A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

mardi 23 février 2010

Dernière minute

Pour ceux et celles qui s'inquiètent parce que je ne donne pas de nouvelles des chiots - des chiottes en fait, puisqu'il y a quatre filles- ils vont bien, la preuve:

Les voici en pleine action diurne; en fait ce sont des gremlins! Dès qu'on approche minuit, il font preuve d'une activité, vocale principalement, tout à fait surprenante. Là, ils reprennent des forces... la nuit prochaine sera rude!
J'ai le doggy blues!
P.((((((((((((

Entrez dans la ronde...question (19)

Le livre idéal:


AUTANT EN EMPORTE LE VENT


Amour, aventure, sur fond historique vérifiable.
Quand on quitte, à regret, le roman, on en sait plus sur la Guerre Civile etazunienne, on est amoureuse de Rhett Butler et on voudrait avoir le courage et le cynisme de Scarlett. On voudrait aussi avoir pour nourrice Mama et son jupon rouge.
On referme les pages persuadée que oui, Rhett reviendra, car demain est un autre jour et que seule compte la terre rouge de Tara.
P.


Complément d'info...

MALPERTUIS


L'oncle Cassave impose à ses héritiers, s'ils veulent un jour avoir accès à sa fortune de vivre dans l'étrange et sinistre demeure très justement nommée Malpertuis.
Mais qui sont ces héritiers, sont-ils vraiment humains et qui d'autre hante les couloirs et les greniers de la vieille maison. Que se passe-t-il dans la misérable boutique qui lui est accolée et où l'on vendait des "couleurs"?
Dans quel port de Belgique cinglé par les bourrasques glacées de l'hiver se dresse au fond d'une rue tortueuse l'inquiétante Malpertuis???
P.((((((((((((((!!!!!!!!!??????????


lundi 22 février 2010

Entrez dans la ronde...question (18)


Là où j'aime lire...


C'est assez nomade et varie selon les saisons: en été sous le noisetier, sous le noyer pendant les grosses chaleurs et l'hiver dans ma chambre-bibilothèque.
Mais en cette saison, le lieu favori c'est la véranda; déjà un peu le jardin, on se chauffe au premier soleil, on peut voir les mésanges picorer la tête en bas, ça sent bon la bouture de géranium et s'il fait assez doux pour laisser la porte ouverte en entend les premières vocalises des merles.



P.

Complément d'info...

La Fête du Maïs

Un couple de ... nous dirions aujourd'hui des bobos, rêve de quitter la ville. Au cours d'une promenade, ils arrivent dans un village et voient là leur maison idéale. Elle est un peu délabrée, mais vraiment, elle semble leur faire signe.
Le village aussi est étonnant, on y vit comme autrefois, pas de voitures, pas de tracteurs, les gens sont accueillants et font tout pour faciliter leur installation. Ils sont heureux dans ce havre de paix où l'on fête encore les saisons. Lui est peintre; sa femme et sa fille s'intègrent parfaitement. Ils ont des voisins aimables quoiqu'un peu étranges: une veuve qui connaît les "bonnes herbes" et est aussi guérisseuse, un colporteur bavard, une petite fille qui prédit l'avenir.
C'est le paradis... mais peu à peu des faits inquiétants se révèlent. On apprend l'étrange suicide, quelques années plus tôt d'une jeune fille... un jeune garçon fait des efforts désespérés et toujours contrecarrés pour fuir la communauté... le colporteur est victime d'une horrible agression... l'angoisse monte, comme un brouillard sur la plaine....

