A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

samedi 16 novembre 2013

mercredi 13 novembre 2013

La peinture à l'huile.... ou le malheur à l'eau???

Le tryptique de Francis Bacon, vendu aux enchères pour 142,4 millions de dollars à New York, devenant l'oeuvre d'art la plus chère du monde.


Qu'on aime ou qu'on aime pas les toiles de Francis Bacon n'est pas la question.
La question est: entendre aux mêmes infos du soir qu'une toile de ce peintre a été vendue 142 millions de dollars et que l'aide aux victimes des Philippines arrive au compte-goutte est proprement insupportable...
Ce sont des enchères record certes, mais  le vrai record est je crois, celui de l'indécence.A Tacloban, île de Leyte (Philippines), mercredi 13 novembre.


mardi 12 novembre 2013

On aurait pu nous le dire plus tôt !...



 

Je viens, enfin, de comprendre d'où viennent mes petits bourrelets ...
 
Lorsque je suis sous la douche, pour me savonner, j'utilise souvent du shampoing. 
Ceci évite d'avoir plusieurs produits !
 Mais, aujourd'hui, j'ai lu la notice et celle-ci indique :
 
"Donne plus de volume et d'abondance".

 C'est décidé, demain je prends le liquide vaisselle, parce que sur le flacon,  il est écrit :  
 
"Élimine les graisses, même les plus tenaces" !

dimanche 10 novembre 2013

Les bagnoles à Maman- La 4CV X



A mi-parcours du chemin qui conduit de la trentaine à la quarantaine, ma mère se posa une question pertinente : de quelle utilité était dans sa vie un homme qui lui avait fait deux enfants dont elle devait assumer seule la destinée ?  un homme dont les disparitions inopinées ne l’inquiétaient qu’en raison des désordres en tous genres qu’engendraient ses réapparitions ?
Elle examina soigneusement toutes les réponses possibles pour arriver à cette dernière : quand il a une voiture en état de marche, il nous emmène le dimanche à la campagne.
« Eh bien, conclut ma mère, pour ça comme pour le reste, je peux fort bien y arriver sans lui ! »
Ma mère passa son permis de conduire, qu’elle obtint du premier coup… c’était dans les années cinquante… Succès qui me valut de nombreux sarcasmes quand bien des années plus tard, il me fut impossible de réussir le même exploit.
En possession de papier rose, ma mère fit l’acquisition d’une 4CV. Elle était bleue si mes souvenirs sont bons ; bleu clair.
Installée au volant et totalement maîtresse d’elle-même comme de tout l’univers routier, elle endommagea un certain nombre de véhicules sans que jamais sa responsabilité ne soit mise en cause, tant était grand son respect du code de la route nouvellement appris. Quand elle s’arrêtait sagement aux endroits obligés, était-ce sa faute si le conducteur qui endommageait son pare-choc arrière n’était pas comme il l’aurait dû, totalement maître de son véhicule ? Etait-ce sa faute si un imprudent sortait de sa voiture côté circulation et si la fringante 4CV emportait avec elle la portière ouverte ? avait-elle vraiment désiré qu’un camion-poubelle lui ouvre comme une boite de conserve  une des proéminentes ailes avant ?
Après avoir répandu la crainte dans les rues de Nancy, ma mère lassée de la province à l’esprit aussi étroit que ses rues, mit quelques effets dans un sac, le sac dans le coffre, mon frère en pension et moi-même chez des grand-mères, prit le volant et « monta » à Paris. Il serait plus juste de dire « remonta » ; elle y avait gardé des relations et trouva sans tarder un studio près de la Madeleine et un job chez Cardin, alors en pleine ascension.

Arriva le mois de juin, le mois où dans la couture, ceux qui travaillent au studio avec le créateur doivent prendre leurs vacances avant le rush de la collection. Mon frère n’avait pas terminé son année scolaire et grandes filles,  ma mère et moi nous mîmes en route pour le Lavandou où elle avait des souvenirs d’enfance : une vaste pinède en bord de mer où l’on pouvait planter la tente et vivre en sauvages, pieds nus, sans faire de cuisine avec juste un réchaud à alcool pour chauffer le café, la plage et la mer presque pour nous seules… mais avant d’aborder ce paradis, il fallait partir et sous une pluie battante enfourner valises et matériel dans le coffre et sur la banquette arrière, d’une 4CV… imaginez ! Ma mère avait bien entendu ôté de la voiture tout un matériel superflu qu’elle avait remisé à la cave…..

samedi 9 novembre 2013

La photo du samedi


Ah, mon beau château...
Tirelire l'eau...

