A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

dimanche 15 mars 2015

LUSTUKRU

Trouvé dans Nos Loisirs décembre 1907 :



« La reine Maud de Norvège est très habile à sculpter le bois, et fait des pipes aux amis de son mari. »

samedi 14 mars 2015

L'âme des poètes

Un poète ignoré que je viens de découvrir: mon grand-père. Il est mort en 1924, juste rentré de la guerre, qu'il n'avait pas aimée. Il n'avait pas 35 ans.
Je lis que ce poème a été récupéré d'un manuscrit détruit dans l'incendie de Brin-sur-Seille, son village natal. Le manuscrit s'intitulait "Javelles et Brindilles".





-Au Pays de la Seille

Les Faucheurs

Le chaud soleil de juin a flétri les prairies.
Les boeufs, en sommeillant, hument l'odeur des foins, 
Car le parfum des prés, au fond des métairies,
Pénètre avec la brise, embaumant tous les coins.

Avant l'aube levés, le coeur joyeux, alertes,
Par bande les faucheurs s'en vont à leur travail.
Ils coupent l'herbe mûre en longues lignes vertes
Où le métal des faux a l'éclat de l'émail.

Je suis, dans leur labeur, ces rudes faucheurs d'herbes
Dont la faulx brille comme un tranchant nonpareil,
Car ils semblent des dieux, - ces paysans superbes -, 
Qui coupent, dans les foins, des tranches de soleil!

(Juin 1914) Paul HUMBERT



jeudi 12 mars 2015

L'âme des poètes: Félix Arvers

 Avec un seul sonnet, il a pris place auprès des plus grands. Qui était Félix Arvers et qui était celle à qui il n'avoua jamais son amour, sauf en quatorze vers à jamais immortels?
Ami de Musse, clerc de notaire et auteur de quelques comédies légères, une maladie de la moëlle épinière l'empêcha de vieillir. Il est mort un 7 novembre de 1850 et depuis repose à Cézy dans l'Yonne.
Qui fut la bien-aimée? Des noms plus ou moins connus ont été suggérés sans certitudes. Peut-être était-elle la femme idéale qu'il désespérait de rencontrer un jour...


Mon âme a son secret, ma vie a son mystère:
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j'ai du le taire, 
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas! J'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ai faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas;

A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle:
"Quelle est donc cette femme?" et ne comprendra pas....

Image Hélène Schierfbeck

mercredi 11 mars 2015

Mesdames, je vous le dis, vous êtes épatantes.


Le mâle se trouve dans le coin droit de l'image. 

Et le puzzle ici :


 Claude

Couple d’Argiope pulchella, des araignées du genre Argiope 
présentes de l'Inde à la Chine et sur l'île de Java. 
Elles construisent des toiles avec des stabilimenta en zigzag. 
Cette espèce a un abdomen pentagonal.
Le mâle est visible en haut, au bout de la patte de la femelle. 
Il émet des vibrations sur la toile pour attirer la femelle.






mardi 10 mars 2015

Lire et relire

LE LYS DE BROOKLYN (extrait)


