A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

vendredi 6 décembre 2013

Nounours








A l’âge du Nounours, j’avais un chien. Il faut dire qu’en Lorraine, la guerre avait laissé des traces, on ne trouvait pas de tout et l’urgence n’était pas les Nounours. Donc, j’ai eu un chien bleu et blanc avec une belle tête ronde, de grands yeux et son corps était fait d’une sorte de velours très doux. Elle (c’était une chienne) s’appelait Toufette.
Toufette m’a suivie longtemps au cours de divers voyages et déménagements. Elle était toujours dans mes bagages et il arriva un temps où il était préférable de rester discrète sur sa présence à mes côtés. D’autant plus que j’ai toujours trouvé ridicules les dames qui jouent à la vieille petite fille en collectionnant les peluches. Mais Toufette était Toufette et non une peluche, n’est-ce pas ?
Au long de ma carrière d’enfant, j’ai eu d’autres peluches, des poupées. Devenue adulte, ou du moins c’est ce que laissaient supposer mes papiers d’identité, j’ai eu des chats, des chiens, des chevaux… Toufette était toujours là… quand dans ma vie est entrée India.

India ressemblait pas mal à Toufette, mais elle était couverte de fourrure noire et blanche et non de velours bleu. Un jour India a eu raison de Toufette qu’elle a pris pour un jouet en peluche ordinaire.
Le velours âgé de près de 50 ans n’a pas résisté aux crocs solides d’une jeune King Charles de moins d’un an.
J’ai ramassé les restes de Toufette dans un sac en plastique de deuil (noir) et ils sont toujours quelque part dans la maison ; je les rencontre parfois et j’espère qu’un être raisonnable profitera d’un moment d’inattention de ma part pour les faire disparaître puisque je ne les cherche pas.. juste je n’ai pas le courage de les jeter… Et ceci nous a emporté bien loin du Nounours car il y a un Nounours..
Nounours est entré dans ma vie par un pluvieux soir de mai. Cette année-là, j’avais seize ans, toutes les unités vivantes des générations précédent ma mère étaient tombées malades et avaient été disséminées dans divers hôpitaux, cliniques, maisons de convalescence  de Nancy et de ses environs. Soucieuse des égards dus à nos aînés, ma mère avait mis entre parenthèses ses ateliers, ses chapeaux et, moi sur ses talons, nous avons fait retour au pays natal. Et comme il ne fallait pas faire de course folle, l’expédition comprenait aussi des visites aux tombes ; et là encore, les anciens n’avaient pas trouvé moyen de voisiner sinon dans le même caveau du moins dans le même cimetière. Il faisait d’ailleurs un temps de circonstance : un de ces temps impardonnables, dont les mois de mai ont le secret. Tant et si bien qu’au soir du dimanche, à la veille de rentrer à Paris j’étais dans une déprime totale. Déprime telle que j’eus le courage d’en faire reproche à ma mère en lui demandant si elle trouvait que c’était le genre de week-end qui convenait à quelqu’un de mon âge.
Ma mère d’ordinaire peu disposée à faire droit à ce genre de récrimination, pour une fois eut l’oreille compréhensive ; elle-même n’avait alors pas quarante ans et il se peut que le programme des réjouissances l’ait amusée autant que moi.
Tous les ans, à Nancy, se tient sur le cours Léopold, la foire de Mai, la foire aux manèges la foire aux gaufres. Les gaufres Maire, rondes, plates et les gaufres Vitali du format des gaufres habituelles mais vraiment bonnes. Chez Maire , il y a aussi les choux à la crème, mais ce n’est pas le sujet. Donc ma mère me dit : « Tu as raison ! ce n’est pas une vie ; viens à la foire, on va manger des gaufres et faire un tour de Grand Huit ! » Facile à consoler, j’ai illico retrouvé le sourire. Or il se trouve qu’entre les gaufres et le Grand Huit, se tiennent bon nombre de loteries, vous savez les gros ours, les belles poupées qu’on ne gagne jamais. Eh bien, ce soir-là, ma Providence pour me dédommager de ces deux jours sinistres, m’a fait gagner Nounours.
Nounours qui est toujours ici ; à qui j’ai récemment recousu une oreille et que vous pouvez voir en photo, au pied du sapin. Oui… évidemment… Nounours en tenue de Noël a un peu l’air d’une folle… mais Noël est une fête et pour les fêtes , il est normal d’être gai…

