lundi 24 septembre 2012

De Bleuette à Barbie ou Baby Doll


Quand ma mère était enfant, on offrait aux petites filles la poupée "Bleuette". Poupée si emblématique qu'aujourd'hui des dames mûres la collectionnent, elle et ses toilettes et certaines on beaucoup de valeur. Bleuette était une filette à laquelle il fallait confectionner une garde-robe dont le magazine "La Semaine de Suzette" donnait les patrons; car les petites filles devaient apprendre à coudre pour plus tard savoir faire leurs robes et les vêtements de leurs enfants. Bleuette avait un petit frère dont j'ai oublié le nom, qui permettait d'apprendre à tricoter la layette. Bonne préparation à ce que les allemands appelaient les trois K: Kinder, Küche, Kirche.
Nous autres, repeuplement de la France oblige, on nous donnait des "baigneurs" . J'ai eu moi aussi ma poupée Raynal, dont je m'occupais peu; j'en avais d'autres, beaucoup d'autres. Parce que seule fille de la famille, tantes et grand-mères me gâtaient et aussi parce qu'à un moment de sa vie, mon père a représenté une marque de jouets et que les échantillons périmés tombaient entre mes mains. Bref, j'en avais assez pour les mettre en rang et leur faire la classe... de les soigner, nourrir et habiller, l'idée ne me venait pas...
.J'arrive à Barbie...les petites filles modernes n'ont plus à prendre soin d'une poupée bébé ou encore fillette comme elles; elles habillent, coiffent, jouent avec une jeune femme, leur future image...
Et quelle image! un jeune personne raide et sophistiquée, à l'élégance discutable... Le petites filles désormais jouent avec leur apparence et c'est un jeu qui peut être dangereux. De combien d'anorexies la silhouette de Barbie est-elle responsable? Et à quoi joue-t-on avec Barbie? à choisir des coiffures et des tenues.
Barbie , désormais a des professions, mais est-il raisonnable de commencer une vocation parce que le vêtement en est seyant, pour la forme avant le fond?
Evidemment, nos mères qui ont joué avec Bleuette ne sont pas toutes restées femmes au foyer et les mêmes qui ont bercé leurs baigneurs, ont réclamé et obtenu la contraception.
Mais j'ai assez de recul à présent pour savoir que Barbie a une influence plus grande que celle des poupées précédentes. J'ai vu d'adorables gamines se transformer en bombes sexuelles dès treize ans et d'autres tout aussi adorables se trouver en surpoids bien avant, pour n'avoir pas génétiquement la morphologie qui fait ressembler à Barbie.
Mon principal reproche envers Barbie, est de donner aux filles le culte de l'apparence, d'une apparence uniformisée qui leur fait oublier leur personnalité. Le culte de la forme et l'oubli du fond.

2 commentaires:

anne des ocreries a dit…

Pomme, il FAUT que tu lises l'excellent livre de Nancy Huston, "reflets dans un oeil d'homme", chez Actes Sud.

solveig a dit…

Les 3 K !oui, je m'en souviens.
Combien de générations de femmes y ont été soumises !