A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

samedi 21 juin 2014

La récolte du matin


Chez AMARTIA que se passe-t-il?

lundi 16 juin 2014

Un village n’avait plus de boulanger….


 Comment raconter ça quand on n’est pas Marcel Pagnol ? Le village n’était pas en Provence : il a poussé dans le Thymerais. La femme du boulanger était fidèle, ils n’avaient pas de chat, mais l’heure était venue de la retraite et le boulanger a fermé boutique.
Plus de pain au village !
Ce n’est pas bien grave me direz-vous ; il y a d’autres boulangers dans d’autres villages et on en trouve d’excellent dans certaines grandes surfaces. Oui, mais il faut une voiture et certains ne conduisent pas… ou plus.
Ce n’est pas grave : il y a des voisins complaisants…
Certes ! mais ce qui est grave, ce sont les rues désertes, les villages silencieux, sans passants qui rient et se saluent, qui échangent des nouvelles, parlent de la pluie et du beau temps et du retour des hirondelles.
Parce que ce village dont je vous entretiens, comme bien d’autres a perdu ce qui faisait sa vie, ses artisans, ses commerces, son café, son bureau de poste, son église qui n’a plus de curé… tout ce qui poussait les gens à sortir de chez eux.
Il est resté une école… et la boulangerie. L’école demeure, mais la boulangerie a tiré le rideau et les anciens qui déjà ont du mal à marcher n’ont plus aucune raison de pousser leur porte vers l’extérieur.
Parfois on lit dans le journal que Madame Truc ou Monsieur Machin ont été découverts morts à leur domicile ; le décès remonte à plusieurs semaines, plusieurs mois parfois… Que faisaient les voisins ?
Leurs achats sur Internet ! Ou bien faute d’un autre interlocuteur, ils regardaient la télé jusqu’à ce que eux aussi….
Alors dans ce village en léthargie, de belles personnes, dynamiques, joyeuses, généreuses ont eu une idée : lever le rideau de la boulangerie pendant deux heures chaque matin, prendre le pain en dépôt et y ajouter quelques articles d’épicerie en dépannage.
Alors comme les escargots après l’ondée, on a vu les habitants sortir de chez eux, parcourir les rues, leur baguette sous le bras en échangeant des  saluts , des nouvelles, en parlant de la pluie et du beau temps et du retour des hirondelles.
Sans se faire prier les bénévoles sont venus  qui chaque matin levaient le rideau tour à tour et le dimanche… Alors là, le dimanche ! Un second boulanger déposait d’autres sortes de pain, un pâtissier proposait ses croissants et ses tartes et ses flancs et d’autres gourmandises. Certains dimanches, c’était un fromager qui proposait ses produits, un maraîcher ses légumes ; on nous offrait le café. Il y eut d’autres dimanches encore, où l’on trouvait la plus douce , la plus vaporeuse des laines mohair et aussi la fée aux aiguilles magiques qui savait la transformer en châles et en écharpes.  Un autre fée aux doigts agiles est venu nous montrer du linge orné de broderies et de dentelles… tous les savoir-faire étaient les bienvenus.
Le  dimanche à  « La Petite Boutique », ou trouvait le pain frais, mais aussi le café et les voisins proches ou plus lointains et chacun parlait de la vie, de ses joies, de ses soucis…
De vieilles dames solitaires s’y reprenaient à trois fois pour faire leurs courses : elles partaient avec la baguette, puis revenaient pour d’autres achats qu’elles emportaient en deux fois, non parce que c’était lourd (il y avait des bras pour les aider) mais parce qu’elles n’avaient pas assez  ou oas de monnaie mais surtout pour passer un peu plus de temps avec « du monde », et ainsi s’écoulait la matinée qu’on aurait souhaité bien plus longue.
Un beau jour de juin, des tables se sont dressées sur la place de l’Eglise, des chaises les ont entourées. Il y a eu des fleurs et des crêpes et des roses venues de Touraine… une dernière fête avant que ne tombe la sentence : ce local où pendant plus de trente ans avait officié le boulanger, était déclaré vétuste et insalubre…. Avis d’expulsion !
« La Petite Boutique » devra tirer définitivement son rideau avant la fin du mois… Alors , Messieurs qui vous prétendez  « Grands », et qui parfois êtes si petits
Je vous fais cette lettre,
Que vous lirez peut-être,,
Si vous avez le temps…
Messieurs les « Grands », c’est un village que vous assassinez, vous commettez un meurtre par indifférence. Vous qui avez en main le destin d’un pays, qu’avez-vous à faire du dépôt de pain d’un village de 300 habitants ? Vous avez écouté des élus de fraîche date, sans savoir (mais le vouliez-vous ?) que se réglaient là de vieux comptes, des résidus de bataille électorale ?
Pour des raisons abstraites de politique, de haut en bas de l’échelle, vous avez rendu un verdict dépourvu d’humanité, qui ne tient aucun compte du besoin concret des habitants.
Ce n’est pas seulement de pain que vous allez priver ce village, mais d’un lien social indispensable à ceux qui y vivent.