Mais…. mais… mais… après tout, peut-être bien que Nounours est une fille !

mercredi 4 décembre 2013

L'âme des Poètes

La Môme néant

Quoi qu'a dit?
-A dit rin.

Quoi qu'a fait?
-A fait rin.

A quoi qu'a pense?
A pense à rin.

Pourquoi qu'a dit rin?
Pourquoi qu'a fait rin?

Pourquoi qu'a pense à rin?
-A'xiste pas.



image Magritte

mardi 3 décembre 2013

Et c'est pas tout...

Voilà de l'évènementiel !!!

Local mais qui vaut le coup!








Au pied de notre église ici peinte par Utrillo, la "Petite Boutique" vous ouvre ses portes chaleureuses...
On compte sur vous!

On aura tout vu!!!

...y  compris Claude le cartésien "s'enchaîner", alors que votre chroniqueuse , plus superstitieuse qu'une veuve sicilienne pourtant, systématiquement rompt les chaînes. Mais puisque celle-ci ne menace pas mais promet, je fais exception.
Donc vous autres qui lisez ceci et qui ferez suivre, ayez la bonté de nous faire part des bienfaits que le destin vous accordera le 7 de ce mois...

On ne sait jamais regarder ce que disent les chinois
 
Basé sur le Feng Shui chinois

  

C'est l'unique fois que tu verras ce phénomène dans ta vie

Calendrier août 2014

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Le mois d'août, l'année prochaine, comptera 5 vendredis, 5 samedis et 5 dimanches.

Cela n'arrive qu'une seule fois tous les 823 ans.

Les Chinois appellent ça "Argent plein les poches".
Donc: envoyez ce message à vos amis et dans 4 jours l'argent vous surprendra.
Celui qui ne transmet pas le message ... peut se retrouver ruiné... ce qui n'est pas du tout amusant....

Moi,  je m’exécute  ( on ne sait jamais ! )
 
Ah, mais si ! finalement il y a sinon menace, du moins mise en garde... mais bon... tant pis.. go!

 

samedi 30 novembre 2013

Métamorphose

La vraie vie n'est pas toujours un conte de fées....
Par un gris matin d'hiver, on court la campagne pour adopter un joli chaton qui ressemble à l'adorable Figaro du bon Gepetto:



Un an plus tard... c'est Lucifer :  


Qui dirige la maison!






Aujourd'hui... ici



FB 2020

mercredi 27 novembre 2013

Comme un air de famille...

L'âme des poètes


Hommes de l'avenir souvenez-vous de moi...
Apollinaire





Illustration : Sonia DELAUNEY

lundi 25 novembre 2013

La canicule d'automne

La chroniqueuse a encore fumé des trucs étranges ; la voilà maintenant qui nous parle de canicule alors que nous voilà presque en décembre !
La canicule c’est bien connu, commence vers le 21 juillet et se poursuit dans les jours les plus chauds de l’année jusqu’au 20 août. Pendant ce temps,  il faut s’hydrater, manger peu ; boire beaucoup, ce que déjà préconisait Hippocrate, le père de la médecine.
Oui, mais nous sommes presque en hiver ! Chroniqueuse, que nous chantez-vous là ?
Attendez, écoutez, me lisez ; vous allez tout comprendre :
L’histoire de la canicule a plusieurs millénaires et remonterait à l’ancienne Egypte qui accordaient une grande importance à la plus brillante de toutes les étoiles : Sirius, qui fait partie de la constellation du Grand Chien.
Les Grecs, plus tard, ont raconté que Sirius était la petite chienne du chasseur Orion. Quand Artémis, abusée par Apollon, tua d'une flèche le beau jeune homme, elle l'envoya chasser pour l'éternité au milieu des étoiles. Et comme chacun sait qu'un chasseur ne peut chasser sans son chien, elle y expédia également la petite Sirius, qui fut placée tout près d’Orion où l’on peut l’admirer pendant les nuits d’hiver, au sud, dans une partie du ciel où l’on trouve peu d’astres importants…



