A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

mercredi 17 mars 2010

A la mémoire d'une "Sauvage"

Il fait certains hivers des temps à ne pas mettre un chien dehors, ni non plus sa mémère..
Mais même par ces temps contrariants, il peut arriver des évènements. Par une année d'intempéries, la belle et douce Jasmine a démontré que même le pus civilisé des minets gardait au fond de lui l'instinct ancestral du marquage de territoire: la distinguée princesse, levait vers les murs une queue frémissante et lançait des pissous horizontaux et drus sur tout ce qui était à sa portée     . Elle sentait ses frontières menacées par un épouvantable minet sauvage qui rôdait depuis pas mal de temps dans le secteur..;
Et je trouvais injuste que ce salopard ait échappé à l'éleveur de faisans, quand tant de mes braves minets avaient disparu; Je craignais aussi qu'il n'attente à la vertu de ma beauté et qu'il lui fasse des bébés (une pilule est si vite oubliée par la mère d'une chatte, ou plus vite encore, recrachée discrétementpar la fille)  ou pire, qu'il lui colle des maladies, des puces  et autres calamités.
Ce minet sauvage, était présent mais invisible, vous  savez, comme font les chats; et puis, il a paru, furtivement. J'ai pu savoir qu'il était tigré et fort poilu;
Alors, on l'a entendu; un petit miaou assez grêle et timide qui s'accordait mal à la férocité supposée de la bête.
Je le redoutais, mais je le nourrissais; avec ce que dédaigne Jasmine, j'ai de quoi être charitable.
Alors,il est devenu moins furtif, mais toujours circonspect...
Mais voilà qu'en deux semaines, les choses se sont accélérées; car Bounty est entrée dans notre vie. Bounty est chien de berger et la destinée lui a donné pour mission de rassembler tout bétail qui traîne et de le ramener vivant au foyer.Le seul cheptel errant dans le secteur étant ce chat, elle a fait son devoir et par différentes manoeuvres de sa connaissance, elle l'a abordé, apprivoisé et poussé jusque sous mes fenêtres. Bientôt, le minet furtif et sauvage, devint un énergumène qui se montrait et réclamait aussi haut qu'il pouvait sa pitance, quand elle ne venait pas assez vite.
Un jour, j'ai pu le toucher; il s'est tortillé d'aise, la queue en l'air et pendant qu'il était tourné, j'ai pu constater une absence totale de bouboules qui expliquait sa voix ténue et haut perchée.
Le mieux aurait été qu'il fut castré, mais il pouvait aussi être une fille à la recherche d' un abri confortable pour accoucher des enfants bâtards des chats du fermier voisin. Ce n'était pas le cas; fille mais brehaigne.
En quelques jours, elle fut tous les soirs à la fenêtre. Bounty et moi n'aurions pas  demandé  mieux que de la laisser entrer, mais le GV n'était  pas d'accord, quant à Jasmine, elle l'a carrément foutue dehors.
Dans les box des chevaux défunts, entre les bottes de paille, je lui ai aménagé un lit douillet, fait d'une corbeille, de coussins et d'une couette de réforme. Elle avait son écuelle, des croquettes, de l'eau, des petits-suisses (les chats adorent les petits-suisses), tout comme la princesse. Ce qu'elle avait de plus, dont j'ai privé Jasmine, c'est la liberté.
Le bonheur a duré jusqu'à ce que je parte à Malte pour un mois de lectures, de contes et de conférences à l'Alliance Française.
Quand je suis rentrée, Jasmine était toujours là. Mais le GV avait trouvé insurmontable de nourrir la ménagerie pendant si longtemps et collé la chienne en pension; la "Sauvage" manquait à l'appel. Sans sa copine et sans sa nourrice, plus rien probablement ne l'attachait à ce jardin.
Je ne l'ai jamais revue. J'aime à penser quand je suis optimiste, qu' arrivée là par hasard, elle est partie comme elle était venue, quelle était de ces chats malencontreusement égarés qui parcourent les routes à la recherche de leur  foyer et qui parfois font halte dans des maisons hospitalières; je veux croire qu'elle a retrouvé sa vraie famille.
D'autres fois , je me dis qu'il est des inconséquences affectives difficiles à pardonner, mais qu'il faut vivre avec ses blessures. La cicatrice reste quand la douleur est calmée.
P.

1 commentaire:

anne des ocreries a dit…

Merci, Pomme ; dis donc, il est dur, le GV.