mis en évidence par les chercheurs depuis Michel Jouvet dès 1958 (4). Et selon sa propre expression nulle progression ne s’est opérée depuis une trentaine d’années.
Cependant les rouages qui déterminent telle ou telle catégorie de contenu échappent à notre compréhension et nous ne pouvons que dresser des hypothèses que le travail de la psychothérapie contribue à forger.
Selon un préjugé tenace, mais qui ne tient pas à l’observation, les rêves ne seraient que tissés des informations de l’état de veille. Ce qui paraît assujettir leurs contenus à ceux de la conscience. Cela supposerait, par incidence, que la conscience serait capable de se remémorer les événements importants qui seront repris dans le rêve et qu’elle contrôle en quelque sorte les mécanismes du rêve.
En fait, dans la dialectique Conscient/Inconscient, c’est le Conscient qui demeure tributaire de l’Inconscient (5). Cela C. G. Jung l’a parfaitement montré et cette hypothèse est la plus pertinente si nous voulons articuler le langage du rêve à celui de la conscience. Un rêve se constitue en fait comme une tablette de hiéroglyphes. C’est l’analogie la plus proche qui soit. Les « signes » qui constituent le contenu du rêve sont certes issus de la vie de veille, mais ils opèrent grâce à la puissance de l’affect qui leur est attaché.
L’affect dans le rêve
Au rêve personnel porteur de sens est toujours attaché un affect qui indique la charge d’énergie potentielle attachée au message. Cet affect peut être constitué d’émotions, mais il existe d’autres manières de représenter la charge affective, les couleurs, les sons, les parfums, etc. En fait, les cinq sens peuvent être mobilisés soit de manière singulière soit en synergie. Cependant les rêves qui mobilisent tous les sens sont rarissimes. Les rêves qui contiennent des sons sont eux-mêmes rares, même chez des musiciens.
Les rêves en couleurs ne sont pas fréquents et quand ils existent de façon constante chez un individu, cela met l’accent sur un aspect particulier de sa personnalité.
Les affects sont constitués, la plupart du temps, par des émotions communes, facilement repérables par le rêveur.
Or, c’est l’affect qui établit la véritable connexion porteuse de signification entre la réalité de la conscience et la réalité du rêve.
Tout se passe comme s’il existait une ou plusieurs réalités parallèles à celles de la conscience et que celles-ci communiquent par l’intermédiaire de points de jonction signalés par les affects.
La conscience n’accordant pas la même importance que l’inconscient aux événements, celui-ci se saisit d’événements particuliers de la vie courante pour attirer l’attention du rêveur vers d’autres horizons, une autre dynamique de vie. Cela induit l’hypothèse selon laquelle quelque chose en nous perçoit et enregistre plus que ce que la conscience mémorise. Cela, nous pouvons nous en servir dans un travail en profondeur sur les images intérieures. (6)
4. Le sommeil et le rêve, Michel Jouvet, Éditions Odile Jacob, 1992.
5. C’est ce qui est d’ailleurs signalé par les rêves du jeune enfant entre 3 et 6 ans qui signalent qu’un être dévoreur menace de l’avaler, de le dévorer, de l’engloutir. On peut traduire par : La toute jeune conscience en voie de constitution, encore fragile, est menacée d’engloutissement par les forces gigantesques de l’Inconscient figurée ainsi par cet être surpuissant.
6. Si la recherche sur les phases du sommeil et la vie onirique a peu progressé depuis 20 ans, en ce qui concerne les images intérieures, c’est le grand désert.
Illel Kieser El Baz,
Psychothérapeute, Psychologue clinicien
Toulouse, France
.

dimanche 31 janvier 2010

Spécial Lulu


Une pas trop "customisée" par la ménagerie... l'avantage des carrés, c'est qu'on peut remplacer ceux qui ont trop souffert...
J'attend de voir tes autres...
PP

J.D Salinger - L' Homme Hilare (3)

