mercredi 9 décembre 2015

Le co-voiturage, c’est pas si simple !



Mon souci du respect de l’environnement ne date pas d’hier…  J’avais à peine 6 ans quand j’ai passé tout un après-midi en forêt avec un trognon de pomme dans la main. On m’avait dit qu’il ne fallait rien jeter dans la nature, alors j’ai attendu d’être rentrée à la maison pour le mettre fièrement à la poubelle. C’est dur pour un enfant qui attend des félicitations de se faire traiter d’andouille… mais bon… c’est la dure école de la vie et mes convictions n’ont pas été ébranlées pour autant.
A la maison, on pratique le tri, on a remplacé la baignoire par une douche, les ampoules sont laides (je sais pas la vraie orthographe), le potager est en permaculture, on broie et récupère les tontes de gazon et la taille des arbustes, les croûtes de pain vont aux ânes, chevaux et poules quand je n’en fais pas du pudding et j’en passe…
Bémol, nos voitures roulent au diésel… parce qu’elles ne sont pas neuves et que les carcasses de voitures, ça pollue aussi. Mais elles sont bien entretenues, bien réglées et en ville nous les laissons au parking. Jamais la mienne n’entre dans Paris ; elle m’attend sagement à une porte. Pourtant, ces derniers jours, j’ai trouvé cette mesure encore insuffisante et j’ai proposé à mon frère, qui se rend à Paris plusieurs fois par semaine de nous co-voiturer et nous avons commencé hier…
Tout a bien débuté : il avait à faire à Orly et moi sur la Rive Gauche. Comme nous venons de l’ouest, il me dépose à Versailles où il y a des trains pour Montparnasse quasiment toutes les dix minutes. En moins d’une demi-heure je suis à Montparnasse et là, ça se gâte un peu : il pleut des cordes. Pas de parapluie, pas de couvercle… sur les trottoirs, on prend non seulement la pluie mais encore ce qui dégoûte des stores et autres balcons… Ca mouille, c’est froid, mais la providence est avec moi, j’arrive à trouver ce que je cherche là où je le cherche et mes courses sont assez vite bouclées dans un périmètre restreint. Néanmoins, je suis trempée et je vais me réconforter dans un bistrot germanopratin bien connu où le chocolat est une merveille.
J’avertis mon frère que je suis posée ; il me dit que dans une heure à peu près, il se garera devant l’église d’où il me sonnera. L’heure s’écoule, j’observe la faune qui désormais m’est inconnue, je griffonne sur un carnet… Mon stylo tombe en panne mais dans ce lieu hospitalier on peut demander un dépannage aux garçons.
C’est là que tout commence à se gâter… mon téléphone vibre… mon frère est en panne porte de Gentilly ; la batterie probablement ou pire, on ne sait pas ;  il attend la dépanneuse. Du coup, je décide de remonter à Montparnasse et de prendre le train. Il faut prévenir le Cap’tain de ce navire de venir me récupérer à la gare. Ce n’est pas le plus simple : répondre au téléphone est une tâche qui m’incombe usuellement et là… je n’y suis pas… D’autant plus que dans le vacarme des annonces de la gare, la messagerie m’informe qu’elle n’a pas compris mon message et me raccroche au nez… Je vous passe mes différentes altercations avec les machines distributrices de billets qui ne reconnaissent pas mon titre de paiement ; puisque je vous écris, c’est que j’ai trouvé un être humain derrière un guichet, que j’ai pu avoir un billet, que j’ai trouvé la cachette de la machine à composter et que j’ai pu m’asseoir dans un train, appeler à la maison et me faire récupérer à la gare de Dreux..
C’est fini ! mais non ! le train n’était pas encore arrivé à Versailles que le téléphone a vibré : la panne était plus grave que prévu ; la voiture en rade aux portes de Paris, mon frère était en route pour Montparnasse… où il a pris un train qui me laissait juste le temps de rentrer à la maison et de retourner à Dreux pour le rapatrier.
Heureusement ! dans le champ de ruine que sont actuellement les abords de la gare, brillait une lumière : celle du « Cambodge » le restaurant asiatique qui survit là depuis des décennies, on se demande comment vu son taux de fréquentation. Nos tribulations ont été une aubaine pour lui !
Nous avons tous dormi dans nos lits, mais ce n’est pas fini ! la voiture malade est toujours aux portes de Paris où il va bien falloir aller la récupérer dès qu’elle sera convalescente….

Tout ceci pour conclure que le covoiturage… non, ce n’est pas simple !

2 commentaires:

Gine Proz a dit…

Je m'excuse, mais j'en ris encore! ça c'est l'aventure!!!

LOU a dit…

Ah misère, et peau de banane !!! Yeux grands ouverts pour ne rien perdre du récit, presque haletante, suis... :)