A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

vendredi 18 octobre 2013

Mots d'Auteurs

VERMEER

Un écrivain véritable ne trouve pas ses mots. Alors il les cherche. Et il trouve mieux.
VALERY

mardi 15 octobre 2013

Mots d'auteurs

Fossettes, roseurs, blondeurs, rondeurs, longues robes de tulle, de dentelle blanche, de broderie anglaise, ceintures de moire, fleurs piquées dans les chevaux, dans les corsages... les notes pures de leurs rires cristallins s'égrènent... Elles s'amusent... Vous les entendez?

Nathalie SARRAUTE (1900-1999), Vous les entendez?

lundi 14 octobre 2013

Les opinions de Claude

Un article qui met bien en perspective, les problèmes économiques et sociaux de tous nos pays "développés" .

Il est signé Gérard Horny, notre journaliste gonipontin, qui ne nous livre pas de l'information "prémâchée", mais nous invite à la réflexion.


C
laude

La mondialisation «ultra heureuse» selon Jean-Claude Trichet

samedi 12 octobre 2013

Octobre ,..







vendredi 11 octobre 2013

Claude et L'excellent billet d'Alain Rémond l'autre matin dans La Croix

Le biLLet

Les céphalophores

ALAiN RéMOND

Saint Denis, que nous fêtons aujourd’hui, est célèbre pour une particularité, disons, particulière : la céphalophorie.

Ce n’est ni une maladie, ni une aptitude à résoudre des problèmes compliqués, ni un don pour ceci ou cela.

La céphalophorie, c’est l’art de porter sa tête, comme si de rien n’était, après avoir été décapité.
Saint Denis marcha ainsi six kilomètres vers le nord, sa tête sous le bras, traversant Montmartre par ce qui deviendra la rue des Martyrs, donna sa tête à une femme pieuse nommée Catulla, puis s’écroula.

Il n’est pas le seul à avoir réussi cet exploit. On compte en France de nombreux saints (ou saintes) céphalophores, comme Quitterie, Principin, Tréphine, Aphrodise ou Ferjeux.

Cette coutume semble s’être perdue au fil des siècles. Il est extrêmement rare, aujourd’hui, de voir quelqu’un marcher dans la rue sa tête sous le bras.

En revanche, on voit de plus en plus de gens déambuler en portant ce qui s’appelle, justement, un portable, qui semble leur tenir lieu de tête, à tel point que, s’ils le perdent, ils perdent la tête.