L'Homme Hilare n'avait pas son pareil pour coller son oreille au sol et détecter les confidences, mais il n'avait jamais pu découvrir les secrets professionnels des bandits. Il s'en moquait d'ailleurs, et un beau jour, il mit sur pied un système à lui, bien plus efficace.
Il commença d'abord, sur une petite échelle, par opérer en franc-tireur dans la campagne chinoise, volant, assommant, assassinant seulement quand c'était absolument nécessaire.En très peu de temps, ses ingénieuses méthodes criminelles, alliées à un singulier amour de la loyauté, le rendirent populaire et il devint cher au coeur du pays.
Pourtant, fait étrange, ses parents adoptifs (les bandits qui l'avaient à l'origine poussé au crime) furent les derniers à avoir vent de ses exploits. Quand ils les connurent, ils furent malades de jalousie.Une nuit, ils défilèrent un à un devant le lit de l'Homme Hilare, croyant l'avoir endormi profondément avec une drogue., et ils massacrèrent à coups de machettes la silhouette qui se dessinait sous les couvertures. La victime s'avéra être la mère du chef des bandits, une mégère désagréable et chicanière. Cela ne fit bien sûr que rendre les bandits plus avides encore du sang de l'Homme Hilare, et, en définitive, il se vit obligé d'enfermer toute la bande dans un mausolée profond mais gentiment décoré. Ils s'évadaient de temps en temps et lui donnaient du fil à retordre, mais il se refusait à les tuer. (C'est ce côté charitable du caractère de l'Homme Hilare qui me rendait complètement cinglé.)
Bientôt, l'Homme Hilare prit l'habitude  de franchir régulièrement la frontière chinoise pour entrer à Paris, en France. Là, il s'amusait à opposer avec modestie son immense génie à Marcel Dufarge, le fameux détective international, remarquablement intelligent mais poitrinaire. Dufarge et sa fille (une exquise jeune fille quoiqu'un peu faux-jeton) devinrent les pires ennemis de l'Homme Hilare. De temps à autre, ils essayaient de l'attirer jusqu'à la porte du jardin. Par goût du risque, l'Homme Hilare les accompagnait jusqu'à mi-chemin puis il disparaissait, le plus souvent sans même laisser une explication plausible quant à la manière dont il s'échappait. De temps à autre, aussi, il postait, par les bouches d'égouts de Paris, un incisif petit billet d'adieu qui arrivait en un rien de temps à Dufarge. Les Dufarge passaient un temps fou à patauger un peur partout dans les égouts de Paris.
Bientôt, l'Homme Hilare amassa la plus énorme fortune personnelle du monde. Il en donnait la majeure partie, sous forme de contribution anonyme, aux moines d'un monastère local, d'humbles ascètes qui avaient consacré leur vie à l'élevage de chiens policiers allemands. Avec ce qui lui restait de sa fortune, l'Homme Hilare achetait des diamants qu'il cachait en passant, dans des grottes d'émeraude, sous la mer Noire. Ses besoins personnels étaient minimes. Il vivait exclusivement de riz et de sang d'aigle, dans un minuscule cottage avec gymnase souterrain et salle d'armes, sur la côte venteuse du Tibet. Quatre acolytes avuglément dévoués vivaient avec lui: un loup des bois bavard et retors nommé "Aile Noire", un adorable nain nommé Omba, un géant mongol nommé Hong (sa langue avait été brûlée par les Blancs), et une splendide eurasienne qui, par amour hélas non partagé pour l'Homme Hilare, et par souci de sa sécurité personnelle, avait quelque fois une fâcheuse propension au crime. L'Homme Hilare donnait ses ordres à la bande à travers un écran de soie noire. Personne, pas même Omba, le nain adorable, n'avait le droit de voir son visage....

A demain....

Faisons un rêve (3)

Le rêve comme transformateur
Il ressort néanmoins un trait commun de ces récits que les mythes rapportent : les rêves ou les visions sont de puissants transformateurs de culture, voire de civilisations. Dans les temps historiques nous ne pouvons oublier le rôle que jouèrent les visions et les rêves dans la vie du Prophète Mohammad. Et ce fut la naissance de l’Islam.
C’est dire la formidable puissance emmagasinée par le rêve et dont le développement façonne une tranche d’histoire.
Fort justement Michel Jouvet affirme : « Gardien et programmateur périodique de la part héréditaire de notre personnalité, il est possible que chez l'homme, le rêve joue également un rôle prométhéen moins conservateur. En effet, grâce aux extraordinaires possibilités de liaisons qui s'effectuent dans le cerveau au moment où les circuits de base de notre personnalité sont programmés, pourrait alors s'installer un jeu combinatoire varié à l'infini — utilisant les événements acquis — et donnant naissance aux inventions des rêves, ou préparant de nouvelles structures de pensée qui permettront d'appréhender de nouveaux problèmes. » (2)
On ne peut mieux faire apparaître le rôle psychopompe du rêve et c’est un physiologiste qui l’affirme.
Le rêve met trois acteurs en relation : le rêveur bien entendu, un interprète et un groupe ethnique.
Rêveurs et interprètes revêtent des caractéristiques spécifiques — rois, ascètes, prophètes, etc. — qui les rendent remarquables aux yeux du groupe.
On retrouvera ces éléments dans de nombreuses ethnies, tant en Afrique qu’en Inde, en Asie ou chez les Amérindiens. Ces rêves ne peuvent être confondus avec les rêves personnels que chacun de nous peut collecter au matin. Ce sont ce que C. G. Jung a appelé des « grands rêves ».
Cette fonction « prophétique » du rêve n’a pas disparu dans l’enfer des technologies et du rationalisme technique...
2. Histoire naturelle du rêve, fonctions du rêve, conférence de Michel Jouvet, in http://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/jouvet/histoire_naturelle/p11.html.
Les rêves
Par Illel Kieser El Baz,
Psychothérapeute, Psychologue clinicien
Toulouse, France