Chacun désormais va devoir grignoter sa biscotte en solitaire, en regardant sur l’écran quelque jeu inepte et les vieux mourront en silence, sans qu’on en sache rien, parce que dans votre fringale de rendement budgétaire,  Mesdames et Messieurs les Grands qui n’hésitez pas à gaspiller notre argent de contribuables, vous n’hésiterez , après La Petite Boutique,  à supprimer le dernier lien social qui existe encore : le facteur qui en est déjà réduit à jeter à la hâte et dans des boîtes sans âme, un courrier que peut-être personne ne viendra chercher.  Plus personne ne rentrera dans ces maisons dont il était parfois le seul mais quotidien visiteur…

samedi 14 juin 2014

Les images du petit matin ce samedi


Pour AMARTIA et tous les autres

mardi 10 juin 2014

En allant à la pêche aux souvenirs,

Il arrive qu'on remonte d'inattendus poissons. Anne, ma chère Anne, si tu vois ces images , montre-les à Max afin qu'il sache que je ne l'ai pas déshonoré...

Qu'il était beau, mon Pégason!


samedi 7 juin 2014

mardi 3 juin 2014

Politesse

La politesse est à l'homme ce que la sauce béarnaise est au turbot pas frais: elle fait passer ça pour du veau.


CAVANNA

lundi 2 juin 2014

Sainte Blandine





Sainte Blandine (100-117), était déjà à-demi dévorée par un lion lorsqu'un tigre se présenta. Elle eut cette simple et noble réponse: "Si c'est pour la SPA, j'ai déjà donné."


François CAVANNA




samedi 31 mai 2014

Près de Laigle


Dans l'Orne, les zens ont un feveu fur la langue...


jeudi 29 mai 2014

ça ne s’invente pas !

   
        bravo à la personne qui a retrouvé cette carte postale ancienne !!



Regardez bien la légende en bas de la carte postale,
 çà ne s'invente pas......Authentique!!




A envoyer à tous vos correspondants....

c'est exceptionnel !!!

Et en prime un blog à découvrir:
http://bernard-gensane.over-blog.com









mercredi 21 mai 2014

Le saviez-vous?



Les seules créatures qui s'accouplent en se faisant face sont l'homme et le sandwich au pâté.

