A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

mardi 2 février 2016

Comment et pourquoi on est "Ours". X



Bien des mécomptes me sont advenus pour n'avoir pas assez pris en considération le fait que je suis une ourse.
Quand j'étais enfant, on m'a donné des albums racontant les aventures de "Nounouche la Petite Ourse".
Nounouche faisait le tour du monde pour vendre des bonbons; bonbons qui l'aidaient à se tirer de toutes sortes  situations plus ou moins dangereuses. C'est ainsi qu'en Polynésie, elle calmait un volcan en éruption en versant des bonbons dans le cratère.
Une autre fois, alors que pour sortir dans la tempête, sa mère lui avait donné un parapluie beaucoup trop grand, le vent s'engouffrant sous la toile la faisait monter, monter... jusque sur la lune. Une lune habitée par des géants qui prenaient soin de l'oursonne. Finalement elle est redescendue, je ne me souviens plus comment et a repris ses valises pleines de bonbons et poursuivi son tour du monde.
Puisque rien ne se produit par hasard, ce n'est probablement pas en vain que j'ai reçu jadis ces histoires d'ourse voyageuse. 
L'ourse, c'est Nounouche, mais aussi la terrible femelle grizzly. Nounouche menacée pourrait se réfugier entre les pattes du fauve. Mais qui voudrait  jouer avec Nounouche pourrait bien s'effrayer quand le grizzly se dresse.
Et le plus souvent, si elle se dresse l'ourse grizzly, c'est pour défendre ses oursons.
Car il ne faut pas croire ce que raconte "L'Ours" de J.J. Annaud: un ours adulte n'adopte pas un ourson qui a perdu sa mère. Un ours adulte s'en fout et ça vaut mieux, car s'il s'en occupe, il peut le dévorer.


samedi 30 janvier 2016

Les taxis sont gentils... parfois...Xposé sur 2021

La réputation de 'gros beauf's" des taxis parisiens est hélas trop souvent justifiée. Mais ce n'est pas toujours le cas et quand ils sont généreux , ils ne le sont pas qu'un peu...
J'avais, il y a de cela pas mal d'années, une petite chienne fofolle du nom de Thisbé... Référence mythologique qui s'est très vite révélée verlan..Nous habitions Boulogne.. Voilà qu'un soir, sortant du métro après une journée de dur labeur, chargée de divers paquets, je trébuche entre deux pavés et lâche la laisse... Thisbé, folle de joie part au grand galop, l'angle de la rue me la dissimule et j'entends hurler des freins... Je me ramasse au plus vite, je cours pour voir ma chienne étendue comme un gant de toilette dans le caniveau... Inanimée...
Alors que je me penche, sur elle un taxi s'arrête (la voiture coupable avait disparu, bien entendu). Le chauffeur du taxi me propose de l'aide et moi, sotte, je dis non merci ça va...
Mais non! Ca ne va pas... la chienne ne bouge plus, j'ose à peine la prendre de peur d'aggraver les choses... Et je me retourne... heureusement, le taxi était toujours là..
"Si, si merci... emmenez-moi chez le véto!"... Le chauffeur prend mon fourbi et me tend une couverture que nous glissons sous la chienne et on l'étend sur le siège arrière... J'indique l'adresse de Dewailly qui était alors notre médecin traitant, près de l'église de Boulogne... 
Arrivés là le chauffeur me dit: "J'ai fini ma journée, si vous voulez, je vous attends!" Proposition bienvenue puisque de l'église au Pont de Sèvres, il n'y avait alors, ni bus ni métro....
Bon, je passe les détails, la chienne n'avait rien de cassé, mais en état de choc elle risquait de ne pas se réveiller, si elle n'était pas stimulée régulièrement. Les King Charles sont comme ça, ils peuvent mourir d'émotion violente. Le jeune véto qui s'occupait de nous me dit qu'il l'emmène dans une clinique qu'il avait à Courbevoie mieux équipée et que je saurais le lendemain matin seulement si elle vivrait ou pas...
Je laisse à penser dans quel état j'étais... Le taxi me ramène chez moi avec des paroles réconfortantes (et la voiture aussi!) et me propose de revenir me prendre le lendemain matin pour m'emmener chercher la chienne... morte ou vive... Et il ajoute: "Ne vous en faites pas j'arrête le compteur quand j'attends , vous ne me devrez que le trajet."
Le lendemain, il était là... nous sommes allés chercher Thisbé encore dolente mais bien vivante...
Le taxi nous a conduit au boulot... a refusé de me donner son adresse car il ne voulait pas de remerciements et quelques mois plus tard... "Je passais par là  a-t-il dit;" il a poussé la porte du magasin pour prendre des nouvelles... La chienne l'a reçu avec enthousiasme et je ne lui ai pas dit  que c'était sa manière ordinaire de recevoir les visiteurs... 
Il y a vraiment dans le monde des gens super et certains sont chauffeurs de taxis..