And go to Amartia....


jeudi 7 novembre 2013

L'âme des Poètes

L'instant fatal

Quad nous pénétrerons la geule ed'travers
dans l'empire des morts
avecque nos verrues nos poux et nos cancers
comme en ont tous les morts
après dégustation de pompe funéraire
qui asperge les morts
Quand la canine molle on mordra la poussière
que font les os des morts
des bouchons dans l'oreille et le bec dans la bière
abreuvoir pour les morts
lorsque le corps bien la fatigue médullaire
qui esquinte les morts
et le cerveau mité un peu genre gruyère
apanage des morts
quand le chou flétri les machines précaires
guère baisent les morts
et le dos tout voûté la charpente angulaire
peu souples sont les morts
nous irons retrouver le cafard mortuaire
qui grignote les morts
charriant notre cercueil vers notre cimetière
où bougonnent les morts
lorsque le monde aura marmonné ses prières
qui rassurent les morts
et remis notre cause ès dossiers de notaires
ce qui forclôt les morts
distribuant nos argents comme nos inventaires
nos défroques de morts
aux vif qui comme nous enrhumés éternuèrent
se mouchent plus les morts
alors il nous faudra lugubres lampadaires
s'éteindre comme morts
et brusquement boucler le cercle élémentaire
qui nous agrège aux morts

QUENEAU

lundi 4 novembre 2013

dimanche 3 novembre 2013

samedi 2 novembre 2013

Claude explique...

Je ne comprends pas qu’un être normalement doué
de sensibilité ne pleure pas pendant les informations.

Daniel Pennac


Pourquoi il ne faut pas demander l’asile politique en France en 2013

|  Par ahcfky

J’ai travaillé 2 ans en tant qu’officier de protection. J’avais 25 ans et je décidais du destin des demandeurs d’asile de pays où je n’avais jamais mis les pieds : Sri Lanka, Tibet, Chine, Mongolie, Pakistan, Inde, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Afghanistan…

La maigre documentation mise à disposition par l'Office ne me suffisait pas pour me rendre compte de toute la complexité, de la magie, du ciel tourmenté de chaque pays. Comment imaginer ces contrées exotiques lointaines devant son écran d’ordinateur affichant honteusement une page de recherche "google" ? L’Office ne s’en souciait guère. On avait tous un diplôme universitaire, écrit une thèse sur tel ou tel pays, effectué des stages à l’étranger, parfois même un conjoint étranger. Voilà sur quoi était fondée notre légitimité. Nous étions de jeunes diplômés et nous devions être des « officiers », de bons petits soldats…

J’avais face à moi des demandeurs d’asile, des hommes et des femmes qui avaient traversé la vie et vécu l’exil de leur pays pour des raisons politiques ou économiques. L’Office voulait que je les trie. Ceux qui venaient en France pour le premier motif pouvaient prétendre au statut de réfugié (carte de séjour de 10 ans) ou à la protection subsidiaire (carte de séjour d’1 an renouvelable). Ceux qui étaient des migrants économiques devaient être déboutés. Je devais, après sélection de leur dossier écrit, les interroger au cours d’un entretien confidentiel.

Je ne disposais que de 2 heures pour découvrir la « vérité ». Tel un médecin face à son patient, il fallait diagnostiquer la maladie : imaginaire ou réelle ? Motif du départ du pays : politique ou économique ? La scène pouvait paraître ridicule : une jeune fille, qui n’avait pour CV que son diplôme fraîchement décroché, tapant sur son clavier les réponses d’un homme âgé au sourire usé. Feriez-vous confiance à une étudiante de première année de médecine pour vous dépister un cancer ? Le tic-tac de l’horloge indiquait le compte à rebours : il vous reste 50 minutes pour me prouver que vous êtes malade et que je peux vous sauver.

