mercredi 5 mars 2014

Chronique de par ici...

Une empoisonneuse-



Après le sanglant règlement de  comptes de 1669  et les condamnations qui ont suivi,  Blévy connut encore en 1670 un hiver des plus rudes, puis si l’on excepte quelques phénomènes  météorologiques, des crues de la Blaise fortes à emporter les ponts, une assez longue période de calme. Une dizaine d’années toutefois, pas plus.
 En 1681, les affaires  reprennent : l’épouse de Philippe Chesnay de Blévy accoucha  d’une fille le mardi 5 mai. La chose n’a rien d’exceptionnel me direz-vous. Certes, mais le mercredi 20 mai, soit deux semaines plus tard , les douleurs tenaillèrent de nouveau la jeune femme qui accoucha d’une garçon. On s’en étonna fort, on en parla beaucoup car personne n’avait alors vu chose semblable et je crains fort qu’on ne l’ait guère revu depuis.
Petit évènement bien sûr si on le compare à la geste des saint Bonnet ou au massacre de l’église, mais petit fait précurseur de bien d’autres.
L’année suivante, on soupçonna un crime. Monsieur de la Lucazière avait une sœur, Madame de Saint- Marclou, qui était venu chez lui en visite. Elle se portait fort bien mais suivait de très près les modes. La mode à Paris et à la cour en ce temps-là, était de se purger. Madame de Saint-Marclou voulait vivre à la campagne comme à Paris envoya son domestique à Brezolles chez Madame Boutroux l’apothicaire pour avoir du cristal et diverses autres drogues afin de composer sa médecine.
Médecine qu’elle fabriqua et qu’elle prit. Et voilà qu’en un rien de temps, la jeune femme en parfaite santé se trouva mourante. On envoya chercher médecins et chirurgiens qui analysèrent la potion et y découvrirent du sublimé qui est du chlorure de mercure, un poison particulièrement dangereux. On jeta la drogue et le domestique retourna bien vite chez Madame Boutroux chercher de quoi soulager sa maîtresse. Madame Boutroux consciencieuse lui remit les mêmes ingrédients. Madame de Saint-Marclou se trouvait de plus en plus mal. Aucun des divers soins et remèdes administrés  par les médecins accourus à son chevet ne sut lui procurer de soulagement. La malheureuse femme ne manqua pas de trépasser le lendemain.

La mode était aussi des empoisonneues.  Une mode qui venait de la Cour. Chance, on en soupçonnait une dans les environs : Madame Boutroux fut arrêtée, emprisonnée, accusée d’empoisonnement prémédité et il lui en coûta beaucoup d’argent pour démontrer son innocence et sa sottise.

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