mercredi 15 février 2012

Encore une histoire d’amour….


Voici deux ans, il est arrivé ceci : 


Voilà ce que ça donne aujourd’hui :











Passant chez Deef ce matin, j’ai appris qu’il est devenu l’heureux compagnon de Lilou, chienne Border Collie de son état
Forte d’une expérience de quatre années de cohabitation avec une , puis deux (comme vous avez pu le constater, Bounty a proliféré) congénères de Lilou, je me sens tenue, puisqu’aussi bien c’est aujourd’hui l’anniversaire de N°2 (Félicie pour l’état-civil et Filou pour les intimes), je me sens tenue donc, de rédiger à son intention ce petit manuel de savoir-vivre avec son Border.
En premier lieu, chacun sait que le Border est le plus intelligent des chiens, aussi n’oubliez jamais qu’en cas de mésentente ou d’incompréhension, ils ne viennent pas de la chienne mais de vous-même qui ne savez pas vous expliquer.
Le Border possède  des qualités innombrables sur lesquelles il n’est pas utile de revenir tant sont légions ses admirateurs.
Reste à passer sur quelques défauts minimes dont on a vite raison avec un peu de sens des négociations. La coercition est contre-productive et sérieusement déconseillée ; en effet, en cas d’engueulade, le Border s’affole, prend un air de chien maltraité propre à culpabiliser le redresseur de torts pour la journée entière et même au-delà ; le malheureux animal se réfugie alors sous un meuble et son désespoir peut le pousser à en ronger frénétiquement les pieds.
Voici démasqué un des défauts : ronger, dévorer. Bounty ne s’y est pas livrée, mais en revanche Félicie, pourtant convenablement nourrie et jamais punie en raison de maladies infantiles lui accordant toutes indulgences, Félicie à la forte dentition, s’y est livrée avec ardeur. Un nombre important de godasses y ont laissé la vie ; des pieds de chaises sont désormais customisés avec assez d’originalité ; des oreillers ont paru être passés dans les griffes de Jack l’Eventreur et un édredon y a laissé toutes ses plumes ; il m’a manqué ce jour-là un tonneau de goudron pour rendre justice à la façon du juge Lynch.
Puis le temps a passé et au moyen de quelques nonosses de substitution, la manie a disparu comme elle était venue. Le nonosse, il le faut costaud, sous peine de devoir être remplacé toutes les dix minutes. Le plus simple est de cuisiner régulièrement un pot-au-feu, l’os à moëlle étant celui qui s’avère le plus résistant.
Passons maintenant au péché de jeunesse par excellence, le pissou ; ici, dans la cuisine. Explication du spécialiste : si elle fait là et pas ailleurs, c’est qu’elle est propre et d’ailleurs, le border est un chien d’extérieur, pourquoi dort-il dans la maison ? Oui, pourquoi ??? L’idée étant quand même de ne pas manier le torchon avant le p’tit déj’, il a fallu agir.
Résolution du problème : blâme sévère et privation de gâteries matinales.  On désigne le méfait d’un doigt vengeur et l’on éructe : « Cochon ! Qu’estafé là ??? Va te cacher !!! ». On a fini par en venir à bout et il faut voir Bounty (c’était elle) courir le matin toute frétillante dans la cuisine pour me montrer que tout va bien et qu’elle mérite une récompense.
Tirer comme un bœuf sur la laisse ? Normal ! Le Border n’a nul besoin d’une laisse qui entraverait son action au cas où vous seriez en danger. Sa mission est de vous garder et de vous protéger ; ne gênez pas ses mouvements… enfin !!!  tout de même !!!
C’est d’ailleurs pour cette même raison qu’il poursuit avec ardeur tout véhicule proche ou lointain (et quand le véhicule a des phares allumés… ouch !!). Mais c’est également la raison pour laquelle vous le tenez en laisse puisque vous aussi, à tort ou a raison pensez que vous devez protéger votre chien. Il faut donc un peu de temps (et de patience) pour décoder la situation.
Premièrement, expliquer que les véhicules à roues, avec ou sans moteur, ne sont pas des prédateurs naturels de l’homme qui lui a été confié ; qu’au surplus, l’homme n’est pas un mouton ou quelque autre cheptel.
Dans un deuxième temps, lui confier autre chose à garder, du genre baballe ou petit bâton ; après un temps d’incertitude, confronté au dilemme chasser la voiture ou garder le bâton, le border se souviendra qu’il est avant tout un gardien et renoncera à la chasse.
Alors vous en viendrez enfin au problème de tirer sur la laisse, épisode qu’enseignent tous les manuels d’éducation canine.  Je pense qu’il serait judicieux de le faire lire aux chiennes également.
Reste les objets variés rapportés et déposés un peu partout. Le Border ne tente pas d’améliorer votre la décoration de votre intérieur, pas du tout ! Il vous offre des cadeaux, des jouets, il aime jouer et il vous aime ; il veut vous faire partager ses joies. Il vous rapporte des petits bâtons, des lapins ou des oiseaux morts pour que vous vous amusiez à les lancer au loin sans vous inquiéter ; il ne se lassera jamais de vous les rapporter. Si vous trouvez ces jouets un peu salissants, dites-lui que vous préférez les ballons par exemple, il ne se vexera pas… il aime tant à vous faire plaisir !
Mais on ne peut pas jouer toute la journée, le border le comprend parfaitement et n’hésitera pas à vous seconder dans vos tâches ; aussi n’hésitez pas à lui confier vos outils ! A ce stade, il est admis de tricher un peu : vous utilisez un stylo, confiez-lui un os en caoutchouc ; il s’endormira le nez dessus tandis que vous écrirez et sa conscience sera tranquille.
Ce chien si attentif a aussi besoin de détente : offrez-lui un frisbee, il fera des cabrioles étonnantes. Apprenez-lui quelques tours simples : faire le beau, saluer, donner la patte (Bonjour madame, chez nous), rouler, faire des huit entre les jambes, marcher en slalom et en mesure et plus si affinités…
Et n’oubliez pas les longues marches en forêt, où il tentera bien de rassembler quelques biches ou chevreuils pour vous les offrir ; rassurez dans ce cas le garde-chasse : le border rassemble mais ne dévore pas (les chaises, oui ! les biches non !). D’ailleurs c’est un chien mieux toléré par les gardes forestiers que l’épagneul ou le labrador…
Comment en finir avec cet hymne à la gloire du Border ?... de manière abrupte puisque voici Bounty (c’est la noire) qui arrive frétillante et armée d’un morceau de bois… assez écrit pour aujourd’hui, il est temps de m’occuper d’elles…

