A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

jeudi 2 septembre 2010

Tu t'est vu quand t'as bu?

Depuis quelque temps, les savants suivent avec un intérêt tout particulier la vie des plantes. Ils découvrent de plus en plus entre les habitudes de ces petits êtres vivants et les nôtres de curieuses analogies.
Que les couleurs et la lumière influent sur le développement de la plante, cela ne fait plus question. mais voilà qui est mieux. Un botaniste de l'Université de Philadelphie a découvert une plante qui boit.
Elle est de la famille des orchidées et pousse sur les bords de certains petits affluents du rio de la Plata. Du centre de la corolle s'échappe un tube flexible qui sert à la plante à pomper plusieurs fois par jour dans le ruisseau, surtout quand le temps est sec et qu'il "fait soif".
Le savant ajoute:" Le plus curieux, c'est que parfois le tube se roule en tire-bouchon au fond de la corolle."
Ce qui est tout simple; alors la plante a trop bu, elle a la "feuille de bois", et elle se gondole.

NOS LOISIRS 2 juin 1907

mercredi 1 septembre 2010

September song - Chet Baker

SEPTEMBRE





Je me fais septembre appeler,
Plain de tous biens à tous endroitz,
On peult en ma saison trouver
Froment et vin, avoyne et poys.
Tous hebergez pour une foys,
Dont chacun doit par grant’ raison
Adviser qu’en icelluy moys
Soit bien pourvu pour sa saison.


Khâlendrier des Bergiers    Guiot Marchand 1496




vendredi 27 août 2010

Baisse un peu l'abat-jour - Elyane Célis

AOÛT – semaine 4 – jour 5- C’EST POUR RIRE




Quand août est pluvieux,
Septembre est radieux



LE CAPITAL


Si, dans l’œuvre magistrale de Karl Marx, « Le Capital », on remplace partout le mot « prolétaire » par « caleçon à fleurs », le « travail » par « œuf dur mayonnaise », le mot « capital »par « godemichet à clochettes » et les mots « lutte des classes » par « tango voyou », on obtient une œuvre entièrement nouvelle, parfaitement correcte du strict point de vue de la syntaxe et parfaitement cohérente du point de vue de la logique pure, mais dont les enseignements qu’on en peut tirer sont beaucoup moins pernicieux quant à leurs effets sur la productivité des couches déshéritées bien que laborieuses de la population.

François CAVANNA – Almanach-Agenda 1985






Une riche vieille dame décide d'aller faire un safari photos en Afrique.

Elle emmène son fidèle vieux caniche pour lui tenir compagnie.  


Un jour, le caniche part à la chasse aux papillons, et avant longtemps, il s’aperçoit qu'il s’est perdu.

Errant au hasard en tentant de retrouver son chemin, il voit un léopard courir vers lui avec l'intention visible de faire un bon repas. Le vieux caniche pense:
"Oh, oh! Je suis vraiment dans la m....…, là!"
Remarquant les quelques os d ’une carcasse qui traîne sur le sol à proximité, il se met aussitôt à mâcher les os, tournant le dos au léopard qui approche. Quand  celui-ci est sur le point de lui sauter dessus, le vieux caniche s'exclame haut et fort :


"Ouah, ce léopard était vraiment excellent! Je me demande s'il y en a d’autres par ici?"
En entendant cela, le jeune léopard interrompt son attaque en plein élan, il regarde le caniche avec effroi, et s ’enfuit en rampant dans les fourrés.

"Ouf!", soupire-t-il, "C'était tout juste! Ce vieux caniche a failli m’avoir!" 
Cependant, un vieux singe, qui avait observé toute la scène d’une branche d'arbre à proximité, se dit qu’il pourrait mettre à profit ce qu’il sait en négociant avec le léopard et obtenir sa protection.

Il part donc le rattraper mais le vieux caniche, le voyant courir à toute vitesse après le léopard, réalise que quelque chose se trame. Le singe rattrape vite le léopard, lui dévoile le pot aux roses, et lui propose son plan. 

Le jeune léopard est furieux d'avoir été trompé :


"Arrive ici, le singe, monte sur mon dos, et tu vas voir ce qui va arriver à ce petit malin!"

