lundi 22 juin 2009

Héra




Juin, comme son nom l’indique est consacré à Junon, que les Grecs appelaient Héra.
Héra est la première parmi les déesses de l’Olympe, et comme telle, l’épouse de Zeus, le Roi des Dieux. On dit aussi qu’elle est sa sœur.
Est-ce la raison pour laquelle elle refusa tout d’abord ce divin prétendant, ou bien parce qu’avant elle il avait eu déjà deux épouses , ce qui est un motif suffisant pour faire réfléchir une jeune fille raisonnable.
Toujours est-il que Zeus, Roi des Dieux, fut refusé par Héra. Refus qui ne le troubla guère. Quand Zeus convoite une femme, mortelle ou déesse, il sait se donner les moyens de l’obtenir. Il usa, cette fois encore, d’un moyen qui lui avait toujours réussi: la métamorphose.
Il choisit l’apparence d’un modeste coucou ; un pauvre petit coucou grelottant et mouillé, les plumes hérissées de froid.
La toute jeune déesse n’était pas encore cette Héra dont l’image altière traversera les siècles.
Emue, elle prend l’oiseau transi et le réchauffe entre ses seins. Zeus alors, fou de désir, redevient lui-même et enlace Héra qui, effrayée, indignée, tente de le repousser. Mais partant du principe qu’une femme souvent dit non en pensant oui, le Dieu passe outre, déchire sa tunique et la force à subir un sort que certaines hypocrites décriront plus tard comme « pire que la mort ». Mais comme Héra est immortelle, elle accepte ce sort et, convaincue par ces arguments sans réplique, accepte enfin de l’épouser.
Une noce splendide, au Mont Atlas, dans le jardin des Hespérides où la déesse fera planter l’arbre aux pommes d’or offert par Rhéa en présent nuptial ; arbre qui sera à l’origine de bien troublantes histoires.
En attendant, les nouveaux époux partent à Samos pour une lune de miel qui durera 300 ans ; nous sommes chez les Dieux , n’est-ce pas ?
La jeune mariée se révélera jalouse, et même violente, mais qui ne le deviendrait avec un époux tel que Zeus, qui passe son temps à trousser déesses et mortelles, sans parler des nymphes et autres créatures tentantes.
Pour le retenir, elle emprunte la ceinture d’Aphrodite. Mais le charme est de courte durée.
Alors Héra devient vindicative et poursuit de ses maléfices les amantes de Zeus et leur bâtarde progéniture. Lui, use de subterfuges pour les protéger mais n’hésite pas à user de sa foudre quand il le juge nécessaire. Les scènes de ménage font vibrer tout l’Olympe. Il est vrai que l’enfance du couple fraternel fut chaotique : avalés puis régurgités par leur père, enlevés et cachés par leur mère, confiés à d’improbables et étranges nourrices. De tels débuts dans la vie ne prédisposent pas à la douceur.
Héra pourtant n’est pas insoupçonnable, et Zeus fait semblant de la croire quand elle raconte avoir conçu Arès avec une fleur d’Aubépine.
Il leur arrive aussi, dans les temps d’accalmie, de discuter paisiblement. Zeus écoute les conseils de son épouse, lui confie parfois des secrets, mais il reste méfiant : il n’oubliera jamais qu’elle s’est alliée aux autres Olympiens pour conspirer contre lui.
On les voit philosopher sur des questions essentielles, et c’est ainsi que se glissa entre eux ce passionnant sujet de débat : le plaisir amoureux. Qui de l’homme ou de la femme jouit le plus intensément pendant l’amour ? Qu’ils soient d’accord vous aurait surpris ? Ne le soyez pas, ils ne le sont pas !
C’est la femme, soutient Zeus.
Bien, évidemment non, c’est l’homme, le contrarie Héra.
Et chacun d’avancer ses arguments sans parvenir à convaincre l’autre
Impossible de se mettre d’accord ; il faut un arbitre. Un seul être dans leur monde était capable de trancher le débat : Tirésias .
Tirésias était connu pour avoir dans sa jeunesse perturbé les amours de deux serpents, des serpents quelque peu sorciers qui, pour punir le gêneur l’avaient changé en femme. Il resta femme pendant sept ans jusqu’au jour où rencontrant à nouveau deux serpents amoureux, il ne pût s’empêcher de troubler à nouveau leurs ébats. Furieux les serpents- c’étaient les mêmes mais il n’avaient pas plus reconnu Tirésias que Tirésias ne les avait reconnus- jetèrent leur sort qui rétablit l’indiscret dans sa forme première.
Il était donc le seul être au monde qui pour avoir eu les deux natures était à même de les départager.
Tirésias répondit que si le plaisir se pouvait diviser en dix parties, la femme en possédait neuf et l’homme une. Héra le savait fort bien mais c’était là son secret et Zeus devait l’ignorer .Furieuse de le voir révélé, elle prive Tirésias de la vue et Zeus pour adoucir la peine lui donne le don de prophétie.

1 commentaire:

anne des ocreries a dit…

J'ai toujours su que nous étions nanties....hé hé.