Selon leur niveau de français, les interprètes traduisaient plus ou moins fidèlement mes questions. J’étais tiraillée de mille doutes. Comment instaurer un dialogue de confiance par l’intermédiaire d’un tiers ? Comment juger de la spontanéité des réponses avec une traduction non simultanée ? Plus pragmatiquement, comment une question aussi courte en français pouvait être aussi longue en tamoul ? Ma perplexité n’avait cessé de grandir depuis  le jour où j’avais surpris l’interprète tibétaine en flagrant délit. Elle soufflait aux demandeurs d'asile interrogés les bonnes réponses lorsqu’elle traduisait. Comment lui en vouloir, quand pour vérifier la nationalité des Tibétains, l’Office me demandait de leur faire dire en chinois quelques mots comme « école » ou « livret de famille » ?

Lorsque je remontais dans mon bureau, je travaillais sur le document informatique. J’étais seule face à mon écran d'ordinateur. Personne n’avait relu ou signé de procès-verbal. Le demandeur d’asile avait effectué une déposition de son récit, sans avoir vérifié son contenu.

Je devais donc proposer une décision positive ou négative, qui changerait définitivement le destin du demandeur d’asile. L’Office ne me donnait pas le temps de la réflexion ou de la concertation avec mes collègues. On m’avait engagée en CDD pour « faire du chiffre ». Cette fois-ci, le tic-tac de l’horloge s’appliquait à moi en m’indiquant le compte à rebours : il me restait 60 minutes pour décider du sort du demandeur d’asile. Mes collègues m’assuraient qu’avec l’expérience, j’acquerrais un don indispensable à notre métier : l’intime conviction. Ce sentiment indescriptible ressenti lorsqu’un demandeur d’asile ment.

Ce compte à rebours était devenu une obsession. Il fallait toujours faire plus de chiffre. L'instruction d'une demande d'asile, d'une moyenne de 18 mois, était trop longue. L’Office ne prenait plus le temps de convoquer les demandeurs d’asile pour les entendre. On les déboutait sans entretien. Le tri était devenu rude. Etrangement, l’Office s’en remettait totalement à mon jugement éclairé pour les rejets. Je n’ai jamais été convoquée pour discuter du cas d’un patient que j’avais étiqueté « malade imaginaire». Jamais.

Les demandeurs d'asile n'avaient plus le droit à l'erreur lorsqu'ils remplissaient leur livret administratif. Si leur récit écrit était constitué de quelques brides décousues, je devais rejeter leur dossier pour "propos sommaires et peu détaillés". Si leur récit relatait une énième rixe entre opposants politiques, je devais les débouter pour "propos stéréotypés et impersonnels". Je devenais une machine à rejet et je parcourais inlassablement le dictionnaire des synonymes à la recherche de termes négatifs pour motiver le refus : insuffisamment explicite, incohérent, arguments sans grande conviction... J'oubliais que ces mots arriveraient par courrier à une personne qui les lirait les larmes aux yeux.

Selon les pays, l’octroi du statut de réfugié était plus ou moins accessible. Les Tibétains ? Niveau de difficulté 1/10. Ils articulaient quelques mots en chinois et plaçaient des noms de ville sur la carte : réfugié politique. Une personne âgée tamoule de sexe féminin ? Niveau de difficulté : 2/10. Entre collègues, on appelait cela "une vieille isolée en cas de retour au pays." Des jeunes Tamouls ? Niveau de difficulté : 5/10. Le contexte de conflit ethnique était délicat. L'Office avançait prudemment. Les Arméniens ? Niveau de difficulté : 10/10. L'Office avait récemment classé l'Arménie en tant que pays sûr. Les Bangladais ? Niveau  de difficulté 100/10. Les accords devaient être approuvés par le chef et par le grand chef. Les demandeurs d'asile n'étaient pas égaux entre eux. Leur parole ne se valait pas.

L'Office était reconnaissant envers ses bons petits soldats. Ceux qui atteignaient leur chiffre étaient gratifiés d’une prime ou d’un nouveau CDD. Les nouveaux arrivés en tremblaient. C'est à ce moment que j'ai postulé pour être mutée à l'antenne de Basse Terre, en Guadeloupe. Je changeais de continent, loin du grand froid de Val de Fontenay, pleine d'espoir.