Le vieux caniche voit le léopard accourir avec le singe sur son dos et s’inquiète : 
"Que vais-je faire maintenant?"


Mais au lieu de s’enfuir, le chien s’assied dos à ses agresseurs, faisant semblant une fois de plus de ne pas les avoir vus, et juste au moment où ils arrivent à portée de voix, il s ’exclame :
"Où est donc ce foutu singe? Ça fait une heure que je l ’ai envoyé me chercher un autre léopard!"
Morale de cette histoire :
On ne plaisante pas avec les vieux de la vieille.

mercredi 25 août 2010

Judy Garland - Over The Rainbow (Subtitiles)

L'ODEUR DES ROSES


Vos dernières roses s' effeuillent; gardez-en tout l'hiver le souvenir.

Dans un bocal (joli), alternez couches de pétales de roses et sel fin. Ajoutez deux cuillers à café d'huile essentielle de rose et un petit verre d'alccol à 70°. Bouchez hermétiquement et laissez macérer.

Il suffira de laisser le bocal débouché dans une pièce pour que revienne au plus froid de la saison le parfum de votre jardin d'été.

P

OVER THE RAINBOW



En 2011 après Jésus-Christ, Dieu visite à nouveau Noé et lui dit:

- "Une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée.Construis une arche et rassemble un couple de chaque être vivant ainsi que
quelques humains parmi les plus méritants..

Dans six mois, j'envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits, et je détruis tout !"

- Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu'une vague ébauche de chantier.

- "Mais, Noé, tu n'as pratiquement rien fait ! Demain, tu le sais, c'est le Déluge!"

- "Pardonne-moi, Tout Puissant, j'ai fait tout mon possible mais ....les temps ont changé:
J'ai essayé de bâtir l'arche, seulement il faut un Permis de Construire et le bureau instructeur me fait des ennuis au sujet du système d'alarme anti-incendie et du contrôle des termites.

- Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l'échafaudage dans ma cour viole le règlement de copropriété et obstrue leur
vue.

(J'ai dû recourir à un médiateur-conciliateur et la décision est en appel au tribunal administratif qui doit donner son verdict en août 2012).

- l'Urbanisme m'a obligé à réaliser une étude de faisabilité et à déposer un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l'arche jusqu'à  la mer.  Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu'à nous.

- La coupe du bois de construction navale s'est heurtée aux multiples Associations pour La Protection de l'Environnement sous le triple motif que je contribuais à la déforestation, que mon autorisation donnée par les Eaux et Forêts n'avait pas de valeur aux yeux du Ministère de l'Environnement, et que  cela détruisait l'habitat de plusieurs espèces animales. J'ai pourtant expliqué qu'il s'agissait, au contraire de préserver ces espèces, rien n'y a fait..

- J'avais à peine commencé à rassembler les couples d'animaux que la SPA et le WWF me sont tombés sur le dos pour acte de cruauté envers les animaux que je  soustrayais contre leur gré à leur milieu naturel et que j' enfermais dans des pièces trop exiguës.

- Ensuite, l'agence gouvernementale pour le Développement Durable a exigé une étude de l'impact sur l'environnement de ce fameux déluge.

-Dans le même temps, je me débattais avec le Ministère du Travail qui me reprochait de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles
Je les avais embauchés car les Syndicats m'avaient interdit d'employer mes propres fils, disant que je ne devais employer que des travailleurs hautement  qualifiés et, dans tous les cas, syndiqués.

- Enfin le Fisc a saisi tous mes avoirs, prétextant que je me préparais à fuir illégalement le pays tandis que les Douanes menaçaient de m'assigner devant les  tribunaux pour tentative de franchissement de frontière en possession d'espèces protégées ou reconnues comme "dangereuses".

- Aussi, pardonne-moi, Tout Puissant, ... j'ai manqué de persévérance...et j'ai abandonné le projet".

Aussitôt les nuages se dissipèrent, un arc-en-ciel apparut et le Soleil se mit à briller.

