A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

mercredi 14 juillet 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - JUILLET - Semaine 2 jour 6 LIRE ET RELIRE

Semaine 2 jour 6 LIRE ET RELIRE

Il faut bien de temps à autre faire son travail de bibliothécaire et animatrice de cercle "littéraire".

Pour ma part, je pourrais bien relire en boucle l'Encyclopédie du Fantastique (J'ai Lu), mais, outre que les volumes par suite, soit de baignades intempestives ou de sécheresse exagérée, sont devenus un peu difficiles à manipuler sans perdre de pages, on pourrait me reprocher de choisir des auteurs et des sujets un peu rassis.

Et je vous répondrais que l'âge d'un texte et d'un auteur n'ont rien à voir avec leurs qualités, de même que la vétusté d'un bouquin n'endommage pas la valeur de ce qui est écrit dedans.

Quoi qu'il en soit et pour vous faire plaisir, puisqu'il me passait dans les mains un titre de moins de 10 ans d'âge: Baise-moi, de Virginie Despentes et que c'était si gentiment demandé, j'ai traduit "baise" par "lis", et je me suis exécutée.

Passons outre la crudité du titre. Je ne suis pas bégueule, mais je m'obstine à penser que certaines choses délicieuses à faire ne sont pas nécessairement à raconter, surtout en termes abrupts. Un peu de romantisme ne peut qu'ajouter au charme du sujet.

Bien! Que vais-je découvrir, qu' Emmanuelle, Histoire d'O ou encore le Marquis de Sade-qui émurent mes années d'apprentissage-auraient pu oublier?

Un univers vraiment trop glauque. Si le monde réel n'est pas celui des Petites Filles Modèles, (encore que, si l'on prend la peine de la lire attentivement, on s'aperçoit que Mme de Ségur n'a pas peuplé les environs de Fleurville uniquement d'angelots), il n'est pas non plus celui des personnages -je n'ose pas dire des héroïnes- du Baise-moi.

Le livre me tombait des mains avant le troisième chapitre; chapitres courts. Je n'ai pas voulu faire moins qu'un lecteur de manuscrit d'une maison d'édition sérieuse et j'ai bravement continué jsqu'aux environs de la page 80. Là, j'ai fait un saut vers le milieu..... désemparée, j'ai regardé les dernières pages où la morale triomphe au moyen de flics menottant les criminelles...

Ma foi!... lisez-le si le coeur vous en dit....

Pour l'heure, voici un passage d'un vrai bon bouquin, d'un vrai bon auteur, même si le texte a plus de dix ans d'âge. Car je ne vois pas pourquoi ce qui est valable pour un bon vin ne le serait pas en littérature.




… J’avais le grand désir, et ce n’est pas la moindre raison de mon passage ici, de visiter votre bibliothèque dont on parle avec admiration dans toutes les abbayes de la chrétienté. »
L’Abbé se leva presque d’un bond, le visage crispé.
« Vous pourrez circuler dans toute l’abbaye, j’ai dit. Certes pas dans le dernier étage de l’Edifice, dans la bibliothèque.
-Pourquoi ?
-J’aurais dû vous l’expliquer avant, et je croyais que vous le saviez. Vous savez que notre bibliothèque n’est pas comme les autres…
-Je sais qu’elle renferme plus de livres que toute autre bibliothèque chrétienne. Je sais qu’à côté de vos armaria ceux de Bobbio ou de Pomposa, de Cluny ou de Fleury ont l’air de la chambre d’un enfant à peine initié à l’abécédaire. Je sais que les six mille manuscrits, dont se targuait il y a plus de cent ans Novalesa, sont peu de chose à côté des vôtres, et que peut-être un grand nombre de ceux-là sont ici maintenant. Je sais que votre abbaye est l’unique lumière que la chrétienté puisse opposer aux trente-six bibliothèques de Bagdad, aux dix mille manuscrits du vizir Ibn al-Alkhami, que le nombre de vos bibles égale les deux mille quatre cents corans dont s’enorgueillit le Caire, et que la réalité de vos armaria est lumineuse évidence contre la fière légende des infidèles qui, voilà des années, voulaient (intimes comme ils sont du prince du mensonge) faire accroire que la bibliothèque de Tripoli était riche de six millions de volumes et habitée par quatre-vingt mille commentateurs et deux cents scribes.
-C’est ainsi, que le Ciel soit loué.

