samedi 14 août 2010

AOUT – semaine 2 – jour 6- LIRE ET RELIRE


A la Sainte-Hélène
La noix est pleine
Et le cerneau
Se met dans l’eau

Dans les « Révélations de la mémoire » Jacqueline de Romilly, raconte comment un mot, une lumière, une odeur font jaillir un souvenir « vivant » alors même qu’elle n’est pas certaine de l’exactitude du moment évoqué. Elle est presque centenaire, pratiquement aveugle, devient sourde et perd beaucoup de sa mémoire. Elle a dicté cet ouvrage d’où viennent ces quelques lignes à propos de ces « flashes » :
« …En fait, le plus remarquable est que j’en aie connu autant en si peu d’années. Mais je serais portée à penser que cela s’explique par mon grand âge et par les difficultés avec lesquelles je suis aux prises. Je suis fort âgée, presque complètement aveugle et j’entends mal. Cela n’est pas l’idéal et m’oblige à des moments de pause, d’agacement, de rêverie, où mon esprit n’a plus l’activité bousculée, qui a été de règle au cours de toutes ces années, commandée par le travail et par l’urgence. Quand cette urgence cesse, il se fait une sorte de relâchement, d’attente, d’ouverture. Si l’on court du matin au soir et du soir au matin, d’activité en activité, il y a peu de chances qu’on se laisse aller soudain à des souvenirs extravagants et à des révélations imprévues. Je ne crois pas du tout que mon état actuel explique l’étrange luminosité des souvenirs que j’ai évoqués ; mais il explique certainement la disponibilité qui fait que je m’en aperçois et que, encore lucide, mais moins pressée, je les accueille et m’ouvre à eux plus facilement…. »
Ce livre, probablement son dernier, s’achève sur la merveilleuse et sereine lucidité avec laquelle elle considère sa vie finissante.
Jacqueline de Romilly – Les révélations de la mémoire
Editions de Fallois, mai 2009





1 commentaire:

FRANKIE PAIN a dit…

MERCI POMME DE NOUS RAPPELAIT CETTE éCRIVAIN DONT JE BOIS LES MOTS COMME UNE POTION MAGIQUE
JE VAIS ESSAYER DE TROUVER SON DERNIER LIVRE BELLE JOURN2E à TOI
et ravie de notre conversation d'hier ponctuée des virgules de la fougue de ta Félicie