A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: rvcontes et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.


Nous sommes tous dans la boue, mais certains d'entre nous regardent les étoiles.

Oscar WILDE(1854-1900), L'Eventail de Lady Windermere

mercredi 20 août 2014

mardi 19 août 2014

Pierre Vassiliu, c’était celui-là

Un bon article


Claude

LE MONDE | • Mis à jour le | Par


Le chanteur Pierre Vassiliu (au centre) lors de l'émission TV "Champs-Elysées" à Paris, le 25 novembre 1989.
Une chanson peut marquer une vie. Parce qu'on l'a dansée avec son amour d'un jour ou de toujours, ou, pour un artiste, parce qu'elle aura définitivement signé son identité. Ce fut le cas pour Pierre Vassiliu, l'interprète de Qui c'est celui-là ?, incunable de la chanson française cool, paru en 1973. A cette époque, le moustachu rigolo, anar et impertinent a déjà dix ans de carrière derrière lui. Il est auteur-compositeur, mais à cette occasion, il traduit en français un titre de Chico Buarque, Partido Alto. Le poète et chanteur brésilien avait eu maille à partir avec la censure militaire, parce qu'il se moquait des préjugés exprimés contre le Noir pauvre et paresseux, à qui il attribuait un grand talent à fuir la police en courant.
Sous couvert de drôlerie, Vassiliu avait respecté la philosophie de l'original. « Qu'est-ce qu'i'fait ? Qu'est-ce qu'il a ? Qui c'est celui-là ? Complètement toqué ce mec-là ! Complètement gaga… Il a une drôle de tête ce type-là ! Qu'est-ce qu'i fait ? Qu'est-ce qu'il a ?… Ça s'passera pas comme ça. Qu'est-ce qu'i fait ?... On va pas s'laisser faire les gars. Non mais ça va pas mon p'tit gars ! On va le mettre en prison ce type-là, s'il continue comme ça… » La chanson lui allait comme un gant.

DES DÉBUTS DANS LES CABARETS PARISIENS

Facétieux, fantaisiste, défenseur des pays du Sud, de l'Afrique en particulier, Pierre Vassiliu est mort le dimanche 17 août, à Sète, des suites d'une maladie de Parkinson. Il était âgé de 76 ans. Né le 23 octobre 1937 à Villecresnes (Val-de-Marne), il avait débuté, avant de promener sa moustache en bataille, dans les cabarets parisiens, notamment à l'Ecluse et à l'Echelle de Jacob. Fils d'un médecin d'origine roumaine et d'une Tourangelle, il développe une passion précoce pour le cheval. Jockey, il court à l'hippodrome du Tremblay, et devient le professeur d'équitation de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. Le duo comique lui met le pied à l'étrier (artistique).
Mais Pierre Vassiliu est bientôt expédié en Algérie, au service photographique des armées, vingt-neuf mois dans le Constantinois.
Démobilisé, il entre au Petit Conservatoire de Mireille. Il devient secrétaire d'Eddy Vartan, frère de Sylvie.
En 1962, il sort son premier album, qui inclut Armand (« C'était un pauv'gars qui s'appelait Armand, l'avait pas d'papa, l'avait pas d'maman »), un tube qui lui permet d'écumer les scènes françaises en première partie de Claude François, de Johnny Hallyday, de Sylvie Vartan, de Trini Lopez ou des Beatles. Le 45-tours comprend également un brûlot antimilitariste, J'ai l'honneur, et l'ironique La Femme du sergent, référence à l'autre guerre, celle d'Indochine. La chanson est, en plein conflit algérien, interdite sur les ondes de l'ORTF.

Suit une série de 45-tours à succès (Alice, Alain-Aline, La Famille tuyau de poêle) qui inscrivent Pierre Vassiliu dans la chanson comique grinçante, celle des Frères Jacques, de Ricet Barrier ou de Boby Lapointe.

DANS LA GRANDE VAGUE YÉYÉ

Il épouse Marie, avec qui il écrit, devient père d'une petite fille, Sophie. Les calembours et contrepèteries, la fausse candeur, plaisent. Vassiliu parvient à insérer dans la grande vague yéyé, à laquelle il appartient, des chansons de comique troupier, telle Charlotte, en 1963 (« Toc toc toc, qui qu'est là, qui qui frappe à ma porte, est-ce toi la Charlotte, est-ce toi ma bien aimée ? Oui c'est moi la Charlotte, je viens chercher ma culotte »). Il se moque aussi des idoles et du show business, écrivant avec Gérard Sire un célèbre Twist anti-yéyé.
En 1964, il signe la musique du film Une fille et des fusils, de Claude Lelouch, exercice auquel il se pliera pour une quinzaine de longs-métrages, comme La Fille d'en face, de Jean-Daniel Simon (1968), ou la série « La Duchesse d'Avila », de Philippe Ducrest (1973).
En 1970, il publie Amour, Amitié, album pop, aérien, conçu après la découverte de Crosby, Stills and Nash, empreint d'une nouvelle douceur familiale. Il s'installe à Apt, dans le Lubéron, et y crée un club de jazz, l'Usine, où les artistes sont payés en pourcentage de la recette. Bernard Lubat est de la partie, les happenings sont de règle. Venant à Paris uniquement à l'occasion de ses spectacles, Pierre Vassiliu promène ses humeurs contestataires sur la scène, parfois en compagnie de Dick Annegarn ou de Gilbert Montagné, et cultive sa passion du voyage. En 1974, l'album Attends vire à la critique sociale, exprimée sous couvert de tendresse, dont la chanson Un enfant est un exemple.