…. Il y a donc aussi dans la bibliothèque des livres qui contiennent des mensonges…
-Les monstres existent parce qu’ils font partie du dessein divin et jusque dans les traits horribles des monstres se révèle la puissance du Créateur. Ainsi par dessein divin existent aussi les livres des mages, les cabales des juifs, les fables des poètes païens, les mensonges des infidèles. Ce fut là ferme et sainte conviction de ceux qui ont voulu et soutenu cette abbaye au cours des siècles, que, même dans les livres mensongers, puisse transparaître, aux yeux du lecteur sagace, une pâle lumière de la sagesse divine. C’est pourquoi fût-ce à ces livres la bibliothèque fait écrin. Mais précisément de ce fait, vous comprenez, n’importe quin ne peut y pénétrer. Et en outre, ajouta l’Abbé comme pour s’excuser de la pauvreté de ce dernier argument, le livre est créature fragile, il souffre de l’usure du temps, craint les rongeurs, les intempéries, les mains inhabiles. Si pendant cent et cent ans tout un chacun avait pu toucher nos manuscrits, la plus grand partie d’entre eux n’existerait plus. Le bibliothécaire les défend donc non seulement des hommes mais aussi de la nature, et consacre sa vie à cette guerre contre les forces de l’oubli, ennemi de la vérité.
-Ainsi nul n’entre au dernier étage de l’édifice, sauf deux personnes… »
L’Abbé sourit : « Nul ne doit. Nul ne peut. Personne, même en le voulant, n ‘y réussirait. La bibliothèque se défend toute seule, insondable comme la vérité qu’elle héberge, trompeuse comme le mensonge qu’elle enserre. Labyrinthe spirituel, c’est aussi un labyrinthe terrestre. Vous pourriez entrer et vous ne pourriez plus sortir….

… Je fus surpris, quand nous émergeâmes dans le lieu où nous n’aurions pas dû entrer, de me trouver dans une salle à sept côtés, pas très vaste, dénuée de fenêtres, où régnait, comme du reste dans tout l’étage, une forte odeur de renfermé et de moisissure…
… La salle, dis-je avait sept parois, mais sur quatre d’entre elles seulement s’ouvrait, entre deux colonnettes encastrées dans le mur, un passage assez large surmonté d’un arc plein cintre. Le long des parois aveugles s’adossaient d’énormes armoires, chargées de livres disposés avec régularité. Les armoires portaient une étiquette numérotée, ainsi que chacune de leurs étagères : d’évidence, les mêmes numéros que nous avions vu dans le catalogue. Au milieu de la pièce, une table, elle aussi remplie de livres. Sur tous les volumes un voile assez léger de poussière, signe que les livres étaient nettoyés avec une certaine fréquence. Par terre non plus ne traînait aucune saleté….

… La visite de la bibliothèque nous prit de longues heures de travail…
… C’est pourquoi nous n’accomplîmes pas notre tâche d’affilée. Nous nous arrêtions pour fouiller dans les armaria, et maintenant que Guillaume – avec ses nouveaux verres sur le nez- pouvait s’attarder à lire les livres, à chaque titre qu’il découvrait il se répandait en exclamations d’allégresse, soit parce qu’il connaissait l’ouvrage, soit parce qu’il le cherchait depuis longtemps, soit enfin parce qu’il ne l’avait jamais entendu mentionner et qu’il était extrêmement excité et intrigué. En somme, chaque livre s’avérait être pour lui comme un animal fabuleux qu’il rencontrait sur une terre inconnue. Et tout en feuilletant un manuscrit, il m’enjoignait d’en chercher d’autres….

