A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

lundi 12 octobre 2020

Voyage immobile

 

La grande mer 

A rompu mes amarres 

Elle m'emporte 

Comme la semence dans la grande rivière 

La terre et les tempêtes 

Me transportent 

M'ont entraînée au loin 

M'animant d'une joie profonde.

 

 

Uvavnuk -

 

vendredi 9 octobre 2020

Mystères historiques

 

Avec les moyens scientifiques modernes, on a déjà résolu certaines énigmes historiques. On sait désormais que Louis XVII est bien mort dans la prison du Temple et que ceux qui sont apparus sous son nom étaient des imposteurs.

Mais quand il n'y plus de traces matérielles?
Par exemple on ne sait pas qui était vraiment Jeanne d'Arc. Est-il vraisemblable qu’une jeune fille de 18 ans qui jusque-là menait une vie tranquille dans la campagne lorraine puisse traverser la France à cheval et vêtue d’une armure. Bon d’accord elle ne la portait probablement pas tous les jours mais quand même quand on y pense c’est un peu compliqué à admettre. Etait-elle une demi- soeur de Charles VII, depuis longtemps formée au rôle qu’elle aurait à jouer ? L’a-t-il abandonnée au bûcher de Rouen ? Ou bien dans la fumée lui a-t-on substitué un cadavre. Elle aurait ensuite vécu à Orléans et même eu des enfants.
Et quid du frère jumeau de Louis XIV ? Etait-il le Masque de Fer- qui n'était pas de fer, d’ailleurs mais de cuir recouvert de velours- Ce frère jumeau a-t-il ou n'a-t-il pas existé et si oui, a-t-il régné à la place de Louis Dieudonné mort d'une fièvre maligne ? Le changement radical de caractère et de comportement du roi à cette époque pourrait s'expliquer ainsi. Louis XIV au moment de l'affaire des poisons a brûlé nombre d'archives déplaisantes. Etait-il le fils de son père ou de Mazarin?

Dans de domaine, les élucubrations ont autant de vraisemblance que les versions officielles qui semblent parfois en manquer. Et quels beaux sujets de romans….



vendredi 15 mai 2020

Réveil


Le matin, ce sont les merles qui sonnent le réveil. En haut parce qu’en bas, avec le double vitrage on ne les entend plus. En tout cas ça ne donne guère envie d’écouter les mauvaises nouvelles du monde tant il semblerait que rien d’heureux n’arrive sur cette planète. Aussi pour faire suite aux merles, à l’heure du thé et des tartines, j’ouvre France Musique.
Seulement voilà, depuis quelque temps les programmes du matin baignent dans la morosité ambiante. Aujourd’hui particulièrement où au bout de quelques mesures j’ai identifié Le Requiem. Alors la Folle du Logis s’est mise à pédaler dans ma tête. Ciel ! qu’est-il donc arrivé ? Qui est mort ?

Alors tandis que la bouilloire chantait, j’ai pris les nouvelles sur mon portable… Et non, rien de pire que d’habitude. Mais franchement, est-ce une façon de mettre en marche les gens ? Mozart n’a-t-il rien composé de plus gai ?

Messieurs les programmateurs réfléchissez un peu : qui a besoin de commencer la journée avec un Requiem  fût-il le plus beau de tous ?

lundi 20 avril 2020

Le chat et le merle


Les merles sifflent à cœur joie et sautillent de trilles en roulades. Le jeune Mimile tapi dans l’herbe les observe ; ce sont de beaux jouets, il voudrait bien en attraper un mais le merle est malin. Il anticipe le bond du petit fauve et va le narguer sur une branche basse du noisetier. Mimile saute, le merle saute aussi plus haut. Mimile grimpe sur les branches de plus en plus frêles et je me souviens de Pompon.

Pompon je ne l’ai pas connu mais il fut un des ces chats légendaires dont les familles gardent la mémoire. Il était noir et très poilu. Les gens du quartier l’avaient surnommé le « Chat en Culottes de Golf ». Il avait coutume de somnoler sur le rebord de la fenêtre de la cuisine. Si je n’ai pas connu Pompon, j’ai bien connu les lieux.

Donc Pompon dormait au soleil, comme dorment les chats avec vigilance. Un merle, toujours le même venait lui siffler aux oreilles,  perché sur la rambarde de la fenêtre. Pompon frémissait des moustaches, dressait les oreilles mais avant qu’il ait pu ouvrir les yeux, le merle avait sauté sur le mur qui séparait notre jardin de celui des voisins, à peine un mètre plus bas. Pompon bien réveillé ajustait un bond mais avant qu’il ait atterri, le merle avait reculé. Alors, le merle sautant et le chat rampant les deux progressaient jusqu’à un érable au feuillage panaché jaune et vert. Oui l’arbre, je l’ai connu. Un arbre vit plus longtemps qu’un chat.