Il était deux heures. La bibliothécaire devait être rentrée, après son déjeuner. Goûtant d’avance le plaisir qu’elle se promettait d’une prochaine lecture, Francie rebroussa chemin et s’en alla vers la Bibliothèque.
La Bibliothèque se trouvait dans un petit bâtiment ancien et sordide ; mais Francie le trouvait magnifique. Ce qu’elle éprouvait pour la Bibliothèque ressemblait un peu à ce qu’elle éprouvait à l’église. Elle poussa la porte et entra. Oh ! Qu’elle aimait l’odeur du lieu, mélange de vieilles reliures, de cuir, de colle et de tampons encreurs ! Elle la préférait peut-être à celle de l’encens qu’on brûlait à la grand-messe.
Elle croyait que tous les livres de la terre se trouvaient ici réunis et elle avait formé le projet de lire tous les livres. Elle lisait à la cadence d’un volume par jour, en suivant l’ordre alphabétique, et sans sauter les moins intéressants. Elle se rappelait que le premier auteur qu’elle eut jamais lu s’appelait Abbott. Il y avait longtemps déjà qu’elle lisait un livre par jour, et elle n’en était encore que dans les B. Elle avait déjà lu des ouvrages traitant des bêtes et des buffles, de vacances aux îles Bermudes, et d’architecture byzantine. Quel que fût son enthousiasme de néophyte, elle était forcée de convenir que certains B lui avaient paru bien arides ; mais Francie était une vraie lectrice ; elle lisait tout ce qui lui tombait sous la main : des niaiseries, des œuvres classiques, les indicateurs de chemin de fer, les prix courants de l’épicier. Certaines de ces lectures l’avaient littéralement émerveillée ; Louisa Alcott, par exemple. Elle projetait de relire une seconde fois tous les livres, quand elle serait arrivée à la lettre Z.
Le samedi n’étant pas un jour comme les autres, Francie se régalait, ce jour-là, à lire un livre pris en dehors de l’ordre alphabétique. Elle priait la bibliothécaire de lui en recommander un.
Quand elle fut entrée et qu’elle eut refermé sans bruit la porte derrière elle, comme il convient de faire dans un tel lieu, elle jeta un coup d’œil sur le petit pot d’un brun mordoré placé tout au bout du pupitre de la préposée. Le petit pot renseignait toujours sur la saison : en automne, il contenait des brindilles de douce-amère ; et à Noël, c’était du houx. Même quand il y avait encore de la neige, Francie savait que le printemps allait venir quand elle voyait dans le petit pot des chatons de saule. (Francie vit à Brooklyn et la seule verdure qu’elle peut voir est un arbre qui pousse tant bien que mal entre les pavés de la cour de son immeuble). Qu’y avait-il dans le petit pot, ce samedi de l’été 1912 ? Pour se faire une surprise, Francie ne leva les yeux que très lentement, le long des tiges vertes des feuilles rondes, et elle vit… des capucines ! Rouges, jaunes, dorées, même des blanches. Spectacle si merveilleux qu’elle en eut presque mal entre les deux yeux. Une chose dont on garde le souvenir sa vie entière.
Elle se dit sur le champ : « Quand je serai grande, j’aurai un bol brun comme celui-là, et, en août, pendant les chaleurs, j’y ferai tremper plein de capucines ! »
Elle avait mis sa main sur le bord du bureau poli ; elle en aimait le doux contact ; elle regardait la belle rangée de crayons fraîchement taillés, le carré vert du buvard propre, le pot ventru plein de colle de pâte, le tas bien équarri des fiches, les livres récemment rentré qui attendaient d’être remis dans les rayons. Le crayon spécial, objet remarquable qui portait un petit tampon dateur, était placé à part, près du bord du buvard.
« Oui. Quand je serai grande, que j’aurai un chez-moi, je n’y mettrai ni chaises de peluche, ni rideaux de dentelles, rien de tout ça ! Pas de ficus non plus avec ses feuilles en caoutchouc verni ! Mais un pupitre comme celui-ci, dans mon salon, des murs tout blancs, un buvard vert, changé tous les samedis soir, une rangée de crayons jaunes bien luisants, toujours taillés, prêts à écrire, et un bol mordoré avec une fleur, ou bien quelques feuilles, ou bien des baies rouges. Et des livres, des livres, des tas de livres !… »
Elle choisit son livre pour le dimanche ; elle ne savait lequel , mais il était d’un certain Brown. Francie se disait qu’il y avait des mois qu’elle lisait des livres écrits par des auteurs appelés Brown. Quand elle pensait en avoir fini avec ce nom là, elle découvrait que le rayon suivant débutait encore par des Brown. Après Brown, ce serait Browning. Francie s’impatientait un peu; elle avait hâte d’en arriver aux C, où il y avait un livre de Marie Corelli dans lequel elle avait jeté un coup d’œil et qui lui avait paru palpitant. Y arriverait-elle jamais ? Peut-être ferait-elle bien de s’imposer de lire deux volumes par jour.