… La lampe alla tomber en plein sur le tas de livres dégringolés de la table, entassés les uns sur les autres avec leurs pages ouvertes. L’huile se renversa, le feu prit aussitôt à un parchemin très fragile qui flamba comme une brassée de brindilles sèches. Tout advint en un éclair, une grande flamme s’éleva des volumes, comme si ces pages millénaires aspiraient depuis des siècles à l’embrasement, et jouissaient de la satisfaction soudaine d’une soif immémoriale d’ecpyrose. Guillaume se rendit compte de ce qui arrivait et il lâcha prise- le vieux, se sentant libre, recula de quelques pas- hésita sensiblement, trop sans doute, incertain s’il fallait reprendre Jorge ou se précipiter pour éteindre le petit bûcher. Un livre plus vieux que les autres brûla presque d’un coup, jetant bien haut une langue de feu…..
… Entre temps, des étincelles avaient volé vers les murs et déjà les volumes d’une autre armoire se recroquevillaient sous la fureur du feu. Dès lors non plus un, mais deux brasiers incendiaient la pièce.
Guillaume comprit que nous ne pourrions les éteindre de nos mains, et il décida de sauver les livres avec les livres. Il se saisit d’un volume qui lui sembla mieux relié que les autres, et plus compact, et il tenta de s’en servir comme d’une arme pour étouffer l’élément ennemi. Mais en frappant de la reliure ornée de ferrures et de cabochons sur le bûcher des livres ardents, il ne faisait rien d’autre que provoquer de nouvelles étincelles. Il chercha à les éparpiller à coups de pied, mais il obtint l’effet contraire, car il s’en éleva des lambeaux de parchemin prsque réduit en cendres, qui voletaient comme des chauves-souris tandis que l’air, allié à son aérien compagnon, les envoyait incendier la matière terrestre d’autres feuillets…
… En un rien de temps, ce lieu fut un grand brasier, un buisson ardent. Les armoires participaient aussi à ce sacrifice et commençaient à crépiter. Je me rendis compte que le labyrinthe tout entier n’était rien d’autre qu’un bûcher artificiel, préparé pour l’heure de la première étincelle….

Umberto Eco Le nom de la rose






lundi 12 juillet 2010

Comme un rêve....

D
errière la maison il y a un mur ; il faut longer le mur.
Le mur est long ; le long du mur est le plus long chemin pour aller plus loin.
Tout au long du chemin, on ne voit pas derrière le mur ; il y a une brèche dans le mur et par la brèche, on peut regarder derrière le mur.
Il faut franchir la brèche, passer derrière le mur .
Au bout du chemin qui est derrière le mur, il y a un réverbère ; un réverbère très long, très souple, qui se balance au gré du vent.
Allons, puisqu’on a tout le temps, jusqu’au réverbère, le réverbère qui se balance…
La petite flamme là-haut vacille, s’épuise et meurt…
Le réverbère éteint se penche et demande poliment : « Avez-vous du feu ? »
Que répondre ?…
Il n’avait qu’à faire attention ; aucun réverbère ne devrait se laisser ainsi secouer par le vent du soir…
Aucun réverbère ne devrait laisser mourir sa flamme au crépuscule…
Mais où trouver du feu ?
Derrière le mur peut-être ?
Alors il faut longer le mur longtemps..
Jusqu’à une autre brèche ; franchir la brèche, longer le mur…
Le réverbère inquiet se balance, tourne sa lanterne en tous sens…
« Penchez-vous réverbère, voici des allumettes, et cessez s’il vous plaît de vous balancer ; tenez-vous droit réverbère ! »
Et le réverbère se tient droit !
Il faut encore longer le mur, franchir la brèche, longer le mur… longer, longer le mur…
Et retrouver la maison…
La maison qui est en face du bureau de tabac… 

PP 

dimanche 11 juillet 2010

Petit lexique politique à l'usage des téléspectateurs, auditeurs de radio et lecteurs de la presse

Extrême-droite : Espèce en voie d'extinction par suite de la cacochymie de son chef et de l'envahissement de son espace vital par une espèce nuisible voisine (voir : droite).

Droite : (Syn. UMP) Espèce nuisible autrefois appelée "extrême-droite". La Droite détient le pouvoir politique, économique, médiatique et policier.

Centre : Espèce éteinte par suite de la migration de ses représentants sur les terres de la droite, postérieurement à l'invasion de son espace vital par la gauche. Un représentant de cette espèce est encore en vie et conservé à titre historique, parfois invité aux journaux télévisés pour amuser les enfants ou leur donner des claques.

Gauche : (Syn. P.S.) Droite pas extrême servant d'acteur de second rôle destiné à mettre en valeur les hauts faits de l'acteur principal (la droite). La gauche ne détient pas le pouvoir mais profite d'avantages équivalents sur les plans sociaux et médiatiques. La principale activité dans le parti de gauche est de se battre pour les meilleures places à table ou au journal télévisé, et de donner la réplique à la droite pour faire rire les enfants. La gauche est dirigée par la Madone du Poitou, qui nous fait bien rire.

Parti Communiste : Elément historique parfois évoqué pour aider à la compréhension de la géopolitique des pays de l'est.

Extrême-gauche : Partis de gauche situés à gauche du P.S., c'est-à-dire pas à droite. L'extrême-gauche se reconnaît à ce que ses membres sont parfois invités au journal télévisé ou chez Drucker.

