A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: rvcontes et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.


Si j'étais seul au monde, je me porterais à merveille; mais il y a les autres.

Paul MORAND (1888-1976), L'Homme pressé.

mardi 29 juillet 2014

Et chez vous, ça va?

A l'hôpital Al-Shifa de Gaza, « un patient sur deux qui arrive est déjà mort »

Le Monde.fr | 28.07.2014 à 17h39 • Mis à jour le 29.07.2014 à 10h05 | Propos recueillis par Audrey Garric
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Partager facebook twitter google + linkedin pinterestUn Palestinien blessé arrive à l'hôpital de Al-Shifa, à Gaza, le 24 juillet.

Cécile Choquet, urgentiste à l'hôpital Al-Shifa de Gaza pour Médecins sans frontières (MSF), la seule ONG médicale internationale présente sur place, décrit, dans un chat au Monde.fr, des conditions de travail « très difficiles », en raison des bombardements autour de l'hôpital et de la difficulté à organiser les soins alors que les blessés arrivent par vagues successives à raison de 150 à 200 par jour – des femmes et des enfants, pour moitié. Quelques heures après l'entretien, l'hôpital a été touché par un missile.
Marianne : Quelle est la situation à l'hôpital Al-Shifa ? Les blessés sont-ils de plus en plus nombreux ?
La situation est très variable en fonction des jours. Il y a deux jours, lors du cessez-le-feu, il y a eu une diminution du nombre de patients soignés à l'hôpital. Les ambulances sont donc parties chercher les personnes enfouies sous les décombres. On ne peut pas savoir d'avance si la journée va être très intense ou pas.
Driss : Combien de victimes recevez-vous en moyenne par jour ?
Cela dépend des journées, s'il y a des cessez-le-feu ou pas. Nous soignons entre 150 et 200 patients lors de journées où il n'y a pas de cessez-le-feu.
Rima : Quelle est la proportion de femmes et d'enfants parmi les victimes ?
Adel : Quel est l'état psychologique des enfants qui arrivent à l'hôpital ?
Nous recevons une bonne moitié de femmes et d'enfants. Les enfants sont complètement choqués, traumatisés. Quand on entend un enfant pleurer aux urgences, c'est rassurant pour nous, plutôt que de voir un enfant complètement mutique. Les femmes crient pour extérioriser leurs souffrances et traumatismes.
Carob : Quelle proportion de civils et de combattants recevez-vous à l'hôpital ?
On ne peut pas connaître la proportion exacte, car on ne sait pas qui est combattant et qui est civil. On peut toutefois avancer que la majorité des cas sont des civils, puisqu'une bonne moitié de nos patients sont des femmes et enfants.
Matthieu : Que vous expriment les patients que vous rencontrez ?
Les patients que je rencontre ne sont pas capables de parler : soit ils sont dans le coma, soit ils ont été transférés intubés depuis un autre hôpital.
Céline : Comment se déroulent les soins, concrètement ?
Les urgences sont divisées en deux parties : les urgences médicales et les urgences chirurgicales. Ces dernières accueillent la majorité des patients en état de guerre.
Dans la salle de déchocage, nous recevons les cas les plus graves, dont le pronostic vital est en jeu. Les patients arrivent par vagues successives, ce qui crée une confusion, car il faut prendre en charge plusieurs cas graves en même temps.
Il faut être très rapide, diagnostiquer très vite, voir quelles fonctions vitales sont en jeu du premier coup d'œil et voir au plus vite si le patient a besoin d'aller au bloc opératoire ou nécessite d'autres soins intensifs. Mais en fait, un patient sur deux qui arrive à l'hôpital est déjà décédé.
Salladin : On parle de 6 000 blessés à Gaza. Pouvez-vous détailler le type de blessures et leur gravité ?
On rencontre tous les types de blessures avec toutes les gravités. Il y a d'une part les blessures « indirectes », comme le « simple » accident de voiture sur la voie publique pour les personnes qui essaient d'échapper à des bombardements, des blessures mineures comme des enfants qui ont des épaules déboîtées ou des fractures de la clavicule parce que les parents les prennent rapidement par le bras pour les évacuer.
A l'opposé, les blessures les plus graves consistent en des personnes qui ont été victimes d'un effondrement d'immeuble, des traumatismes crâniens sévères avec des fractures ouvertes, des pneumothorax ou hémothorax (c'est-à-dire la présence d'air et de sang dans le thorax à la suite d'un choc), des perforations intestinales ou digestives, des amputations, des brûlés.... Le risque septique est majeur.
Carob : Y a-t-il un risque sanitaire, notamment en raison de la pénurie d'eau potable ? Craint-on des épidémies ?
Bien sûr. Le fait qu'il n'y ait plus accès à l'eau peut entraîner des épidémies. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Mais cela reste à craindre.
François : L'usage d'armes au phosphore blanc et plus récemment d'obus contenant des « fléchettes en métal » a été rapporté. Avez-vous constaté des blessures ou des morts causées par de telles armes ?
Non, personnellement je n'ai pas remarqué de blessés par ces armes interdites.
Julien : La situation de Gaza peut-elle être comparée à une guerre aveugle ?
Etant donné que la majorité des blessés sont des civils, oui, on peut dire que c'est une guerre aveugle.
Christine : Quelles sont les ressources médicales dont vous disposez sur place, en termes de personnel et de médicaments ?