Visite à un ermite sans le rencontrer






au pied d'un pin, j'interroge un jeune garçon
il répons:"le maître est parti cueillir des herbes
je sais seulement qu'il est dans la montagne
les nuages sont profonds, on ne sait où"

Chia Tao (779-843)

samedi 23 novembre 2013

Reportage du samedi

Ciel! je n'en crois pas mes yeux oranges! 

Qu'est-ce que c'est que ça?
 Un chien à deux têtes!!

Y'a-t-il d'autres monstres chez AMARTIA?



jeudi 21 novembre 2013

mercredi 20 novembre 2013

Drôle d’oiseau



Où Dieu avait-il la tête ? Ou alors il avait bu (ou c’est moi) ? ou alors après avoir pris des restes d’autres animaux pour fabriquer rhinocéros , hippopotame, girafe et autres animaux improbables, il avait encore des éléments disparates qu’il ne fallait pas laisser perdre ? Etait-il d’humeur folâtre avec désir de nous en faire de bien bonnes… on simplement n’existe-t-il pas et quelque magicien fou (ils sont les ancêtres des actuels scientifiques) était-il en quête d’expériences ?
Toujours est-il qu’en voyant le portrait de cet oiseau onirique j’ai cru pouvoir renouveler l’histoire du Dodo qui vous est servie chaque premier avril. Mais non ! le Balaeniceps Rex dit encore Bec-en-sabot existe bel et bien et vous le rencontrerez, bien qu’il soit fort rare, dans les marais des cours supérieurs du Nil. Si vous tenez à le voir autrement qu’en image ne tardez pas : s’il n’était protégé, il finirait par s’éteindre à l’instar de l’Oiseau éléphant de Madagascar qui pesait 500kg et dont on trouve encore des œufs fossiles d’un mètre de diamètre.
Le Bec- en –sabot pour sa part, ne mesure que 1,20m de haut et doit son nom à la forme de son bec cornu, extrêmement dur et prolongé d’un éperon recourbé et fort acéré. Arme utile pour attraper poissons, crapauds, serpents et lézards dont il se régale.

Le Bec-en-sabot est farouche et ne demeure jamais immobile. Si vous voulez l’apercevoir, laisse-vous guider par son cri rauque et peu harmonieux et par certains claquements du bec dont le son évoque les lavandières au lavoir frappant leur linge à coups de battoir…. Espèce encore plus rare à rencontrer de nos jours que le Balaeniceps Rex.