ALLERS-RETOURS AFRICAINS

En 1978, l'album Déménagement dévoile son compagnonnage amoureux avec Laura, sa revendication au droit à la paresse, et ses allers-retours africains. Ainsi, en 1984, la famille Vassiliu s'installe au Sénégal, en Casamance. C'est l'époque de l'essor de la world music, des Touré Kunda, originaires de Ziguinchor. Dans la lignée, Vassiliu publie Toucouleur en 1986, affirmation de son adhésion à une philosophie du bien-vivre africain. Il ouvre un restaurant-club à Dakar, et publie un manifeste, La Vie à ne rien faire (1989), avant de revenir en France, à Toulouse.
Depuis, il a régulièrement enregistré des albums, dont le délicieux La Vie ça va en 1993, où il évoquait la douceur africaine, mais aussi le sida, combattu par une démonstration érotique de la facilité d'usage des préservatifs (Nuits françaises), le fléau du paludisme (Nivaquine), sur fond de reggae et de kora sénégalaise. Il avait ensuite rendu hommage à Boby Lapointe, et participé en 2008 à la tournée « Age tendre et tête de bois ». Epicurien, spectateur critique du monde contemporain, Pierre Vassiliu, faux naïf et vrai musicien, avait toujours considéré le travail comme le plus sûr chemin vers la tombe.
Un chanteur voyageur et populaire
 
23 octobre 1937
Naissance à Villecresnes (Val-de-Marne).
1962
Sortie d'Armand, son premier album.
1964
Première bande originale de film (Une fille et des fusils).
1973
300 000 exemplaires vendus de Qui c'est celui-là ?
1984
Il s'installe au Sénégal.
1993
Album La vie ça va.
17 août 2014
Mort à Sète.

lundi 18 août 2014

La femme du sergent.wmv

Il est parti, celui-là...



Claude

Pour une fois, une page people... de la part de Claude.

Le « oui » secret de Jean Seberg et Romain Gary

M le magazine du Monde | • Mis à jour le | Par


Elle avait 24 ans, lui 49. Le 16 octobre 1963, l'actrice d'A bout de souffle épousait l'auteur de La Promesse de l'aube. Des noces en forme d'énigme qui résistent toujours aux biographes du couple suicidé.

2014081645.0.1392024233registre


C'ÉTAIT IL YA QUELQUES ANNÉES. Un Corse avisé m'avait parlé, presque en baissant la voix, du mariage de Jean Seberg et de Romain Gary, dans un village posé sur la route d'Ajaccio à Bastia. L'actrice américaine et le double Prix Goncourt. Les amants magnifiques, le couple suicidé. Mon informateur se souvenait que c'était en pleine semaine d'école, après la rentrée des classes et les vendanges catastrophiques de l'année 1963. Il se rappelait aussi que personne n'avait rien su de ces noces d'amour qui auraient dû faire la « une » de tous les magazines de France et d'Amérique, du mariage le plus secret entre la NRF et Hollywood. Il m'avait donné envie de monter à Sarrola.
Cet automne-là, il n'est pas encore le mystificateur Emile Ajar, Fosco Sinibaldi ou Shatan Bogat, mais déjà l'auteur couronné des Racines du ciel, ancien combattant des Forces françaises libres et compagnon de la Libération. Gary (« braise » en russe) a raccroché son blouson d'aviateur pour des costumes anglais de diplomate. Avec son profil au couteau de peintre, il est devenu le Méphistophélès du Quai d'Orsay, toujours fidèle à sa croix de Lorraine. Elle est la Cécile de Bonjour tristesse, dont Godard a remarqué la coupe garçonne et la manière gracieuse d'allumer sa cigarette ; il en fait une Patricia qui, dans A bout de souffle, troque la chemise d'homme et le pantalon corsaire de l'héroïne de Sagan pour un jean skinny et une marinière qu'elle porte sans soutien-gorge. . « Qu'est-ce que c'est, dégueulasse ? », demande-t-elle de ses yeux bleus grands ouverts aux spectateurs des salles obscures. Les filles abandonnent la choucroute de « BB » et demandent les mêmes cheveux ras que Seberg. Elle est l'icône des Cahiers du cinéma et de la Nouvelle vague.