C'est de Thomas TRYON, toujours édité

dimanche 21 février 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - FEVRIER - Semaine 3 – jour 7- LES METIERS



S’il neige à la Saint-Pierre
La vigne est réduite du tiers


PARURIER-FLEURISTE


On l’appelait « La Dame aux Camélias ». Marie Duplessis dans la vie, Marguerite Gautier dans le roman, Traviata à l’opéra, portait tout au long de l’année, un bouquet de ces fleurs dont la couleur variait du blanc au rouge en fonction de son humeur, ou disait-on de sa disponibilité. Il est vraisemblable qu’à certaines saisons elle ait du avoir recours aux fleurs artificielles.
Le camélia se copie fort bien en soie ou en satin et les paruriers-fleuristes si nombreux au dix-neuvième siècle étaient et sont toujours gens fort habiles. C’était d’ailleurs le métier d’une autre héroïne d’opéra, la tendre Mimi de La Bohème.
Le camélia frais ou artificiel ornait plus couramment et solitaire, les boutonnières des messieurs. Bien des décennies plus tard, Gabrielle Chanel, qui n’hésita jamais à détourner le vêtement masculin pour notre plus grand confort, en fit la fleur fétiche de ses collections.
Juste après la dernière guerre, Christian Dior prit lui, le muguet pour emblème puisque la tradition veut qu’il ait offert, pour le lancement de son parfum à senteur de muguet Diorissimo, un brin porte-bonheur à chaque cliente . Depuis le muguet a figuré sur nombre de produits porteurs de la griffe. Il fallait bien qu’à certaines saisons, le muguet fût artificiel.
Par ailleurs, depuis la Haute Egypte en passant par Rome et notre Moyen-Age, les femmes et parfois des hommes ont aimé orner de fleurs leurs chapeaux.
Nombre de portraits de Marie-Antoinette la représentent portant les créations fleuries de sa modiste, Rose Bertin. La Comtesse de Ségur qui inventa Madame de Fleurville ornait de roses ses chapeaux.
Les couturiers comme les modistes ont toujours eu recours aux paruriers-fleuristes dont les ateliers pour la plupart, dans les années 1950- 1960, étaient établis entre l’Opéra et la Bourse dans le quartier du Quatre Septembre, qui par le Passage Choiseul descend jusqu’au Palais Royal.
Souvent situés en entresol, les ouvrières fleuristes étaient assises de part et d’autre de longues tables éclairées chichement par des  fenêtres en arc-de-cercle et plus largement par la lumière électrique et jonchées de pétales multicolore faites de soie, de satin, de velours, d’organdi. Il fallait trois années d’apprentissage pour former celle qui à la place la plus lumineuse, les assemblait en roses, pivoines, coquelicots, orchidées. Les doigts agiles ne dispensaient pas de bonnes connaissances en botanique,  chaque fleur étant montrés à différentes étapes de sa vie, chaque tige , chaque feuille correspondant à son espèce. Seuls les parfums de muguet, rose ou violette étaient supplantés par les puissantes odeurs de colle, d’apprêt, ou de térébenthine.
On chantait beaucoup dans ces ateliers, on y travaillait encore plus ; il n’était pas rare que pour un grand mariage ou un défilé de Haute-Couture les ouvrières passent la nuit pour assurer la livraison du lendemain.
Quand ma mère ou ma grand-mère, modistes, m’emmenaient chez ces fournisseurs,  la petite fille émerveillée que j’étais repartait rarement sans une rose ou un bouquet de violette offert par la maison.
P.


Entrez dans la ronde...question (17)

Vos lectures inavouables:


Il fut une époque où il aurait été inavouable d'avoir lu le marquis de Sade , ou Emmanuelle, ou encore l'Histoire d'O.
Les temps ont changé et j'ose à peine vous avouer le plaisir que j'ai pris, gamine, à lire "Sous l'oeil des Brahmes" de l'ineffable Marie DELLY.
Et plus honteux encore celui que j'ai pris récemment à le relire quand il a sauté d'une caisse de livres dans mes mains ravies.





Ronde , complément d'info

Faut pas être feignant sur ce blog...et ne pas hésiter à parler de culte quand il en est besoin..

