dimanche 3 août 2014

Lire et relire...

Mon peu de goût pour les romans n'est pas un secret. Il vaudrait mieux dire, mon peut de goût actuel... parce que je fus une grande lectrice de romans du temps que les écrivains nous faisaient voyager un peu plus loin qu'aux alentours de leur nombril, du temps qu'au lieu ne nous narrer leur quotidienne aventure si semblable à la nôtre, ils savaient créer des personnages aux pérégrinations passionnantes, des personnages dont volontiers nous chaussions les souliers pour faire avec eux un chemin qu'on
aurait bien aimé être le nôtre... du temps des Gary, des Kessel, des Druon, des Troyat, du temps d'Ambre et d'Autant en Emporte le Vent, du temps de jane Austen et d'Eugène Sue... mais la liste n'en finirait pas.
En mémoire de tous ces romans que j'aimais, je continue, imperturbable à ouvrir tout ce qui porte le mot roman inscrit sur sa couverture. Et je l'abandonne bien vite n'ayant souvent pas le courage d'aller jusqu'à la 36° page imposée par les bons éditeurs aux membres des comités de lecture.
J'ai donc vaillament entamé, La Servante Abyssine de Carine Fernandez et... j'ai voyagé dans les pas de Zinesh, la veuve abyssine qui, pour échapper à la misère de son pays natal se fait servante chez les riches.
Et qui de plus riche que les princes et princesses d'Arabie Saoudite?
Sans être allée aussi loin mais pour avoir un peu connu le Maghreb, j'ai retrouvé là les couleurs, les senteurs, la sécheresse des paysages, l'opulence artificielle des jardins intérieurs..
Compris la vacuité des ces vies de femmes qu'on envoie étudier en Europe et qui bardée de diplômes décrochent un avenir de reproductrice oisive dans des palais artificiels; qui entre deux grosseses et encore vaudrait-il mieux dire deux accouchements trompent leur ennui dans les salles de fitness des palaces locaux ou les bras d'un amant caché et là, on comprend mieux leur manque d'énergie à se révolter contre le port de l'abayah.... 
Donc cette fois, je n'ai pas vu passer la 36° page et à la 179°,  Zinesh m'a laissée gourmande encore de ce qui allait lui arriver au seuil d'une vie nouvelle...
Madame Fernandez qui, si j'en crois votre éditeur n'avez écrit que deux romans, celui-ci et la Comédie du Caire, s'il vous plaît, donnez une suite à La Servante Abyssine.

1 commentaire:

croukougnouche a dit…

tu me donnes vraiment envie de lire ce livre!!!!!