Lorsque Romain Gary et Jean Seberg se rencontrent en 1960, elle vient d’être révélée par Godard dans A bout de souffle.

Ce sont deux exilés de l'intérieur que, le 16 octobre 1963, Sarrola accueille incognito dans le registre de sa mairie. Elle a 24 ans, lui 49. Son pays à elle est celui des plaines du Midwest, des familles puritaines WASP. Lui est né dans une Vilnius qui faisait encore partie de l'empire russe, trimballé par la guerre de l'Angleterre à l'Afrique, avant que sa carrière ne l'envoie en Bulgarie, en Bolivie et en Californie. Ils ont choisi la Corse. Des noces en forme d'énigme. « Peut-être le point équidistant entre leurs pays à chacun ? », avait demandé mon ami corse.

A PARIS, L'ENQUÊTE BREDOUILLE. Roger Grenier, membre du très select comité de Gallimard, a connu Camus et Ionesco, Cortazar et Blondin, Bachelard et Valery Larbaud. A l'occasion du centenaire de la naissance de Romain Gary, il vient de préfacer Le Sens de ma vie, transcription du dernier entretien accordé par son ami à Radio-Canada, quelques mois avant son suicide, en décembre 1980. « Le dernier état de son autobiographie », dit-il. Pas davantage de référence, pourtant, à ce mariage fantôme, que dans Au-delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable ou dans Chien blanc. « Je crains de ne pas pouvoir vous aider, soupire dans son bureau le vaillant éditeur de 94 ans. En 1963, je ne fréquentais pas Romain. Et il ne m'a jamais parlé de ces noces. »
Sous la pluie de livres consacrés à l'écrivain ou à l'actrice, quatorze mots résument en général la cérémonie : « Le mariage eut lieu le 16 octobre 1963 à Sarrola-Carcopino, en Corse. » Seule Myriam Anissimov, auteure de Romain Gary, le caméléon, monument biographique élevé en 2004 aux pieds de l'écrivain, détaille d'un paragraphe l'épisode mystérieux. « Le soir du mariage, ils dînèrent à l'hôtel Campo dell'Oro, près de l'aérogare, à vingt kilomètres du village, et repartirent le lendemain en bateau aussi discrètement qu'ils étaient arrivés. » C'est un établissement pour stewards, hôtesses, pilotes (comme Gary...) et joueurs de football en déplacement, coincé entre les pistes de l'aéroport, la route et la voie de chemin de fer. Depuis les balcons, on croirait que les avions se posent sur la mer, comme de gros goélands.

LE COUPLE S'EST CONNU TROIS ANS AVANT CE MARIAGE, À LOS ANGELES. Gary et sa femme, l'écrivain Lesley Blanch, recevaient au consulat de France la jeune actrice et son mari, François Moreuil, un avocat d'affaires plein d'ambition. A table, Mme Moreuil est timide et sublime dans sa robe en soie bleu nuit de Givenchy. Le consul général fanfaronne et joue les matamores, en ancien niçois qu'il fut. Vingt-quatre ans les séparent, leurs yeux ne se quittent pas. C'est love at first sight. « Vos mocassins sont superbes ! Permettez-vous que je les essaie ? » provoque Gary en baissant le regard vers les chaussures de Moreuil, qui s'exécute à la fois interdit et flatté. Quelques mois plus tard, Jean Seberg entame une procédure de divorce, qui aboutit en juin 1962, juste avant la naissance de Diego, cet enfant qu'ils ont tant désiré. Gary se sépare officiellement de son épouse britannique le 5 septembre 1963. Peu de temps avant le mariage incognito dans le village de la Basse-Gravone.
A l'hôtel Campo dell'Oro, les barmen se souviennent des tournois de bridge d'Omar Sharif, qui un soir d'ivresse avait offert sa montre de prix à l'un des leurs, mais pas de l'écrivain ni de l'actrice. Claudine Merli, la propriétaire de l'établissement, est formelle : « Dans le livre d'or, j'ai Brel, Brassens, Bécaud, mais pas Seberg et Gary. » Et pour cause : l'hôtel a été construit en 1969, soit six ans après le mariage. Avec ses biographes, Gary continue à jouer à cache-cache. Direction Sarrola, avec pour boussole une photo de la noce, cliché inédit confié par Diego Gary au Mercure de France pour un album consacré en avril 2014 à Jean Seberg, et qu'il a gentiment accepté de prêter à « M ».
Diego avait 1 an au moment du mariage. Dans mon sac, j'ai pris son livre, S ou L'espérance de vie. Le fils de Romain et de Jean a aujourd'hui 52 ans, et je me souviens de cette image bouleversante : visage fin, cheveux raides, plein de ce chagrin trop lourd pour ses 18 ans, l'orphelin se tenait seul derrière le cercueil de son père, dans la cour des Invalides, où la France rendait hommage au compagnon de la Libération. Sa naissance avait été cachée elle aussi, pour ne pas froisser les convenances d'Hollywood et du Quai d'Orsay. « Je revois nos petits déjeuners sur la place de Porto-Vecchio, derrière l'église où mes parents se sont mariés », écrit-il au détour d'une page. Deuxième fausse piste ? « C'est un roman », me rassure Roger Grenier au téléphone. Porto-Vecchio est à trois heures en voiture de Sarrola. Et, dans Le sens de ma vie, Gary explique qu'il n'a « jamais mis les pieds dans une église ».