.La fin de l'histoire, c'est qu'après l'accident, elle ne voulait plus marcher que dans l'herbe...A Paris, c'est pratique! Il fallait que je la porte et elle pesait pas loin de 9 kilos... J'étais épuisée! Jusqu'au matin où de fatigue, j'ai raté un trottoir et je me suis retrouvée à plat ventre, (le chienne toujours dans mes bras) sous le nez d'un chien de défense qui montait la garde avec un vigile devant l'hôtel Plazza... Ni le chien ni son maître n'ont remué une oreille... Mais là... j'ai posé la chienne sur ses 4 pattes et j'ai tiré sur la laisse jusqu'à ce qu'elle bouge.... La conclusion définitive c'est qu'un chien en ville, c'est pas bien! Et du coup, c'est la ville que j'ai quitté... les chiens sont plus raisonnables que nous.

dimanche 24 janvier 2016

Secourisme

"Il ne faut jamais donner d'alcool à un accidenté de la route avant d'être sûr qu'il vit encore. Autrement, c'est du gaspillage."

François CAVANNA

jeudi 21 janvier 2016

C'est chose ardue que de donner de la nouveauté à ce qui est ancien, de l'autorité à ce qui est nouveau, de l'éclat à ce qui est flétri, de la clarté à ce qui est obscur, de l'attrait à ce qui répugne, du crédit à ce qui est douteux, de donner à toute chose sa nature et à la nature tout ce qui lui revient. C'est pourquoi, même si nous n'atteignons pas notre but, il est déjà assez beau et glorieux de l'avoir voulu.

PLINE l'ANCIEN (23-79), Histoire naturelle

mercredi 20 janvier 2016

Mots d'auteurs

Comme je regardais ce papier blanc qui tombait, tombait, tombait continuellement, mon esprit se perdait en rêveries sur les usages curieux auxquels ces milliers de feuilles finiraient par être soumis. Toutes sortes d'écrits seraient rédigés sur ces choses encore vierges - sermons, mémoires d'hommes de loi, prescriptions médicales, lettres d'amour, certificats de mariage, actes de divorce, actes de naissance, certificats de décès, et ainsi de suite à l'infini... Puis, revenant aux feuilles blanches qui gisaient là,  je ne pus m'empêcher de penser à cette célèbre comparaison de John Locke, qui, pour démontrer sa théorie selon laquelle l'homme n'a pas d'idées innées, comparait l'esprit humain à sa naissance à une feuille de papier blanc, quelque chose qui était destiné à être noirci de lettres, mais de quelle sorte, cela, nul n'eût su le dire.



