A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: rvcontes et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Saint Bernardin de Sienne (1380-1444)
A la Saint Bernardin,
Plus de gelée ne craint.

François MAYNARD (1582-1646)

LA BELLE VIEILLE -


Cloris, que dans mon coeur j'ai si longtemps servie

Et que ma passion montre à tout l'univers,

Ne veux-tu pas changer le destin de ma vie,

Et donner de beaux jours à mes derniers hivers?


N'oppose plus ton deuil au bonheur où j'aspire.

Ton visage est-il fait pour demeurer voilé?

Sors de ta nuit funèbre, et permets que j'admire

Les divines clartés des yeux qui m'ont brûlé.


Où s'enfuit ta prudence acquise et naturelle?

Qu'est-ce que ton esprit a fait de ta vigueur?

La folle vanité de paraître fidèle

Aux cendres d'un jaloux m'expose à ta rigueur.


Eusses-tu fait le voeu d'un éternel veuvage

Pour l'honneur du mari que ton lit a perdu,

Et trouvé des Césars dans ton haut parentage,

Ton amour est un bien qui m'est justement dû.


Qu'on a vu revenir de malheurs et de joies,

Qu'on a vu trébucher de peuples et de rois,

Qu'on a pleuré d'Hectors, qu'on a brûlé de Troies,

Depuis que mon courage a fléchi sous tes lois!

Ce n'est pas d'aujourd'hui que je suis ta conquête:

Huit lustres ont suivi le jour où tu me pris,

Et j'ai fidèlement aimé ta belle tête

Sous des cheveux châtains et sous des cheveux gris.


C'est de tes jeunes yeux que mon ardeur est née;

C'est de leurs premiers traits que je fus abattu;

Mais tant que tu brûlas du flambeau d'hyménée,

Mon amour se cacha pour plaire à ta vertu.


Je sais de quel respect il faut que je t'honore,

Et mes ressentiments ne l'ont pas violé.

Si quelquefois j'ai dit le soin qui me dévore,

C'est à des confidents qui n'ont jamais parlé.


Pour adoucir l'aigreur des peines que j'endure,

Je me plains aux rochers et demande conseil

A ces vieilles forêts dont l'épaisse verdure

Fait de si belles nuits en dépit du soleil.


L'âme pleine d'amour et de mélancolie,

Et couché sur des fleurs et sous des orangers,

J'ai montré ma blessure aux deux mers d'Italie

Et fait dire ton nom aux échos étrangers.


Ce fleuve impérieux à qui tout fit hommage,

Et dont Neptune même endura le mépris,

A su qu'en mon esprit j'adorais ton image

Au lieu de chercher Rome en ses vastes débris.


Cloris, la passion que mon coeur t'a jurée

Ne trouve point d'exemple aux siècles les plus vieux.

Amour et la Nature admirent la durée

Du feu de mes désirs et du feu de tes yeux.


La beauté qui te suit depuis ton premier âge

Au déclin de tes jours ne te veux pas laisser:

Et le temps, orgueilleux d'avoir fait ton visage,

En conserve l'éclat et craint de l'effacer.


Regarde sans frayeur la fin de toutes choses:

Consulte le miroir avec des yeux contents;

On ne voit pas tomber ni tes lys ni tes roses,

Et l'hiver de ta vie est ton second printemps.


Pour moi, je cède aux ans; et ma tête chenue

M'apprend qu'il faut quitter les hommes et le jour.

Mon sang se refroidit, ma force diminue,

Et je serais sans feu si j'étais sans amour.


C'est dans peu de matins que j'accroîtrai le nombre

De ceux à qui la Parque a ravi la clarté.

On entendra souvent la plainte de mon Ombre

Accuser tes mépris de m'avoir mal traité.


Que feras-tu, Cloris, pour honorer ma cendre?

Pourras-tu sans regret ouïr parler de moi?

Et le Mort que tu plains te pourra-t-il défendre

De blâmer ta rigueur, et de louer ma foi?


Si je voyais la fin de l'âge qui te reste,

Ma raison tomberait sous l'excès de mon deuil:

Je pleurerais sans cesse un malheur si funeste,

Et ferais, jour et nuit, l'Amour à ton cercueil.







vendredi 16 décembre 2011

Pour Lulu...















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3 commentaires:

Gloria Godard a dit…

Ah merci Pomme !! L'ambre solaire me rappelle tant de journées à faire la crèpe en lisant Jules Verne au camping de Palavas les Flots ! Et la crème Nivéa, ma p'tite maman est toujours aussi jeune rien qu'avec ça ! Bises.

Marité a dit…

Mon papa se gominait les cheveux, et surtout le cran, à la brillantine Cadoricin...
Bisous.

Odile a dit…

Mon papa aussi, c'était la brillantine :-) Et nous c'était l'Ambre solaire à Trégastel !! Bon dimanche Pomme.