Ultra-gauche : (Syn. terroristes) Partie de la gauche dont les membres ne sont jamais invités chez Drucker et dont on parle parfois au journal télévisé pour évoquer leur garde-à-vue.

Anarchistes : (Syn. terroristes) Voir : ultra-gauche, mais plus dangereux. Certains mangent les enfants.

Chef de l'état : Personne ayant le droit de dire Casse-toi connard ! à un quidam sans pouvoir être poursuivie.

Ministre : Acolyte d'un chef de l'état.

Gouvernement : Assemblée du chef de l'état et de ses ministres. Le gouvernement applique les décisions du chef de l'état.

Député : Membre du parlement.

Parlement : (Syn. poulailler) Assemblée de députés faisant semblant de se disputer avant d'entériner les décisions du gouvernement.

Sénat : Sorte de parlement de vieux, comme l'autre, mais plus à droite.

Entrepreneur : Force vive de la nation.

MEDEF : Amicale des forces vives de la nation.

Entreprise : Version moderne du paradis (voir ce mot).

Syndicats : Empêcheurs de travailler en rond mettant en danger la compétitivité des entreprises, fer de lance de l'économie, forces vives de la nation, et empêchant les honnêtes travailleurs désireux de travailler plus pour gagner plus, de pouvoir le faire.

Salarié : Personne honnête désireuse de travailler le dimanche, pour gagner plus.

Profiteur : Personne pauvre vivant misérablement du maléfice de minima sociaux. N.B.: Les actionnaires et rentiers ne sont pas des profiteurs, ils permettent le fonctionnement des forces vives de la nation, qui leur doit beaucoup

Banquier : Homme malheureux durement frappé par une conjoncture défavorable, qu'il convient de secourir sur les deniers de l'état pour ne pas mettre en péril les forces vives de la nation, contrairement aux véritables profiteurs, qu'il convient de sanctionner durement et de remettre au travail.

Milliardaire : Ami proche du chef de l'état.

Libéralisme : Voir : capitalisme.

Capitalisme : Théorie économique définissant la vision politique de la droite et de la gauche (voir ces mots).

Communisme : Voir : terrorisme.

Média : Outils indispensables d'une information impartiale et pluraliste. Les média touchant plus de 5000 personnes appartiennent tous à des banquiers ou a des milliardaires (voir ces mots), ou les deux, qui veillent dans leur grande sagesse à l'impartialité de l'information qu'ils délivrent.

Vérité : Opinion du chef de l'état.

Impartialité : Attitude consistant à dire la vérité.

Journalisme : Profession consistant à lire les communiqués de presse d'un ministère ou d'un parti devant une caméra ou dans un micro. Le journaliste peut également poser des questions convenues à des politiques pour les mettre en valeur.

Politique : Pièce de théâtre se jouant entre les acteurs de la "droite" et ceux de la "gauche" dont l'objectif consiste à divertir le peuple et à occuper les antennes de télévision tout en nourrissant les journalistes. L'objet de ce jeu est que personne ne gagne et que rien ne change dans les forces en présence, sinon les 
bénéfices individuels qu'en retirent les participants (voir : carrière)

Démocratie : Mode de gouvernement d'un pays par la politique telle que définie supra. La démocratie, c'est le Bien.

Dictature : Contraire de la démocratie. La dictature, c'est le mal.

Dictature du prolétariat : Voir : communisme.

Informations politiques : Narration quotidienne occupant au moins 30% du temps d'antenne des luttes d'influence d'individus désireux de se hisser vers la plus haute chaise au sein de la gauche, mais on sait qu'ils n'ont aucune chance parce que la place est retenue pour la Madone du Poitou, qui fait des minauderies et refuse de l'avouer parce que tout le monde le sait, ce qui fait l'effet comique (comme chez Guignol). Les informations politiques concernent au plus haut point la vie quotidienne des citoyens de ce pays.

Affaire d'état : Évènement mobilisant dans l'urgence les plus hautes sommités de l'état. Exemple : Un schizophrène poignarde un adolescent dans une ville de province. Réunion d'urgence organisée par le président de la République à l'Élysée, réunissant les principaux ministres.

Peuple : Tas de cons ne faisant partie ni des milliardaires, ni des politiques, ni des actionnaires, ni des banquiers, ni des entrepreneurs, ni des média (voir ces mots). Le peuple regarde la télévision, écoute la radio et lit rarement les journaux. Tous ces médias lui disent la même chose et lui expliquent quoi penser et pour qui voter.