Sophie : Est-ce que vous disposez du matériel suffisant pour pouvoir opérer ?
Nous disposons de suffisamment de ressources humaines à l'hôpital Al-Shifa – uniquement des équipes locales. La majorité sont des chirurgiens, toutes spécialités confondues. Nous avons six blocs opératoires, mais dont un seul est bien équipé pour faire face aux cas de polytraumas.
Clara : Comment les équipements médicaux peuvent-ils être acheminés vers Gaza ? Avez-vous suffisamment de réserves, pour les anesthésiants, le sang, etc. ?
Nous n'avons pas, pour l'instant, à faire face à un manque de sang. Pour le matériel médical venant de MSF, il est acheminé petit à petit avec les médecins expatriés qui arrivent à Gaza. MSF a dû faire une commande d'urgence. Et l'on a réussi à faire passer un camion à Gaza.
Heisenberg : Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous faites face chaque jour ?
En salle de déchocage, la principale difficulté est le manque d'organisation des équipes médicales. Il manque une hiérarchisation. Plusieurs médecins de spécialités différentes vont s'occuper du même patient et souvent, vont avoir un avis différent, et vont contribuer à une mauvaise organisation. Il faut rajouter à cela la fatigue et le fait que chaque personnel médical est directement affecté par cette guerre – tout le monde connaît une personne touchée. Physiquement et psychologiquement, c'est très difficile.
Yasmine : Avez-vous des problèmes d'électricité ? Avez-vous accès aux techniques d'imagerie ?
Nous avons un scanner qui fonctionne 24 heures sur 24 et qui est très utilisé. Nous avons des radiologues très compétents pour effectuer des échographies rapides. Il y a des coupures d'électricité qui sont vite relayées par le générateur. Une grande majorité de la bande de Gaza est privée d'électricité.
Wakim : Comment faites-vous pour gérer les flux de corps sans vie ? Les chambres froides sont-elles suffisantes ?
Il est difficile pour les familles d'enterrer les corps d'où une accumulation à la morgue, qui ne compte toutefois qu'une quinzaine de places.
Chantal : Quelles sont les conditions de travail des personnels de santé ? Avez-vous été prise pour cible ?
Julian : Avez-vous peur pour votre vie lorsque vous travaillez à Gaza ?
Nous savons que tout peut arriver à tout moment. [Peu après la fin du chat avec Cécile Choquet, l'hôpital Al-Shifa a été touché par un missile, lundi après-midi 28 juillet.] MSF a restreint au minimum ses mouvements entre le bureau et l'hôpital pour réduire les risques liés aux déplacements du personnel. La semaine dernière, par exemple, la voiture de MSF a échappé par deux fois à des frappes. Les bombardements sont indiscriminés, ils tombent partout, même à côté de chez nous. Cela empêche également les patients de pouvoir accéder à l'hôpital.
Cyril : Dormez-vous à l'hôpital pour des questions de sécurité ou disposez vous de logements à Gaza ?
Il y a deux équipes médicales MSF qui se relaient jour et nuit. Une équipe dort au bureau, dans les logements MSF, et une équipe de garde, qui reste dormir à l'hôpital.
Mégane : Comment vivez-vous cette situation ? Vous sentez-vous impuissante face au nombre croissant de morts et de blessés ?
Oui, on essaie de se rendre le plus utile. Mais voir arriver toutes ces personnes, décédées ou qui décèdent tout de suite à leur arrivée, c'est très frustrant.
Ali : Comment êtes-vous parvenue à entrer à l'intérieur de la bande de Gaza ?
C'est très compliqué pour arriver à l'intérieur de Gaza. Il faut une autorisation de la part d'Israël que l'on met plusieurs jours à récupérer. Une fois l'accord obtenu, il reste le passage de la frontière qui est très difficile car il y a plusieurs check-points avec, à chaque fois, des attentes. Personnellement, j'ai mis une heure et demie juste pour passer la frontière. Cela a été plus facile pour les journalistes que pour l'équipe MSF.
Najib : Avez-vous des relations avec les membres du Hamas ?
L'hôpital dépend du ministère de la santé. Nous n'avons aucune relation avec le Hamas.
Nina : Pensez-vous que l'aide internationale soit suffisante ?
C'est difficile à dire car je suis restée à l'hôpital à Al-Shifa. Il y a d'autres besoins dans les autres hôpitaux de Gaza. Par exemple, on sait qu'il manque des chirurgiens vasculaires et des chirurgiens maxillo-faciaux à l'hôpital de Khan Younès.
Y a-t-il beaucoup d'ONG médicales étrangères ?
Nous travaillons avec deux chirurgiens expatriés de la Croix-Rouge aux urgences. Sinon, MSF est la seule ONG internationale médicale à Gaza.
Erwan : Voyez-vous également des médecins israéliens qui essaient d'aider ?
Non, il y a seulement des médecins étrangers et gazaouis.
Miryem : Que pouvons-nous faire pour aider ?
Driss : Est-il possible d'envoyer à Gaza une aide médicale, et si oui, par quel moyen ?
Les gens peuvent donner à tout moment à MSF. Des collègues font également spontanément des dons de matériel chirurgical. Par exemple, aujourd'hui, un chirurgien qui travaille avec nous a reçu un coup de fil de ses collègues en Italie car ils veulent faire une donation de matériel chirurgical pour l'hôpital Al-Shifa. Sur les réseaux sociaux, nous voyons aussi que les gens sont mobilisés par rapport à la situation. Il y a aussi des personnes qui se sont portées volontaires pour donner un coup de main aux urgences.