Et là commençait une lente progression de branche en branche vers les hauteurs jusqu’au moment où le chat, prédateur oubliant toute prudence et son poids qui était m’a-t-on raconté respectable pour un chat, atteignait les branches trop minces et dégringolait jusqu’au pied de l’arbre tandis que le merle s’envolait en sifflant un air de victoire.

mardi 25 juin 2019

Violence

Sur l'espace d'un ami, je découvre qu'il existe une sorte de baromètre de la violence "envers les femmes". C'est sans nul doute fort utile mais la violence est reversible. Il existe des hommes battus ou martyrisés moralement; il en existe aussi qu'on prive du droit de voir leurs enfants sans aucune cause légitime autre que l'acrimonie d'une ex épouse.
Alors si les femmes veulent l'équité et elles ont bien raison qu'elles prennent garde à l'injustice et qu'elles apprennent à régler leurs comptes ailleurs que dans les médias.
J'ai coutume de dire que je suis féministe depuis mon arrière grand-mère. Dans ma famille les hommes ont brillé par leur absence, qu'ils en aient été ou non responsables et les femmes ont du vivre et élever leurs enfants seules et fort bien, sans les droits qui ont été acquis depuis.
En moins d'un siècle, nous les femmes avons eu le droit de vote, de disposer d'un compte en banque , d'exercer un métier sans l'accord du conjoint . Ces deux derniers droits, ma mère ne les avait pas... mais elle a su

Bonne et heureuse Nouvelle Année!


Non, non, je n'ai pas fumé la pelouse. C'est juste que; alors que nous allons le 21 fêter la Saint Jean , la nuit la plus longue de l'année, les Amérindiens du Nord avec un grand bon sens ont constaté qu'à partir de cette date les jours raccourcissent et en conséquence , c'est le dernier jour de l'année.
Nous entrerons dès le 22, dans la Lune de la Grande Force du Soleil avec pour totem le Chevreuil...
Marchons dans l'Harmonie...

Philosophie du soir...



Le Bouddha que j’aime : hilare, le bedon rebondi, il danse joyeux ! Il me fait penser à Silène le … tiens c’est étrange, il n’y a pas de masculin pour nounou… donc, de Dionysos : deux joyeux drilles…
Pas comme l’autre les yeux baissés, un doigt levé réprobateur et indulgent parce que m’asseoir comme lui me fait mal aux genoux, mal au dos. Il me fait penser à ce Nablement qui a égratigné mon enfance parce qu’il faisait tout bien et pas moi : tiens-toi comme Nablement, parle comme Nablement, marche comme Nablement, mange comme Nablement !
Qui était donc ce Nablement si parfait ? On répondait à cette question dans le meilleur cas par le sarcasme : comment peut-on être si cruche ?... soit par la punition pour insolence : « et en plus tu te fous de nous ? »
Faute d’avoir rencontré Nablement, j’ai fait comme j’ai pu avec un arrière- ressenti de culpabilité permanente qu’une éducation plus ou moins catholique n’a pas atténuée…
Les pensées orientales m’ont attirée, mais là encore tout un tas d’interdits m’ont gâché la vie. Pourquoi la spiritualité doit-elle s’accompagner de privations de toutes natures ?
Pourquoi faut-il méditer dans certaines positions, à certains moments ? Tout comme Mr le Curé qui prétendait nous faire prier le dimanche à 10 heures dans une église sombre alors que le soleil brille dehors ? Mais le Sacré est partout, et à toute heure : le jour, la nuit, en été en hiver… dès qu’on est disponible, il se montre.
A présent, même la vie quotidienne est semée d’interdits. Tout ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour sauver la planète ! Respirer même pollue et péter, je n’en parle pas… Ca de toute façon c’est interdit en société quelles que soient les chapelles.
Ne plus manger ci mais plutôt ça, un vrai casse-tête en cuisine sans compter le déchirement quand on réalise que ce saucisson qui fait tant envie fut il y a peu un charmant cochon ! Et quand on a une fois et même plusieurs (toujours ce sentiment de n’en pas faire assez) tenté de cuisiner et manger du tofu,on se dit qu’après tout l’Enfer est bien chauffé et que ce n’est pas pour toute suite.
Alors, sur le chemin de la perdition, on rencontre ce joyeux Bouddha qui danse, on réalise que la vie peut encore être belle et on poursuit le chemin avec ce chant de guérison des amérindiens Navajo :
Avec la beauté devant moi, je marche.
Avec la beauté derrière moi, je marche.
Avec la beauté au-dessus de moi, je marche.
Avec la beauté tout autour de moi, je marche

dimanche 21 avril 2019

Le Vautour de la Sierrra (6)