Ce sont les céphalophores modernes.
​ 

mardi 8 octobre 2013

Rêves et mythes


Il n’est pas nécessaire d’insister sur l’impact des rêves dans l’Histoire et dans les mythes. On connaît le rêve oublié de Nabuchodonosor et le rôle d’interprète que joua le prophète Daniel.
Rappelons aussi, à l’origine de la guerre de Troie, le rêve de la reine Hécube, épouse de Priam, roi de la cité troyenne. Nombreux sont également les songes ou les visions au cours desquelles les dieux apparaissent, porteurs d’un message plus ou moins sibyllin et dont l’interprétation nécessite la sagesse d’un mage.
Ainsi Balthazar, lors d’un festin de victoire vit apparaître une main qui écrivait sur un mur. Ce fut Daniel qui donna l’interprétation qui subjugua le dernier roi de Babylone.
Ce qui est intéressant dans cet épisode mythique, c’est le rôle d’une part de l’image et non d’un rêve, de l’écriture d’autre part. Ce qui confère à l’interprétation une fonction de traduction.
Voici le récit biblique du Livre de Daniel :
«Le roi Balthazar donna un grand festin pour ses seigneurs, qui étaient au nombre de mille, et devant ces mille il but du vin. Ayant goûté le vin, Balthazar ordonna d'apporter les vases d'or et d'argent que son père Nabuchodonosor avait pris au sanctuaire de Jérusalem, pour y faire boire le roi, ses seigneurs, ses concubines et ses chanteuses. On apporta donc les vases d'or et d'argent pris au sanctuaire du Temple de Dieu à Jérusalem, et y burent le roi et ses seigneurs, ses concubines et ses chanteuses. Ils burent du vin et firent louange aux dieux d'or et d'argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre. Soudain apparurent des doigts de main humaine qui se mirent à écrire, derrière le lampadaire, sur le plâtre du mur du palais royal, et le roi vit la paume de la main qui écrivait.»
Le roi, fit venir Daniel qui lui dit :
«L'écriture tracée, c'est : Mené, Teqel et Parsîn. Voici l'interprétation de ces mots : Mené : Dieu a mesuré ton royaume et l'a livré; Teqel : tu as été pesé dans la balance et ton poids se trouve en défaut; Parsîn : ton royaume a été divisé et donné aux Mèdes et aux Perses." Alors Balthazar ordonna de revêtir Daniel de pourpre, de lui mettre au cou une chaîne d'or et de proclamer qu'il gouvernerait en troisième dans le royaume. Cette nuit-là, le roi chaldéen Balthazar fut assassiné.»
Les commentaires que nous pouvons faire des rêves et récits de visions doivent être assujettis à une minutieuse étude du contexte historique dans lesquels ceux-ci prennent forme. Tout comme l’anthropologue ne conclut quoi que ce soit sur la découverte d’un site sans soumettre les résultats des ses trouvailles à de nombreuses expertises, géologiques, historiques, ethniques, etc. l’historien ne peut rien conclure d’un récit de rêve s’il n’a pas une solide connaissance du contexte culturel, économique, historique, géographique voire linguistique dans lequel le récit s’enracine.
Et c’est à partir de ces premiers éléments d’investigation que l’on peut avancer une interprétation psychologique sensée et cette dernière n’aura rien d’un discours métaphysique.
Pour leurs études sur les rêves Emma Jung et Marie Louise Von Franz se sont transformées en véritables linguistes et historiennes. (1)

1. Consulter la série d’ouvrages de l’une et l’autre sur l’interprétation des contes de fées et sur les légendes germano-celtiques.

Illel Kieser El Baz,
Psychothérapeute, Psychologue clinicien


Toulouse, France

lundi 7 octobre 2013

Les bagnoles à papa-2021

Inspiré par un post de Manouche

Quelques années après la Libération, la voiture désirable était la « Traction avant Citroën ». Si désirable qu’il fallait plusieurs mois, parfois une année pour l’obtenir, et mon père comme tant d’autres, voulait sa « Traction ». Il l’attendait d’autant plus impatiemment que cet homme sans bagnole était quasiment cul-de-jatte. Or, sa Simca 8 venait de périr au contact brutal d’un poids lourd de dix tonnes.
Le compagnon de ma grand-mère, -s’y était-il pris à temps, avait-il choisi une autre marque ou un autre modèle ?-  toujours est-il qu’il conduisait une voiture neuve, aussi a-t-il refilé à son gendre la C4 qu’il n’utilisait plus.
Ah ! je voudrais être poète pour composer un hymne à la C4, le carrosse des fées de mon enfance ! Si facile à dessiner déjà, sur un cahier quadrillé. Avec tant de place à l’arrière qu’on y pouvait jouer aux petits chevaux, au Nain Jaune… jouer quoi ; et ceci grâce aux deux strapontins qui faisaient face à la banquette ; avec le marchepied extérieur sur lequel on pouvait monter en marche tels les gangsters de nos bandes dessinées. Ah, oui ! c’était une voiture bien faite pour des enfants souvent accompagnés de chiens et de chats. Elle était de couleur vert sapin et si haute qu’on dominait la circulation dans les rues encombrées de Paris.
Haute, verte et confortable, mais… démodée et mon père mourait de honte au volant de son carrosse. Quand enfin est arrivée la « Traction », la C4 a disparu et depuis, chaque fois que je vois une sortie de vieux tacots, je la cherche avec l’espoir qu’elle n’a pas fini à la casse, mais qu’elle coule des jours tranquilles dans un garage où un amateur la bichonne avec soin.
Donc la Traction est arrivée, la première d’une longue série. Je me souviens de son numéro d’immatriculation : 2004 BW 75. Pour l’inaugurer, mon père nous a fait faire l’aller-retour d’usage sur l’autoroute de l’Ouest qui s’arrêtait alors, me semble-t-il,  à Orgeval. Etait-ce le regret de la C4, c’est à ce moment-là que j’ai pris en grippe l’odeur de la voiture neuve. Et on en avait souvent, des neuves, car mon père en cassait beaucoup. Il conduisait bien, pourtant et quand survenait l’accident plus ou moins grave, il n’était jamais dans son tort. Mais voilà, quand on est trop certain de son bon droit, il arrive que le résultat soit le même que lorsqu’on est en faute. Ainsi de l’accident qui détruisit la Simca 8 : nous partions en vacances et, traversant au petit matin la place du Châtelet, le poids lourd a refusé la priorité. La sagesse eut été de le laisser passer, mais mon père n’était pas sage et il ne s’est pas arrêté. Les vacances à peine commencées, se sont terminées au proche Hôtel-Dieu.