MELVILLE (1819-1891), Le Paradis des célibataires et le Tartare des jeunes filles.

lundi 11 janvier 2016

L'étranger

"Pourquoi me tuez-vous? - Eh quoi, ne demeurez-vous pas de l'autre côté de l'eau? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin et ce serait injuste de vous tuer de la sorte; mais puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave, et cela est juste." 
PASCAL

jeudi 7 janvier 2016

Lire et relire

William FAULKNER - Lumière d'août

Vous qui venez souvent par ici , savez je crois, que je lis au hasard. L'actualité littéraire est si dense qu'une information chasse l'autre et que j'ai oublié aujourd'hui ce qui m'a tenté hier. Aussi, depuis longtemps, je laisse faire "Hasard", mon ami et mon maître, disait de lui Colette.

Bibliothécaire, j'étais  submergée de "dons"; vous savez: "On ne jette pas un livre..." Mais comme on n'en veut plus, on le donne... à la bibliothèque... et ça fait des caisses et des caisses à évacuer. Pourtant, je n'ai  jamais refusé; il y a toujours une perle à ramasser dans la pire des poubelles.
Là, c'était Faulkner: Lumière d'Août, en livre de poche jauni, corné et dont la pellicule s'effrite. Si la bibliothécaire consciencieuse se doit de l'écarter de ses rayons bien tenus, la lectrice amoureuse de littérature nord-américaine et qui n'avait pas lu celui-là, s'en est emparée.
Alors, Faulkner: toute la magie et le désespoir du Vieux Sud, comme dans Caldwell ou Tenessee Williams. Les plantations ruinées, les anciennes demeures à colonnades qui se désintègrent tout comme les vieilles familles autrefois aristocratiques et que la misère délite. Cette répulsion entachée d'amour déçu pour les "nègres", l'incompréhension, le déni de leur humanité; un peu comme si... imaginez un instant, qu'on ait déclaré votre chien aimé votre égal, qu'on lui donne le droit de vote et éventuellement celui d'épouser vos enfants. Et l'horreur intégrale, la détestation pour celui qu'on a cru blanc, avec qui  on a partagé un moment de vie,et dont on découvre soudain que son sang est pollué de quelques gouttes de ce sang noir abhorré.
Tout ceci, bien d'autres écrivains l'ont aussi décrit; dans Lumière d'août, ce qui étonne surtout, c'est la construction du roman. Il raconte un fait divers horrible certes, cependant pas plus que d'autres  mais  qui n'est jamais relaté. On le découvre parcimonieusement, au cours des conversations, des méditations, des soliloques de chaque personnage. On n'en sait jamais plus que lui; on n'a que la tranche du fait divers que connaît celui qui est en scène, les mêmes ignorances, les mêmes interrogations. Le pire est quand le personnage, n'en pense rien, quand il n'en a rien à faire, préoccupé qu'il est de sa propre aventure dont on ne sait rien non plus et qu'on va devoir découvrir par les mêmes moyens.
Ce sera la somme de toutes ces informations partielles qui, à la finale, nous fera découvrir tout ce qui a maintenu notre curiosité, notre attention énervée, impatiente de savoir les pourquoi, les comment. Comme un patchwork dont on pourrait croire les morceaux assemblés au hasard, la somme des révélations éparses donnera une oeuvre magistrale.
Si je vous ai donné envie de lire Lumière d'août, il n'est peut-être plus en bibliothèque - les "désherbages y font des ravages - mais il est toujours édité, ou alors.... suivez-moi... Ce livre que j'ai aimé, je ne le garderai pas; je ne le jetterai pas non plus: je vais le partager. Un coutume est en train de naître: quand on a aimé un livre, on le laisse sur un banc de square, dans un train, sur le quai du métro, sur la table d'un café, pour que celle ou celui qui passe, à son tour s'émerveille d'une belle histoire...
Si quelque part, vous trouvez Lumière d'Août en livre de poche pas trop frais, dites-vous que peut-être, je viens de passer là.