Je commence par le premier bouquin parce qu'il doit être coton à trouver. Il est venu à moi dans une de ces caisses de livres dépotoir dont j'ai déjà parlé, tout vieux, tout moche, corné fripé mais pas décollé ni déchiré.
Pourquoi l'ai-je ouvert, toiletté et ...lu. Quelqu'un me l'a envoyé c'est certain.
Donc l'auteur de la Bête du Vaccarès raconte comment un gardian lui a confié un manuscrit daté de 1416 et écrit par un autre gardian de ce temps-là.
Alors qu'il gardait sa manade, il a rencontré à la tombée du jour, caché dans les roseaux un être étrange: un homme velu, aux pieds de chèvre et porteur de cornes. Il sont aussi effrayés l'un que l'autre.
Plus tard, le gardian retourne sur les lieux et se souvenant que la créature était mal en point, lui laisse une besace avec de la nourriture. Il retrouve la besace vide mais ne revoit plus la "Bête" à laquelle il pense désormais sans arrêt.
Du temps passe, il l'aperçoit parfois, fugitive, effarouchée... vient une période de mauvais temps; il ne peut plus s'aventurer loin de son troupeau....
Il voit encore des traces du chèvrepied mais seulement des traces et puis un jour dans un marécage, une chose étrange émerge à demi de la fange....

C'était édité chez Grasset en 1926; l'auteur est Joseph d'Arbaud.


PS - On le trouve chez Amazon (littérature française)

samedi 20 février 2010

Entrez dans la ronde...question (16)

Le livre culte:


Ils sont trois qui sont en grande partie responsables de la façon dont je vis et de ce que j'aime à raconter.
P.

vendredi 19 février 2010

Entrez dans la ronde...des BB "CHICS"



Quelle entreprise de retrouver ces photos! Il m'a fallu fouiller dans des endroits depuis longtemps laissés à l'abandon et... aux loirs. C'est fou comme les loirs aiment à lire et s'intéressent au vieux papiers! Les loirs sont donc, je l'ignorais, des rats... de  bibliothèque.
Finalement, le voilà ce bébé; avec sa mère en prime qui fut en son temps, elle aussi," une fashion victime".

Entrez dans la ronde...question (15)

Abandonner en cours de route....


Oh que oui et souvent! Il y a tant à lire qu'on ne va pas se forcer, pour diverses raison, à perdre son temps sur du papier imprimé par erreur.
Toutefois, comme dans les comités de lecture sérieux, je m'impose d'aller au moins jusqu'à la page 60 avant de statuer.

jeudi 18 février 2010

La famille s'agrandit...


Ils sont 6.
Fin des opérations à 4h30 ce matin; la photo est aussi floue que mes pensées. On fera mieux demain. Pas la chienne: que peut-elle faire de mieux?
P.

Entrez dans la ronde...question (13)

Le prochain titre???


Je ne sais pas encore, il y a le choix...



mercredi 17 février 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - FEVRIER - Semaine 3– jour 3- C'EST BON SIGNE

Vigne taillée en février
De raisin remplit le panier


LE POISSON


Le 21 du mois, Ventôse s’engouffre dans Février. Il fait signe aux Poissons de venir le rejoindre : ces deux poissons que Jupiter mit au rang des constellations pour avoir aidé Vénus et Cupidon à échapper au monstrueux Typhon.
Bien des petits poissons nés dans cette période sont devenus grands : citons au hasard Copernic, Chopin, Michel-Ange, Einstein, Victor Hugo et Charles Quint.
Couronné de jaspe, d’aigues-marines et de tourmalines, le poisson aime à régner : sur sa famille, sur ses amis et sur la maison douze du zodiaque où résident les difficultés. Afin de les éviter, le poisson accoutumé à l’eau s’abstiendra d’alcool qui ne lui vaut rien.
Altruiste et généreux, revêtu d’écailles d’or, il n’hésitera pas à répandre ses bienfaits sur le pêcheur musicien.


Illustration offerte par Agnès; qu'elle soit remerciée.
P.


Entrez dans la ronde...question (13)

Le titre lu en ce moment:



C'EST POUR DE RIRE...

 Hier soir je suis allé manger "Chez Ginette". Avec des potes, on a remarqué un truc bizarre.. Tous les serveurs et serveuses avaient une petite cuillère dans la poche de leur chemisette. Aussi quand le serveur est venu prendre la commande, j'ai demandé :

« Pourquoi portez-vous tous une petite cuillère ? ».