samedi 30 janvier 2010

OH ! AÏE, AÏE!!!

Un site hébergeur???? Késaco???J'y comprend que pouic!!
Je récapitule:
1/J'ai un (des )CD , à moi, qu'un copain m'a fait , plein de belles chansons qu'on trouve pas sur You Tube ni ailleurs.
2/ Je les ai enregistrées sur l'ordi.
3/ Je voudrais vous les faire écouter.
4/ Pourquoi je peux pas les importer comme les images?
5/ Désolée d'être aussi cruche.
6/ Merci de m'aimer comme ça quand même
7/ Bises
PP

HELP!

Quelqu'un pourrait-il m'expliquer comment importer sur ce blog de la musique depuis "ma musique".
J'ai plenty de trucs chouettes qui ne sont pas sur you tube, que j'ai enregistré sur le computer et je ne trouve pas le moyen de les envoyer ici.
ok , je suis pas fut fut!!! soyez indulgents (tes)
et merci d'avance
mais peut-être que ce n'est pas possible....

PP

Et c'est reparti !!!!!


Dis Papa, c'est quand l'été????

J.D Salinger - L' Homme Hilare (2)

Chaque après-midi, quand il commençait à faire assez sombre pour qu'une équipe perdante en profite pour multiplier les coups-francs et les hors-jeux, nous, les Comanches, nous en remettions entièrement et égoïstement au talent de conteur d'histoires de notre Chef. A ce moment-là, nous nous transformions régulièrement en une meute survoltée et coléreuse, pour nous emparer, à coups de poing ou à grands coups de gueule, des sièges du bus les plus proches du Chef (le bus avait deux rangs parallèles de sièges paillés. La rangée de gauche avait trois sièges supplémentaires - les meilleurs du car - placés à la hauteur du conducteur). Le Chef ne montait dans le bus que lorsque nous étions tous installés. Il s'asseyait alors à califourchon sur son siège, et de sa voix monotone mais bien timbrée, il ouvrait un nouveau chapitre de "l'Homme Hilare". A partir du moment où commençait son récit, notre intérêt ne faiblissait plus. " L' Homme Hilare" était tout à fait l'histoire qu'il fallait à un Comanche.  Elle prenait même les dimensions d'un classique. C'était une histoire qui avait tendance à proliférer dans tous les sens, et qui restait pourtant facilement transportable. On pouvait toujours la ramener chez soi et la méditer, par exemple, dans l'eau de la baignoire.
Fils unique d'un couple de riches missionnaires, l'Homme Hilare avait été kidnappé tout bébé par des bandits chinois. Les riches missionnaires ayant refusé (par principes religieux) de payer la rançon de leur fils, les bandits, fous de rage, avaient placé la tête du petit dans un étau de charpentier et donné quelques tours de vis vers la droite. Le sujet de cette expérience unique, s'était retrouvé à l'âge d'homme avec un crâne chauve, étiré en pain de sucre, et un énorme trou ovale sous le nez, qui lui tenait lieu de bouche. Le nez lui-même n'était que deux narines closes. C'est pourquoi, à chaque respiration de l'Homme Hilare, l'orifice hideux et pitoyable qu'il avait sous le nez se dilatait et se contractait - du moins, c'est ainsi que je l'imagine - comme une monstrueuse ventouse. ( Le Chef mimait la respiration de son personnage mieux qu'il ne l'expliquait.) Les étrangers tombaient raides morts à la seule vue du visage horrible de l'Homme Hilare. Son entourage le fuyait. Assez paradoxalement, pourtant, les bandits le laissaient rôder dans leur quartier général pour peu qu'il gardât le visage caché sous un léger masque rouge fait avec des pétales de coquelicot. Ce masque ne servait pas uniquement à épargner aux bandits le spectacle du visage de leur fils adoptif, il leur permettait aussi de rester sensibles à ses allées et venues; en outre, il empestait l'opium.
Chaque matin, dans sa solitude extrême, l'Homme Hilare se glissait hors du repaire des bandits (il avait la démarche gracieuse du chat), et il s'enfonçait dans l'épaisse forêt alentour. Là il se liait d'amitié avec des animaux de toute espèce: des chiens, des souris blanches, des aigles, des lions, des boas constrictors, des loups. Qui plus est, il enlevait son masque, et leur parlait, dans leur propre langage, d'une vois mélodieuse et douce. Ils ne le trouvaient pas affreux.
(Le Chef mit des mois pour arriver à ce point de l'histoire. A partir de là, il se montra de plus en plus arbitraire dans les rebondissements, à la grande satisfaction des Comanches.)