Election : Jeu-concours sollicitant la participation du peuple (voir ce mot) permettant de savoir qui de la droite ou de la gauche fera la même chose pendant les 5 prochaines années. La différence essentielle est de savoir si la même politique sera menée avec davantage de cynisme, ou davantage d'hypocrisie.


vendredi 9 juillet 2010

jeudi 8 juillet 2010

LE MATIN

L'aurore sur le front du jour
Sème l'azur, l'or et l'ivoire,
Et le soleil, lassé de boire,
Commence son oblique tour...

La lune fuit devant nos yeux;
La nuit a retiré ses voiles;
Peu à peu, le front des étoiles
S'unit à la couleur des cieux...

Une confuse violence
Trouble le calme de la nuit,
Et la lumière avec le bruit
Dissipe l'ombre et le silence...

Il est jour: levons-nous Philis;
Allons à notre jardinage
Voir s'il est, comme ton visage
Semé de roses et de lis.

VIAU


mercredi 7 juillet 2010

BONNE CUEILLETTE !!!!!!!

  et bon courage !!   GRRRR  !!!!!  



 CLICK HERE
  
C'est pas vraiment la saison, mais c'est toujours celle de jouer un peu...
P.


lundi 5 juillet 2010

Les cerises murissent....


...les pavots fleurissent...

Les

Félicie...aussi...

dimanche 4 juillet 2010

Bonus



Vous avez peut-être remarqué, dans la colonne de gauxche, un aquarium de poissons rouges...
Anaël qui sait tout, qui voit tout, m'apprend que pour nourrir les poissons, il faut cliquer sur l'aquarium, ça les attire et ils viennent former une très gracieuse étoile.
J'ai essayé... ça marche... et c'est tellement plaisant que j'y retourne...
P.

Chevalerie

Les rois, les princes et les sages,
Les Chevaliers du temps ancien,
Ils étaient tous emplis d'usage
Dont maintenant on ne fait rien.
Ils préféraient à toute rien
Honneur plutôt que convoitise.
Mais ore qui garde son bien,
Il a assez de science acquise.

Prouesse, honneur, hauts vasselages
Avait l’empereur Octavien,
Avisé fût, prudent et large
Et de ces faits se trouva bien.
Mais qui conserve en étroit lien
Son avoir, toujours on le prise ;
Quel que sois son niais maintien ,
Il a assez de science acquise.

Et pour ce font de grands outrages
Les convoiteux de mal merrien
Aux pauvres gens et maints dommages ;
Car jamais ils ne diraient « bien »,
Mais plutôt :  « Ceci sera mien. »
Qui d’attirer vers soi à guise
Par flatterie ou par moyens,
Il a assez de science acquise.

Christine de PISAN....

Au XV° siècle , Christine de Pisan regrettait la perte des valeurs de la chevalerie.
Comme ça ne s'est guère arrangé depuis, je vous engage sur la suggestion de Frédéric Mahé "Arrête de faire des histoires" à lire cet excellent hors série de Science et Vie:



Arthur, Merlin, Morgane, Viviane, Guenièvre, les Chevaliers, leur monde, leur temps, leurs vérité, leur légende, tout y est. ainsi que des notes renvoyant aux ouvrages à consulter sur les points que vous voudrez approfondir.
Frédéric, merci encore.




"Il posait son regard sur autre chose que sur lui"
Robert HOSSEIN (hier soir aux infos télé)

samedi 3 juillet 2010

vendredi 2 juillet 2010

ALMANACH MERVEILLEUX - JUILLET - Semaine 1 Jour 1 US et COUTUMES -

Juillet sans orage,
Famine au village.

 Parce que Jules César est né le douzième jour du cinquième mois de l’année romaine, Marc-Antoine dénomma Quintilis pour en faire le mois de Jules : notre juillet qui sera consacré à Jupiter , le roi des dieux.
 Le poète Ausone  décrit juillet sous les traits d’un homme roux, nu, bronzé, couronné d’épis et portant un panier plein de mûres.

C’est un matin de juillet que choisit Don Quichotte,  pour franchir la porte arrière de son domaine et, monté sur Rossinante, partir courir le monde en quête d’aventures et de torts à redresser.