7 commentaires:

seb haton a dit…

Magnifique ode à la gloire des borders, écrit avec un humour et une sincérité aussi grinçants l'un que l'autre ;-))
J'en ai autant à dire de nos petits lévriers. C'est étrange comme elles sont nombreuses, les "plus intelligentes races de chiens du monde" ;-)
Bise,
s.h.

anne des ocreries a dit…

Oh, BRAVO, Pomme ! j'ai adoré ton billet !! ah, il m'a semblé y être de nouveau, dans ta jolie maison !

deef a dit…

Bravo, tu m'as bien fait sourire et tu as raison sur toute la ligne... ou presque : je maintiens que de temps en temps, il faut être un peu ferme ou bien on se fait "marcher dessus".
Concernant le "défaut" de ronger, Lilou nous a relativement épargnés de ce point de vue et de toute façon, je lui ai tout de suite acheté des os en peau de buffle compressés et des oreilles de porc séchées dont elle raffole littéralement.
Le frisbee, j'y avais déjà pensé et il faut absolument que j'en trouve un. Sinon, les petits ballons, pas trop gonflés aussi, la Lilou en est dingue. Ça fait une déjeuner de soleil, mais c'est pas grave^^
Pour la laisse, ça s'arrange peu à peu : le collier étrangleur est quand même efficace. Je sais bien que c'est un chien de grands espaces mais chez nous, pas de forêts où je pourrais la laisser gambader libre en toute sécurité. Ou alors il faudrait aller très loin, trop loin pour des balades quotidiennes. Elle doit d'abord apprendre, et les choses se font peu à peu, avant que (et crois-moi, c'est mon souhait le plus cher) je puisse la laisser libre de marcher avec moi sans laisse.
Le seul hic dans tout ça, c'est que, en fin de compte, Lilou n'est pas ma chienne... Et que donc, toute cette éducation, ce n'est pas vraiment à moi de la faire.

almanachronique a dit…

Deef/ Tu as raison pour la fermeté, si je fais mine d'être gardée par ma chienne, il n'empêche que j'élève la voix quand elle abuse; mais ce qui est certain, c'est que chaque fois qu'on m'a donné un "code" ou que j'ai trouvé une ruse pour remplacer la coercition, le résultat a été plus efficace.
Oui, Seb/ Notre chien fait forcément partie des "plus intelligents du monde; j'ai naguère soutenu que c'étaient les Cavaliers King Charles; en vrai je crois que c'est le caniche le plus intelligent!
Anne/ J'espère bien qu'on t'y reverras dans ma maison (les autres aussi sont invités); les "Envies de Jardin sont les 19 et 20 mai cette année. j'ai du retard de commentaires chez toi; la faute à Orange qui me fait damner ces jours-ci...
Bises P

Marité a dit…

Ah voilà, je me disais bien que la personne la plus apte à répondre aux problèmes de Deef c'était toi Pomme.
Tu as de l'expérience et surtout de l'amour pour ces borders...
Et je confirme, chez nos amis du Cantal, j'ai côtoyé leur border durant une semaine, c'est un chien extraordinaire.
BISOUS.

FRANKIE PAIN a dit…

beau cahier pour tes borders et cela me fais palaisir de les voir tes petites
superbe
bon anniversaire à filou de tata frankie

CLAIRE DESCAMPS a dit…

oh j'adore ces chiens là... et que je me sens seule de ne plus avoir de chien sur les chemins et à la maison... depuis la mort de Polaire mon homme ne veut plus de chien... fil à la patte... mais comme cela me manque... du coup je vais essayer d'en garder gratos pour rendre service à ceux qui en ont mais on un fil à la patte pour partir. ça ne remplacera pas un compagnon de tous les jours mais bon...
merci pour ce superbe billet!