(A demain....)



vendredi 29 janvier 2010

INFO-DERNIERE

J.D Salinger vient de partir rejoindre le troublant Seymour pour une éternelle partie de pêche au poisson-banane.
Aussi j'ai bien envie de vous infliger (par petites tranches) la nouvelle qui m'a donné envie de raconter des histoires aux petits enfants.
C'est "L'HOMME HILARE"

En 1928 - J'avais alors neuf ans - j'appartenais avec le maximum d'esprit de corps à une organisation connue sous le nom de Club Comanche. Les jours de classe, à trois heures de l'après-midi, nous étions vingt-cinq Comanches à être pris en charge par notre Chef, à la sortie de l'école communale 165, 109°rue, près d'Amsterdam Avenue. Nous nous entassions alors à coups de pied et à coups d'épaules dans le vieil autocar reconverti par le Chef, et il nous conduisait à Central Park (moyennant un arrangement financier avec nos parents). Le reste de l'après-midi, si le temps le permettait, on jouait au rugby, au football ou au baseball, ce qui dépendait (très élastiquement) de la saison. Les après-midi de pluie, le Chef nous emmenait invariablement au Muséum d'Histoire Naturelle, ou au Musée Métropolitain d'Art.
Le samedi et la plupart des jours de fête, le Chef passait nous prendre chez nous le matin, dans son bus bon pour la ferraille, et il nous emmenait hors de Manhattan vers ce qui nous semblait d'immenses espaces en plein air, le Parc Van Cortlandt ou les Palissades. Quand on avait le sport en tête, on allait au Parc Van Cortlandt où les terrains étaient aux mesures réglementaires, et où l'équipe adverse ne comportait ni poussette de bébé ni vieille dame irascible armée d'une canne. Lorsque nos coeurs de Comanches battaient pour le camping, on allait aux Palissades, et on en voyait de dures.(Je me rappelle m'être perdu un samedi, quelque part dans cette méchante bande de terrain qui va du poteau indicateur de Linit à l'extrémité ouest du pont George-Washington. Je ne perdis pas la tête pour autant. Je m'assis à l'ombre majestueuse d'un immense panneau publicitaire, et le coeur gros, j'ouvris mon panier à déjeuner pour casser la croûte, sachant vaguement que le Chef me retrouverait. Le Chef nous retrouvait toujours.)
Quand il ne s'occupait pas des Comanches, le Chef était John Gedsudski, de Staten Island. C'était un jeune homme de vingt-deux ou vingt-trois ans, très timide, très doux, étudiant en droit à l'Université de New-York, et dans l'ensemble un être extrêmement mémorable. Je n'essaierai pas de dresser ici la liste de tous ses exploits, de toutes ses vertus. Je dirai simplement en passant qu'il était chef scout, qu'il avait failli être élu Meilleur Demi de Mêlée Américain pour l'année 1926, et que tout le monde savait que l'équipe de Base-Ball des Géants de New-York l'avait invité à faire un essai. Il était l'arbitre calme et impartial de tous nos charivaris sportifs, un maître incontesté pour faire ou éteindre un feu, un secouriste expert et modeste.Tous autant que nous étions, du plus petit chenapan jusqu'au plus grand, nous l'adorions et le respections.
J'ai gardé très claire à l'esprit l'image du Chef en1928. Si les voeux étaient des centimètres, nous, les Comanches, l'aurions transformé en géant en un rien de temps. Mais les choses étant ce qu'elles sont, c'était un garçon râblé, d'un mètre soixante, soixante-deux, pas plus. Ses cheveux étaient très noirs, et plantés très bas, son nez était grand et bien en chair, et il avait le torse à peu près aussi long que les jambes. Dans son paletot de cuir, ses épaules étaient puissantes, mais étroites et tombantes. A l'époque pourtant, il me semblait que le Chef rassemblait harmonieusement la plupart des qualités photogéniques de Buck Jones, Ken Maynard et Tom Mix..... (à suivre)