Il y avait longtemps qu’elle se tenait debout devant le bureau quand la bibliothécaire daigna s’apercevoir de sa présence et s’occuper d’elle. La dame lui fit « oui ? » d’un air désagréable :
« Je voudrais celui-ci, s’il vous plaît ! »
Francie poussa le livre devant elle, ouvert à la dernière page, la petite carte déjà tirée de sa pochette. Les bibliothécaires avaient habitué les enfants à présenter leurs livres de cette façon-là. Ce la leur épargnait d’ouvrir chaque jour des centaines de livres, de retirer d’autant de pochettes des centaines de petits cartons.
La dame prit la fiche du livre, y mit le cachet, la glissa dans la fente aménagée dans le couvercle du pupitre. Puis elle tamponna la carte de Francie et la lui tendit. Francie la prit, mais demeura là, immobile.
« Oui ? fit encore la dame sans prendre la peine de lever les yeux.
-Pourriez-vous recommander un bon livre pour une petite fille ?
-Quel âge ?
-Onze ans. »
Francie posait chaque semaine la même question, et chaque fois la bibliothécaire lui disait la même chose. Un nom sur une carte, cela n’avait aucun sens pour la dame, et, comme elle ne levait jamais les yeux sur un visage d’enfant, elle n’en était jamais arrivée à connaître la petite fille qui choisissait un livre par jour, et deux le samedi. Un sourire eut été pour Francie une grande faveur. Quelques mots aimables l’eussent rendue bien heureuse. Elle aimait la Bibliothèque ; elle eut voulu adorer la dame qui la dirigeait. Mais la dame avait d’autres soucis. D’ailleurs, elle détestait les enfants.
Francie tremblait d’appréhension à la voir glisser le bras sous son pupitre. Dès que le livre cherché apparut elle déchiffra le titre : Si j’étais roi, par Mac Carthy. Titre merveilleux ! La semaine dernière, elle avait eu Beverly of Graustark, et le même aussi, deux semaines plus tôt. Le Mac Carthy, elle ne l’avait encore eu que deux fois. La bibliothécaire ne cessait de recommander ces deux livres-là. Peut-être étaient-ce les deux seuls qu’elle eut jamais lus. Ou bien figuraient-ils sur une liste spécialement recommandée ? A moins que la dame eut vraiment découvert qu’ils étaient lecture de tout repos pour une fillette de onze ans.
Ses livres bien serrés contre elle, Francie se hâta de rentrer, résistant à la tentation de s’asseoir sur le premier perron rencontré et d’y commencer sa lecture.
Elle arriva enfin. L’instant était venu, le merveilleux instant qu’elle avait impatiemment attendu toute la semaine : l’heure de s’asseoir sur l’escalier de secours. Elle étendit d’abord un bout de tapis sur le palier de fer, alla chercher l’oreiller sur son lit, l’appuya contre les barreaux. Par bonheur, il y avait de la glace dans la glacière ; elle en brisa un petit bout, le mit dans un verre d’eau. Les gaufrettes à la menthe achetées à l’Uniprix furent mises dans un petit bol, tout fêlé, mais d’un si beau bleu ! Francie rangea le verre, le bol et son livre sur l’appui de la fenêtre, sortit et gagna l’échelle de fer. Une fois là, elle était dans l’arbre, elle habitait pour ainsi dire dans un arbre. Personne, dessus, dessous ou en face, ne pouvait plus la voir. Mais elle, à travers les feuilles, elle voyait tout ce qui se passait…..
….Francie, donc, humait l’air chauffé, observait les ombres dansantes, mangeait ses bonbons, supait une gorgée d’eau glacée ; tout cela, sans cesser de lire :
O mon amour, si j’étais roi…
L’histoire de François Villon était plus belle à chaque lecture. Parfois, Francie se faisait du souci, craignant que le livre se trouva perdu à la Bibliothèque, et qu’elle ne pût plus jamais le relire. Un jour, elle avait entrepris de le copier de sa main, sur un petit carnet de deux sous. Elle désirait tellement avoir un livre à elle qu’elle se disait qu’en copier un calmerait son envie. Mais les pages écrites au crayon ne ressemblaient pas à celles du livre ; elles n’avaient pas non plus la même odeur ; Francie avait abandonné. Pour se consoler, elle avait fait vœu, quand elle serait grande, de travailler beaucoup, d’épargner de l’argent et de s’acheter tous les livres qu’elle aimait.
Tandis qu’elle lisait ainsi dans l’arbre, en paix avec le monde, heureuse comme peut l’être une petite fille nantie d’un beau livre, d’une provision de bonbons, et solitaire, l’ombre du feuillage tournait lentement autour d’elle ; l’après-midi s’écoulait…..