Les demandeurs d'asile haïtiens m'ont tourmenté l'esprit. Le terrible tremblement de terre avait eu lieu quelques mois plus tôt. Dans les cases correspondant à leur état civil, des écritures enfantines traçaient le mot "décédé" derrière : père, mère, fratrie, conjoint, enfants. Le mot "décédé" était répété autant de fois qu'il y avait eu de proches morts. Ils me déclaraient qu'ils ne voulaient pas repartir en "Haïti chérie", car ils y étaient devenus orphelins. La mer turquoise brillait dans le reflet de la fenêtre et j'avais froid.
Ils invoquaient le tremblement de terre et je leur répondais que leur demande d'asile ne correspondait pas au champ de la Convention de Genève. Ils ne mentaient pas. Ils n'essayaient pas d'échapper à mes questions. Ils n'avaient appris aucun texte par cœur. Ils étaient désespérément honnêtes, comme s'ils s'attendaient humblement à être récompensés par le Ciel. Or, en disant la vérité, leur dossier serait vite rejeté, ils auraient peu de chance en cas d’appel devant la Cour Nationale du Droit d'Asile et leur carte de séjour provisoire ne serait pas renouvelée. Ils deviendraient alors expulsables. Comprenaient-ils cela ?

Je me rendis compte que je voulais qu'ils me racontent des histoires, entrant correctement dans des critères juridiques. Moi qui, quelques mois auparavant, suppliais les Bangladais de m'épargner leurs récits politiques achetés à la hâte dans une ruelle de Paris. J'avais la vérité, la mort de leurs proches, le traumatisme lié à ces lieux où chaque pierre leur rappelait le visage d'un être aimé. Et pourtant, ils continuaient d'appeler leur pays "Haïti chérie".

Puis, mon esprit a plié sous le poids des visages des fantômes. L'Office ne m'avait pas préparée à cela. Rien n’avait été prévu pour les cauchemars des bons petits soldats. Haïti était une terre ensorcelée qui me fascinait jusque dans mes nuits. Je revoyais ce père caresser pudiquement les photos de ses enfants décédés. Je m'inquiétais pour cette mère qui vivait seule dans un container près du port. Je repensais à cette jeune fille terrorisée par des sorts vaudous, qui avaient sauté la mer pour la poursuivre jusqu'en Guadeloupe. Comment leur dire que leurs souffrances ne leur permettraient jamais d'obtenir la protection de la France ? Que le vaudou et autres récits magiques n'étaient pas considérés comme des persécutions ? Imaginaire ou réelle, leur maladie était bien là. Cette fois-ci, j'étais impuissante et mon "intime conviction" ne me servait plus à rien.

L’asile politique n’était qu’une roulette russe. Je démissionnais.

jeudi 31 octobre 2013

Extrait du Monde Diplomatique : .....


Faillite de l’Union européenne en Palestine

Quand Paris se couche…

par Alain Gresh, novembre 2013

Depuis longtemps, la chasse aux Bédouins est ouverte, non seulement en Palestine occupée, mais aussi en Israël, où des dizaines de milliers d’entre eux sont arrachés à leurs terres (1).

Vendredi 20 septembre, en Cisjordanie, un convoi humanitaire se dirige vers le village bédouin de Makhoul, détruit par les forces d’occupation israéliennes. Il transporte des tentes pour offrir un toit, même précaire, à la soixantaine d’habitants. Destinés à remplacer celles de la Croix-Rouge, que les Israéliens ont confisquées, ces abris de fortune sont financés par l’Union européenne et par la France. Pour éviter une nouvelle saisie, des diplomates européens et des humanitaires escortent le camion. Très vite, l’armée israélienne le bloque.
Pour protéger la cargaison, des diplomates montent à bord. Parmi eux, Mme Marion Fesneau-Castaing, attachée de coopération au consulat de France à Jérusalem, qui dispose de l’immunité diplomatique. Plusieurs soldats l’attrapent par les bras et les jambes, l’extirpent du véhicule et la jettent à terre. Elle se relève. Interpellée par un militaire qui exige de lui prendre son sac, elle le repousse. Son geste, dans une vidéo éditée par les autorités israéliennes, deviendra un « coup de poing », version que le correspondant du Monde relaiera complaisamment (2).

L’incident offrira à Paris une occasion de montrer sa pusillanimité, et aux médias une diversion permettant de passer sous silence la répression contre le convoi, l’utilisation de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes, les coups et les arrestations, sans parler de la violation par l’occupant des conventions de Genève. Alors que l’Union européenne proteste, le Quai d’Orsay se tait, puis décide… de rapatrier la diplomate.