lundi 4 janvier 2016

Lire et relire

Tant pis, j’abandonne ! je m’étais pourtant juré d’aller jusqu’au bout et j’y étais presque mais vraiment, vraiment ces gens-là ne m’intéressent pas, leur « monde »  n’est pas le mien ; le narrateur m’est antipathique : égoïste, soupçonneux, jaloux, snob, geignard…. Et puis cette façon de nous barber pendant trois pages pour un ressenti qu’on a le plus souvent du mal à partager… pas si bien écrit qu’on veut nous le faire croire….
Ah ! ça me rase, ça me rase , me plaignais-je… pourtant c’est un chef d’œuvre, il faut l’avoir lu c’est certain, tout le monde l’admire…
La plupart de ceux qui l’admirent n’en ont lu que des extraits me répondit mon interlocuteur principal… Et j’allais entamer la dernière partie quand, considérant la pile de bouquins en stand bye sur leur étagère, j’ai abandonné … c’était hier au soir…
Ah et puis le narrateur est menteur aussi ; raison pour laquelle il accuse tout le monde de lui mentir…
Oui , il raconte vraiment n’importe quoi ! Essayez donc, vous autres comme je l’ai vérifié de tremper une madeleine dans une tasse de thé ! Vous obtiendrez quoi ? une sorte de bouillie que vous aurez bien du mal (dans le meilleur des cas) de porter à la bouche sans vous en répandre sur le jabot !
Est-ce bien la peine de vous dire quelle grande œuvre je viens d’abandonner avant son dernier volume ?

mardi 29 décembre 2015

Urgence.

Les violents attentats qui ont endeuillé cette année ont entraîné l'instauration de l'état d'urgence; il s'ensuit des contraintes bien entendu mais qui me semblent minimes en regard du danger qui plane encore.
A moins d'un miracle, cet état d'urgence devra durer des mois, peut-être des années et il est vain de s'insurger contre lui quelques semaines après son établissement.
Alors oui, il y a déjà et il y aura encore des personnes mises en examen ou assignées à résidence qui ne sont nullement des terroristes. Quand de pacifiques défenseurs de l'environnement sont en cause, c'est regrettable certes, pourtant ils ne sont pas interpellés en tant qu'écologistes mais en tant qu'organisateurs de manifestations au sein desquelles pourraient s'introduire des éléments dangereux.
L'accepter avec sérénité ne pourrait que renforcer la légitimité de leur action.
On peut parfaitement accepter l'état d'urgence et refuser le projet inepte d'un aéroport inutile à Notre-Dame des Landes.