mardi 19 novembre 2013

L’énigme de la chaussette (peut-être) enfin résolue-


Il y a peu, je disais mon ras-le-bol du comportement des chaussettes. Après une longue traque, ce matin enfin j’en ai « eu » une paire !
Voici l’affaire :
J’avais une excellente paire de chaussettes presque neuves, sans usure au talon et d’une parfaite adhérence au mollet, de laine fine assez pour tenir chaud sans encombrer le soulier et de couleur bleu marine. La chaussette bleu marine est relativement rare car deux préjugés empêchent sa prolifération :1/ le bleu marine est une couleur d’été et 2/ la chaussette de laine se porte en hiver ; raisons pour laquelle l’industriel avisé n’en fabrique pas puisque d’ailleurs le commerçant sensé n’en achèterait pas assuré qu’il est qu’aucun consommateur n’en a besoin. Mais il est des aventuriers dans les trois groupes humains, qui bravent les préjugés et la malignité de la chaussette, puisque les chaussettes noires et bleu marine n’ont qu’une seule préoccupation : se mélanger de façon telle qu’on ne sait plus qui est qui et qu’on finit par les séparer en tentant de les apparier ; la chaussette est maligne !
Trêve de philosophie, poursuivons notre enquête.
Puisqu’il faut laver les chaussettes, il faut les faire sécher et nous voyons sur le fil sécher la paire de chaussettes, fixée avec une seule pince à linge pour prévenir toute tentative d’évasion. Une fois sèches les chaussettes qui finissent toujours par sécher quand bien même n’aurions-nous aucune prétention au titre d’archiduchesse n’ont qu’une idée en … pied, une fois délivrées de la pince à linge : se séparer pendant le trajet entre le fil et le tiroir.
Ainsi tandis que l’une arrive à destination, on retrouve l’autre traînant dans le jardin et quand cette dernière aborde le tiroir, sa sœur a disparu ! Sœur qui se montre inopinément dans une autre pièce le jour suivant et qu’on tente de rapprocher de l’autre qui s’est évanouie. Où donc ? Comment savoir ? Il reste alors à appliquer les enseignements de sagaces policiers bien connus : de l’ordre et de la méthode : ranger la chaussette unique que l’on tient à la place où normalement repose une paire ; se souvenir de cette place ; chanter en vers et en prose l’indignité des chaussettes et attendre.
On finit par comprendre la stratégie pernicieuse de la chaussette : nous avons rangé une chaussette unique  et laissé couler les heures et les jours. Au bout d’un certain temps, puisque nos deux pieds nous restent, on cherche à cette dépareillée une autre utilité : chiffon à poussière, à cirage (la chaussette de laine apporte au soulier un lustre incomparable). On peut aussi la bourrer de chiffons (ou d’autres chaussettes),  lui faire des cheveux de laine et des yeux de boutons, lui ajouter des oreilles et la voilà doudou ; glisser dedans la main pour la faire marionnette. Vous avez maintenant compris que la chaussette se rend solitaire dans l’espoir d’un destin meilleur que l’obscurité de la chaussure. Ce qui n’arrange rien puisqu’en utilisant au mieux la chaussette unique, le problème va devenir récurrent et d’autres chaussettes solitaires hanteront vos tiroirs. Pour quelle raison me demanderez-vous ?
Et voici la clé de l’énigme : vous avez un matin besoin d’un collant. La vie rustique n’en impose guère l’usage aussi n’ouvrez-vous que rarement leur tiroir. Mais ce matin ou vous leur rendez visite, vous apercevez, lovée entre bas et collants, une chaussette : bleu marine et de laine fine ! Pas de chance pour elle, je venais de vois sa sœur deux tiroirs plus haut. Je les ai comparées et les deux faisaient bien la paire.
Ce qui m’amène à vous exposer la stratégie de la chaussette quand on n’intervient pas à temps : une chaussette isolée se cache en une place où elle n’a rien à faire et que vous inspectez rarement tandis que l’autre vous nargue avec insistance jusqu’à ce que vous statuiez sur son sort. La chaussette restante, peut rester tapie dans son repaire  attendant l’oubli de la première affaire, le moment où vous allez la considérer elle aussi, comme chaussette unique à qui procurer une situation stable.