Israël a pris l’habitude de harceler les diplomates français — de préférence les femmes, d’ailleurs (3) —, sans susciter la moindre mesure de rétorsion sérieuse.
Il s’agit surtout pour Paris de ne pas jeter une ombre, si légère soit-elle, sur le voyage que le président François Hollande effectuera ce mois-ci en Israël,
ni sur les excellentes relations qu’entretient la France avec ce pays qui viole pourtant allègrement le droit international.
Il fut un temps où les puissances coloniales pensaient que ce droit ne pouvait s’appliquer aux peuples « sauvages ». En Palestine, on en est toujours là.

Alain Gresh

(1) Emilie Baujard, «  “Et le phénomène des Bédouins disparaîtra”, Moshe Dayan, 1963  », 20 octobre 2013.
(2) Laurent Zecchini, «  Et du gauche, la diplomate frappe le soldat au menton...  », Le Monde, 23 septembre 2013  ; «  La diplomate boxeuse en poste en Israël sera mutée  », Le Monde, 28 septembre 2013.
(3) «  Tel-Aviv piétine ses alliés  », Le Monde diplomatique, avril 2010.

Commentaire d'Antoinetcla :
"Et pendant c'temps là grand-mère se tape la bonne en lui disant qu'les hommes sont tous menteurs, comment voulez vous  braves gens qu'nos bonnes bonnes gardent l'amour du travail et le sens des valeurs ....."



lundi 28 octobre 2013

La grande solitude des défenseurs des libertés



Article paru dans "Le Monde"  du 08.10.13

Roms, prisons, espionnage sur Internet, droits des étrangers...

Le discours sécuritaire est le seul audible

oux rêveurs », « angéliques », « illégitimes », « droits-de-l'hommistes »... Qu'ils soient défenseur des droits, contrôleur général des lieux de privation de liberté, responsables associatifs, avocats, magistrats, ils ont l'habitude de ces noms d'oiseaux dont on les affuble pour les disqualifier d'emblée, eux ou la cause pour laquelle ils se battent : la protection de libertés fondamentales et de droits universels. Autant de garanties indispensables, en particulier pour les plus démunis, mais qui sont balayées (avec leurs défenseurs) comme quantité négligeable par gros temps populiste, comme celui qui frappe notre continent.

« Dans cette espèce de maelström, on n'est pas audible », observe Florent Gueguen, directeur général de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars). « Il est difficile de sensibiliser les gens, et encore plus de les convaincre », renchérit Patrick Baudouin, avocat et ancien président de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), qui évoque un « rouleau compresseur ». « Les gens se recroquevillent. On a un peu l'impression d'emmerder le monde », résume Antoine Grézaud, directeur de cabinet du défenseur des droits, Dominique Baudis.

L'ampleur de la polémique sur les Roms, et la nature des propos tenus à ce sujet par Manuel Valls, ont surpris, y compris ceux qui croyaient avoir tout entendu. Jugeant « indignes et mensongers » les propos du ministre de l'intérieur, Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, observe qu'ils surviennent dans un « inquiétant climat démagogique » marqué par « la peur de l'autre ». Le débat est « centré sur divers exclus qui pollueraient le «vivre-ensemble», détricoteraient le lien social. On laisse entendre que ceux qui sont au bord du chemin le sont par leur faute », relève l'ancienne députée socialiste.

Les uns et les autres ne mesurent pas seulement les ingrédients mais aussi les causes de ce climat sécuritaire. Certaines sont déjà anciennes : ainsi la lutte contre le terrorisme, qui permet de justifier l'adoption de mesures répressives ou de mécanismes de surveillance. « Après la chute du Mur de Berlin, il y a eu un vrai souffle de liberté, rappelle Me Baudouin. On avait le sentiment d'être entendu et d'être au diapason des opinions publiques. Après les attentats du 11-Septembre, s'est produit un retour de manivelle. Un vent mauvais a commencé de souffler. »

Un vent dont les effets ne se sont pas dissipés. Les révélations sur l'ampleur de l'espionnage électronique auquel s'est livrée l'Agence nationale de sécurité (NSA) américaine « n'ont guère suscité de débat, hormis en Allemagne », relève l'ex-président de la FIDH. « Le citoyen qui ne pense pas être une cible potentielle ne se sent pas concerné », déplore-t-il.

