A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

jeudi 24 janvier 2013

Au Gué , Au Gué...

Le Cher est en crue et Anne (des Ocreries) et son mari ont passé leur nuit à sortir leurs chevaux d'un panouille comme seuls savent s'y mettre des chevaux, et j'imagine qu'ils ont du être à la peine car les chevaux ont horreur de marcher dans l'eau. Pourquoi? parce qu'ils ne voient pas où ils posent leurs pieds. Et comme pour les décider force et autorité ne peuvent rien, reste la ruse.

Le Pégason (dont j'ai souvent vanté les différents mérites) avait deux refus (entre autres): un certain fossé qui traversait un pré, qui n'était ni large ni profond, mais qui ne lui disait rien et un gué. Un gué où autrefois passaient des voitures à cheval, dans une rivière pas bien large et dont ce passage avait été pavé de larges dalles, dont l'eau était claire et ne montait pas plus haut que ses genoux; pas même de quoi lui mouiller le ventre. Mais ce gué, il ne l'aimait pas et était  fermement décidé à ne jamais le traverser.

J'étais moi-même décidée bien autrement. Passer par là m'évitait de suivre une route départementale, ce qui à cheval n'est jamais agréable et aussi ce chemin traversait un grand parc forestier, à l'ombre, au lieu de traveser les champs de céréales, qui par vent, par pluie ou par soleil n'abritent guère le cavalier.
Nous en étions là en une certaine fin de matinée, moi fermement résolue à traverser et Pégason tout autant résolu à ne pas se mouiller les pieds. Nous étions en pourparlers quand l'heure a sonné au clocher de l'église annonçant qu'il était midi, qu'on m'attendait à la maison, que nous devions regagner Paris le soir même et donc qu'aucune perte de temps n'était souhaitable. Le bon sens commandait de faire demi-tour de suivre la départementale en se garant des voitures (que Sa Majesté n'aimait pas non plus et s'évertuait à tenter de botter... pour leur apprendre!!) , puis à prendre le chemin qui traversait les cultures sous le soleil de midi, en plein cagnard.
Seulement, tous les cavaliers savent bien que, si on laisse le cheval refuser, il refusera toujours et j'en veux pour preuve son autre ennemi, le fossé. Je n'étais pas seule ce jour-là et des cavaliers expérimentés, des mecs, me trouvant trop douce avec mon Pégason, ont imaginé de lui faire franchir le fossé à coups de cravaches et de branches mortes sur la croupe, si bien que... à la nuit tombée, il a fallu soit contourner le fossé, soit dormir là. On a donc contourné et le cheval qui avait compris que le fossé n'était pas obligatoire, ne l'a JAMAIS sauté.
J'étais seule et ce gué, il allait le passer Rountoudjiou!!
Des jambes, des reins, de la voix j'ai voulu le faire avancer; aucun moyen de le tenir droit, il se tortillait comme une ver, tentant même sa célèbres descente d'épaule qui d'ordinaire entraînait la descente brutale du cavalier. Mais celle-là, je la connaissais bien... le temps passait, je commençais à fatiguer... pas lui!
Il a fallu ruser... j'ai mis pied à terre et je l'ai conduit en bride au bord de l'eau, je l'ai laissé boire et lui ai fait traverser l'eau en main, aller-retour. Je suis remontée en selle, pensant que maintenant il savait où il mettait les pieds et qu'il allait y aller... Tu parles! la comédie a recommencé.


Et puis l'idée est venue: je l'ai conduit au milieu de l'eau , en main, et c'est là que je lui ai grimpé sur le dos. Feinté le Pégason, il fallait bien qu'il aille quelque part; il n'y avait plus qu'à lui mettre le nez dans le bon sens et à regagner la rive. Félicitations, récompense et retraversée dans les deux sens à deux reprises...
Il n'était pas loin de quinze heures, l'accueil à la maison assez rock n'roll, mais ensuite et jusqu'à la fin de ses jours le Pégason a traversé l'eau et pas seulement ce gué , sans plus faire de manières.



4 commentaires:

anne des ocreries a dit…

Hé bé ! il t'en a fait voir, l'infâme ! nous, c'est pas qu'ils refusent, c'est qu'ils veulent qu'on soit DEVANT ! (enfin, pour les deux qui posent problèmes, à savoir les 2 plus petits ânes - les autres enquillent la flotte comme si c'était de l'air, posément, tranquillement.)

P a dit…

Oui, en fait, ça dépend des chevaux; lui avait comme excuse des pieds fragiles (ostéoarthrose). Et certes, il m'en a fait voir et d'autres que ce passage de gué, mais.... je l'aimais...

FRANKIE PAIN a dit…

la cavalière en séance de dressafge. je t'imagine bien
.pas mal tes renvoie sur tes autres blog
belle journée

Enitram a dit…

Oui, pour passer un gué la première fois rien ne vaut que de le passer en main et devant !Ainsi quand un cheval veut bien passer les autres peuvent suivre ! Un truc de cavalier de cross...
Incroyable toute cette eau dans nos campagnes !!!