dimanche 27 juillet 2014

On n'arrête pas le progrès....

Plus on avance, plus il recule....

Gaza:

« Les victimes civiles sont redevenues le véritable objectif des guerres »

par Eros Sana

Les bombes pleuvent sur Gaza, tuant en grande majorité des civils. Les Nations Unies viennent de condamner les violations des droits de l’Homme par l’armée israélienne, dont les tactiques militaires vont à l’encontre du droit international. Celle-ci argue de sa « retenue » ou de sa « moralité ». Mais coups de téléphone d’avertissement et tirs de « missiles préventifs » ne suffisent pas à dédouaner des morts causés par ces frappes.

« Aujourd’hui près de 80% de toutes les victimes de guerre sont des civils », explique la chercheuse britannique Mary Kaldor. « Les effets collatéraux indésirables et illégitimes des anciennes guerres sont devenus le principal mode de combat des nouvelles guerres ». Frapper les civils redevient un objectif stratégique pour affaiblir l’adversaire, plus qu’un « dommage collatéral ».

Reportage.

« Les forces de défense israéliennes devraient avoir le prix Nobel de la paix », affirme le 22 juillet l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis. Tsahal, « l’armée de défense d’Israël », se bat, selon lui, « avec une retenue inimaginable » dans la bande de Gaza. Le 20 juillet, Avigdor Liberman, ministre des Affaires Étrangères du gouvernement Netanyahou et leader d’extrême-droite, déclare que l’armée israélienne est « l’armée la plus morale et la plus courageuse au monde ».