ILS SONT SIX SUR LA PHOTO DE DIEGO. Au milieu, les nouveaux mariés, tels qu'on les devine par la grâce d'un bouquet de fortune. Jean porte un petit manteau blanc évasé - Dior, peut-être -, jeté sur une robe qu'on imagine trapèze, comme en raffolent les années 1960. Pas de voile. Pas de lunettes de star. En 1963, l'actrice a abandonné sa coupe culte pour la coiffure de Grace de Monaco. Depuis qu'ils vivent ensemble rue du Bac, à Paris, Romain a fait de sa Jean une ambassadrice de l'élégance française. Derrière eux, sur le cliché, un muret comme on en voit dans tous les villages corses, le posatoghju où l'on s'assied, à la tombée du jour, pour discuter. Il ressemble bien à celui de Sarrola, même s'il paraît plus bas sur la photo. « Nous l'avons rehaussé il y a cinq ans environ, pour le mettre en conformité avec les normes de sécurité en vigueur », rassure le jeune maire, Alexandre Sarrola, qui a succédé à son grand-père, Noël, au terme d'un mandat historique de soixante ans exactement. Son aïeul pose à la gauche de Jean Seberg, un poil plus petit que le mètre cinquante-six de l'actrice, sec comme un sarment de vigne. A sa droite, « le cousin François, qui faisait secrétaire de mairie », explique le chœur du village venu expertiser la photo témoin..
Ce 16  octobre 1963, à 14 h 30, « Natale » (Noël, en corse) était venu chercher le couple à l'aéroport, arrivé par l'une des deux ou trois caravelles hebdomadaires en provenance de Nice. Puis les a « montés » lui-même au village, dans sa traction, sur la route creusée de fondrières qui ne laissait passer qu'une voiture à la fois. Sans doute leur a-t-il fait faire le tour du village, comme tous les maires de Corse qui veulent convaincre que le leur est le plus beau. A 16 heures, sur la place déserte où trône le monument aux morts, monsieur le maire avait ouvert la salle des mariages au couple de stars, son écharpe tricolore ceinte autour de la taille comme toujours.
Martine Pieri a 86 ans et cinq filles. Depuis la mort de « Noël », c'est la seule, au village, qui se souvient de cette journée particulière. « J'étais avec mon pauvre mari et un vigneron dont on était montés voir la vigne. Seul un tiers du raisin avait pu être pressé, cette année-là, après une saison de chien. Devant la mairie, je dis : "Tiens, la voiture de monsieur le maire !" Mais, dans la mairie, Noël me fait signe avec les deux mains de ne pas entrer », mime-t-elle. Martine Pieri reste sur le muret pour voir sortir les mariés. « "Ce sont des Russes ?", je demande à Noël, car j'avais vu un jour un architecte russe qui ressemblait à ce marié que je ne trouvais pas très beau. "Ce sont des étrangers", a répondu Noël. Un peu plus tard, je découpe le morceau dans le journal qui raconte le mariage, j'avais la manie de découper ce qui se passait à Sarrola. "Regarde, Noël", je lui dis, "voilà la noce de tes étrangers". »

Ce n’est que le 23 octobre 1963, soit sept jours après sa célébration, que le mariage de Romain Gary et Jean Seberg est relaté dans Nice-Matin.