L’Eglise catholique, aux nombreux domaines agricoles ayant besoin de bras pour ses moissons, institua peu de fêtes religieuses chômées pendant ce mois d’été.
On célèbre pourtant le 3 juillet, St Thomas, mais au lit et en dormant car cette nuit est réputée   propice aux rêves prophétiques. Il faut donc auparavant,  jeûner au pain sec et à l’eau. Puis
aller se coucher sans parler à quiconque et montant dans le lit, le pied gauche en premier,  faire une prière pour les âmes du purgatoire. Si, par chance, vous vous souvenez de vos rêves le lendemain matin, ce que vous y avez vu a des chances de se produire.

Le 5 juillet en Russie, on fête la lune qui cette nuit là se comporte comme une écervelée, elle saute, danse, joue à cache-cache avec les nuages, change sans arrêt de place et de couleur. La  voir prendre tour à tour les sept couleurs de l’arc en ciel, est d’un excellent augure pour les récoltes.




jeudi 1 juillet 2010

Donner au public « ce qu’il demande »

Pas récent mais toujours d'actualité P.

La machine à abrutir
Par PIERRE JOURDE
Professeur à l’université Stendhal - Grenoble - III.
Auteur, notamment, de La Littérature sans estomac, réédition Pocket, Paris, 2003.