Cette approche n’est pas seulement partagée par les faucons de l’administration israélienne, mais également par une partie des médias et des dirigeants dans le monde. Articles après articles, reportages après reportages, il est mis en avant le fait que l’armée israélienne prévient les habitants de Gaza avant de les bombarder, en larguant des tracts leur demandant de quitter leur maison, en les appelant sur leur téléphone portable. Ou en faisant exploser une première « petite » bombe au-dessus de l’immeuble visé, suivie d’une « grosse » bombe, selon la technique dite du Knock on the roof (« Toquer au toit »). Mais les arguments sur la « moralité » de l’armée israélienne ne sauraient résister face au nombre de victimes de cette offensive israélienne sur Gaza. Et face aux violations du droit international.

Des civils piégés dans une bande de Gaza fermée

Depuis le début de l’opération « Haie de protection », près de 750 Palestiniens sont morts. Dont au moins 122 enfants (lire notre article Offensive israélienne sur Gaza : les enfants palestiniens paient un lourd tribut). Toutes les organisations internationales s’accordent pour dire que l’écrasante majorité de ces victimes étaient des civils, et non des combattants.

Avec près d’1,8 million d’habitants et 360 km2 de superficie, la bande de Gaza est une zone extrêmement dense. Les zones d’habitation se succèdent, profondément intriquées. Une zone grande comme un département français, que l’armée israélienne pilonne par les airs, la mer et la terre, depuis le 8 juillet. Ses habitants subissent depuis 2006 un blocus de la part d’Israël et de l’Égypte, et ne disposent d’aucune voie de sortie. Plusieurs organisations humanitaires présentes à Gaza, dont Médecins sans frontières, ont appelé Israël à « arrêter de bombarder les civils piégés dans une bande de Gaza fermée ».

Des tactiques militaires prohibées par le droit international

Les tactiques actuellement mises en œuvre par Tsahal sont condamnées par le droit international. Les forces israéliennes ont largué des milliers de tonnes de bombes sur Gaza, entraînant la destruction de plus de 2700 habitations, rendant inhabitables plus de 3000, endommageant 18 centres de soins et 90 écoles. Le droit international prohibe formellement de viser ce type d’installations. « Les biens de caractère civil ne doivent être l’objet ni d’attaques ni de représailles », stipule l’article 52 du protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949 [1]. Il existe également en droit international un principe fort, celui de la proportionnalité, enseigné dans chaque école de guerre du monde. Il impose que « les opérations militaires doivent être conduites en veillant constamment à épargner la population civile, les personnes civiles et les biens de caractère civil » [2].
Selon ce principe, les militaires doivent s’abstenir de lancer une attaque dont on peut attendre qu’elle cause incidemment des morts ou des blessés dans la population civile, ou des dommages aux biens de caractère civil, qui seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu. Ce principe pose dans les faits à chaque commandant militaire, à chaque état-major dans le monde, cette question : combien de civils doivent périr pour qu’un soldat ennemi soit éliminé ? A cette question, l’état-major israélien semble avoir répondu : 5 civils pour 1 combattant !
Le 23 juillet, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a décidé d’envoyer une commission d’enquête, et a condamné « les violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l’homme et des libertés fondamentales » par l’armée israélienne. La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, a appelé à une enquête sur de possibles « crimes de guerre » commis par Israël à Gaza, tout en dénonçant les attaques « indiscriminées » menées par le Hamas contre des zones civiles.

Partir ? Mais pour aller où ?