A la mairie, je retrouve l'article de Nice-Matin, plus un autre du Provençal, taillés avec les ciseaux de Martine. Ils portent la date du 23 octobre, une semaine après le mariage. Magie d'une époque sans smartphone, ni tweets, ni selfies : aucune photo de la noce ne les accompagne. « Romain Gary et Jean Seberg tels qu'on aurait pu les voir dans leur découverte d'un village pittoresque », clame la légende d'un cliché d'archives où le couple semble en croisière. Sept jours de retard, et pas d'illustr', comme on dit dans le métier. Jours de France, Paris-Match, tout le monde a raté le mariage de Jean Seberg et de Romain Gary. Même les paparazzis qui, cette année-là, ont empoisonné le tournage du Mépris, à Capri.
Seberg et Gary les redoutent plus encore que Bardot. En cet automne 1963, l'actrice américaine vient de participer, à Washington, à la grande marche pour les droits civiques des Noirs emmenée par Martin Luther King. Elle a aussi dîné avec son mari à la Maison Blanche, à l'invitation de John et Jackie Kennedy, mais elle dérange une Amérique paranoïaque qui - le FBI l'a avoué depuis - va comploter contre cette alliée des Black Panthers jusqu'à sa mort. Gary, de son côté, veut éviter de froisser son ex-femme, l'excentrique auteur des Sabres du paradis. Voilà pourquoi ils ont choisi la Corse. Et fait affaire avec un maire zitu e mutu, comme on dit sur l'île - taiseux et muet. Arrangeant, aussi. « Noël ne refusait rien à personne, sourit le sénateur Nicolas Alfonsi, son allié politique. Si on lui demandait un billet pour aller sur la Lune, il répondait : je vais réfléchir ». Cet automne-là, il accepte de ne pas publier les bans « Gary-Seberg » pendant le délai réglementaire, arguant d'une « urgence à procéder à mariage ».
L'académicien Jérôme Carcopino n'aurait-il pas pu recommander à l'écrivain ce village facile d'accès dont il est originaire ?, s'était interrogé Nice-Matin. « Pas du tout. Je n'ai pas vu l'académicien depuis son passage au village il y a deux ans », avait éludé Noël Sarrola. Marie-Jeanne Poggiale, dite Mijanou, a une autre idée. L'ancienne institutrice rappelle que Sarrola abritait un compagnon de la Libération, Joseph Casile. Prise de Tobrouk, bataille de Bir-Hakeim, campagne de Tunisie… Sa petite-fille, Sophie Emond-Gonzard, montée passer l'été au village, se souvient que son grand-père avait rencontré Romain Gary, qui voulait « écrire quelque chose sur les compagnons de la Libération ». Mais c'était bien après 1963.

IL FAUT REVENIR À LA PHOTO. Le couple à gauche, c'est Charles et Françoise Feuvrier, les témoins, qui se sont posés avec les futurs mariés à Ajaccio. Lui est général de division aérienne, ancien du groupe de bombardement Lorraine des FFL, comme Gary. Il est resté très proche de Charles de Gaulle. Sa signature et celle de son épouse, à droite sur l'acte de mariage, c'est un peu l'ombre tutélaire du Général sur les noces. Dans sa biographie, Anissimov écrit que Feuvrier, l'organisateur de la cérémonie, a bénéficié de la « complicité » de Sarrola car il était aussi un « ancien combattant de la France libre ». Dans le canton, tout le monde sait pourtant que l'ancien maire, radical de gauche rond et consensuel, n'a jamais prétendu à ce brevet de gloire. « Pendant la guerre il est resté au village sans faire grand-chose », confirme son ami Paul Leca, le maire de Valle-di-Mezzana, le village le plus proche. Si le général Feuvrier l'a connu, ce n'est pas à ce titre.

Le couple travaillera ensemble sur Les oiseaux vont mourir au Pérou, Le couple travaillera ensemble sur Les oiseaux vont mourir au Pérou, un film réalisé en 1968 par Gary, avant de divorcer en 1970.

On n'est jamais loin, avec Romain Gary, de ces réseaux brumeux forgés dans l'armée des ombres et les méandres des services secrets de la France libre, que ressuscite la Ve République naissante et dont la Corse va raffoler. Couvert de médailles, Feuvrier n'est pas un inconnu dans le monde militaire. Il n'y a d'ailleurs pas laissé que de bons souvenirs. Avant de devenir responsable du personnel de Peugeot, où la CGT se souvient encore de ses méthodes musclées, il fut directeur de la sécurité militaire de l'Etat, et chargé, à ce titre, de faire la guerre en Algérie, à l'OAS, en liaison avec Philippe Massoni. « On ne peut exclure que Massoni se soit occupé de l'affaire du mariage », réfléchit Jean-Charles Marchiani, un autre préfet corse. Joue-t-il les intermédiaires ? Le général Feuvrier appelle-t-il plutôt le préfet de Corse, Marcel Turon ? « Papa m'a toujours dit que le mariage de Gary s'était fait avec un préfet, raconte la fille du maire, Catherine Cerati-Sarrola, née en 1955.  Il était bien avec tous. »
« Je vous écrirai un petit mot quand vous pourrez en parler », avait lâché Gary à M. Sarrola avant de prendre congé. Mais, cinq jours plus tard, la presse parisienne finit par avoir vent de l'affaire. L'épicerie du village est assaillie d'appels. Des journalistes locaux viennent chercher monsieur le maire à la terrasse du Royal, son repaire ajaccien, et même jusque dans ses vignes. « Je ne suis au courant de rien... Je n'ai pas célébrrrré de marrrriage depuis août », commence par assurer l'édile, madré comme un paysan. Avant de se dédire d'une pirouette : « J'ai été beaucoup plus discret qu'une urne puisque j'ai tenu cinq jours ! » « Sarrola me donnait souvent des tuyaux, raconte Pascal Bontempi, à l'époque chef d'agence du Provençal et correspondant du Figaro dans l'île. Mais cette fois-là, il ne m'a rien dit. » « Il avait donné sa parole d'honneur à Romain Gary » sourit le journaliste ajaccien Constant Sbraggia, qui a cuisiné Sarrola, peu avant sa mort. Le maire était resté laconique, fidèle à son serment. « Il semblait obsédé par le jeune âge de la mariée », raconte Sbraggia. Et par l'humeur de son époux : « Gary ne parlait pas, ne souriait pas, semblant à peine concerné par l'événement. » Détaché. La photo des noces laisse d'ailleurs une drôle d'impression. Gary a passé un bras autour des épaules de Jean Seberg. Mais de l'autre main, bravache et potache, il mime avec deux doigts le V victorieux des libérateurs.