 Il m'expliqua que Ginette avait demandé conseil à Andersen Consulting qui, après des mois d'analyses, a conclu que la petite cuillère était le couvert qui tombait le plus souvent, à une fréquence de 3 cuillères/table/heure !

 Depuis, ils n'ont plus besoin de courir à la cuisine pour chercher une nouvelle cuillère. L'économie de rendement en temps de travail est estimée à 5,21 %.
L'indice de satisfaction du client se trouve également accru de 3,7%
 Deux minutes plus tard, je faisais tomber ma petite cuillère et ça n'a pas manqué : le serveur m'a aussitôt apporté sa cuillère en me disant qu'il en prendrait une autre à son prochain passage en cuisine.
 Bravo Andersen !
 Mais plus curieux, les serveurs avaient tous une ficelle qui dépassait un petit peu de leur braguette. Quand il nous a apporté l'addition, j'ai demandé au serveur à quoi servait cette ficelle.
« Bien observé », me dit-il en baissant la voix, « Andersen Consulting a aussi vu que nous pouvions gagner du temps dans les toilettes.
La ficelle est attachée autour du pénis, on peut donc le sortir sans le toucher et éviter d'avoir à se laver les mains, ce qui représente une économie d'eau, et le temps passé aux toilettes est réduit d'environ 7,39 % ».
« Mais après l'avoir sorti... comment le remettez-vous dans votre pantalon sans le toucher demandai-je ? »
 « Eh bien », me dit-il en chuchotant, « je ne sais pas pour les autres...
Mais moi je me sers de la petite cuillère... »

Excellente étude de Gisèle...Merci.

mardi 16 février 2010

Entrez dans la ronde...question (12)

Lire à table?


Hé oui! et en musique encore. C'est paraît-il une déplorable habitude, qu'on prend facilement quand on manque de vis à vis.
Le petit déjeuner est le moment idéal pour les magazines.

Polémique...X

ET POURQUOI???
Elle serait selon certaines, une de ces vieilles féministes rabâcheuses et revendicatrices....
Voire!!! Elle à 70 ans! Quel Péché! Je  nous souhaite à toutes de lui ressembler moralement, intellectuellement et physiquement quand nous aurons le même.
Oui, elle est une féministe "historique" ; mais sans elle et quelques autres, noue en serions encore à trimballer un corps déformé et des jambes éclatées de varices en raison de grossesses à répétition; ou bien à risquer notre peau dans des officines douteuses, à subir des curetages à, vif (pour nous apprendre!).
Grâce à elles et à celles qui ont signé le manifeste des "450 salopes" et qui pour cela risquaient la prison (quelques décennies plus tôt, c'était la peine de mort), nous avons acquis ce droit qui est à la fois exorbitant et la moindre des choses: la maîtrise de notre fécondité. Le droit de faire des enfants ou de nous réaliser autrement si telles sont nos convictions. Car pour une femme, faire ou ne pas faire une enfant, n'est pas une question d'humeur ou de désir: c'est un choix que souvent nous payons cher par le jugement sur nous porté.
Les femmes de l'âge d'Elisabeth Badinter ont connu les angoisses d'une grossesse intempestive; les plus fortunées pouvaient déjà y remédier, mais les autres? Dans les ateliers familiaux en ai-je en tendu de ces récits à mots couverts ( une petite fille ne doit pas comprendre; mais la petite fille a de bonnes oreilles!), de ces adresses échangées discrètement; de ces absences de quelques jours commentées avec inquiétude; de ces retours, mine défaite, de ces chansons et histoires drôles lancées pour réconforter celle qui finissait par rire et chanter avec les autres. Et on n'en parlait plus, jusqu'à la prochaine.
Voilà ce qu'elles vivaient les contemporaines d'Elisabeth. Pour celles qui sont maintenant sexagénaires, après une adolescence vertueuse par force, elles on pu s'épanouir à la trentaine.
Mais vous autres les quinquas  et les suivantes, qui la critiquez, c'est grâce à elle que vous avez droit à une sexualité épanouie, le droit de faire des enfants quand ça vous arrange, et pas plus que vous n'en désirez.
Alors avant de critiquer après la seule audition d'une interview, lisez-là et ne permettez JAMAIS que les droits qu'elle nous a permis d'acquérir soient remis en question!
Votre chroniqueuse: Pomme






lundi 15 février 2010

Entrez dans la ronde...question (11)

Le livre électronique?




