A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: rvcontes et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.


Aimer sans illusions, militer sans joie,ces choses-là sont banales et il faut en conclure qu'aimer et croire sont loin d'aller toujours de pair.

Michel LEIRIS (1901-1990), Fibrilles

samedi 19 avril 2014

vendredi 18 avril 2014

Fragments du Narcisse


Heureux vos corps fondus. Eaux planes et profondes!
Je suis seul!... Si les dieux, les échos et les ondes
Et si tant de soupirs permettent qu'on le soit!
Seul!... mais encore celui qui s'approche de soi
Quand il s'approche aux bords que bénit ce feuillage...

Des cimes, l'air déjà cesse le pur pillage;
La voix des sources change et me parle du soir;
Un grand calme m'écoute où j'écoute l'espoir.
J'entends l'herbe des nuits croître dans l'ombre sainte
Et la lune perfide élève son miroir
Jusque dans les secrets de la fontaine éteinte...
Jusque dans les secrets que je crains de savoir
Jusque dans les replis de l'amour de soi-même,
Rien ne peut échapper au silence du soir...
La nuit vient sur ma chair lui souffler que je l'aime.
Sa voix fraîche à mes voeux tremble de consentir;
A peine, dans la brise, elle semble mentir, 
Tnt le frémissement de son temple tacite
Conspire au spacieux silence d'un tel site.

Ô douceur de survivre à la force du jour,
Quand elle se retire enfin rose d'amour,
Encore un peu brûlante, et lasse, mais comblée,
Et de tant de trésors tendrement accablée
Par de tels souvenirs qu'ils empourprent sa mort
Et qu'ils la font heureuse agenouiller dans l'or,
Puis s'éteindre, se fondre, et perdre sa vendange,
Et s'éteindre en un songe en qui le soir se change.
Quelle perte en soi-même offre un si calme lieu!
L'âme, jusqu'à périr, s'y penche pour un Dieu
Qu'elle demande à l'onde, onde déserte , et digne
Sur son lustre, du lisse effacement d'un cygne.

VALERY

Nana Mouskouri - Un beau matin à la fraîche

jeudi 17 avril 2014

L'Henriette



Pendant longtemps, je me suis demandé comment faisait ma tante Henriette, que personne n’avait jamais vue en peignoir et encore moins en tenue de nuit pour s’habiller et faire sa toilette.
Pour le popo, c’était facile à deviner : comme tout le monde, dans l’étable, entre deux vaches. Mais la toilette…si matinal que fut notre lever, on la trouvait dans la cuisine, préparant le café, tranchant le pain, ouvrant des pots de confiture. Elle était habillée, le chignon solidement amarré,  dans cette cuisine de ferme belfortaine, nichée au fond du couloir à la porte toujours ouverte sur la rue. Personne ne manquait d’entrer pour dire bonjour à l’Henriette…
En ces temps reculés où nulle série étrangère n’influençait les noms de baptême, les Charles, les Louis et Louise, Henri et Henriette étaient nombreux ; chaque famille en comptait au moins un .C’est  pourquoi on disait vot’Louis,  vot’ Henriette  ou not’ Gustave, not’Célina. Ainsi on savait à quelle famille appartenait celui ou celle qui était cité. Mais elle, elle était « L’Henriette » ; une Henriette communale en quelque sorte. A quel exploit, quel acte de bravoure devait-elle cette adoption générale ?  On ne le saura pas. Ni elle, ni ceux de sa génération n’aimaient à parler d’eux-mêmes et nous autres enfants acceptaient La Tante (son autre qualificatif) pour ce qu’elle était : la maîtresse incontestée et bienveillante de ce foyer. Jamais triste, jamais malade, toujours attentive, forte sans brutalité, peu dispensatrice de câlins ni de baisers. Pourtant avec elle, on était bien, on ne s’ennuyait jamais ; ce qui aurait pu être ressenti comme une corvée devenait une occupation  pleine d’intérêt. Qu’il s’agisse de cueillir des haricots, de mettre au tonneau les poires de moisson, d’aller au pré chercher les vaches, de ramasser les œufs dans un petit panier rond… J’avais des sabots de bois à ma taille, et des outils de jardinage aussi, à ma mesure… C’était tout ça, La Tante, L’Henriette !
Et il a fallu que j’arrive près de l’âge qu’elle avait au temps de ces beaux étés pour que je découvre son secret.  Si on veut être disponible, prête à répondre à tous sans pour autant laisser découvrir son intimité, c’est tout simple : se lever une grande heure avant tout le monde.

Louis Armstrong - Sometimes I Feel Like A Motherless Child

mercredi 16 avril 2014

Un cadeau pour la Maîtresse...

L'ami Jean...

"L'innocente beauté des jardins et des jours
Allait faire à jamais le charme de ma vie!"


