vendredi 19 octobre 2012

La pipelette...




Une espèce en voie de disparition : la concierge. La pipelette ainsi nommée non en raison de son intérêt pour les célébrités qui logent dans les étages qu’elle gouverne, mais parce qu’Eugène Sue, dans les « Mystères de Paris », que je ne saurais trop vous conseiller de relire, inventa les époux Pipelet, gardiens de l’immeuble, où vivait, entre autres personnages, la charmante Rigolette.
Muriel Barbery s’en souvenait-elle en écrivant « L Elégance du Hérisson » ?
Voilà un bouquin qui a fait un succès énorme ces derniers temps et je me demande bien pourquoi. Il est pas mal, d'accord et c'est vrai qu'il est bien écrit, mais enfin.... ce n'est pas « Les Mystères de Paris ».
Donc, l'histoire du "hérisson": dans un immeuble d'un quartier chic de Paris, la concierge est très laide et très intellectuelle. Sa laideur, elle ne peut la cacher, son intelligence, si; car elle s'imagine que la copropriété pourrait prendre ombrage de son aspiration au savoir.
C'est une gamine surdouée, la fille mal comprise d'une famille de bobos gauche caviar, qui va la première s'apercevoir de la réalité de la gardienne avec qui elle va sympathiser.
Un nouveau locataire emménage. C'est un japonais richissime et amateur d'art. Il va s'éprendre de la gardienne, qui, comme dans un conte de fées,sera transformée par l'amour.
Et puis je ne vous en dis pas plus; il vous faut encore des choses à découvrir le jour où vousaurez le livre entre les mains.
La différence première entre Eugène Sue et Muriel Barbery ? les époux Pipelets ont acquis l’immortalité et … impossible de me souvenir du nom de cette concierge.
En prime, le début des Mystères :
Le Tapis-franc
Le 13 décembre 1838, par une soirée pluvieuse et froide, un homme d’une taille athlétique, vêtu d’une mauvaise blouse, traversa le Pont au Change et s’enfonça dans la Cité, dédale de rues obscures, étroites, tortueuses, qui s’étend depuis le Palais-de-Justice jusqu’à Notre-Dame.
Le quartier du Palais-de-Justice, très-circonscrit, très-surveillé, sert pourtant d’asile ou de rendez-vous aux malfaiteurs de Paris. N’est-il pas étrange, ou plutôt fatal, qu’une irrésistible attraction fasse toujours graviter ces criminels autour du formidable tribunal qui les condamne à la prison, au bagne, à l’échafaud !
Cette nuit-là, donc, le vent s’engouffrait violemment dans les espèces de ruelles de ce lugubre quartier ; la lueur blafarde, vacillante, des réverbères agités par la bise, se reflétait dans le ruisseau d’eau noirâtre qui coulait au milieu des pavés fangeux.
Les maisons, couleur de boue, étaient percées de quelques rares fenêtres aux châssis vermoulus et presque sans carreaux. De noirs, d’infectes allées conduisaient à des escaliers plus noirs, plus infects encore, et si perpendiculaires, que l’on pouvait à peine les gravir à l’aide d’une corde à puits fixée aux murailles humides par des crampons de fer.
Le rez-de-chaussée de quelques-unes de ces maisons était occupé par des étalages de charbonniers, de tripiers, ou de revendeurs de mauvaises viandes.
Malgré le peu de valeur de ces denrées, la devanture de toutes ces misérables boutiques était grillagée de fer, tant les marchands redoutaient les audacieux voleurs de ce quartier.
L’homme dont nous parlons, en entrant dans la rue aux Fèves, située au centre de la Cité, ralentit beaucoup sa marche ; il se sentait sur son terrain.
Il vous reste à suivre Rodolphe dans l’île de la Cité …. Elle a bien changé !





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