samedi 8 janvier 2011

LIRE ET RELIRE



ALAIN-FOURNIER


A s'occuper d'une bibliothèque, on finirait presque par ne plus "choisir" ses lectures.
Le foisonnement de ce qui tombe dans la main - nouveautés, demandes de lecteurs, dons(devrait-on parfois dire, débarras?) de livres- donne le tournis. Alors on s'attarde, au hasard, sur un titre qui est là, qui s'impose, qui refuse d'aller rejoindre la pile des non-lus.
C'est ainsi qu'un "ALAIN-FOURNIER", fort bien écrit - forcément, par Jacques LACARRIERE!-, m'a suivi partout, s'est quasiment ouvert devant moi, aussi ai-je fini par le lire. Il raconte les maisons et les villages où vécût Henri Fournier qui signa le "Grand Meaulnes" :  Alain-Fournier.
Il est paru en 1991 dans la collection "Maisons d'écrivains" , chez Christian Pirot.
Du coup, j'avais dans l'idée pour vous donner envie de le relire, de vous citer quelques passages du "Grand Meaulnes".
C'est là que mes ennuis ont commencé; on pourrait les intituler: "Des réactions en chaîne imprévisibles de la culture."
Longtemps, dans mon ignorance, j'avais logé Alain-Fournier quelque part entre Flaubert et Maurice Genevoix. Cette compagnie n'avait rien de vexant pour lui et les trois avaient sans doute des choses à se dire. Je songe bien souvent à l'ennui que doivent ressentir les écrivains sur les rayons des bibliothèques attendant parfois de longues années qu'on se décide à les consulter. C'est pourquoi j'aime à penser qu'ils conversent entre eux pendant ce temps.
Hors un jour, à ma courte honte, j'ai appris que sa place se trouvait plutôt du côté de Marcel Aymé dont la compagnie ne pouvait lui déplaire.
Mais ( et ici les ennuis commencent), les fictions sont rangées chez moi, comme il convient, par ordre alphabétique d'auteur. La bibliothèque est établie dans un ancien grenier qui laisse voir toute la charpente et les rayons du haut culminent aux environs de trois mètres.
Méthodique, j'ai mis les A en premier, tout en haut; j'aurais pu faire l'inverse et le mettre en bas, mais dans ce cas, c'est Zola qui aurait été difficile à atteindre. (Isoler Zola?)
Bref, j'ai commencé en haut et par les A, pour l'amour desquels je me suis équipée d'un très joli escabeau qu'il serait plus juste de qualifier de "vieux" que d'"ancien". En fonction de quoi il a laissé tomber de son pied un petit élément qui le rend boiteux quand on l'utilise. J'ai donc voulu, pour atteindre Alain-Fournier en toute sécurité, replacer la planchette dissidente. Mais hélas! le clou ne tient plus et je ne trouve pas la colle à bois.

Rien ne serait arrivé si j'étais restée ignorante; chez moi la lettre F se trouve à portée de main.
Grâce au ciel, "Le Grand Meaulne" est loin d'être une lecture hors de saison . Vous le trouverez sans peine chez votre libraire habituel ou à la bibliothèque de votre commune... ou , pourquoi pas, chez vous


3 commentaires:

araucaria a dit…

Le Grand Meaulnes est effectivement un livre intemporel que l'on peut découvrir, lire ou relire à tous les âges de sa vie ou presque... Il faut cependant, à mon avis, un peu de maturité pour l'apprécier à sa juste mesure. Voici un roman que j'ai lu plusieurs fois avec autant de bonheur et que je pourrais relire sans me lasser bien au contraire en le savourant de la première à la dernière ligne.
Attention avec cet antique escabeau, il ne faut pas débuter l'année en faisant une mauvaise chute.
Bon dimanche.

croukougnouche a dit…

Je fantasme complètement sur ton grenier-bibliothèque qui doit être une splendeur!
Le grand Meaulne , bien sur! mais chez moi, plutôt "Sarn" et "La mare au diable".. mais ces livres sont aussi nichés en pleine campagne ..
Bon dimanche à toi .. lectures et écriture au coin du feu..

Enitram a dit…

Alain, Henri.... Fournier, que m'importe? je replonge volontiers dans "le Grand Meaulnes" !!!!