dimanche 3 juin 2012

Souvenir de voyage




17 04 O8
Que dire de Malte ?
Assez comparable au Mont Saint Michel : merveille architecturale, tellement envahie de touristes que l’effet en est gâché. Si on vient hors saison, il fait froid, de ce froid implacable des pays de soleil où l’on ne sait pas chauffer les maisons.
Tout autour de la merveille, une mer de tous les bleus possibles lèche timidement les pierres blondes des remparts.
Les Maltais ? Ils ont toujours été colonisés ; par les Phéniciens, les Romains, l’Europe entière sous l’espèce des Chevaliers, par les Anglais et désormais par les touristes.
Trop longtemps sous influence étrangère, ils ont acquis leur liberté, mais comme les prisonniers libérés, cette autonomie nouvelle les désoriente un peu. Ils sont européens et se veulent tant modernes qu’ils ont peu l’idée de chercher leurs racines.
L’Eglise catholique, omniprésente est leur principale mythologie.
A Rabat, ville ancienne qui jouxte Mdina qui fut capitale avant la construction de La Vallette, J’ai assisté à la fête de Saint Joseph : les rues sont parées d’oriflammes, de luminaires, de reposoirs ; partout des étals de bois décoré proposent des nougats, croquantes, beignets et pastizzis de toutes sortes. Il faut mentionner une variété de pastizzi étonnante : une pâte feuilletée fourrée de purée de pois chiches. Malte est venteuse, il faut pouvoir résister aux bourrasques.
Quand approche l’heure à laquelle on sort le saint de l’église pour la procession, les rues commencent à fourmiller de familles sur leur 31 (jean proscrit) ; parents, enfants et grands parents se pressent au portail de l’église ou vers les reposoirs où stationnera la procession. L’intérieur de l’église est entièrement tapissé de draperies rouge et or. Tous les autels sont fleuris, les cierges, les candélabres sont allumés. Devant l’autel, l’évêque et tout le clergé siègent, revêtus de capes de brocart jaune d’or et blanc. Derrière l’autel, un chœur d’hommes entonne des hymnes religieux.
Au-dehors la rue s’agite ; une fanfare la remonte tandis que l’autre la descend ; les gens suivent en cadence. Les musiciens se postent de part et d’autre du portail ; la musique cesse, la foule frémit. Des enfants de chœur, des notables, des ecclésiastiques apparaissent sur le parvis ; la foule applaudit, chante en frappant dans les mains ; la procession s’amorce.
Une nouvelle vague d’acclamations et d’applaudissements : des franciscains, sandales et robes de bure, s’avancent et vont prendre place. Encore des ecclésiastiques, encore des acclamations, cette fois d’une ferveur redoublée : l’évêque et le clergé en capes de brocart s’avancent et bénissent la foule ; on chante, on crie, on hisse à bout de bras des petits enfants…..

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