A l'aeroport d'Orly (Paris) : l'ecrivain Roman Kacew dit Romain Gary alias Emile Ajar avec sa femme Jean Seberg et leur fils Alexandre Diego ainsi que leur chien Sandy, le 14 decembre 1968


UNE AUTRE CHOSE AVAIT FRAPPÉ LE MAIRE : LE COUPLE SEMBLAIT PRESSÉ. Arrivés par la caravelle de Nice en début d'après-midi, ils avaient embarqué sur le Napoléon, qui levait l'ancre pour Nice à 19 h 30 le soir même. Quelques cabines, des transats sur le pont, et, à fond de cale, des légionnaires à képis blancs qu'on semblait vouloir cacher. C'est une opération commando, comme lorsqu'on épouse l'autre, aussi, pour le protéger. A l'époque, la France gaulliste est au plus mal avec les Etats-Unis. Elle cherche à sortir du commandement intégré de l'OTAN et à fermer les bases militaires américaines. Le registre en atteste, Jean Seberg ne dispose d'une autorisation de séjour sur le sol français que jusqu'à décembre 1963. Gary et Seberg mariés à Sarrola comme à Las Vegas ou à Reno ?
Dernier regard sur le registre de la mairie avant de quitter le village. Dans la marge, la mention du divorce en 1970. « Officier de la Légion d'honneur, compagnon de la Libération, croix de guerre 1939-1945, médaille de la Résistance... » Gary ne voudra pas de l'Académie française, en 1980, mais avait fait rajouter ses décorations sur le document, le jour du mariage : ces médailles-là, il les veut. Le « 3 » de 1963 a été raturé par la jolie écriture IIIe République de Noël Sarrola. Décidément... Jean Seberg est « domiciliée à Paris 108 rue du Bac », où elle s'était installée avant son mariage. Ce n'est pas l'adresse donnée par Romain Gary, découvre avec moi le maire stupéfait. Lui est noté « demeurant à Sarrola-Carcopino ». Si même l'acte de mariage est faux...
Avant de reprendre l'avion, je rends visite à l'Ajaccien Jérôme Camilly. Cet ancien enquêteur d'Antenne 2 a travaillé avec Gary sur une saga des compagnons de la Libération, un projet qui n'a jamais vu le jour, raconte-t-il dans Brève escale en Corse, un petit livre tout juste paru chez Colonna Edition. A lui aussi, Gary avait oublié de parler de son mariage en Corse. Une anecdote lui revient tout à coup. Etait-ce la fin juin 1979, juste avant que Jean Seberg ne soit retrouvée morte, enroulée dans une couverture, à l'arrière de sa voiture ? Ou au mois de juin 1980, quelques mois avant que Gary ne se tire une balle dans la bouche ? Rue du Bac, l'écrivain demande à Camilly où il va passer l'été. « En Corse, chez moi », répond le journaliste. « Je peux venir ? », demande Gary, qui réserve illico une chambre « avec vue sur la mer » au Sheraton Cap, dans le golfe d'Ajaccio. « Emmène-moi faire un tour », téléphone-t-il dès son arrivée à Camilly. « J'arrive avec ma vieille Renault 12, raconte l'Ajaccien. Romain s'assied à côté de moi - je ne l'ai jamais vu conduire. "Prends le rond-point... Reviens vers Ajaccio... Tourne à droite... Reprends par là..." Il m'indique la route à suivre, avec précision. » Les voilà, dix-sept ans plus tard, au village nuptial. Camilly s'était demandé pourquoi, ce jour-là, Gary s'extasiait tant devant ce « beau village ». Comme si, sur le chemin de Sarrola, l'écrivain qui inventait ses vies avait voulu éprouver ses sentiments - leur part d'imposture, et de vérité. Ou simplement vérifier qu'il n'avait pas rêvé.




dimanche 17 août 2014

...Les générations se succèdent et passent
Comme dans la forêt les feuilles...