François Cavanna

mardi 20 mai 2014

Le Nonon



De même qu’on ne saura probablement jamais  pour quel haut fait not’ Henriette était devenue « l’ Henriette » , une Henriette communale en quelque sorte, on ignorera pourquoi son époux, le Louis, le Nonon, ne pouvait pas se raser.
Enfin si ! Il ne pouvait pas parce que son bras droit lui refusait ce service. La Tante, qui suppléait au membre déficient, avait marmonné sur mes interrogations qu’il avait été « blessé à la guerre » et refermé sans réplique ma boîte à questions.
La guerre, c’était la grande, celle de 14-18. Notre famille lorraine ne racontait guère ses mémoires et donc, j’avais juste appris que le soldat Louis Vauthier en garnison à Nancy, y avait rencontré Henriette Germain, « demoiselle de magasin », aux « Réunis » de la rue Saint-Jean. Ils se sont aimés, épousés et Henriette avait quitté la ville pour devenir fermière à Froidefontaine, Territoire de Belfort. Elle laissait à Nancy une mère ulcérée par ce manque d’ambition..
Il faut dire qu’Apolline Germain, plus connue de moi-même en tant que Mémère Poline, avait bataillé durement pour élever ses deux filles, Henriette et Louise . Dirait-on pas là le nom des « Deux Orphelines » ? D’ailleurs, orphelines elles l’étaient puisque leur père mineur à Marbache était resté au fond de la mine. Apolline avait gagné le pain de ses trois enfants- car il y avait  un Henry dont nous reparlerons peut-être un jour- en faisant des lessives. Elle cassait, disait la geste familiale,  la glace quand le lavoir était gelé. C’est dire si d’avoir fait de ses filles des vendeuses aux Magasins Réunis était un avancement social dont l’aboutissement aurait été la rencontre d’un beau parti. Situation qui échut à Louise qui finalement s’en trouva moins bien que sa sœur.
Car Louis était paysan, mais il avait « du bien » et s’il fallait à Froidefontaine se lever tôt en toutes saisons, on n’y eut, même en temps de guerre, jamais faim. Les gens de ce pays proche de la Suisse vivaient double labeur. Hommes et femmes quand ils avaient fini leur journées aux usines de Montbéliard ou de Sochaux, prenaient selon la saison la charrue, la faux ou le râteau et redevenaient paysans. Pas agriculteurs : paysans ! et fiers de l’être. Les terres en petits parcelles se prêtaient mal à la mécanisation et j’ai le souvenir de moissons où l’on se groupait à plusieurs familles : on fauchera demain chez les Vauthier et jeudi chez les Lovithon. Il est temps d’aller « sur la Preusse », mais le champ d’Aclair peut attendre. Nous, les enfants, portions les paniers de casse-croûte et aussi nous aidions avec des râteaux faits à notre taille. Nous jouions à faire « comme les grands » !
Une grande joie était de me lever avant le soleil, de m’assoir sur les marches de l’escalier des chambres et d’attendre… attendre que la tante se lève, fasse chauffer le café. Ensuite, le Nonon arrivait tout habillé ; on s’exclamait de me voir levée si tôt, mais pour rien au monde je n’aurais raté la sortie de la charrette, l’attelage du Coco (un cheval d’officier !), et le départ dans le petit matin froid que le soleil levant réchauffait progressivement. On allait « faire de l’herbe »… de l’herbe odorante, encore mouillée de rosée, que j’étalais sur la charrette pour qu’elle « ressuie » ; c’était mon job !
Un grand sujet d’émerveillement était la faculté qu’avait le Nonon d’entamer une conversation avec un interlocuteur invisible, sans autrement élever la voix. Il saluait un improbable Milot et discutait avec lui des affaires du jour. Lui seul entendait les réponses et il fallait attendre le haut de la côte ou le prochain virage pour voir apparaître, casquette de travers et clope au bec ce miraculeux Milot. Comment le Nonon pouvait-il deviner qu’il croiserait notre route. Probablement passait-il là régulièrement ou bien ils en avaient parlé la veille… n’empêche, le Nonon avait l’ouïe fine !
Le Nonon était malicieux aussi ; il aimait faire enrager les belles qu’elles le soient ou non et quel que soit leur âge. Il réclamait ou volait un bisou (sur le joue, hein ! l’Henriette n’était jamais bien loin…) ou bien pinçait une fesse. L’intéressée,  c’était l’usage, se vengeait à coups de torchon ; elle était fâchée ! Ce qui donnait au Nonon l’occasion de lui passer le bras (le gauche, celui qui bougeait) autour de l’épaule pour la réconciliation : « Alors, Louise (ou Marie, ou Jeanne, ou Mélina) on s’rraîîme, les deux !! »
Le Nonon et l’Henriette sont partis avec le Coco et les vaches,  le paysage a bien changé, des zones commerciales ont poussé sur et sous la Preusse et sur le champ d’Aclair, mais la maison est toujours là… la porte va s’ouvrir sur le long corridor ; au bout il y a la cuisine avec à gauche la porte ouverte sur l’étable. L’Henriette fait « du gâteau » (des tartes) tout en discutant avec le Nonon qui trait ses vaches assis sur un trépied.


dimanche 18 mai 2014

Mots d'auteurs

Mon petit, dans la vie, il n'y a que deux choses qui vaillent la peine d'être pratiquées: c'est l'étude et la débauche. Car les livres sont ce que les hommes ont d emieux à nous donner et des caresses honteuses sont ce que nous pouvons attendre de meilleur des femmes.