Gracieuse profession de foi qu'on a envie d'adopter. C'est celle du plus illustre enfant de Château-Thierry. Un enfant si sérieux qu'il eut le désir d'entrer dans les ordres. Mais le bref séjour que fit le jeune La Fontaine- puisque c'est de lui que nous parlons- à l'Oratoire lui fit comprendre qu'à 20 ans, il est bien difficile de renoncer aux plaisirs de la vie et aux amis.
Fils peu contestataire, il épouse sans enthousiasme , mais pour ne pas contrarier son père. Un jeune fille  de 11 ans sa cadette et dont il n'est pas épris. La séparation aura lieu en 1671. 
Un autre désir de son père, mais qui lui convenait mieux était qu'il prit le poste officiel de contrôleur des eaux et forêts. Un poste selon ses goûts qui lui donnait la douce obligation de se promener et d'observer la nature.
En 1658, Jean de La Fontaine est présenté à Fouquet. Le voici pour son plus grand bonheur, poète à gage du surintendant. Vaux-le-Vicomte est un paradis baroque conforme à ses gôuts; il y rencontre de nombreux artistes et hommes de grand talent et devint l'ami de Le Nôtre. Bonheur fragile: en 1661, Fouquet est arrêté. Le si léger poète fait montre d'une rare fidélité envers le disgracié. L'Elégie aux Nymphes de Vaux est un plaidoyer en faveur de son ex protecteur:

Remplissez l'air de cris en vos grottes profondes;
Pleurez, Nymphes de Vaux, faites croître vos ondes....
... Oronte est à présent un objet de clémence;
S'il a cru les conseils d'une aveugle puissance,
Il est assez puni par son sort rigoureux;
E c'est être innocent que d'être malheureux.

Il va sans dire que cette démarche déplut au monarque. Mais de cette disgrâce, La Fontaine se soucia peu. Libertin au vrai sens du terme, il n'avait que faire des plaisirs officiels et ruineux qui se dispensaient à Versailles.
Il lui fallait néanmoins gagner sa vie; il entra dans la maison de la duchesse d'Orléans comme gentilhomme servant. Une sinécure qui se prolongea neuf ans. Neuf années qui lui permirent de composer les Contes, les Amours de Psyché et Cupidon et bien entendu les Fables. Il est désormais célèbre. 
Il passe de la duchesse d'Orléans à la plus exquise des femmes savantes, madame de la Sablière avec qui il noue une amitié qui durera douze ans. C'est chez elle qu'il finira ses fables, un "Carnaval des Animaux" qui dresse le  portrait sans concessions des personnages de son temps.
On connaît La Fontaine pour un épicurien, un galant toujours vert amoureux des femmes autant que de la nature; mais il est aussi un moraliste, un subtil analyste de l'âme humaine, un homme de principe qui n'hésite pas à lutter pour ses idées. Ainsi vers la fin du siècle éclate la Querelle des Anciens et des Modernes. Un combat ou les armes étaient plus souvent des épigrammes que des épées. Tenants des Anciens: Boileau, Racine, La Bruyère et La Fontaine qui soutenaient que toute création devait passer au crible des auteurs antiques. Tous étaient passionnés de poèsie grecque qu'ils traduisaient à longueur de temps.
Les Modernes ne juraient que par la Science, le Progrès, l'expérience et un style nouveau. Ils étaient menés par Charles Perrault qui paradoxalement remit au goût du jour les "Contes de Bonnes Femmes" qui sont encore les plus connus à l'heure actuelle. C'est ainsi que le temps a réconcilié les adversaires: le Loup et l'Agneau, le Corbeau et le Renard, la Cigale et la Fourmi, font bon ménage dans nos mémoires avec Cendrillon, Peau d'Âne et le Chat Botté.


Gilbert Bécaud - l'absent

mardi 15 avril 2014

Claude a ...

...visité hier
le nouveau zoo de Vincennes.

L'ours russe

était très agressif,



l'aigle d'Amérique

et les faucons
bien cachés,



mais ça fait tout de même du bien
de s'évader de l'actualité.




Cet enfant que je t'avais fait (B Fontaine/ J Higelin)

lundi 14 avril 2014

Le fil de Sophie



Je ne suis pas certaine de mes sources, mais néanmoins, le conseil est bon:

"Ne parlez jamais de vous, ni en bien car on ne vous croirait pas, ni en mal car on ne vous croirait que trop. L'homme parfait parle peu. le silence est un ami qui ne trahit jamais."
CONFUCIUS???

dimanche 13 avril 2014

Léo Ferré - Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (Version rare, live ave...

De l'eau dans le gaz....


Poutine menace de priver
l'Ukraine de gaz,
car elle ne peut pas payer.
Indignation unanime
de l'Europe
devant le risque de coupure.
Que les 300 000 français
dans cette situation
apprennent vite l'ukrainien.
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Tout est affaire de décor
changer de lit
changer de corps……

C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien

Est-ce ainsi que les hommes vivent …..

Louis Aragon