Betty SMITH Le lys de Brooklyn

lundi 9 mars 2015

dimanche 8 mars 2015

L'âme des poètes


Pourquoi courez-vous tant, inutiles pensées,
Après un bien perdu qui ne peut revenir?
Quoi! ne savez-vous pas, chimères insensées,
Que d'un plaisir perdu triste est le souvenir?

DURAND

vendredi 6 mars 2015

La vie d'artiste...




Vers les années 1900, le célèbre pétomane azerbaïdjanais Ylvafer Yllafeh pouvait, d'un seul pet, éteindre une bougie à une distance de cinq mètres. Puis on inventa la lumière électrique et il mourut dans la misère.

CAVANNA -  Almanach 1985.

mardi 3 mars 2015

Ah ! la vache!!!

Il y a quelques jours, je m'indignais ici-même à propos de l'ablation des cornes des vaches... mais je n'avais pas pensé à tout.
Certes, c'est une sottise mais pis encore, c'est indigne.
Les cornes sont le seul moyen de défense des bovins contre leurs prédateurs. 
Vous allez me dire, les chevaux n'en ont pas. Mais les chevaux ont des sabots et ils savent s'en servir; ils sont plus souples que les vaches et leurs ruades sont parfois mortelles. La vache ne rue pas ou si peu. Les chevaux cabrés, jouent du sabot et là encore peuvent se révéler dangereux; la vache ne le fait pas. Et puis, autre moyen de défense du cheval, la fuite, Son galop est rapide; celui de la vache n'a jamais fait la gloire des champs de courses. La vache non plus ne saute pas une haie comme fait le cheval... certes, elle la défonce ce qui n'empêche pas son prédateur de la suivre.
Donc, le vache écornée est sans défense et ne peut compter que sur l'humain pour la protéger.
Cet humain qui pour être seul à pouvoir la bouffer tente d'éradiquer les autres prédateurs. Et il n'y arrive pas; car les loups reviennent et les ours aussi, Ils rétablissent ainsi un équilibre nécessaire à l'environnement, puisque ours et loups , prudents ne fréquentent nos troupeaux  qu'en cas d'absolue nécessité, En éliminant les plus faibles de leurs proies habituelles ils contribuent à entretenir  la vigueur des cervidés. Cervidés qui, sans prédateurs prolifèrent au détriment des cultures et des forêts.
Les loups, ours et autres lynx sont donc utiles à l'équilibre naturel.... et ... il peut arriver qu'ils s'aventurent près des pâturages. Là, les troupeaux n'étant plus gardés par chiens et bergers mais par un fil électrique qui n'effraye qu'une fois le fauve, la vache est en danger. Danger moindre s'il lui reste des cornes pour se défendre.
Paysans éleveurs, réfléchissez bien à ce que vous faites... Vous dites aimer vos vaches? mais vous ne les respectez pas. Une vache sans cornes n'est plus un animal mais un futur bifteck, une poche à lait, beurre et fromage.
Au lieu de s'évertuer à altérer tout un cheptel, pourquoi ne pas remettre à l'honneur le si beau métier de berger? Un métier rude certes mais auquel les moyens actuels pourraient apporter pas mal de confort.

dimanche 1 mars 2015

Sémantique

Monsieur Jourdain s’extasiait sur la langue turque, qui dit tant de choses en si peu de mots. La langue scientifique n’est pas inférieure au turc sous ce rapport.
Ainsi, les physiologistes désignent par le seul mot d’otodactylomanes, les gens qui se nettoient l’oreille avec le petit doigt ; par le mot d’onyxophagomanes, ceux qui ont la mauvaise habitude de se ronger les ongles ; par le mot de kirskatoepsomanes, les jeunes gens qui tirent sans cesse leur ombre de moustache pour la faire pousser.
Après l’adoption de cet ingénieux vocabulaire et la redoutée réforme de l’orthographe , Voltaire pourrait sortir de sa tombe et chercher parmi les hommes la belle langue française ; il ne la reconnaîtrait pas.



samedi 28 février 2015

Bientôt mars....


Ils ont beau se regarder dans le miroir... c'est encore février!