lundi 21 décembre 2015

Expédition...X

Naguère, dans un temps que les moins de vingt ans ont pu connaître... le slogan de la poste était: "Les hommes qui relient les hommes". Et c'était vrai!
Le facteur, mâle le plus souvent, passait chaque jour à heure à peu près fixe et acceptait volontiers un café (parfois arrosé mais on n'en disait rien) ; il distribuait le courrier  et prenait celui qu'on avait à envoyer en même temps que des nouvelles de chacun. Il s'inquiétait de savoir si telle ou telle personne isolée allait bien, puisqu'il n'avait rien à mettre dans sa boîte; il reprenait sa sacoche et la route en nous disant "A demain".
Un jour le facteur, on ne sait pour quelle raison , en perdant sa casquette est devenu préposé (e). Mais la fonction restait la même ainsi que le service. Les années se suivant, la tournée du préposé est devenue plus longue et le préposé de plus en plus pressé; plus de café bien entendu! Du temps à passé encore , elle (le préposé est devenu exclusivement femelle par ici) elle n'avait plus de temps pour les nouvelles, plus de temps pour prendre les expéditions; puis elle est devenue grincheuse car le hameau n'avait pas de ces horreurs de boîtes collectives qui défigurent les coins de rue; déposer le courrier à chaque maison était une perte de temps et encore plus quand le colis n'entrait pas dans la boîte. A présent, on sait qu'elle est passée parce que les chiennes aboient. Chiennes qui curieusement, ont changé leur statut  de copines qu'on caresse à  pour celui de danger potentiel ... les mêmes!
Donc désormais, si on veut poster une lettre ou un colis qui excède le prix du timbre-poste, (et si on sait conduire) il faut aller au bureau de poste. Il en existait un au village voisin à 3km; son entrée n'étant plus conforme aux règlements qui imposent des accès plus facile, on n'a songé, ni à le modifier, ni à l'installer ailleurs... pas rentable il a été fermé.
Il faut donc à présent, aller au chef-lieu de canton = 9km. La fréquentation "insuffisante" de ce bureau a mené à des suppressions de poste et, corollaire, à une réduction des horaires non mentionnée sur le site internet. Horaires à la régularité si incertaine qu'on se casse souvent le nez. On a donc fait 18km pour ne pas poster son courrier. Il faut donc aller à l'autre chef-lieu de canton qui se trouve lui, à 12km de chez nous... oui, on aurait pu y aller directement depuis le bureau fermé mais non! trop tard on aurait trouvé porte close... Désormais, à moins d'avoir besoin de la poste un mardi vers 15h...
Le matin, ça risque d'être fermé, pas forcément mais ça se peut ; le lundi c'est risqué parce que trop proche de dimanche et on ne sait pas dans quel sens ils font le WE... le mercredi, si ma postière à des enfants.... on a aussi le jeudi et le vendredi, mais il y a les grèves, les inventaires, la grippe... Vous m'aurez compris, je me rends désormais systématiquement à l'autre chef-lieu de canton où les horaires d'ouverture sont compréhensibles.
Il y a donc gros à parier que le premier bureau va bientôt être fermé puisque trop peu fréquenté. C'est que je ne suis pas la seule à qui ces aventures sont arrivées.... 
Peut-être qu'à la poste les hommes relient encore les hommes, mais le lien est de plus en plus lâche...

mercredi 9 décembre 2015

Le co-voiturage, c’est pas si simple ! X



Mon souci du respect de l’environnement ne date pas d’hier…  J’avais à peine 6 ans quand j’ai passé tout un après-midi en forêt avec un trognon de pomme dans la main. On m’avait dit qu’il ne fallait rien jeter dans la nature, alors j’ai attendu d’être rentrée à la maison pour le mettre fièrement à la poubelle. C’est dur pour un enfant qui attend des félicitations de se faire traiter d’andouille… mais bon… c’est la dure école de la vie et mes convictions n’ont pas été ébranlées pour autant.