Aucune idée vraiment...


P.

Les figures imposées



Par Mademoiselle le 05/02/10

Quand je lis les débats sur le foulard ou la burqa (d'ailleurs peu importe les nuances, il s'agit visiblement de "trucs de musulmans"), j'ai souvent une petite contraction inconsciente des mâchoires et le sentiment qu'on est obligé de surnager dans une pensée de type "plat préparé", qui semble avoir fait un tour de trop dans le four à micro-ondes. J'ai également l'impression de revivre les "débats" sur l'insécurité. 
On retrouve les mêmes ficelles :
On donne le sentiment d'avoir levé un lièvre via un fait divers quelconque (merci l'effet loupe)-> on pousse des cris d'orfraie à droite -> la gauche se dandine mal à l'aise -> "on" est obligé de se positionner sous peine d'être taxé d'angélisme/d'être des couilles molles/crétins.

Pour se positionner dans ces "débats", il faut en accepter les termes, manichéens :

Soit
• on dénonce (quoi d'ailleurs ?)
Soit
• on est naïf (on refuse de voir le problème tel qu'il est).

Ce qu'on dénonce va de :
• l'islamisation rampante
à
• un "débordement", une sorte de "faudrait pas exagérer amiEs musulmanEs, vous devenez indéfendables".

La dernière position, de gôche, se nourrit :
• d'une tendance bouffe-curé (on s'est battu contre les cathos, c'est pas pour en accepter d'autres.),
• de bonnes intentions (la liberté des femmes),
• d'une vision tronquée de l'engagement dans la religion ou un parti.
Concernant l'histoire de la militante voilée du NPA, on oppose des positions qui seraient incompatibles, comme si l'engagement était le fruit d'une lecture complète des textes (religieux et politiques), lecture qui précèderait un positionnement éclairé, rationnel, personnel (de type homo oeconomicus. Sur le marché des croyances, je prends celle là, tiens !). Quiconque connaît des croyants ou des militants sait que l'engagement est plus le fruit d'un parcours, d'un héritage familial, que d'un choix en fonction des textes historiques du parti ou de sa religion. Allez demander à un militant socialiste quelle est l'histoire de son parti ou de ses positions politiques, si vous en avez vous-même ne serait-ce qu'une connaissance grossière, vous aurez une sacrée surprise. Mais évidemment, avec une vision de l'engagement en terme de positionnement éclairé par une réflexion creusée de l'histoire du parti ou de sa religion, on ne peut que penser le foulard de la militante comme étant le résultat soit de sa bêtise crasse soit de sa volonté de faire pénétrer l'islam partout en France.