Une autre fois pourtant, il lui arriva de plier en deux un bec de gaz et perdant le contrôle, d’emboutir toutes les voitures en stationnement de la rue, du côté droit comme du côté gauche. Certes, il n’avait pas bu que de l’eau gazeuse, cette fin de nuit-là, mais c’était en compagnie d’un de ses amis commissaire de police qu’il raccompagnait chez lui… Cette voiture-là, je m’en souviens, bien qu’elle ait duré moins d’une semaine, était une Panhard gris/bleu pastel, aux sièges de cuir gris… elle aussi sentait la voiture neuve… elle n’a pas eu le temps de vieillir.

vendredi 4 octobre 2013

La retraite-



La guerre allait finir mais dans le village proche de Nancy où la famille était réfugiée, on ne s’en apercevait pas vraiment. Il faut dire qu’on y courait probablement plus de risques qu’en ville puisque la Seille, la rivière qui le traverse marque depuis 1870 la frontière entre Lorraine allemande et Lorraine française et qu’à chaque guerre, la ligne de front se situe dans les parages. Mais à Nancy on crevait de faim tandis qu’à Brin (sur Seille), les combats n’empêchaient pas les poules de pondre, ni les vaches de donner du lait, ni les pommes de terre de pousser dans les champs.
Les rumeurs pourtant allaient bon train ; le bruit du débarquement de Normandie était parvenu jusque-là, mais on en parlait peu ; ceux qui écoutaient Londres ne s’en vantaient pas. En revanche on entendait partout raconter que l’armée allemande, en se repliant pratiquait la politique de la terre brûlée, faisait sauter les ponts et incendiait les villages qu’ils traversaient.
Notre maison était la dernière du village. Il faisait nuit et la famille, c’est-à-dire cinq femmes réparties sur quatre générations dont un bébé (moi) et un seul homme, mon père, était attablée devant des assiettes peu garnies de ce que les poules et le jardin avaient bien voulu offrir. Le couvre-feu imposait des volets clos et des rideaux tirés ; une bougie donnait une faible lumière.
Soudain dehors, bruit de bottes et un ordre bref :  « Halt ! »
Silence… puis on entend les bottes entourer la maison. Quelqu’un a soufflé la bougie. Derrière la maison était un bûcher recouvert de tôles ondulée et sur les tôles des fagots. Les bottes se sont arrêtées devant le bûcher et on a entendu un liquide arroser les fagots. Et dans cette famille peu croyante, on a vu ma grand-mère , esprit fort s’il en fut et chef incontesté de la tribu, on l’a vue tomber à genoux , faire le signe de croix, joindre les mains et prier…
Enfin les bottes se sont rassemblées et sont reparties en bon ordre.
Mon père est sorti le premier avec dans chaque main une de ces grandes cruches en zinc avec lesquelles on allait chercher de l’eau au puits ou à la fontaine. Surpris de ne voir ni sentir aucune fumée, il s’est avancé dans le noir… Et c’est après avoir glissé pour tomber dans un bourbier malodorant qu’il a compris qu’il ne s’agissait que d’une halte indispensable à la bonne marche des troupes en retraite.