La vie des hommes



Voici une petite histoire pas si étrange...
Jean Boudreau a commencé la journée tôt, ayant réglé son réveil-matin (fait
au Japon) à 6 heures..
Pendant que sa cafetière (faite en Chine) filtrait le café ( importé du
Sri Lanka ), il s'est rasé avec son rasoir (fait à Hong-Kong).
Puis il s'est habillé avec sa chemise (faite au Sri Lanka), ses jeans (faits
à Singapour) et ses chaussures (faites en Corée).
Après avoir cuit son petit déjeuner dans son nouveau poêlon (fait en
Inde)
agrémenté de fraises (de Californie)et de bananes (du Costa Rica), il s'est
assis, calculatrice en main(faite au Mexique), pour calculer son budget de
la journée.
En consultant sa montre (faite à Taiwan), il a synchronisé sa radio (faite
en Chine), puis est monté dans sa voiture (faite au Japon) pour continuer sa
recherche d'emploi, entre deux fermetures d'usines (en France)..
À la fin d'une autre journée décourageante, il décide de se verser un verre
de vin (fait en Californie) en écoutant Britney Spears (refaite aux USA!),
pour accompagner son dîner congelé (fait aux USA), met ses sandales (faites
au Brésil) et allume sa télévision (faite en Indonésie), et puis se demande
pourquoi il n'arrive pas à se trouver un bon job bien payé, pour 35h bien sûr ici en France...
Et garanti par le Saint Dika

Histoire (qui vient de Suède)... merci Lili!

jeudi 28 janvier 2010

Un jour, la terre pleurera, elle demandera grâce et versera des larmes de sang. Tu devras faire un choix: l'aider ou la laisser mourir; et quand elle viendra à mourir, tu mourras toi aussi.

John Hollow Horn -Sioux Oglala Lakota - 1932


mercredi 27 janvier 2010

L'humeur du jour...

Le string:

Et la burkah:


Deux manières d'aliéner les femmes....
PP

ALMANACH MERVEILLEUX - JANVIER - Semaine 4 – jour 5- C'est pour rire


Quand l’homme eut inventé la selle, il s’aperçut que le plus dur restait à faire : attraper le cheval.
François CAVANNA

lundi 25 janvier 2010

Faisons un rêve (1)