A partir de 2008, la crise est venue ajouter une autre chape de plomb, plus lourde encore, chacun étant incité à subvenir à ses besoins plutôt qu'à ceux des autres. Sénateur UMP du Nord, ancien rapporteur de la loi pénitentiaire de 2009, Jean-René Lecerf se souvient de cette interrogation de syndicalistes : « Pourquoi parler du travail des détenus alors qu'il y a du chômage à l'extérieur des prisons ? »

Un insidieux mécanisme de tri s'est opéré, dont les plus en marge, à commencer par les étrangers, font les frais. « On ne pense l'immigration que de façon négative et répressive. Il est très facile de dire que c'est «l'autre» qui nous pose un problème. Petit à petit, le discours du FN a produit son effet », souligne le président du Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), Stéphane Maugendre, selon lequel le gouvernement actuel agit, en la matière, « dans la lignée du précédent ». A la Fnars, on en perçoit les effets sur les places en hébergement d'urgence. « La crise a réveillé une forme d'égoïsme. Et la solidarité est beaucoup moins forte pour le migrant que pour le SDF », constate M. Gueguen.

Une demande de sécurité tous azimuts est allée croissante, rendant pour le moins difficile l'examen rationnel de tout dispositif touchant au code pénal ou à l'état (désastreux) des prisons. « Quand Christiane Taubira propose simplement de penser que les gens qui entrent en prison vont un jour en sortir, l'idée qui s'impose est qu'elle veut vider les établissements pénitentiaires et ne plus condamner personne. C'est invraisemblable ! », s'exclame le député Dominique Raimbourg, vice-président (PS) de la commission des lois. « Il est toujours plus facile d'essayer de flatter un certain nombre d'instincts que de faire appel à l'intelligence de nos concitoyens », constate en écho M. Lecerf, qui se sait considéré comme un « emmerdeur » au sein de sa famille politique.

Avec une forte inquiétude, les uns et les autres constatent à quel point le discours populiste se propage sur l'échiquier politique et dans les médias. « Nous, on n'a pas changé. Mais maintenant, compte tenu de la droitisation générale du discours, on est presque classé à l'extrême gauche », note Françoise Martres, présidente du Syndicat de la magistrature. Porter un discours dénué de pédagogie est « un calcul à très court terme », met en garde Mme Lazerges, qui souligne que « les Français sont plus intelligents que les politiques le croient ». « Cette régression dans la parole des politiques joue très négativement sur leur image, déjà détériorée », insiste-t-elle.

Pour Patrice Spinosi, « le pouvoir politique aurait dû éduquer l'opinion, en lui expliquant par exemple les règles du procès équitable, ou le fait que la prison n'est pas la solution la plus efficace ». Avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, Me Spinosi a fait condamner la France une dizaine de fois devant la Cour européenne des droits de l'homme, obtenant ainsi des « victoires au forceps » en matière de droit pénitentiaire, de droit des étrangers ou encore de procédure pénale. « Alors que le législateur peut être paralysé par une certaine opinion publique, ces actions devant les juridictions européennes s'imposent à lui », souligne l'avocat, qui y voit « le moyen le plus radical d'obtenir un résultat ». Désormais le seul, peut-être.

Jean-Baptiste de Montvalon


Lou Reed - Walk On The Wild Side

dimanche 27 octobre 2013

Editorial dominical


Illustration : Egon SCHIELE - Nu aux chaussettes vertes


J'en ai marre des chaussettes! Elles sont sournoises et indisciplinées; elles se payent ma tête.
Prétendent ne pouvoir aller que par paire, alors que dès qu'on oublie de les surveiller, l'une n'a de cesse de laisser tomber l'autre pour aller vivre sa vie Dieu sait où!
Ainsi de deux prétendument excellentes chaussettes de fine laine bleu marine, sans marque d'usure au talon, tenant encore fort bien au mollet et qui ramassées par deux sur le fil de séchage, se sont trouvées séparées à l'heure du rangement. Je ne cherche pas à savoir laquelle est responsable de cet égarement et je garde soigneusement celle que j'ai en main en une place où je suis certaine de la retrouver. Et je pars à la recherche de l'autre qui sans doute aidée par Mr Merlin S'mouche, chat de profession, reste parfaitement introuvable.
Deux jours plus tard, profitant d'un moment où je suis fort occupée à autre chose, elle me nargue avachie, passablement souillée, sur le sol au milieu de la pièce. Je la ramasse et la pose en évidence sur mon bureau; subjuguée, elle y reste et quand vient l'heure de m'occuper de son cas, je le remonte à l'étage où près du tiroir à chaussettes, en principe  l'attend sa jumelle. En principe... parce que la dite jumelle s'est évanouie quelque part. Et depuis, aucun avis de recherche ne m'a à ce jour remise sur sa trace...
Oui, vraiment, j'en ai marre des chaussettes et de leurs facéties!