HOMERE (Traduction Marguerite Yourcenar)

vendredi 15 août 2014

La photo du samedi

Laissons aux chevaux sauvages les vertes prairies du
Wyoming et voyons un peu ce qui se passe en Thymerais au 15 août:




Bounty et ses copains saluent AMARTIA et ses chasseurs d'images

Lire et relire...

Voyez comme ça se trouve: une blogamie revient du Grand Ouest Sauvage, ses indiens, ses bisons,  ses vertes prairies où galopent des chevaux encore indomptés. Et, admirez la coïncidence , il m'échoit il y a peu un de ces livres dont ne veulent plus les bibliothèques et qui ont coutume de se réfugier chez moi. Un livre destiné aux jeunes et que je n'avais jamais lu et pourtant... des histoires d'animaux, j'en ai dévoré!
Parce que nous autres enfants des Trente Glorieuse, si nous avions à leur début la télévision(et c'était encore rarement le cas), elle n'avait en tout cas qu'une seule chaîne et encore... en noir et blanc. L'ordinateur domestique et internet n'existaient pas et encore moins les jeux vidéo....
 Aussi pour meubler les longues soirées d'hiver et les jours maussades des vacances n'avions nous que des livres. De ces livres, enfants qui me liriez par hasard, vous feraient flipper: plus de 300 pages d'une police serrée, pratiquement pas d'images mais nous y arrivions et plus étonnant encore, nous aimions ça !
Et dans ces volumes dont la seule vue vous fait bailler, j'ai découvert et suivi les aventures de Michael chien de cirque et de son frère Jerry (dans l'île) du petit Jody et de son faon et surtout de Lassie la Fidèle, dont par fidélité personnelle j'ai un exemplaire assez remuant à la maison. Des livres arrosés de larmes abondantes qui ont enchanté mes jeudis et mes vacances.  Que vaudraient d'ailleurs ces histoires si un drame atroce ne les sous-tendait et dont la fin heureuse nous rendait béats de bonheur.
Eh bien, vous me croirez si vous voulez, mais de toutes ces histoires dont la liste ci-dessus est loin d'être exhaustive, il en est une qui m'avait échappé, c'est celle de Flicka. Flicka la sauvage, l'indomptée que ses origines et son fichu caractère mènent au bord du gouffre.
Le manque est comblé et je ne saurais trop vous engager vous les grands à vous pencher sur son destin et à l'offrir aux plus jeunes.
Presque tous aiment les chevaux et rêvent d'en avoir un à eux; voilà une bonne occasion de les inciter à alterner écran et papier imprimé. Qui plus est, le caractère des chevaux,  leurs réactions, le débourrage (la bonne et la mauvaise méthode),le métier d'éleveur avec ses aléas et sa rigueur qui parfois choquent ceux qui n'en savent rien, tout est parfaitement décrit...
Flicka galope à jamais dans les vertes prairies du Wyoming; profitez de cet été au climat douteux pour aller la rejoindre...

jeudi 14 août 2014

Wikipédia compte ses fans et s'interroge sur son modèle


La conférence annuelle " Wikimania " se déroule à Londres jusqu'au 10 août
Londres Correspondance

Commentaire de Claude : "D'ores et déjà, le site WikiMedia Commons mérite une visite "
 Jimmy Walesz, cogondateur de Wikipedia, le 6 août, à Londres 
Il règne ces jours-ci une ambiance de start-up dans le centre de spectacles du Barbican, à Londres. La grande réunion annuelle de Wikipédia, surnommée " Wikimania ", s'y déroule jusqu'au dimanche 10 août.
On y croise des jeunes gens en short, certains assis par terre en tailleur, prenant des notes sur leur ordinateur portable, tandis que des volontaires aux tee-shirts rouge vif orientent les participants du mieux qu'ils le peuvent.
Contrairement à d'autres interfaces à succès de la Toile, l'encyclopédie collaborative a de bonnes raisons d'avoir conservé l'ambiance bon enfant de ses débuts. Wikipédia a beau être le cinquième site mondial en termes de fréquentation, il reste dirigé par une petite association à but non lucratif – la Wikimedia Foundation –, qui emploie à peine deux cents personnes, dont neuf en France.

C'est très peu, pour une plate-forme qui compile 9 milliards de pages vues par mois et 4,5 millions d'articles dans sa version anglaise (respectivement 850 millions et 1,5 million pour le site français).
Le financement dépend presque exclusivement de donations – en 2013, 52 millions de dollars (39 millions d'euros).