Nombre de victimes civiles, violations du droit international : difficile d’argumenter sur la « retenue » de l’armée israélienne. Tsahal ne saurait également fonder la « moralité » de son offensive sur les avertissements qu’elle envoie. Mille moyens sont utilisés pour « prévenir » les Gazaouis d’un bombardement. Une résidente de Khan Younes, au sud de la Bande de Gaza, a entendu son téléphone sonner. Son interlocuteur s’est présenté comme « David, de l’armée israélienne », et lui a demandé de quitter sa maison, bombardée quelques instants plus tard. Lors de cette attaque, neuf habitants ont péri...
Prévenir ne saurait dédouaner des morts qui s’ensuivent. « Et partir ? Pour aller où ? », demandent de nombreux Gazaouis. Chaque famille est touchée par les bombardements. Quel Gazaoui peut aujourd’hui affirmer que sa maison sera épargnée, et qu’il peut accueillir d’autres Gazaouis chez lui ? Au moins 117 000 personnes déplacées de force ont trouvé refuge notamment dans des écoles de l’Agence des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Celles-ci sont surpeuplées et ne sont pas totalement à l’abri des tirs israéliens.
Anat Eylon est une jeune israélienne de 18 ans vivant à Tel-Aviv. Militant contre les politiques d’occupation du gouvernement israélien, elle lutte pour la fin de l’opération à Gaza. Elle a initié un mouvement, avec des centaines de jeunes, de refus de servir dans l’armée israélienne. Nous la rencontrons alors que des tirs de roquettes sont tirés sur Tel-Aviv, automatiquement interceptés par le système anti-missile « Dôme de fer ». Elle se prononce avec force et conviction, lorsqu’elle compare son sort à celui des Gazaouis : « Ici aussi, les roquettes nous soumettent à un danger. Mais nous pouvons nous protéger. Nous disposons d’applications Iphone qui nous préviennent en temps réel des tirs de roquettes, qui nous indiquent où sont les abris les plus proches de nous. Et nous pouvons bouger, nous déplacer, aller ailleurs, voire quitter le pays. A Gaza, ils sont davantage en danger : ils n’ont ni abri, ni endroit où s’échapper ».

L’envoi d’un missile ne constitue pas un avertissement

Nulle part où aller. C’est exactement ce qu’a déclaré Raouf Abu Odeha, après que son quartier à Shabilya, ait été bombardé et sa maison détruite. « Quand j’ai entendu qu’il y avait un danger, ma famille et moi avons fui. Nous n’avons aucun abri où nous protéger, nous n’avons rien. La seule chose que nous pouvons faire, c’est fuir. » En plus des coups de téléphone, Israël a développé la technique du Knock on the roof. Une technique condamnée par de nombreuses organisations internationales œuvrant dans le domaine humanitaire ou pour les droits humains.
« L’envoi d’un missile ne peut en aucun cas être considéré comme un avertissement. Cela revient à cibler des civils avec une arme, quelque soit sa taille. Et c’est une violation des conventions de Genève », rappelle Mahmoud Abu Rahma du Centre pour les droits humains Al Mezan. D’autant plus que des organisations comme Amnesty international ont répertorié des cas où des civils étaient blessés ou tués par ces tirs de « missiles préventifs ». Ainsi dans le quartier de Sabra à Gaza, deux frères de 11 et 8 ans et leur cousin de 8 ans ont été tués par l’explosion de ce type de missile.