A la maison, on pratique le tri, on a remplacé la baignoire par une douche, les ampoules sont laides (je sais pas la vraie orthographe), le potager est en permaculture, on broie et récupère les tontes de gazon et la taille des arbustes, les croûtes de pain vont aux ânes, chevaux et poules quand je n’en fais pas du pudding et j’en passe…
Bémol, nos voitures roulent au diésel… parce qu’elles ne sont pas neuves et que les carcasses de voitures, ça pollue aussi. Mais elles sont bien entretenues, bien réglées et en ville nous les laissons au parking. Jamais la mienne n’entre dans Paris ; elle m’attend sagement à une porte. Pourtant, ces derniers jours, j’ai trouvé cette mesure encore insuffisante et j’ai proposé à mon frère, qui se rend à Paris plusieurs fois par semaine de nous co-voiturer et nous avons commencé hier…
Tout a bien débuté : il avait à faire à Orly et moi sur la Rive Gauche. Comme nous venons de l’ouest, il me dépose à Versailles où il y a des trains pour Montparnasse quasiment toutes les dix minutes. En moins d’une demi-heure je suis à Montparnasse et là, ça se gâte un peu : il pleut des cordes. Pas de parapluie, pas de couvercle… sur les trottoirs, on prend non seulement la pluie mais encore ce qui dégoûte des stores et autres balcons… Ca mouille, c’est froid, mais la providence est avec moi, j’arrive à trouver ce que je cherche là où je le cherche et mes courses sont assez vite bouclées dans un périmètre restreint. Néanmoins, je suis trempée et je vais me réconforter dans un bistrot germanopratin bien connu où le chocolat est une merveille.
J’avertis mon frère que je suis posée ; il me dit que dans une heure à peu près, il se garera devant l’église d’où il me sonnera. L’heure s’écoule, j’observe la faune qui désormais m’est inconnue, je griffonne sur un carnet… Mon stylo tombe en panne mais dans ce lieu hospitalier on peut demander un dépannage aux garçons.
C’est là que tout commence à se gâter… mon téléphone vibre… mon frère est en panne porte de Gentilly ; la batterie probablement ou pire, on ne sait pas ;  il attend la dépanneuse. Du coup, je décide de remonter à Montparnasse et de prendre le train. Il faut prévenir le Cap’tain de ce navire de venir me récupérer à la gare. Ce n’est pas le plus simple : répondre au téléphone est une tâche qui m’incombe usuellement et là… je n’y suis pas… D’autant plus que dans le vacarme des annonces de la gare, la messagerie m’informe qu’elle n’a pas compris mon message et me raccroche au nez… Je vous passe mes différentes altercations avec les machines distributrices de billets qui ne reconnaissent pas mon titre de paiement ; puisque je vous écris, c’est que j’ai trouvé un être humain derrière un guichet, que j’ai pu avoir un billet, que j’ai trouvé la cachette de la machine à composter et que j’ai pu m’asseoir dans un train, appeler à la maison et me faire récupérer à la gare de Dreux..
C’est fini ! mais non ! le train n’était pas encore arrivé à Versailles que le téléphone a vibré : la panne était plus grave que prévu ; la voiture en rade aux portes de Paris, mon frère était en route pour Montparnasse… où il a pris un train qui me laissait juste le temps de rentrer à la maison et de retourner à Dreux pour le rapatrier.
Heureusement ! dans le champ de ruine que sont actuellement les abords de la gare, brillait une lumière : celle du « Cambodge » le restaurant asiatique qui survit là depuis des décennies, on se demande comment vu son taux de fréquentation. Nos tribulations ont été une aubaine pour lui !
Nous avons tous dormi dans nos lits, mais ce n’est pas fini ! la voiture malade est toujours aux portes de Paris où il va bien falloir aller la récupérer dès qu’elle sera convalescente….