Valéry LARBAUD

samedi 17 mai 2014

La photo du samedi...

Le pépiniériste Delbard a dédié cette rose à la Comtesse de Ségur ; dédicace bien méritée, Sophie de Ségur aimait les roses ; elle en mettait jusque sur son chapeau!




Vous qui passez, portez cette rose à Amartia et ses amis

vendredi 16 mai 2014

Saints de glace

14 mai c'est la Saint Matthias et le billet d'Alain Rémond itou.


le billet

Matthias agace

AlAin rémond

Le dicton du jour est du genre contrariant.
Le voici : « Saint Matthias casse la glace, mais, s’il n’en trouve pas, il faut bien qu’il en fasse. » Bon, il fallait bien trouver une rime avec Matthias, c’est la glace qui s’y colle.
Il n’a pas échappé aux esprits avertis, en effet, que nous sortons tout juste des saints de glace, censés marquer, les 11, 12 et 13 mai, les derniers soubresauts de l’hiver et, subséquemment, les derniers risques de gel.
Le 14 mai, aujourd’hui, donc, voici qu’arrive Matthias, qui brise la glace (bravo !).
Mais le même Matthias, s’il ne trouve pas de glace, il faut bien qu’il en fasse.
En clair, il vaut encore mieux qu’il y ait de la glace aux saints de glace, pour que Matthias puisse rompre la glace.
Sinon, il nous remet le couvert pour un petit rab d’hiver.
Sympa, Matthias.
Rappelons tout de même que, selon les archives de Météo France sur soixante-dix ans (de 1939 à 2009), il n’a gelé aux saints de glace que quatre fois.
A-t-on eu pour autant, les autres années, de la glace le 14 mai ? Disons que ça m’étonnerait.
Je serais Matthias, je ne la ramènerais pas trop.

Droit de réponse de la chroniqueuse

Il faudrait mon cher Claude, faire savoir à Monsieur Rémond dont j'apprécie et partage souvent les opinions, que je le trouve ici un peu léger en matière de météorologie populaire... qui n'est au fond guère moins précise que l'officiel ONM. 
Mathias est précédé de trois Saints de Glace officiels : Servais (que naguère j'appellais Gervais en hommage aux esquimaux de l'entracte et là je crains que seuls quelques vieux baby-boomers et ex fans des sixties soient en mesure d'apprécier l'humour sophistiqué du changement de consonne) Mamers et Pancrace. Mais avant, à la fin d'avril nous avions :
"Georget, Marquet et Colinet qui,
Sont très méchants garçonnets."
Et juste après, Saint Yves de Tréguier dont on dit:
"Craignez le petit Yvonnet, 
Le pire de tous quand il s'y met"
Ces huit compères officient tandis que monte au ciel la lune dite rousse à la mauvaise réputation puisque
"Au printemps la lune rousse, 
fait geler les jeunes pousses"
C'est dans ce temps que fleurit l'aubépine et l'on sait que:
Quand l'aubépine est en fleurs,
Le temps est en rigueur." 

Il se peut Monsieur Rémond qu'en soixante-dix ans il n'y ait eu que quatre gelées à la Saint-Mathias. Mais dans le même laps de temps combien de désolés jardiniers auront vu leurs récolte de fruitiers- les cerises en particulier- détruites par des gelées nocturnes que le soleil du printemps ne pouvait laisser prévoir. Quatre à la Saint-Mathias, combien entre les "méchants garçonnets et St Yves de Tréguier, tandis que fleurit l'aubépine et que monte au ciel la lune rousse?

jeudi 15 mai 2014

mercredi 14 mai 2014