Jusqu’à présent, la qualité des médias audiovisuels, public et privé confondus, n’était pas vraiment un sujet. Puis le président de la République découvre que la télévision est mauvaise. Il exige de la culture. En attendant que la culture advienne, l’animateur Patrick Sabatier fait son retour sur le service public. En revanche, des émissions littéraires disparaissent. C’est la culture qui va être contente.
Avec l’alibi de quelques programmes culturels ou de quelques fictions « créatrices », les défenseurs du service public le trouvaient bon. Ils ne sont pas difficiles. Comme si, à l’instar d’une vulgaire télévision commerciale, on n’y avait pas le regard rivé à l’Audimat. Comme si la démagogie y était moins abondante qu’ailleurs.
Les médias ont su donner des dimensions monstrueuses à l’universel désir de stupidité qui sommeille même au fond de l’intellectuel le plus élitiste. Ce phénomène est capable de détruire une société, de rendre dérisoire tout effort politique. A quoi bon s’échiner à réformer l’école et l’Université ? Le travail éducatif est saccagé par la bêtise médiatique, la bouffonnerie érigée en moyen d’expression, le déferlement des valeurs de l’argent, de l’apparence et de l’individualisme étroit diffusées par la publicité, ultime raison d’être des grands groupes médiatiques. Bouygues envoie Jules Ferry aux oubliettes de l’histoire.
Lorsqu’on les attaque sur l’ineptie de leurs programmes, les marchands de vulgarité répliquent en général deux choses : primo, on ne donne au public que ce qu’il demande ; secundo, ceux qui les critiquent sont des élitistes incapables d’admettre le simple besoin de divertissement. Il n’est pas nécessairement élitiste de réclamer juste un peu moins d’ineptie. Il y a de vrais spectacles populaires de bonne qualité. Le public demande ce qu’on le conditionne à demander. On a presque abandonné l’idée d’un accès progressif à la culture par le spectacle populaire. Victor Hugo, Charlie Chaplin, Molière, René Clair, Jacques Prévert, Jean Vilar, Gérard Philipe étaient de grands artistes, et ils étaient populaires. Ils parvenaient à faire réfléchir et à divertir. L’industrie médiatique ne se fatigue pas : elle va au plus bas.
Chacun a le droit de se détendre devant un spectacle facile. Mais, au point où en sont arrivées les émissions dites de « divertissement », il ne s’agit plus d’une simple distraction. Ces images, ces mots plient l’esprit à certaines formes de représentation, les légitiment, habituent à croire qu’il est normal de parler, penser, agir de cette manière. Laideur, agressivité, voyeurisme, narcissisme, vulgarité, inculture, stupidité invitent le spectateur à se complaire dans une image infantilisée et dégradée de lui-même, sans ambition de sortir de soi, de sa personne, de son milieu, de son groupe, de ses « choix ». Les producteurs de télé-réalité — « Loft story », « Koh-Lanta », « L’île de la tentation » —, les dirigeants des chaînes privées ne sont pas toujours ou pas seulement des imbéciles. Ce sont aussi des malfaiteurs. On admet qu’une nourriture ou qu’un air viciés puissent être néfastes au corps. Il y a des représentations qui polluent l’esprit.
Si les médias des régimes totalitaires parviennent, dans une certaine mesure, à enchaîner les pensées, ceux du capitalisme triomphant les battent à plate couture. Et tout cela, bien entendu, grâce à la liberté. C’est pour offrir des cerveaux humains à Coca-Cola que nous aurions conquis la liberté d’expression, que la gauche a « libéré » les médias. Nous, qui nous trouvons si intelligents, fruits de millénaires de « progrès », jugeons la plèbe romaine bien barbare de s’être complu aux jeux du cirque. Mais le contenu de nos distractions télévisées sera sans doute un objet de dégoût et de dérision pour les générations futures.
On a le choix ? Bien peu, et pour combien de temps ? La concentration capitaliste réunit entre les mêmes mains les maisons d’édition, les journaux, les télévisions, les réseaux téléphoniques et la vente d’armement. L’actuel président de la République est lié à plusieurs grands patrons de groupes audiovisuels privés, la ministre de la culture envisage de remettre en cause les lois qui limitent la concentration médiatique, la machine à abrutir reçoit la bénédiction de l’Etat . Les aimables déclarations récentes sur l’intérêt des études classiques pèsent bien peu à côté de cela.
Quelle liberté ? La bêtise médiatique s’universalise. L’esprit tabloïd contamine jusqu’aux quotidiens les plus sérieux. Les médias publics courent après la démagogie des médias privés. Le vide des informations complète la stupidité des divertissements. Car il paraît qu’en plus d’être divertis nous sommes informés. Informés sur quoi ? Comment vit-on en Ethiopie ? Sous quel régime ? Où en sont les Indiens du Chiapas ? Quels sont les problèmes d’un petit éleveur de montagne ? Qui nous informe et qui maîtrise l’information ? On s’en fout. Nous sommes informés sur ce qu’il y a eu à la télévision hier, sur les amours du président, la garde-robe ou le dernier disque de la présidente, les accidents de voiture de Britney Spears. La plupart des citoyens ne connaissent ni la loi, ni le fonctionnement de la justice, des institutions, de leurs universités, ni la Constitution de leur Etat, ni la géographie du monde qui les entoure, ni le passé de leur pays, en dehors de quelques images d’Epinal.
Un des plus grands chefs d’orchestre du monde dirige le Don Giovanni de Mozart. Le journaliste consacre l’interview à lui demander s’il n’a pas oublié son parapluie, en cas d’averse. Chanteurs, acteurs, sportifs bredouillent à longueur d’antenne, dans un vocabulaire approximatif, des idées reçues. Des guerres rayent de la carte des populations entières dans des pays peu connus. Mais les Français apprennent, grâce à la télévision, qu’un scout a eu une crise d’asthme.
Le plus important, ce sont les gens qui tapent dans des balles ou qui tournent sur des circuits. Après la Coupe de France de football, Roland-Garros, et puis le Tour de France, et puis le Championnat d’Europe de football, et puis... Il y a toujours une coupe de quelque chose. « On la veut tous », titrent les journaux, n’imaginant pas qu’on puisse penser autrement. L’annonce de la non-sélection de Truc ou de Machin, enjeu national, passe en boucle sur France Info. Ça, c’est de l’information. La France retient son souffle. On diffuse à longueur d’année des interviews de joueurs. On leur demande s’ils pensent gagner. Ils répondent invariablement qu’ils vont faire tout leur possible ; ils ajoutent : « C’est à nous maintenant de concrétiser. » Ça, c’est de l’information.
On va interroger les enfants des écoles pour savoir s’ils trouvent que Bidule a bien tapé dans la balle, si c’est « cool ». Afin d’animer le débat politique, les journalistes se demandent si Untel envisage d’être candidat, pense à l’envisager, ne renonce pas à y songer, a peut-être laissé entendre qu’il y pensait. On interpelle les citoyens dans les embouteillages pour deviner s’ils trouvent ça long. Pendant les canicules pour savoir s’ils trouvent ça chaud. Pendant les vacances pour savoir s’ils sont contents d’être en vacances. Ça, c’est de l’information. A la veille du bac, on questionne une pharmacienne pour savoir quelle poudre de perlimpinpin vendre aux étudiants afin qu’ils pensent plus fort. Des journalistes du service public passent une demi-heure à interroger un « blogueur », qui serait le premier à avoir annoncé que Duchose avait dit qu’il pensait sérieusement à se présenter à la présidence de quelque machin. Il s’agit de savoir comment il l’a appris avant les autres. Ça, c’est de l’information. Dès qu’il y a une manifestation, une grève, un mouvement social, quels que soient ses motifs, les problèmes réels, pêcheurs, enseignants, routiers, c’est une « grogne ». Pas une protestation, une colère, un mécontentement, non, une grogne. La France grogne. Ça, c’est de l’information.
On demande au premier venu ce qu’il pense de n’importe quoi, et cette pensée est considérée comme digne du plus grand intérêt. Après quoi, on informe les citoyens de ce qu’ils ont pensé. Ainsi, les Français se regardent. Les journalistes, convaincus d’avoir affaire à des imbéciles, leur donnent du vide. Le public avale ? Les journalistes y voient la preuve que c’est ce qu’il demande.
Cela, c’est 95 % de l’information, même sur les chaînes publiques. Les 5 % restants permettent aux employés d’une industrie médiatique qui vend des voitures et des téléphones de croire qu’ils exercent encore le métier de journalistes. Ce qui est martelé à la télévision, à la radio envahit les serveurs Internet, les journaux, les objets, les vêtements, tout ce qui nous entoure. Le cinéma devient une annexe de la pub. La littérature capitule à son tour.Le triomphe de l’autofiction n’est qu’un phénomène auxiliaire de la « peopolisation » généralisée, c’est-à-dire de l’anéantissement de la réflexion critique par l’absolutisme du : « C’est moi, c’est mon choix, donc c’est intéressant, c’est respectable. »
La bêtise médiatique n’est pas un épiphénomène. Elle conduit une guerre d’anéantissement contre la culture. Il y a beaucoup de combats à mener. Mais, si l’industrie médiatique gagne sa guerre contre l’esprit, tous seront perdus.


