jeudi 27 septembre 2012

Beauté


Un soir, marchant dans les rues basses de Chartres, je regardais sur son tertre la cathédrale illuminée qui se détachait sur le bleu d'encre du ciel et j'étais émue de tant de beauté.
 La grâce, la beauté, les ornements auxquels je suis par trop sensible, ce qui est vrai. Le sort m'a toujours placée dans des lieux de beauté.
Enfant, chaque matin pour aller au lycée, je traversais un des plus beaux ensemble d'architecture d'Europe: à Nancy, la place de la Carrière et son Arc de Triomphe qui débouche sur la place Stanislas aux grilles d'or. C'était si quotidien que je ne songeais pas à m'en émerveiller, d'autant plus que j'avais d'autres préoccupations moins esthétiques concernant mon cursus scolaire. Ce n'est que bien plus tard que j'ai mesuré ma chance.
A présent, je fais mes courses tout autour de la cathédrale de Chartres, autre merveille.
Dans l'intervalle, j'ai travaillé dans le 8° arrondissement de Paris, entre l'Etoile et la Concorde, et je promenais ma chienne dans les jardins des Champs-Elysées et... tiens... juste avant Nancy, j'étais dans une école proche de la Concorde et pour la récréation, on nous emmenait aux Tuileries.
Et puis bien entendu la campagne et ses saisons qui pour moi valent tous les monuments du monde.  J'ai presque toujours pris mes vacances hors saison et hors lieux touristiques.
Et puis la vie aussi... divers boulots toujours dans le monde consacré à la beauté et à l'ornement. De leur tête à leurs pieds, j'ai passé ma vie à embellir les femmes et j'ai été enseignée à cela.
J'avais à peine quinze ans et Maria Carita, (elles étaient deux soeurs; Maria , c'est la blonde)qui dirigeait d'un poigne d'acier l'un des deux plus importants salons de coiffure de Paris, m'avait choisie pour assistante. Non pour ma compétence - quelle compétence peut-on avoir à cet âge -là quand on débute?- mais pour mon apparence qu'elle s'efforçait encore d'améliorer. Car elle était un maître dans l'art d'embellir; sa poigne d'acier se faisait légère pour qu'une chevelure encadre le plus bellement possible un visage. Et j'en ai vu défiler dans la cabine lambrissée de chêne clair du premier étage, j'en ai vu défiler des passantes à la personnalité indécise à qui Maria donnait l'allure sous laquelle elles sont devenues célèbres.
Et moi pendant ce temps, je regardais, j'apprenais... je pleurais beaucoup aussi, car elle était un maître exigeant et sans pitié. J'ai su plus tard qu'elle m'aimait, car elle n'aurait jamais m'a-t-on dit, pris la peine de traiter aussi mal une fille qui lui aurait été indifférente.
Tout ça m'a donné pour le fond, une (relative) souplesse, l'habitude de me remettre en cause, de chercher l'erreur même quand je me sens totalement innocente et que j'ignore d'où elle provient; elle non plus ne prenait pas la peine d'expliquer; et aussi la volonté de recommencer inlassablement un travail tant qu'il n'est pas abouti.
Pour la forme, j'ai reçu des conseils sans prix et qui m'ont valu des mécomptes quand je ne les ai pas suivi: toujours rechercher la beauté naturelle et l'élégance sans artifices. Elle disait ( après m'avoir mis dans tous mes états) qu'un sourire remontait les traits mieux que la chirurgie esthétique... ce qui est vrai. De quelles colères aurait-elle fait trembler les parois de sa cabine en voyant les outrages que se font subir certaines de ses clientes dans la course à leur jeunesse qui se sauve?
La beauté naturelle, celle que donne un coeur en accord avec le corps, même quand la nature n'a pas vraiment fait tout ce qu'elle pouvait pour un humain... Etre soignée, sentir bon..
Et là, me revient en bouffée la haine inexpiable que m'a vouée une de mes jeunes vendeuses, toujours maquillée comme un prix à réclamer mais dont le fumet  et les vêtements douteux ne correspondaient pas au standing de la marque que nous représentions.
Après lui avoir fait quelques remarques gentilles sous forme de conseils, j'ai perdu patience et lui ai asséné vertement que le meilleur des produits de beauté était encore la savonnette et l'accessoire indispensable, un fer à repasser...
Ouch!! Elle l'a très mal pris et a tenté de me le faire payer cher par la suite... Hélas, c'est à elle que la vie a présenté une lourde facture, mais ceci est une autre histoire que je n'ai pu modifier..

4 commentaires:

anne des ocreries a dit…

Bon ; je vais démêler mes cheveux, avant que tu ne me traites d'abreuvoir à poux ! :))))

J'adore ce billet.

solveig a dit…

L'esthétique sous toutes ses formes !
La beauté ça s'apprend aussi.

Anonyme a dit…

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LOU a dit…

Comme maman, savon de Marseille pour le visage, mais j'ai fait une concession : le savon d'Alep et une crème basique pour le visage. Parfum toujours, maquillage exceptionnellement, rouge à lèvres : le plus souvent possible, si je n'oublie pas...