A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

lundi 7 janvier 2013

Les souvenirs sont faits de çà...

C'est à Eric que vous devez le billet-souvenir du jour. Il nous a hier, offert un film pas trop jeune (1959) : Rue des Prairies. Un beau succès en son temps, un mélo bien ficelé, bien joué, bien filmé par Denys de la Patellière, produit par Ariane Mnouchkine. Gabin, Brasseur (Claude), Marie-JoséNat, Roger Dumas - qu'on entrevoyait hier au soir dans "Ensemble c'est tout" et qui a bien changé- tous y parlent un Audiard qui nous va droit au coeur; et tant de silhouettes devenues images leur répondent; des seconds rôles dont j'ai oublié le nom et dont les visages sont pourtant familiers... sauf un: Paul Frankeur, habituel interlocuteur de Gabin de film en film. La musique aussi une valse dont la ritournelle ponctue l'histoire au long des rues de Paris et de sa banlieue. Le Paris de mon enfance avec ses bus à plateforme, ses rues commerçantes et les marchandes de quatre saisons. On ne faisait pas ses "commissions" d'un seul coup dans une grande surface; on achetait la blanquette chez le boucher, le camembert chez la crémière ,le pain chez le boulanger et les fruits et légumes au "primeur". Un Paris qu'on voit disparaître tandis que s'étendent les chantiers des nouveaux immeubles , des ces "barres" plus confortables certes, avec des salles de bain et le chauffage central, mais qu'on démolit à présent tant elles ont privé leurs habitants de l'humanité du voisinage.
Paris et sa banlieue... le dimanche, on allait à L'Isle-Adam passer la journée: on s'y baignait, on y prenait des bains de soleil, on y déjeunait, on y dansait. C'était un endroit joyeux, populaire, ni chic ni cher, moins coûteux qu'Euro Disney. Ma mère nous y emmenait le dimanche, souvent une de ses copines nous accompagnait.
Je n'ai jamais dansé à l'Isle-Adam, je n'avais pas l'âge... ensuite, je suis devenue snob et j'allais chez Castel ou chez Régine, sans passer par la case Golf Drouot. Je regardais les autres danser: les filles portaient des jupons gonflés auxquels je n'avais pas droit. Ma mère travaillait dans la Haute-Couture et jamais Pierre Cardin n'a fait gonfler de jupons; tout était chez lui fluide, longiligne, géométrique et il me fallait suivre la ligne. Quelle mère, de nos jours, oserait imposer sa tenue à une adolescente? La mienne en son temps ne se posait pas ce genre de question: pour moi ni jeans, ni jupons, ce n'était pas "couture".
Heureusement, il y avait les vacances, tantes et grand-mères n'avaient pas ce souci; il y eut donc des étés à jupons qu'il n'était pas si facile de faire gonfler sous les jupes. Plus tard, on les a équipés de cerceaux de crin mais en attendant, il fallait ruser avec l'étoffe: on amidonnait, bien entendu et aussi il y avait des "trucs", comme sucrer l'eau de rinçage par exemple; pas vraiment efficace et assez collant en cas de grosse chaleur.
Le meilleur truc était celui des "trois jupons": il en fallait trois bien fournis en volants. Sur le premier on en posait un second à l'envers afin que les volants s'agrippant les uns aux autres augmentent le volume. Puis cet appareil était revêtu du troisième pour la beauté de la chose. Par là-dessus on posait la jupe froncée faite de vichy, de toile provençale ou de tapisserie; jupe qu'on avait soin de maintenir courte assez pour qu'on devine ses dessous.
Ainsi arnachées, dans la chaleur de l'été, chaussées de plates ballerines noires, nous déambulions, un panier à anse de corde dansant au bout du bras, sans trop nous préoccuper de la courtoisie suspecte de certains messieurs qui ne manquaient jamais de nous laisser passer devant dans les escaliers...
Ah... il faudra un jour que je vous parle de ce qui pouvait s'apercevoir sous les volants de nos jupons... le string n'avait pas été inventé alors...

PS: aurez-vous reconnu Mireille Darc???






3 commentaires:

solveig a dit…

Mais c'est de ma jeunesse que tu parles. J'ai connu le jupon "sucré" (qui posait un problème d'abeilles quand il séchait dehors !). Nous devions cela à Bardot, la même qui veut s'exiler aujourd'hui chez le démocrate Poutine ...

anne des ocreries a dit…

ça, pour un mélo, c'est un beau mélo ! mais j'ai aimé ce film. Et j'aurais bien giflé les deux petits merdeux "légitimes" du papa ! sales gosses.....

laurent a dit…

Ah L'Isle Adam, c'était ma petite escapade du dimanche après-midi.
Et comme Mériel n'est pas très loin, je me souviens encore du musée de Jean Gabin et de ses pas pour suivre le chemin de randonnée Sur les traces de Jean Gabin quand il gambadait en lisière de forêt. Passage obligé sur une croix érigée, après le cimetière. Intrigué à l'époque le jeune ado, par la stèle du marquis de Montebello, foudroyé en 1912. Gravé sur la statue "Vous ne savez ni le jour ni l'heure" C'est vieux tout ça!
Ça remonte à 20 ans.