Tout ceci pour conclure que le covoiturage… non, ce n’est pas simple !

mercredi 2 décembre 2015

Bien loin de Daktari X

Il arrive que les programmes de la télé, certains soirs d’indigence, conduisent dans d’étranges chemins. La première chaîne est loin d’être ma préférée ; cependant quand on doit choisir entre le procès de Pétain, les exploits de Staline, une ènième controverse sur l’opportunité de l’état d’urgence, le relooking étrange et pour le moins douteux de quelques femmes en mal d’identité, les malheurs conjugaux d’une autre, les déboires de jeunes gens désoeuvrés enfermés dans une villa avec piscine, des conseils de décoration allumés, un concours de cuisine dont les recettes coupent toute envie d’inviter les copains tant il faut d’ustensiles sophistiqués pour faire cuire la moindre nouille…. Et j’en passe… il y aurait bien le jardinage, mais c’est bien tard… Ah et puis les séries qui ont atteint la majorité quand ce n’est pas l’âge de la ménopause… Il arrive un moment où l’on a vu et connaît par cœur tous les épisodes de La Petite Maison dans la Prairie…
Ces soirs-là, quand on a tout exploré et que, quitte à perdre son temps on va aller le chercher chez Marcel Proust, on voit passer sur l’écran ces trois lettres : ZOO et des lions… Alors comme l’enfance ne nous quitte pas si vite, on se souvient du Daktari et du bon Clarence le lion qui louche…
Oui ! ben c’est pas ça du tout ! Certes les premières images vous conduisent dans une réserve africaine, certes on a compris tout de suite que le ranger sera le héros parce qu’il est beau et sympa ; parce que son meilleur ami est africain ; parce qu’il empêche un chasseur japonais – qui a payé cher son coup de fusil – d’abattre un rhinocéros noir et que pour ce haut fait il est conduit en prison où il ne va pas rester longtemps parce que le policier (africain) est aussi son pote.
Et puis, le série vous emporte dans d’autres lieux, avec d’autres héros et on sait déjà qui va mourir, qui va aimer qui, mais c’est pas ça le sujet et je ne vous en dit pas plus pour le cas où vous voudriez y aller voir… Là je me suis avalé les trois premiers épisodes, comme un verre de bière bien fraîche… Pour une qui ne regarde pas le jardinage, parce que c’est trop tard… vous me direz… Bref revenons à nos moutons… enragés !
Parce que le pitch, en gros, c’est que les animaux soumis à des radiations ou ayant été nourris avec des aliments ayant été exposés à une radiation, ont subi une modification génétique. Ce qui fait que lions, ours, chiens, même nos gentils minets (une admirable image de centaines de chats de toutes races perchés dans un grand arbre) et jusqu’à des chauve-souris… TOUS les animaux sont doués de raison, de pouvoirs télépathiques et du coup, ils ne nous craignent plus… Leur intelligence extraordinaire les a amenés à comprendre que les humains sont en train de détruire la planète et leur instinct de survie les pousse à nous détruire pour se protéger… Là quelques scènes un peu gore mais pas trop quand même ; on montre mais on ne s’attarde pas… Ca passe lemardi soir et les enfants regardent (déconseillé aux moins de dix ans quand même…
Pour vous éviter la totale déprime, sachez qu’un groupe d’humains, composé de chercheurs et de mentalistes se groupe pour éviter le pire… mais ils doivent lutter contre l’agro-alimentaire responsable de la catastrophe et que dans les premier épisodes personne ne les écoute… pas même l’un d’entre eux…
On annonce 16 épisodes… mais on est bien loin de Clarence !


mardi 1 décembre 2015

Tout est dans tout...

Tous les êtres circulent les uns dans les autres. Tout est en un flux perpétuel. Tout animal est plus ou moins homme; tout minéral est plus ou moins plante, toute plante est plus ou moins animal. Il n'y a qu'un seul individu, c'est le tout. Naître, vivre et passer, c'est changer de forme.

DIDEROT

samedi 28 novembre 2015

Pour les anti-drapeau

Le Drapeau, par Jean Zay.


Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays, Quinze millions dans tous les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?
Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicle sous tes plis
Je te hais au nom des squelettes… Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais à cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.
Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.

1924


Et ma réponse:Non, Claude! Pour une fois , je ne suis pas d’accord...
Nous avons face à nous, des gens prêts à se faire exploser pour défendre LEUR drapeau et leurs croyances et qui nous méprisent parce que nous méprisons notre drapeau et nos coutumes.
Nous avons sur les talons d’autres peut-être moins barbares à priori mais tout aussi dangereux pour nos libertés... ces gens suscités par un borgne et qui, pour cette raison ont la vue et les idées courtes. Ceux-là s’emparent des symboles qui sont la fierté de notre pays: Jeanne d’Arc qui à contribué sinon en fait , du moins en image, à faire d’une pauvre petit royaume avec à sa tête un roi doutant de sa légitimité, à en faire la France qui deviendra celle où nous vivons.
Quant au drapeau tricolore , il est issu de tout un peuple qui le premier de tous a réclamé et conquis sa Liberté. A sa suite, d’autres ont osé renverser leurs tyrans...
Alors bien sûr, ce symbole a été récupéré par des politiciens qui ont engendré ces quinze cent mille morts que pleure Jean Zay... Pardonnons-lui ces épithètes outrancières nées du chagrin et de la révolte devant ce massacre...
Mais aujourd’hui, le temps n’est plus au propos anarchistes ou libertaires (qui sont souvent les miens). Le temps est venu de s’unir pour empêcher la barbarie des uns et la volonté de pouvoir des autres de nous priver de cette liberté chèrement acquise. Le temps est venu de nous réunir et un drapeau se voit de loin surtout quand il est fait de couleurs éclatantes!
Non, je ne reprendrai pas les mots de Jean Zay... Oui, je mettrai un drapeau à ma porte pour signifier que la France est un pays LIBRE , où les hommes sont FRERES  et EGAUX.

vendredi 27 novembre 2015

Drapeau...