mardi 1 octobre 2013

Retour au grands rêves de l’Histoire


Interprétation au plan du sujet et rôle du groupe
Jung prenait d’abord le rêve comme drame intérieur dans lequel le rêveur et les acteurs interagissaient comme autant d’éléments de la personnalité du sujet. Drame — action — relation — dont le rêveur se doit de prendre conscience, pour un projet dont l’objectif est à jamais inconnu, soit dit en passant. C’est ce que Jung nommait interprétation au « plan du sujet ».
Il est aussi possible de lire un rêve au « plan de l’objet ». Dans ce cas, les acteurs sont des éléments de la vie objective du rêveur, mais une telle interprétation, outre qu’elle renforce souvent les projections faites sur des tiers, confère à la conscience une puissance et une tendance à la domination qui peut poser problème. La lecture des rêves nous apprend à faire le deuil d’une volonté de compréhension qui n’est qu’un des aspects d’une volonté de toute-puissance bien souvent néfaste à notre immersion dans le monde. La conscience ne domine pas les éléments, elle en est issue et comme une île volcanique surgie des flots elle grandit grâce au matériaux en fusion qui lui vienne de la profondeur. Elle en est construite, elle en dépend.
Pourtant si nous étudions attentivement la lecture que Daniel fait des rêves de Nabuchodonosor et de la vision de Balthazar, nous constatons qu’il se situe au plan de l’objet. Le roi est au centre de la scène et les éléments du rêve sont pris comme autant de représentations de ce qui se passe dans le royaume et auprès de ses sujets.
Une telle interprétation est-elle due au fait que nous sommes en présence d’êtres exceptionnels, les rois de Babylone ? Partiellement, oui.
Si nous revenons au contexte de ces époques, au 7ème siècle av. J.-C., la cosmogonie en place, avant l’émergence du monothéisme, situe le roi comme principal média entre les dieux et la masse indifférenciée des sujets du royaume. Autant dire que la conscience individuelle n’existe pas, c’est le roi, investi par les dieux, qui tient lieu de conscience pour tous. Ce qui revient à dire que, hormis le roi, nulle conscience n’existe, seul un gigantesque maelström d’où surgira bientôt Yavhé.
Vu sous cet angle le prophète Daniel se tient au « plan du sujet », puisque le roi n’est que la conscience d’un gigantesque corps constitué par le royaume et ses sujets. C’est ce qui explique la singularité constante de Daniel par rapport aux autres mages. N’a-t-il pas en effet « ramené » le rêve que Nabuchodonosor avait laissé « partir de lui » ? Daniel est là comme un élément de conscience avancée, quelques siècles en avant ; figure éclairante du monothéisme et des symboles d’unité...
Ceci nous confirme la difficulté qu’il y a à accueillir, puis à traduire les grands rêves collectifs. Non pas tâche impossible, mais nécessité de s’entourer de tous les éléments que la science nous fournit afin d’être dans un mouvement de lecture et non de compréhension.
Quant aux porteurs de cette lumière éclairante des images, notre monde semble en manquer et seuls quelques créatifs—artistes auraient le privilège d’être au centre d’un dialogue entre les deux rives de la psyché.
Illel Kieser El Baz,
Psychothérapeute, Psychologue clinicien
Toulouse, France
.
Notes:
9. http://www.cybersciences.com/cyber/4.0/dec_jan98/entrevue.asp
...

samedi 28 septembre 2013

La photo du samedi

Moi aussi j'ai une treille... même si elle est pas "Muscate"...



Chez AMARTIA, est-ce du raisin de Corinthe ou du raisiné???

mercredi 25 septembre 2013

Rubrique économique (suite)

LE CAPITAL


Si, dans l’œuvre magistrale de Karl Marx, « Le Capital », on remplace partout le mot « prolétaire » par « caleçon à fleurs », le « travail » par « œuf dur mayonnaise », le mot « capital »par « godemichet à clochettes » et les mots « lutte des classes » par « tango voyou », on obtient une œuvre entièrement nouvelle, parfaitement correcte du strict point de vue de la syntaxe et parfaitement cohérente du point de vue de la logique pure, mais dont les enseignements qu’on en peut tirer sont beaucoup moins pernicieux quant à leurs effets sur la productivité des couches déshéritées bien que laborieuses de la population.

François CAVANNA – Almanach-Agenda 1985