Les civils redeviennent un objectif stratégique et psychologique

Les frappes ici n’ont rien de chirurgicales, les dommages n’ont rien de collatéraux. Nous sommes face à un conflit « asymétrique », tel que décrit par la britannique Mary Kaldor, professeur à la London School of Economics, dans son ouvrage New & Old wars en 1999 : « Ce qui était considéré comme des effets collatéraux indésirables et illégitimes des anciennes guerres sont devenus le principal mode de combat des nouvelles guerres, écrit-elle. La tendance à éviter les confrontations et à diriger la majeure partie de la violence contre les civils est démontrée par la croissance dramatique du ratio de civils dans les victimes de guerre. Au début du 20ème siècle, 85-90% des victimes de guerre étaient des militaires. Durant la Seconde guerre mondiale, près de la moitié des morts étaient des civils. A la fin des années 1990, les proportions d’il y a 100 ans se sont presque exactement inversées, et aujourd’hui près de 80% de toutes les victimes de guerre sont des civils. »
Une analyse partagée par le Général italien Fabio Mini, ancien commandant des forces de l’Otan au Kosovo : « Les victimes civiles, au mépris de toutes les règles du droit international, des codes militaires et des usages de la guerre, sont redevenues le véritable objectif des guerres. On est revenu à la destruction "structurelle" de la Seconde guerre mondiale, avec ses tapis de bombes, et du Vietnam avec le napalm, écrit-il [3]. Les bonimenteurs qui se laissent aller à justifier militairement les dégâts collatéraux sont des analphabètes. Avec les nouvelles armées et les nouveaux armements, les dégâts collatéraux devraient tendre vers zéro. Or, avec les nouveaux adversaires, archaïques et désespérés, il n’y a pas d’infrastructures militaires ou productives à détruire pour les faire plier. Il n’y a que des maisons, des églises, des mosquées et des personnes, des femmes et des enfants, toutes cibles faciles à atteindre. » D’après les sources onusiennes, les combattants représentent 16% à 25% des Palestiniens tués. Au deuxième jour de l’offensive, l’armée israélienne déclarait avoir déjà largué plus de 400 tonnes de bombes sur Gaza.
« En Tchétchénie, en Afghanistan, au Liban et tout récemment à Gaza, la stratégie délibérée de frapper les civils pour affaiblir le soutien de la population aux insurgés, aux rebelles et aux dits terroristes est une autre régression, qui nous ramène aux guerres contre-révolutionnaires – qui, du reste, ont toujours abouti à la victoire des rebelles – et aux exactions du temps des occupations coloniales, poursuit le général Mini. La guerre psychologique visant à démontrer que les civils ne font pas partie de nos objectifs mais sont les victimes de l’adversaire qui s’en sert comme boucliers, n’a pas changé depuis des millénaires, et c’est pourquoi l’ennemi a toujours été un "scélérat". (…) Aujourd’hui, on téléphone aux victimes, mais, pas plus qu’hier, ce n’est d’un grand secours pour ceux qui sont pris comme des rats et n’ont nulle part où aller. Cela paraît seulement cynique. »
Tout est dit.

Eros Sana, envoyé spécial

Bon dimanche si c'est possible...


Voici du bruit des pleurs, 
Des femmes et des enfants
Tombés au champ d'horreurs..

vendredi 25 juillet 2014

La photo du samedi....

Souvenirs de fonds de tiroirs: le village-racine dans l'état où la Grande Guerre l'a laissé.  En haut à droite, le pont-frontière qui marquait celle entre la France et l'Alsace-Lorraine.

Et puis quelque vers du grand-père qui, heureusement defuncta des suites justement de cette guerre avant d'avoir eu la confusion de réaliser qu'il n'était pas Paul Déroulède et encore moins Victor Hugo!
Ca s'intitule: 

Au Pays Seillois: Mon Village

Mon village était joli 
Dans son cadre de verdure;
Les oiseaux, en gazouillis,
Harmonisaient ses ramures.
Brodant son riant coteau,
Ses maisons, en grappes blanches,
A son clocher à créneaux,
Moulaient de superbes hanches.

La Seille, en ses claires eaux,
Roulait son image vive,
Et ses bouquets de roseaux
Jasaient entre eux des deux rives.
point ne semblait étranger
Le bord où les hirondelles
Francisaient l'air annexé
L'espérance sur les ailes!

L'Allemand a passé là
Et ce n'est plus que ruines!
Mais l'herbe repoussera
Et renaîtront les chaumines.
Lors, au ciel du renouveau,
La Gloire, soleil qui dure,
Va grandir tout le hameau
De l'éclat de sa blessure!

Paul HUMBERT

Pépère, pépère ( on ne dit pas papy chez nous!), c'est dur hein, de trouver la rime? On ne t'en veux pas, tu étais si jeune... à peine plus de trente ans...

Madame est servie...



jeudi 24 juillet 2014

Drôle de tambouille


A quelle sauce on nous accomode?
Quelles salades nous fait-on avaler?

mercredi 23 juillet 2014

Quelle connerie la guerre!!!!