Il est bien seul dans le hameau ce drapeau! La chienne au moins a compris le message: spontanément elle s'est mise au garde-à-vous.

Joyeux Noël!

Renoncer aux crèches, c’est renoncer à nos légendes ! Les crèches, comme les sapins de Noël , les bougies de Ste Lucie sans oublier St Nicolas ni son successeur le Père Noël, sont les traces d’anciennes fêtes de l’hiver inventées autrefois pour aider les hommes à supporter les jours si courts et si sombres que traversent nos régions à cette époque de l’année.
Même si elles semblent moins opportunes aux personnes qui vivent sous le soleil du Maghreb et du Moyen-Orient, ce n’est pas une raison pour les abandonner.
Si la naissance d’un enfant devenu symbole d’une religion (alors que le symbole plus universel est celui de la vie qui renaît à une certaine période de l’année), si cette manifestation n’est pas assez laïque pour les communes, que le clergé se souvienne qu’il y a dans chaque village, non seulement une mairie mais aussi une église de moins en moins occupée.
Que le clergé se souvienne que religion vient du verbe latin qui signifie relier et qu’il adopte la crèche dans ses églises ou sur leur parvis.

Maires et curés, parlez-vous ! organisez ensembles une fête de l’Hiver qui rassemble vos habitants, vos fidèles dans un même amour, celui de l’humanité !

mercredi 18 novembre 2015

La Marseillaise

Elle est belle la Marseillaise, reprise et choeur et souvent spontanément....
Pourtant, je trouve qu'assez de sang impur a abreuvé mes sillons; ça déborde et j'aime pas le boudin.
Elle a sept couplets notre Marseillaise, si bien que si on voulait on pourrait en choisir un qui convienne à chaque occurence.
Les tragédies récentes pourraient se célébrer avec le 3°:

"Quoi ces cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers!
Quoi! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fils guerriers!
Grand Dieu! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient;
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées"

Ou le 4°:

"Tremblez tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis!
Tremblez! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leur prix!
Tout est soldat pour vous combattre;
S'ils tombent nos jeunes héros,
La France en produit de nouveaux, 
Contre vous tout prêts à se battre."


samedi 14 novembre 2015

Où est l'Hydre?

Sept (ou huit ?) terroristes sont tombés, et l’on se demande avec raison, si d’autres ne sont pas en train de préparer de nouveaux carnages. Avec raison car l’Hydre on le sait, ne meurt que si l’on coupe toutes ses têtes d’un seul coup. Où est le héros, le nouvel Hercule capable de cet exploit ? Et cette Hydre, où la trouver ?
Demandons-nous pourquoi  ces jeunes hommes devenus assassins au nom d’un idéal religieux, animés du désir de sauver leurs frères d’une misère hélas trop réelle, demandons-nous pourquoi ils ont frappé dans un quartier populaire, des gens à la vie ordinaire qui prenaient un peu de bon temps un soir d’automne exceptionnellement clément ?
Pourquoi le quartier de la République et non la place Vendôme ou l’avenue Montaigne , hauts lieux de l’étalage d’une richesse souvent indécente ?
Serait-ce par ce que ces quartiers, où ne peuvent se fournir la plupart des victimes de cette nuit,  sont ceux où leur commanditaires font leurs emplettes ?

Si c’est là la raison, alors inutile de se demander où se cache l’Hydre ; elle est facile à trouver !

Matin blême

Ne perdons pas de vue que ces assassins sont aussi des victimes:

"Le sang de l'ennemi est toujours le sang des hommes."

Louis XV (à la bataille de Fontenoy)