• de la pratique intensive du "toutes choses étant égales par ailleurs".
ce qui n'aurait de sens que si vous mettiez tout le monde en apesanteur sociale, en effaçant le contexte politique, social, et en écrasant l'histoire. Avec cette posture, il s'agirait de dire qu'on traite les musulmans comme les catholiques, d'une manière neutre et pleine de bonnes intentions, et de débattre des valeurs républicaines. On fait fi des présupposés, du sens que prennent les mots et positions dans le contexte, de sa réception etc. Si vous refusez ce débat, vous êtes complices (de quoi ?). Or, il y a une différence de taille entre le fait de refuser les termes du débat, tels qu'ils nous sont imposés, de questionner le contexte, l'utilisation faite de ce débat, de se demander quel est l'intérêt de cet effet de loupe médiatique, et celui de ne pas avoir le courage de "se positionner". Parlons donc du courage nécessaire à ce positionnement.
• la posture de gôche contre le voile ou la burqa se nourrit de ce qui semble être brandi comme du courage politique, celui de se positionner, même si c'est compliqué et mal vu par ses camarades.
Je ne suis pas persuadée que d'ajouter sa voix à celle de la meute médiatique, même si on prend des précautions et qu'on montre qu'on n'est pas raciste pour un sou, soit une preuve de courage. On se retrouve exactement dans les mêmes conditions qu'avec le débat sur l'insécurité. Soit on en parlait à gauche, soit on faisait preuve d'angélisme. Ce qui signifiait que : soit on acceptait de voir la réalité telle qu'elle était (sans la questionner ou si peu), soit on refusait de la voir. Il y avait donc LE problème de l'insécurité, LA réalité d'un côté, et de l'autre, les abrutis qui ne voulait pas la voir par idéologie (on effaçait donc l'idéologie du camp adverse, qui était lui, uniquement pragmatique).


Il me semble assez peu probable que Le Figaro, en relevant "l'affaire" de la militante voilée au NPA ait voulu apporter sa contribution à la réflexion interne au parti. Il me semble également douteux de penser qu'il se préoccupe du sort des femmes, en général, et des musulmanes en particulier. Le Figaro les regarde depuis qu'elles ont l'outrecuidance de tenir, à la place d'un balai, un crayon ou un micro. Il s'inquiète qu'il y ait des arabes partout (même s'il ne le dit évidemment pas comme ça) depuis qu'ils ne nous attendent plus pour qu'on les définisse, ce qu'on s'est pourtant évertué à faire de générations en générations. Tant qu'on le faisait, nous ( "vous êtes des arabes, et des arabes, c'est comme ça"), cela n'avait rien de menaçant pour la cohésion de la nation, son identité, sa sécurité, bien que nous passions alors tout notre temps à les définir comme différents. Le Figaro s'accommodait fort bien des bidonvilles, de l'usine, et trouvait d'ailleurs peut-être que leur religion avait du bon, si elle leur rendait supportable une misère qui nous permettait de faire croître notre gros PIB.

Comment expliquerai-je à des gamins, dans trente ans, que pendant qu'on explosait notre système social (dont les femmes dépendent en priorité, pour leurs retraites par exemple, pour les gamins dont elles ont la charge majoritairement, pour survivre avec leurs contrats précaires, pour l'accès à l'IVG), pendant qu'ils cassaient cela, nous n'avons rien trouvé de mieux, sur fond de création d'un ministère de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale, que de prendre position dans l'affaire du foulard d'une militante NPA, affaire révélée par le Figaro. Ils vont rire jaune. Je leur dirais sans doute que ce que nous trouvions le plus directement menaçant à l'époque, ce n'était pas la misère galopante, la casse de la solidarité nationale, mais l'Islam. S'ils me répondent qu'on s'est fait rouler comme des bleus, je ne saurais pas quoi dire d'autre que "tes grand-parents aussi en 81", mais ce sera une bien piètre consolation.

Je suis féministe et je ne parle pas de l'affaire du foulard en me positionnant dans le cadre du débat médiatique, parce que, justement, ce que le féminisme à montré, a débusqué, à fait ressortir d'une manière souvent éclatante, il l'a fait en allant lire entre les lignes, en cherchant à éclairer ce que personne ne voyait, ce qui ne faisait jamais la Une. Il ne l'a pas fait en acceptant les termes des débats imposés (les termes et les débats). C'est en rompant avec la pensée dominante, en cassant les schémas préconstruits qu'il a permis de parler d'autre chose que de "La condition de Lafâme au foyer", libérable grâce à Moulinex.

Je suis athée également, et je ne confonds pas la critique des religions avec le tabassage des croyants, surtout lorsque j'ai conscience que derrière la critique des religions c'est un groupe social dominé, méprisé, stigmatisé en permanence dans les médias, qui est visé.

Depuis "Les entrailles de Mademoiselle"
Merci Clara