Le contenu de l'encyclopédie en ligne est réalisé par des milliers de volontaires. L'idée, qui pouvait paraître hasardeuse à son lancement en 2001, a fait ses preuves. La qualité des articles est plutôt bonne : en 2012, une étude de l'université britannique d'Oxford a conclu qu'il y a moins d'erreurs dans Wikipédia que dans l'Encyclopaedia Britannica, et que les sources y sont plus clairement citées.

Ce succès est dû à des contributeurs comme le Québécois Benoît Rochon. Il a commencé en 2003 parce qu'il estimait qu'il n'y avait pas assez d'articles en français sur la Belle Province. La fiabilité  de Wikipédia ? Il la met sur le compte de la publication systématique des sources, et sur les débats parfois virulents entre contributeurs.

Ce fut le cas, le 11 mars 2011, lors du séisme japonais à l'origine de l'accident nucléaire de Fukushima. Quelques minutes après l'annonce du tsunami – à 3 heures du matin, heure de Montréal –, M. Rochon était devant son ordinateur. Il a aussitôt commencé à apporter des informations parcellaires sur le tremblement de terre.

Il se souvient que " d'autres internautes essayaient de mettre la magnitude du séisme dans l'article. J'ai passé une partie de la nuit à surveiller ces modifications, en demandant que la source soit précisée. " A 7 heures du matin, quand le New York Times a publié cette donnée, il a alors accepté de la mettre sur Wikipédia.

Mais les contributeurs comme M. Rochon se font rares. Depuis 2007, leur nombre a presque été divisé par deux. Au dernier pointage, il en reste 33 000 " actifs " (plus de cinq contributions par mois) pour l'ensemble du monde anglophone, une communauté pas si grande que cela. Côté français, on observe le même tarissement depuis un an.

L'ONG qui entend apporter la connaissance gratuitement au monde entier est-elle en train de perdre son carburant ? Dans un entretien au Monde, Jimmy Wales, cofondateur de l'encyclopédie, relativise. " Wikipédia est très exhaustif maintenant, et il n'y a plus d'articles faciles à écrire. Vous ne pouvez plus être le premier à écrire  : “l'Afrique est un continent.” "
Loin d'être complaisant, M. Wales reconnaît cependant son appréhension. " Je m'inquiète, certes, mais pas du nombre décroissant de contributeurs. Je me demande si les gens s'amusent encore au sein de cette communauté, si c'est encore intéressant… "
Le déclin est d'ailleurs tout relatif. Les contributions continuent à grandir dans d'autres langues, et la fréquentation du site est plus importante que jamais. Quant aux donations, elles augmentent chaque année. Enfin, cette année, la conférence rassemble près de 2 000 délégués, un record.

Surtout, Wikipédia n'est aujourd'hui que la partie émergée de l'iceberg. La Wikimedia Foundation mène en effet de très nombreux autres projets, qui ont tous la possibilité d'être aussi révolutionnaires que l'encyclopédie.
Il y a Wiktionary – le dictionnaire en ligne –, WikiVoyage – un guide touristique gratuit et ouvert à tous couvrant le monde entier –, ou encore WikiBooks, une bibliothèque de textes pédagogiques…

L'un des projets les plus prometteurs est WikiMedia Commons. C'est une gigantesque base de données de photos, de vidéos et de sons libres de droits. Avec 22 millions de fichiers, on y trouve des clichés de toutes sortes, utilisables gratuitement. Pour l'alimenter, l'association finance des projets parfois étonnants. En France, elle a ainsi aidé un groupe de volontaires à prendre des photos de l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris… depuis des drones.
L'ONG propose aussi d'envoyer sur des événements sportifs des photographes amateurs, tous frais payés. Elle prête le matériel, fournit une formation, et récolte ensuite les images libres de droits. Le Critérium du Dauphiné et le Marathon de Paris ont déjà été couverts par ce biais ; le Tour de France pourrait l'être aussi en 2015.

Certains concepts échouent. Sur WikiNews, qui devait réunir des articles gratuits de type journalistique, les contributions sont rares. Mais c'est la nature même d'une association comme la Wikimedia Foundation : elle dépend de l'engouement suscité et de la bonne volonté de groupes de passionnés.

Pour se convaincre que ceux-là sont encore nombreux, il suffit de parler à Ed Saperia, qui a organisé la conférence cette année. Depuis un an, il a mis sur pied bénévolement cet énorme défi logistique. Sa motivation ? Il la donne avec des étoiles dans les yeux : " C'est incroyable que les gens prennent Wikipédia comme une évidence. C'est un projet fantastique, l'équivalent de l'invention de l'électricité : plus personne ne peut s'en passer. C'est l'énergie à la base de tout. "

Avec des volontaires comme Ed Saperia, la plus grande encyclopédie a sans doute encore de beaux jours devant elle.

               Eric Albert pour Le Monde du 10 août 2014



mercredi 13 août 2014




Ulysse méditait devant la mer déserte.....

HOMERE (traduction Marguerite Yourcenar)