- "Mais tu renonces à détruire le monde ? " demanda Noé.-

 "Inutile, répondit Dieu, l'ADMINISTRATION s'en charge !"- "






lundi 23 août 2010

Shame! Shame! Shame!

Combien de Djangos sommes-nous en train d'expulser????








Les yeux noirs django reinhardt

AOÛT- Semaine 4 – jour 1 – US ET COUTUMES


Si Saint-Barthélemy fait ciel d’ange ;
Beaux fruits, belle vendange

LES NOMBRES : le 8

Dans les traditions européennes, le huit ne figure pas parmi les grands chiffres magiques. On dit seulement que les personnes faibles, indécises et craintives sont plus que d’autres portées à rêver du huit.
Ce huit qui lui-même quand il est couché représente l’infini.
Cependant en Chine, être huit à table porte bonheur et c’est chez les Dogons le chiffre de la Création.
En Inde, Vishnou a la chance d’avoir huit bras, ce qui à certains moments conviendrait parfaitement à nous autres mortels.
A Yokohama, un temple de forme octogonale, renferme les statues des huit sages du monde : quatre japonais, les princes Shôtoku, Kôbo Daishi, Shinran et Nichiren et pour le reste du monde : Câkyamuni, Confucius, Socrate et Jésus.


















dimanche 22 août 2010

AOÛT- semaine 3 – jour 7- QUEL METIER




La nuit d’août
Trompe les sages et les fous




 La couturière

Que serait la mode sans les couturières ?
Et pourtant !...
Leur existence en tant que corporation ne remonte qu’à l’année 1675. Auparavant, seuls les tailleurs possédaient le privilège officiel d’habiller les hommes comme les femmes. Par exception, les filles des maîtres-tailleurs, et encore, avant d’être mariées, avaient le droit de vêtir les enfants jusqu’à l’âge de huit ans.
Dans les faits, depuis que les femmes savent tenir une aiguille, elles cousent, avec plus ou moins de bonheur ; les moins adroites trouvant toujours le moyen de se faire aider des plus habiles. Dans les maisons riches comme dans les campagnes, nombreuses étaient les femmes qui allaient « en journée » travailler comme lingères, couseuses ou repasseuses. De là à réaliser des toilettes entières, le pas était vite franchi, ce qui n’était guère du goût de Messieurs les Tailleurs, qui leur menaient une guerre sans merci, portant plainte auprès des lieutenants de police, les faisant écraser de lourdes amendes, et allant jusqu’à faire saisir chez elles étoffes et costumes.
Mais jamais on ne put interdire aux femmes de préférer volants et dentelles aux sévères costumes de lainage. Grâce au soutien de leurs employeuses et clientes, les couturières ont fini par avoir gain de cause. Rose Bertin en 1770, ouvrit son magasin de modes à l’enseigne du « Grand Mogol ». Le succès fut tel que la reine Marie-Antoinette fit de la couturière son « ministre de la mode ». C’est ainsi que s’ouvrit la route que suivirent plus tard Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, Sonia Rykiel et tant d’autres.
La couture sut prendre si bien sa place aux côtés des tailleurs que les hommes ont voulu devenir couturiers. Cependant, chez Christian Dior, Yves Saint-Laurent ou Christian Lacroix, pour ne citer qu’eux, le distinguo subsiste : il y a dans les maisons de couture, les ateliers « tailleur » dirigés le plus souvent par un homme et les ateliers de « flou » dont la « première » est la plupart du temps une femme.
Les couturières toujours soignées et bien mises ont partagé avec les lingères et les modistes la douteuse réputation d’avoir des mœurs légères. S’il est vrai que la précarité de leur condition a pu inciter certaines, -dans les siècles précédents surtout-, à embrasser la profession plus rémunératrice de courtisane, la plupart d’entre elles ont su vivre d’un travail aimé quoique souvent ingrat. Certaines, et là je cite encore Chanel, ont largement contribué au renom de l’artisanat français dans le monde.

P

.

samedi 21 août 2010

HELP!



Pour signer la pétition, rendez-vous sur http://laregledujeu.org







vendredi 20 août 2010

L'Amour Sorcier

jeudi 19 août 2010

Plus fort que les violons...