Où s’en va la chaussette
Abandonnant sa sœur ?
Et pourquoi la tartine
Beurrée s’écrase-t-elle
Sur le mauvais côté ?
Où se cachent les clefs
Quand on a besoin d’elles ?
Objets inanimés
Votre âme est diabolique,
Vous nous faites enrager  

samedi 26 octobre 2013

Dernière rose

Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise....

Théodore Agrippa d'Aubigné




jeudi 24 octobre 2013

Echauffourée sanglante en Thimerais: l’église de Blévy profanée !



La famille Saint-Bonnet décimée, on pouvait espérer voir revenir des jours plus tranquilles à Blévy et ses alentours. Pas pour bien longtemps : moins de dix ans plus tard, quelques hobereaux locaux allaient faire parler d’eux. C’est que monsieur de Baronval et monsieur de la Noue étaient en désaccord sur la position de leurs places respectives dans l’église de Blévy.
Guillaume de Colas, sieur de Baronval avait son banc dans la nef, proche de l’autel de la Vierge, c’est-à-dire devant celui de monsieur de la Noue. Ce qu’il estimait légitime puisque la famille de la Noue avait de tout temps été protestante. On était encore loin de la révocation de l’Edit de Nantes, cependant ses membres, humant le sens du vent, avaient estimé que le moment était venu de complaire au roi et de changer la façon de dire sa prière. Ils étaient donc catholique de fraîche date, ce qui aux yeux de Baronval justifiait sa préséance.
Mais Charles de Paris, sieur de  la Noue était écuyer du Roi, position qui selon lui obligeait Baronval à lui céder le pas. En conséquence, il fit placer son banc dans le chœur. Le curé, terrorisé, humilié, parfois battu, menacé de mort ou même pire, depuis beau temps ne se mêlait plus des affaires de ces bons seigneurs ; il les laissait démêler entre eux l’écheveau embrouillé de leurs prérogatives.  Il se contenta d’avertir Antoine Leclerc de Lesville, qui en qualité de marquis de Maillebois,  était seigneur de Blévy ; Antoine Leclerc fit déplacer près du portail le banc de monsieur de la Noue.
La Noue offensé, fit construire une balustrade entourant l’autel de la Vierge et fit placer son banc à l’intérieur. Ce qui de fait, fit reculer celui de Baronval derrière le sien. Voilà donc nos gentilshommes bien montés l’un contre l’autre et pas seulement pour cette histoire de bancs ; il s’agissait aussi de savoir lequel des deux devait avoir l’honneur d’offrir le pain et aussi l’eau bénits.  Pendant un certain temps, ils se contentèrent de s’éviter, d’échanger des mots bientôt remplacés par des injures ; puis la Noue décida d’en finir et de frapper un grand coup.
Un beau jour d’automne, c’était un dimanche 20 octobre de 1669, La Noue invita une dizaine de gentilshommes de ses amis ; il y avait là entre autres, monsieur des Routis, les deux messieurs de Saint-Arnoult, les sieurs de la Ferrette, Mr le baron de Favières, Mr de Bois-Rouvray, Mr de Régusson, Henri de Fayel, seigneur de Marigny (qui est proche de Prudemanche)  et Mr de la Lucazière qui, sans doute parce que son domaine était le plus proche arriva sur les lieux quand tout était terminé. La Noue leur donna à dîner, puis les emmena à la messe. Une étrange messe pour laquelle si l’on oublia bien de prier Dieu on n’omit pas de  s’armer de pistolets, d’épées et aussi de fusils. La compagnie était installée dans l’église quand arriva Baronval  bien loin d’imaginer ce qui l’attendait. Le fils de Mr de Caupray, un de ses amis qui était venu la veille le visiter l’accompagnait et aussi Florient Galliot, seigneur de La Houssaye. Tant de gentilshommes armés assemblés dans l’église ne laissèrent pas de surprendre Baronval. Surprise dont il n’eût pas le temps de se remettre : La Noue et ses amis le prirent à parti verbalement et vertement pour commencer. Méfiant, au lieu d’aller à son banc qui était proche de celui de la Noue,  Baronval alla d’abord près de la chaire et tenta de sortir. La Noue voyant que son ennemi allait lui échapper n’attendit pas qu’il fût à la porte pour le coucher en joue et tirer. Et bien qu’ils fussent à dix contre trois hommes surpris, les autres tirèrent à leur tour. Le vacarme était indescriptible ! Les pauvres fidèles qui étaient venus paisiblement écouter la messe ce matin-là, tentaient de fuir ou de se protéger comme ils pouvaient. Baronval avait des amis qui prirent son parti, d’autres assistants prirent celui de La Noue. L’église était devenue champ de bataille  d’où les fidèles non concernés s’échappaient en hurlant.