Une fois de plus, don Quebranta dévisagea l’Anglais, dont ses yeux perçants fouillèrent les prunelles.
Sir Gevil soutint le regard, froidement, sans crainte ni curiosité.
Le Quebranta avait vu tant de loques humaines trembler sous cet examen, que la sérénité de sir Gevil finit par l’intéresser.
Son œil s’adoucit et il reprit après une pause :
- Jamais je ne suis revenu sur ce que j’ai dit… Je m’en fais gloire. Je vous laisserai écrire à tous ceux qui s’intéressent à vous et dès que j’aurai reçu votre rançon, vous serez libre.
- Si vous voulez de l’argent, il me faut du temps, répondit sir Gevil. Je n’ai que ma pension, je vous ‘ai dit… Tout ce que je puis faire, c’est de demander à mon paus de l’échanger contre un capital…
- Cela arrange tout et votre gouvernement paiera, dit le Quebranta visiblement satisfait. L’Angleterre se ferait scrupule de perdre un de ses bons serviteurs.
- Un gouvernement se soucie d’un retraité comme vous d’un vieux vêtement. Mais qu’importe ! Si je suis ici, c’est par ma faute. J’étais prévenu et j’accepte les conséquences de ma maladresse.
-Dirons-nous cent mille francs ? interrogea don Quebranta comme pour attendre le marchandage du prisonnier.
-Oui, et restons-en là, dit l’Anglais d’un ton qui arrêtait toute discussion. Mais je crains fort que vous ne voyiez jamais cette somme. On calculera la durée probable de ma vie et le chiffre que vous fixez ne sera pas atteint. Vous en aurez peut-être les trois quarts.
-J’espère pour vous, dit l’Espagnol en martelant ses mots, j’espère, sir Gevil, que j’aurai tout. Ma désillusion aurait de graves conséquences… de redoutables conséquences.
L’Anglais ne dit pas un mot, ne fit pas un geste, laissant entendre que l’entretien devait se terminer. Don Quebranta se dressa alors, salua d’un coup de tête et rentra brusquement dans sa caverne.
Resté seul, Gevil Haye réfléchit un moment ; puis il écrivit au consul anglais de Malaga qui l’avait si bien mis en garde contre le tourisme dans la Sierra et il lui conta l’aventure.
« Proposez la combinaison que j’ai offerte, disait-il, et pressez les choses. J’espère vous revoir et vous serrer la main. »
Il cacheta sa lettre et attendit en rêvant.
Il s’était assis au seuil de la caverne et son regard perdu vers le lointain, suivait la molle ondulation des sapins qu’agitait la brise du soir.
Sir Gevil souhaitait autre chose que d’attendre le problématique résultat de sa démarche auprès du gouvernement anglais.
Il était dans la souricière, comment en sortir ?
Il songeait, non sans amertume, qu’il était faible, maintenant,  et que ses années d’action étaient passées… Son cerveau pensait et combinait avec la même puissance qu’autrefois ; mais il savait que pour un effort physique ses forces le trahiraient… Dure épreuve pour un homme de valeur, quand le corps trahit l’esprit !
Sir Gevil sentait son âme se révolter sourdement contre cette inéluctable impuissance. Il savair son cœur désormais incapable d’aimer ou de haïr et il connaissait encore l’angoisse des longs renoncements et des regrets impérissables.

mardi 16 avril 2019

Incendie


Voir la cathédrale en flammes et la flèche embrasée s’écrouler c’est une catastrophe qui bouleverse, qui sidère et pourtant … plus le malheur est grand moins il faut s’y complaire…
Dans la pensée des indiens Navajo, tout mal, toute maladie, toute douleur, toute destruction est une rupture de l’ « hozro », l’harmonie universelle à laquelle nous participons, dans laquelle nous baignons, qui nous fait vivre. Et quand cette harmonie est détruite, endommagée, il est urgent de la rétablir. Plus urgent que de trouver et punir qui est coupable de cette rupture.
Devant ce symbole de notre culture pas seulement chrétienne puisque la figure de la Vierge Marie est ce que nous avons fait des anciennes divinités représentant la terre nourricière. Le voile bleu et les épis de blé sont aussi les attributs de Déméter. Ne serait-ce pas cette Terre que nous maltraitons tant que nous avons vu brûler hier au soir ? Incendie qui frappe comme un avertissement ? Un avertissement indulgent puisqu’ il n’y a eu aucun mort et un seul blessé chez ceux qui se sont portés à son secours… indulgent car la cathédrale n’est pas détruite et elle pourra être réparée.
Elle sera réparée et aussi l’harmonie car on voit que nos responsables loin de chercher un coupable ne parlent que des moyens de restaurer Notre-Dame. On voit alors se profiler des chantiers, des emplois, des artisans, des artistes, tous unis pour travailler en beauté. L’argent  des plus modestes viendra grossir le fleuve de celui offert spontanément par les très riches.
Puisse cet incendie réchauffer les cœurs que notre civilisation pousse à l’indifférence aux autres. Alors on comprendra pourquoi il est bon de prier Notre-Dame.


Illustration : Céres par Simon Vouet