Un ancien officier israélien : « Notre but était de semer la peur »
LE MONDE | 22.07.2014 à 09h13 • Mis à jour le 22.07.2014 à 19h38 | Par

Des Israéliens lors d'un événement organisé par "Breaking the Silence", à Tel Aviv. En novembre 2012, Israël a lancé à Gaza une opération baptisée « Amud Anan », qui peut se traduire littéralement par « colonne de nuages ». Le nom sous lequel elle a été officiellement désignée à l'étranger a pourtant été « Pilier de défense ». Il y a quelques jours, nous avons déclenché une nouvelle opération nommée « Puissante falaise », officiellement connue sous le nom de « Bordure protectrice ». Les deux dénominations choisies sont ostensiblement défensives. Mais quand j'entends les noms donnés aux opérations militaires à Gaza – notamment ceux destinés à un public international –, cela me rappelle mon service militaire dans l'armée israélienne, dont le nom complet est Forces de défense israéliennes (FDI).
Je me souviens ces jours-ci du fossé que j'avais découvert à l'époque de mon service militaire entre l'éthique que représente l'appellation même des FDI et les opérations militaires concrètes que nous menions en Cisjordanie. La tâche qui nous était assignée était défensive. Nous menions des opérations « préventives » permettant d'empêcher des actes terroristes. Mais mes amis et moi avions vite compris que l'adjectif « défensif » n'était qu'un terme qui pouvait dissimuler toutes sortes d'actions dont bon nombre étaient sans conteste des opérations offensives.
Moshe Yaalon, le chef d'état-major de l'époque devenu aujourd'hui ministre de la défense, nous exhortait à « brûler la conscience palestinienne ». Pour répondre à cet appel, on nous envoyait intimider et punir une communauté tout entière. Ces opérations étaient fondées sur la conviction que ces civils s'abstiendraient de se révolter si on les brutalisait, si on les opprimait et effrayait. Autrement dit, une « conscience brûlée » était une conscience effrayée.
« NOTRE BUT ÉTAIT D'EFFRAYER ET DE DÉSORIENTER LA POPULATION CIVILE »
Dans le cadre de cette « prévention », mes amis et moi avons appris à considérer tout Palestinien comme un ennemi et, en tant que tel, comme une cible légitime à attaquer. Lorsque nous partions en opérations pour « montrer notre présence », notre but était d'effrayer et de désorienter la population civile afin de lui faire comprendre qu'elle était sous notre contrôle. Nous remplissions cet objectif en patrouillant dans les rues et en pénétrant au hasard dans les maisons, à toute heure du jour et de la nuit. Ces opérations n'étaient motivées par aucune information précise des services de renseignement.
D'autres fois, nous « prévenions » le terrorisme en imposant une punition collective à des Palestiniens innocents. C'est une opération de ce genre qui nous fut confiée à la suite du meurtre d'une fillette de la colonie Adora par un Palestinien. Quelques heures après cet acte, nous avons bouclé le village de Tufach, à proximité de la colonie d'Adora. Pendant une journée entière, nous avons fouillé une par une toutes les maisons du village. Nous arrêtions les hommes et les envoyions à l'école du village, transformée en centre d'interrogatoire. Nous n'avons rien trouvé, mais en y repensant aujourd'hui, je m'aperçois que là n'était pas l'objectif. Par ces perquisitions et ces arrestations, nous avions semé la peur.
Les tirs de roquettes depuis Gaza sur les civils israéliens sont des actes horribles qui n'ont aucune justification. Ils menacent des vies d'hommes, de femmes et d'enfants dans tout le pays et ont d'ores et déjà blessé plusieurs personnes et tué un Israélien. Mais ces tirs de roquettes ne font pas de tous les habitants de Gaza les cibles légitimes d'une destruction de masse, tout comme le meurtre d'un enfant n'aurait pas dû faire des habitants de Tufach des cibles légitimes justifiant arrestations aléatoires et fouilles de logements. Plusieurs centaines de Palestiniens, civils pour la plupart, ont été tués jusqu'ici dans les attaques israéliennes.
Depuis quelques jours, toujours au nom de la notion de défense, nous attaquons même la population civile qui se trouve sous contrôle israélien. En dépit du retrait auquel nous avons procédé en 2005, nous exerçons un contrôle quasi total sur l'espace aérien et les eaux territoriales gazaouis, sur les zones tampons à l'intérieur de la bande de Gaza, et sur les entrées et sorties – des personnes comme des marchandises – du territoire gazaoui. Les registres d'état civil de la population sont sous contrôle israélien et pour qu'un Palestinien puisse obtenir une carte d'identité lorsqu'il atteint l'âge de 16 ans, les autorités israéliennes doivent donner leur accord. Ce contrôle se manifeste sous la forme de ces opérations militaires conduites périodiquement qui causent des dégâts terribles non seulement à l'infrastructure paramilitaire, mais aussi parmi les civils qui vivent à Gaza.
« IL EST TEMPS QUE CESSE L'OCCUPATION »
Cette réalité ne nous a pas été imposée. Elle résulte des choix opérés par nos dirigeants afin de perpétuer notre contrôle sur les territoires palestiniens et sur la population qui y vit. Je connais très bien les conséquences de ce choix, puisque en tant que simple soldat, et ensuite comme officier, j'ai participé à sa mise en oeuvre. J'ai appris que le maintien d'un tel contrôle requiert l'emploi permanent de la force. J'ai appris que du point de vue éthique, il est impossible d'imposer par la force, pendant des dizaines d'années, l'autorité d'un gouvernement étranger à une population de plusieurs millions d'habitants.
Baptiser les attaques répétées contre Gaza avec des noms défensifs ne modifiera en rien la nature de ces opérations. Les changements significatifs ne se produiront que le jour où l'occupation prendra fin. En vérité, il est difficile de savoir si les menaces pesant sur les villes et villages du sud d'Israël cesseront avec la fin de l'occupation. La seule chose dont nous puissions être sûrs, c'est que l'occupation n'a pour l'instant pas pris fin et que, si rien ne change, nous serons condamnés dans un an ou deux à mener une nouvelle opération, aussi sanglante que celle d'aujourd'hui.
Toute la sémantique du monde ne pourra changer cette réalité, une réalité dans laquelle Israël ne se contente pas de se défendre, mais attaque – et pas seulement en ces jours difficiles, mais tous les jours. Au lieu de nous évertuer à l'expliquer et à le justifier, nous devons agir pour qu'il en aille autrement. Le moment est venu où nous devons dire : il est temps que cesse l'occupation.
(Traduit de l'anglais par Gilles Berton)