dimanche 17 novembre 2013

Les bagnoles à Maman : La 4CV (2) X


Par un de ces petits matins pluvieux dont les premiers jours de juin ont le secret, nous avons pris la route en direction du soleil, symbolisé par la porte d’Italie.
Mon père qui était passé par hasard, voulant se rendre utile nous avait dit qu’il fallait sortir par la Poterne des Peupliers. Les interventions de mon père menant généralement à des catastrophes, nous aurions dû nous montrer circonspectes et nous ne tardâmes à regretter notre belle insouciance. La Porte d’Italie était déjà bien difficile à reconnaître défigurée qu’elle était par les énormes travaux de raccordement à ce qui serait l’autoroute du Sud. Quant à la Poterne des Peupliers, elle était bien indiquée par un seul et unique panneau mais manifestement, il avait été oublié là  et ne correspondait plus à grand-chose ; à rien en tout cas à ce que suggérait à mon imagination les mots poternes et peupliers. On ne voyait sur ce vaste chantier aucune forteresse et ce qui s’élevait à hauteur d’arbre étaient grues et bulldozers. Nous n’avions plus pour nous montrer la route que le soleil et comme je vous l’ai dit, ce matin-là, il pleuvait. Nous avions quitté Boulogne vers huit heures du matin et il n’était pas loin de midi quand nous avons enfin trouvé la Nationale Sept.
Certes, Trenet l’a chantée mais ce n’était pas une raison pour la suivre jusqu’en bas.  Je n’ai plus qu’une idée très vague du chemin parcouru avant de rejoindre la Route Napoléon. J’étais navigateur et je découvrais la difficulté de lire une carte quand on voyage en direction du sud et que la gauche devient la droite. D’autant plus que le temps des déviations commençait à sévir et je craignais tant de rater une direction que je voulais absolument passer par tous les villages prévus et ma mère me traitait d’andouille m’accusant de lui faire faire le tour de tous les monuments aux morts de Paris jusqu’à Lyon. Elle avait pourtant dit qu’on n’était pas pressées !
C’est après Lyon que l’enchantement a commencé avec le Vercors, puis les gorges du Verdon, Dignes, Castellane. Tout au début de la sinueuse descente qui mène de Barême à Castellane, la fourgonnette d’un boulanger nous doubla intempestivement et, dit ma mère, si c’était pour rouler comme un limaçon, il pouvait bien rester derrière. Une dizaine de virages plus loin, nous aurions bien embrassé le bon samaritain qui nous « faisait la route » ! Est-ce une coutume en montagne ? il y a trois ans en Ardèche une camionnette m’a rendu le même service.
Et nous avons continué, souvent au pas rythmé du son des cloches des moutons en  transhumance.. Je me souviens d’un nectar d’abricot à l’ombre des arcades à Sisteron et enfin de l’arrivée. La première vue de la mer, quand la route se fait bifide et la surplombe et qu’elle paraît entre une parenthèse de pins parasols, métallique et bleue, d’un bleu qui fait pâlir le ciel, d’un bleu qui absorbe le soleil… elle est là, on ne la touche pas encore… elle est là, en bas, elle nous attend.
Elle nous attend ourlée de la vaste pinède où l’on accède par un chemin de sable qui fend en deux un champ de hauts roseaux. Ne cherchez pas ce chemin, ne cherchez pas la pinède ; voici trois ans, une amie que j’accompagnais a tenu absolument à m’y conduire. Oh certes, La Favière existe toujours près du Lavandou, mais plus de chemin entre les roseaux, plus de pinède en bord de mer ; juste des rues des immeubles, du béton…
Retournons à ce mois de juin du début des années 60 et retrouvons les cigales, la senteur des pins et cet endroit sauvage où nous allions planter notre tente pour deux trop courtes semaines. Car la descente avait pris quatre jours et nous comptions bien ne pas nous presser plus au retour.
Une famille Mouton régnait sur ce lieu magique au temps où ma mère adolescente l’avait découvert et y régnait encore offrant à ses hôtes un confort discret qui leur laissait l’illusion de l’aventure. Pour nous aider à planter la canadienne et à décharger notre carrosse, l’aide ne manquait pas. J’avais quinze ans , ma mère pas encore la quarantaine et le méridional est galant. C’est après avoir sorti nos valises, la tente, ses piquets, quelques provisions et divers achats souvenirs de notre périple que le jeune Mouton commis à notre service se mit à inspecter l’intérieur et les abords de notre carrosse d’un air perplexe. Il cherchait le cric et la roue de secours qu’il ne retrouvait pas. Il aurait eu d’ailleurs bien du mal à le faire puisque c’était là le matériel superflu que ma mère avait remisé à la cave au matin de notre départ.