Le musicien de rue était debout dans l'entrée de la station « Enfant Plaza » du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. C'était un matin froid, en janvier dernier. Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et à nouveau, du Bach. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail. Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré enaccélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. Peu après, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard. Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l'a tiré, pressé mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger. Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars. Personne ne l'a remarqué quand il a eu fini de jouer. Personne n'a applaudi. Sur plus de mille passants, seule une personne l'a reconnu. Ce violoniste était Joshua Bell, actuellement un des meilleurs musiciens de la planète. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius valant 3,5 millions de dollars.Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation future au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place. C'est une histoire vraie. L'expérience a été organisée par le « Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens. Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ? Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde, jouant pour nous gratuitement quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, avec un violon Stradivarius valant 3,5 millions de dollars, à côté de combien d'autres choses passons-nous ? A méditer ...


Cette histoire me fait souvenir d'un autre violoniste... Il n'était pas célèbre, son instrument n'était pas un Stradivarius et très vraisemblablement, aucune grande salle de concert n'avait fait ni ne ferait jamais appel à lui.Il faisait la manche dans Central Park. Son répertoire n'était pas bien compliqué, mais il jouait bien, avec émotion dans ce matin froid et ensoleillé de Mars à New-York et lui, nous l'avons écouté... parce que nous étions "en vacances"; nous avions le temps. Et je me demande en lisant cette histoire, si au temps où je courais dans les couloirs du métro parisien -et à Franklin D. Roosevelt, ils sont longs et propices aux concerts improvisés- si, Ivry Gitlis ou Ishtac Perlmann avaient joué les mêmes morceaux, aussi amoureuse de la musique que je sois, j'aurais pris le temps de m'arrêter et d'écouter au risque de commencer ma journée detravail en retard Le vrai problème, n'est pas l'indifférence des passants mais l'état de stress dans lequel la société les conduit au point de ne pas s'accorder le temps d'un plaisir innocent et vrai. Et plus grave encore, celui de ces enfants a qui des parents aimants et attentionnés inculquent l'idée que n'importe quelle obligation quotidienne est plus important pour eux que le cadeau imprévu que leur fait la vie.

P.

mercredi 18 août 2010

Sortilèges

"C'est pendant que dure le temps des moissons que les herbes à sortilèges sont les plus efficaces et qu'il est recommandé de les travailler, d'en extraire les sucs, d'en distiller les essences, ou de les mettre soigneusement à sécher. C'est au plus fort de la canicule, au point culminant de l'orage, que les Dames Vertes, Verdelettes, Ancôlines, cueillent le lierre et se baignent dans la "coupe verridine" et régénèrent leur beauté. Les mortelles qui feront de même ne connaîtront jamais les outrages de l'âge."
Pierre DUBOIS, elficologue

mardi 17 août 2010

Confiture littéraire

C'est le temps des confitures. Si en dépit des mises en garde, vous avez ramassé des mûres et en avez fait des confitures, vous n'êtes pas obligés de les manger.
Faites comme Georges Duhamel:

Le jour que nous reçûmes la visite de l’économiste, nous faisions justement nos confitures de cassis, de groseille et de framboise.
L’économiste, aussitôt, commença de m’expliquer avec toutes sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le plus grand tort de faire nos confitures nous-même, que c’était une coutume du moyen-âge, que, vu le prix du sucre, du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent des usines, que la question semblait tranchée, que, bientôt, personne au monde ne commettrait plus jamais pareille faute économique.
-Attendez, monsieur ! m’écriai-je. Le marchand me vendra-t-il ce que je tiens pour le meilleur et le principal ?
-Quoi donc ? fit l’économiste.
-Mais l’odeur, monsieur, l’odeur ! Respirez : la maison tout entière est embaumée. Comme le monde serait triste sans l’odeur des confitures !
L’économiste, à ces mots, ouvrit des yeux d’herbivore. Je commençais de m’enflammer.
-Ici, monsieur, lui dis-je, nous faisons nos confitures uniquement pour le parfum. Le reste n’a pas d’importance. Quand les confitures sont faites, eh bien ! monsieur, nous les jetons.J’ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures, en souvenir de leur parfum.