Les rêves
Les rêves et les images intérieures occupent une place primordiale dans l’Histoire et dans le monde depuis probablement la naissance de cette tranche-ci d’humanité.
Cependant leur existence pose toujours problème, la science a, certes, démontré que l’homme rêvait — on le sait depuis près de 100 000 ans — mais n’a rien apporté de neuf quant au contenu du rêve.
Freud a voulu donner une approche scientifique du rêve en fondant des interprétations sur une grille contenue dans la théorie psychanalytique.
Jung, de son côté, tenta une autre approche, par une contribution qu’il voulut moins réductrice en diversifiant les polarités de la libido et en attribuant aux rêves un rôle jusque-là ignoré. Le rêve aurait pour fonction d’établir une communication entre la conscience et l’inconscient et pour but, le rétablissement d’un équilibre dynamique de l’un à l’autre. Ce dernier ayant pour finalité de rendre plus fluide l’immersion du conscient dans la réalité. C’est supposer que conscient et inconscient aient l’un et l’autre un projet.
En France, la polémique, née au lendemain de la rupture de ces deux géants de la psychanalyse, sévit toujours entre les deux écoles issues de ces pères fondateurs.
Du côté de la neurologie et de la physiologie, rien de neuf n’a été apporté de particulier depuis les années 70, avec la découverte des phases du sommeil. On exploite au maximum les découvertes de M. Jouvet à des fins médicales, mais la recherche fondamentale stagne par manque de moyens mais, probablement aussi, par manque d’intérêt pour les rêves. On sait que l’on rêve, scientifiquement parlant, mais nul ne sait ce dont le chat, le singe ou l’homme rêvent, ni pourquoi tel rêve survient plutôt que tel autre. Or c’est ce qui fascine le plus et c’est aussi ce qui a laissé des traces dans l’Histoire. Cela les neurologues et autres physiologistes semblent ignorer.
Force nous est de revenir à l’empirisme de la pratique quotidienne, nous basant sur une écoute attentive du langage du rêve qui faciliterait une meilleure dialectique conscient/inconscient. C’est l’essentiel de la pratique psychothérapeutique ou psychanalytique.
Cela suppose d’emblée l’existence de deux zones, au moins, de la psyché humaine : l’inconscient, le conscient et qu’il existe des communications permanentes entre ces couches de la psyché humaine.
Outre les rêves, les échanges entre la conscience et d’autres zones de la psyché, surviennent — apparaissent à la conscience — des images ou visions dont la trame est plus ou moins élaborée, à des moments particuliers que la physiologie a également très peu étudiées. Suivant les écoles, les modes et la culture, on les nomme fantasmes, fantaisies, images, visions, hallucinations...
Parler de fantasme, en français, c’est laisser supposer qu’il s’agit d’une production tout à fait trompeuse, mensongère, fruit de l’imagination, en somme quelque chose qui n’a ni consistance ni intérêt sinon comme production névrotique. C’est dire que ces productions de l’imaginaire ne suscitent que suspicion et méfiance.
Pourtant la « réalité » de ces images jalonne l’Histoire et, parfois, la forge. Si l’on parle de vision, Dieu n’est pas loin.
On admet pourtant que ces productions sont aussi en relation avec le processus créatif.
Hors du processus névrotique, ces images intérieures seraient donc tout à fait exceptionnelles, survenant à des moments exceptionnels chez des êtres d’exception ou dont la fonction culturelle est spécifiques — artistes, inventeurs...
On comprend que le rêve, cantonné à la vie nocturne, puisse faire l’objet d’une attention pour les spécialistes du cerveau. Au moins entre le jour et la nuit, la veille et le sommeil, la frontière est très nette.
On étudie les abysses de l’océan, on explore les recoins les plus inattendus de la planète, on peut accorder quelque attention à la vie nocturne ou une à activité psychique durant le sommeil, même si les termes activité et sommeil paraissent antinomiques.
De là à passer un seuil et supposer l’existence d’une activité parallèle à celle de la conscience, il y a un abîme. Pour Michel Jouvet, d’un point de vue purement physiologique ce ne sont pas les mêmes zones qui sont concernées par l’activité diurne et l’activité nocturne. On peut donc supposer sans trop de risques qu’il en est de même en ce qui concernent les fantaisies de la psyché.
Fantasme que tout cela ! Illumination de mystique ! C’est l’opinion qui domine.
Forçant un peu l’attention du lecteur, on finira par lui faire accroire l’existence de quelques visions passagères et fugaces qui traversent la conscience. Et l’on admettra aussi bien que cela concerne les sens de la vue. Nous l’avons compris, fantasme, vision, image, pour peu que l’on en admette l’existence, se présentent sous forme visuelle.
Rien n’est moins sûr ! L’expérience nous amènerait à penser que les cinq sens sont concernés. Dans ce cas, pouvons-nous parler d’images ? Bien sûr, car il s’agirait de représentations, de fantaisies et ces particularités du processus psychique peuvent tout aussi bien affecter la vue que le toucher, l’olfaction ou l’ouïe, le goût pourquoi pas.
De nombreux témoignages vont dans ce sens et il suffit parfois de faire une enquête sommaire autour de soi pour constater que la vie psychique peut, en effet, revêtir bien des aspects.

Illel Kieser El Baz - Psychothérapeute, Psychologue clinicien - Toulouse

dimanche 24 janvier 2010

Belle au bois dormant Once upon a dream(french) J'en ai rêvé

L'eau qui mouille la chandelle,

Tombe aussi en la javelle.




"Vous me croirez si vous voulez: un élève des bons pères comprend mieux que personne certaines réactions communistes."

François MAURIAC

samedi 23 janvier 2010

LIRE et RELIRE

Marguerite YOURCENAR - Anna, soror... (NRF 1981) Une des trois nouvelles parues dans "La mort conduit l'attelage", un recueil édité en 1935. Marguerite Yourcenar l'avait écrite dix ans plus tôt; elle avait 22 ans. Elle raconte, dans l'Italie du XVI° siècle, près de Naples, la passion qui consume Miguel et Anna, le frère et la soeur. C'est dans une langue simple, puissante, parfaite, le chant d'un amour interdit. PP

Handel - Sarabande