samedi 28 novembre 2015

Pour les anti-drapeau

Le Drapeau, par Jean Zay.


Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays, Quinze millions dans tous les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?
Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicle sous tes plis
Je te hais au nom des squelettes… Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais à cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.
Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.

1924


Et ma réponse:Non, Claude! Pour une fois , je ne suis pas d’accord...
Nous avons face à nous, des gens prêts à se faire exploser pour défendre LEUR drapeau et leurs croyances et qui nous méprisent parce que nous méprisons notre drapeau et nos coutumes.
Nous avons sur les talons d’autres peut-être moins barbares à priori mais tout aussi dangereux pour nos libertés... ces gens suscités par un borgne et qui, pour cette raison ont la vue et les idées courtes. Ceux-là s’emparent des symboles qui sont la fierté de notre pays: Jeanne d’Arc qui à contribué sinon en fait , du moins en image, à faire d’une pauvre petit royaume avec à sa tête un roi doutant de sa légitimité, à en faire la France qui deviendra celle où nous vivons.
Quant au drapeau tricolore , il est issu de tout un peuple qui le premier de tous a réclamé et conquis sa Liberté. A sa suite, d’autres ont osé renverser leurs tyrans...
Alors bien sûr, ce symbole a été récupéré par des politiciens qui ont engendré ces quinze cent mille morts que pleure Jean Zay... Pardonnons-lui ces épithètes outrancières nées du chagrin et de la révolte devant ce massacre...
Mais aujourd’hui, le temps n’est plus au propos anarchistes ou libertaires (qui sont souvent les miens). Le temps est venu de s’unir pour empêcher la barbarie des uns et la volonté de pouvoir des autres de nous priver de cette liberté chèrement acquise. Le temps est venu de nous réunir et un drapeau se voit de loin surtout quand il est fait de couleurs éclatantes!
Non, je ne reprendrai pas les mots de Jean Zay... Oui, je mettrai un drapeau à ma porte pour signifier que la France est un pays LIBRE , où les hommes sont FRERES  et EGAUX.

2 commentaires:

Claude a dit…

Mais oui ma chère Pomme, je partage entièrement votre analyse de la situation que nous vivons actuellement, mais oui j'approuve les quelques trop rares familles qui ont arboré notre drapeau hier.
Quand nous lisons ce texte de Jean Zay, il nous étonne, et cela montre l'extraordinaire bouleversement de l'échelle des valeurs que nous vivons à grande vitesse.
Nous sommes entrés dans des temps nouveaux, rien ne sera plus comme avant.
Mais nous marchons sur un chemin inconnu que nous n'avons pas choisi, et nos cartes n'indiquent aucun chemin quand à la boussole elle est devenue folle ......

almanachronique a dit…

Aucune raison de désespérer; c'est du chaos que naît l'harmonie. Il faut hélas supporter le chaos!