vendredi 27 février 2015

La Vache rit jaune X

La vache rit jaune

Certains me diront qu'avec ce qui se passe en ce moment dans le monde, guerres, meurtres, violences scandales politico- financiers, procès scabreux, sans compter crises et chômage, on pourrait se préoccuper d'autre chose que des cornes des vaches!
Mais quand même: je vous entends Docte Eleveur, affirmer qu'il est indispensable d'écorner les vaches, et mieux encore pour leur épargner le stress de l'opération, de créer une race de vaches sans cornes, je me demande où la Nature avait la tête quand elle a doté les bovins de cornes.
"Pour se défendre contre les prédateurs, me répond la Nature! Sans cornes les vaches ne seraient probablement pas parvenues jusqu'à nous et jamais nous n'aurions connu le camembert; ce qui serait regrettable.
-Certes, lui répond le Docte Eleveur, mais désormais, nous veillons sur nos vaches et nous avons éliminé tout prédateur qui pourrait nous faire concurrence au sommet de la chaîne alimentaire et nous bouffons nos vaches nous-mêmes. Mieux, elles ne nous craignent plus et ne songent que rarement à nous encorner.
-Eh! dans ce cas, pourquoi leur ôter les cornes?
-Les cornes sont dangereuses; les vaches en stabulation, se blessent entre elles et mères dénaturées, parfois blessent leurs veaux. Soucieux de leur bien-être, nous les écornerons."
Rêveuse je songe qu'autrefois les vaches étaient au pré, rentrées l'hiver et pour la nuit dans des étables spacieuses et je n'ai jamais entendu le Nonon et la Tante qui avaient des vaches se plaindre de bêtes encornées.
Mais la raison, la vraie, celle que vous n'avez pas mentionnée, Docte Eleveur du Salon de l'Agriculture, Bienfaiteur du Bétail, c'est celle qui a chatouillé mes oreilles voici quelque temps: c'est  quand on enfourne les vaches, pour les conduire à l'abattoir dans des bétaillères, que trop serrées , elles se blessent. Et mieux encore, ces cornes prennent de la place. Supprimons les cornes et l'on peut optimiser le transport avec quelques vaches de plus par convoi.
Le voilà le vrai argument, et non le souci de bien-être des bovins.
Poussons encore un peu le raisonnement et produisons une race de taureaux sans cornes, la corrida sera alors sans risques pour le torero.
Que notre époque est belle et fertile en progrès!

jeudi 26 février 2015

mercredi 25 février 2015

Résultat de recherche d'images pour "ubu"LA CONSCIENCE :[...] Monsieur, il n'y a pas d'exercice plus salutaire que la gymnastique. Demandez à tous les hygiénistes [...]. (Il reste pendu par les pieds). Oh! au secours, je vais me briser les reins, venez à mon secours, monsieur Ubu.
UBU, assis: Ô non. Nous n'en ferons rien, monsieur. Nous faisons en ce moment notre digestion et la moindre dilatation de notre gidouille nous ferait périr à l'instant. Dans deux ou trois heures au plus notre digestion sera terminée et nous volerons à votre secours. Et d'ailleurs, nous n'avons point l'habitude de décrocher des guenilles.

Alfred JARRY (1873 - 1907) , Ubu cocu

mardi 24 février 2015

Et un blasphème! un!

Le Pape est en déplacement.
Après avoir rangé les bagages dans le coffre de la limousine, le
chauffeur réalise que le Saint père reste sur le trottoir.
"Excusez-moi, Votre Sainteté" dit le chauffeur, "Voudriez-vous, je vous
prie, vous asseoir pour que nous puissions partir?"
 "...Pour vous dire la vérité, dit le Pape, on ne veut pas me laisser
conduire au Vatican, et j'aimerais beaucoup pouvoir le faire aujourd'hui."
 "Je suis désolé, mais je ne peux pas vous laisser faire cela. Je perdrais mon
job! Et que faire s'il arrive quelque chose?" proteste le chauffeur, qui aurait
aimé être ailleurs ce matin là...
 "Je ferai quelque chose de spécial pour vous," dit le Pape.
 De mauvaise grâce, le chauffeur passe à l'arrière et le Pape s'installe
au volant. Très vite le chauffeur regrette sa décision, quand après
avoir quitté l'aéroport, le souverain pontife met la pédale au plancher
accélérant jusqu'à 170 Km/h.
 "Je vous en supplie, votre Sainteté, ralentissez!" implore le chauffeur très
Résultat de recherche d'images pour "excès de vitesse"inquiet.
 Mais le Pape continue jusqu'à ce que les sirènes de police retentissent.
 "Mon Dieu, je vais perdre mon permis," s'écrie le chauffeur.
Le Pape se range sur le côté et baisse sa vitre quand le policier s'approche.
Mais dès qu'il voit le Pape, il retourne à sa moto, ouvre sa radio et dit à
son chef qu'il a arrêté une limousine roulant a 170.
" Où est le problème? Bouclez-le ! " dit le chef.
 "Je ne pense pas qu'on puisse faire ça, c'est quelqu'un de très important,"
dit le policier.
 Le chef s'exclame : "Il n'y a pas de raison!"
 "Non, je veux dire réellement important," dit le policier.
Le chef demande alors : "Qui avez-vous coincé? Le maire ? ? ? "
 Le policier : "Plus gros."
 Le chef : "Un sénateur ?"
 Le policier : "Beaucoup PLUS GROS."
Le chef : "Bien ! Dites-moi qui c'est !"
 Le policier : "Je pense que c'est Dieu lui-même!"
Le chef : "Vous vous foutez de ma gueule ????"
 Qu'est-ce qui vous fait croire que c'est Dieu?????"


 "Il a le Pape comme chauffeur... !"