mercredi 30 juin 2010

mardi 29 juin 2010

chansons historiques de France 51 : Marche de la 2eme DB 1946

ALMANACH MERVEILLEUX - JUIN- Semaine 4 Jour 7 LE PARTRIOLE

Le sixièm’ mois de l’année
Que donnerai-je à ma mie ?
Six lièvr’ aux champs,
Cinq lapins grattant la terre,
Quatre canards volant en l’air,
Trois rats des bois,
Deux tourterelles,
Un partriole,
Qui va, qui vient, qui vole,
Un partriole,
Qui vole dans ce bois !



Un peu de culture ..... pour jouer

Combien de personnages reconnaitrez-vous avant de rechercher la réponse en passant sur son visage avec le curseur ?
Et vous aurez du mérite parce qu'ils ne sont pas tous ressemblants...
Merci tout de même , Claude...
 Non seulement en positionnant le curseur sur le personnage vous allez voir apparaître son nom, mais, en double cliquant dessus, vous allez directement sur Wikipédia pour y lire la biographie du personnage dans la version anglophone.
Dans Wikipédia, on peut cliquer ensuite à gauche sur "langage" puis choisir sa langue.
    

NOS LOISIRS 5 août 1906

LES EXECUTIONS CAPITALES EN CHINE-

On a souvent parlé de la cruauté des supplices chinois. C'est vrai pour les tortures infligées au cours des instructions criminelles.. Mais la mise à mort d'un assassin en Chine est très simple. Elle se fait comme jadis chez nous par un bourreau qui emploie une épée au lieu d'une hache. Le coupable est amené au jour sur le lieu de l'exécution. Pendant toute la nuit précédente, le peuple a défilé dans sa prison et souvent même le coupable a été soigneusement "passé à tabac".
Sur le lieu du supplice, il est mis à genoux, les bras liés derrière le dos, les mains attachées à un piquet fiché en terre. Le bourreau s'approche, cause avec sa victime, pendant qu'un mandarin vient lire la sentence. Puis le condamné tend le cou, le bourreau saisit d'une main la tresse, pendant que le glaive siffle dans l'air. Un choc, un jet formidable de sang, et le corps s'affaisse en avant. Alors, avec un poignard, le bourreau achève de détacher la tête, qui est placée au bout d'une pique. On plante la pique devant la maison de la victime et le peuple qui passe apprend ainsi et le crime et le châtiment.
NOS LOISIRS 5 août 1906

lundi 28 juin 2010

L'étoffe des héros...


Pour rester un héros exempt de tout reproche, choisissez comme le maréchal Leclerc de Hauteclocque, de mourir jeune.
Comment se serait-il comporté en Indochine? Quel parti aurait-il pris en Algérie???
P.