Monsieur de Baronval, touché à l’estomac, par le chevalier de Saint-Arnoult tomba raide mort près des fonts baptismaux. La Houssaye , s’empara de ses deux pistolets et fit feu sur les assaillants, aidé de Mathurin Allais, meunier du moulin des Pré, lui aussi armé. Que pouvaient faire les partisans de Baronval surpris sans armes pour la plupart ceux bien équipés du parti de la Noue ? Le pauvre La Houssaye abattu, fut encore criblé de balles après son trépas. La chronique ne dit pas comment le meunier s’en est tiré, mais on sait que les vaincus n’ont pas épargné leurs assaillants : La Noue fut touché à la poitrine et finit huit jours plus tard par mourir de sa blessure ; Henri de Fayel, lui aussi blessé près de la balustrade du chœur en tentant de faire sortir madame de La Noue enceinte, et que la frayeur allait faire accoucher prématurément, mourut le lendemain ; Bois-Rouvray ne mourut pas mais fut touché dans ses œuvres vives de telle sorte qu’il lui devint impossible de continuer d’assurer sa descendance.
On trasporta le corps de Baronval dans la salle d’audience de Maillebois où il fut autopsié pour découvrir qu’un coup d’épée dans le foie lui avait été funeste. Antoine Leclerc de Lesville le fit inhumer dans l’église devant l’autel du Rosaire.
Cependant les vainqueurs n’eurent guère loisir de savourer leur victoire : la justice avait son mot à dire. Assignés à comparaître sous trois jours au tribunal d’Orléans, les rescapés avaient pris la fuite. On envoya des archers à leur recherche dans toute la région. Un commissaire fut nommé, Mr Martin qui mena l’enquête à Blévy et prit la déposition de tous les habitants qui étaient venus écouter la messe ce dimanche-là. Il avait amené avec lui un des grands vicaires de Chartres. En effet, par ces meurtres, l’église avait été profanée et depuis, il fallait dire la messe à la chapelle Saint-Claude située un peu plus loin sur la route de Mainterne ce qui pour la plupart des fidèles faisait tout de même 500m de plus à parcourir ! La situation ne pouvait donc durer et l’église fut bénie à nouveau. L’enquête terminée, le commissaire Martin condamna les morts à être traînés sur une claie puis pendus par les pieds. L’exécution eut lieu en effigie ; on n’allait pas remuer la terre où reposaient les condamnés pour les en tirer , d’autant plus que le temps ayant fait son œuvre, on aurait pu en perdre des morceaux avant de parvenir au gibet.
Quant aux vivants, certains eurent à payer un forte amende ; les autres, seize nobles et deux de leurs valets dont on n’avait pas retrouvé trace, par jugement rendu le 16 janvier 1670, furent déclarés criminels de lèse-majesté divine et humaine, dûment atteints et convaincus d’assemblées illicites, de combats prémédités, de sacrilèges et profanations commis dans l’église de Blévy ; eux aussi pendus en effigie et déchus des privilèges de noblesse et déclarés ignobles et roturiers et leurs fiefs saisis. La veuve du Seigneur de Marigny, Marguerite de Gaillardbois dont la famille possédait Marcouville, parvint à faire lever le séquestre et à rétablir la presque intégralité de son domaine auquel il manquait une ferme de Laons qu’il avait fallu vendre pour payer l’amende.

On grava la sentence sur une plaque de cuivre qui fut scellée dans l’église, sur le mur de la nef entre la chapelle de la Vierge et le Parquet de la Charité. Ne l’y cherchez pas, la Révolution l’a emportée.

illustration: l'église de Blévy par Utrillo


dimanche 20 octobre 2013

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