Yehuda Shaul,
ancien fantassin puis officier de l’armée israélienne, est l’un des fondateurs de Breaking the Silence, une association d’anciens soldats critiques des autorités militaires de leur pays.

mardi 22 juillet 2014

La parole est à Claude.

Nous passons toute notre vie à parler une langue dont nous ne savons que bien peu...

"Tu sais sûrement depuis longtemps que le coq chante, cocorico, la poule caquète, le chien aboie quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache...
L'hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage ...
Les moineaux piaillent, le faisan et l'oie criaillent quand le dindon glousse.
La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse  ...
Et le chat miaule, l'éléphant barrit, l'âne braie, mais le cerf rait ...
Le mouton bêle  et bourdonne l'abeille, la biche brame quand le loup hurle.
Tu connaissais  tous ces cris-là mais sais-tu que:
Que le canard nasille  (et que les canards nasillardent !)
Que le bouc ou la chèvre chevrote
Que le hibou hulule mais que la chouette chuinte
Que le paon braille, que l'aigle trompète ...
Sais-tu aussi que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule, que la bécasse croule pendant que la perdrix cacabe, que la cigogne craquète et que si le corbeau croasse, la corneille corbine et  le lapin glapit quand le lièvre vagit.
Tu savais déjà tout cela ? Bien. Mais sais-tu que:
Que l'alouette grisole, le pivert picasse , le sanglier grommelle, que le chameau blatère (Et que c'est à cause du chameau que l'on déblatère !)
Tu ne sais peut-être pas que la huppe pupule (on appelle aussi la huppe, la pépue parce qu'elle pupule et qu'elle fait son nid avec des choses qui puent)
Tu sais sûrement que la petite souris grise chicote? Avoue qu'il serait dommage d'ignorer que la souris chicote.
Et plus dommage encore de ne pas savoir que le geai cajole !"

Quelqu'un, quelque part, semble prendre plaisir à compliquer notre langue française... Peut-être est-ce l'éditeur du Petit Robert qui tient à le voir grossir?

lundi 21 juillet 2014

Un outil de saison...



Samedi, il était de service et donc... Lundi mon canard salue AMARTIA et les autres...