A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

lundi 20 avril 2020

Le chat et le merle


Les merles sifflent à cœur joie et sautillent de trilles en roulades. Le jeune Mimile tapi dans l’herbe les observe ; ce sont de beaux jouets, il voudrait bien en attraper un mais le merle est malin. Il anticipe le bond du petit fauve et va le narguer sur une branche basse du noisetier. Mimile saute, le merle saute aussi plus haut. Mimile grimpe sur les branches de plus en plus frêles et je me souviens de Pompon.

Pompon je ne l’ai pas connu mais il fut un des ces chats légendaires dont les familles gardent la mémoire. Il était noir et très poilu. Les gens du quartier l’avaient surnommé le « Chat en Culottes de Golf ». Il avait coutume de somnoler sur le rebord de la fenêtre de la cuisine. Si je n’ai pas connu Pompon, j’ai bien connu les lieux.

Donc Pompon dormait au soleil, comme dorment les chats avec vigilance. Un merle, toujours le même venait lui siffler aux oreilles,  perché sur la rambarde de la fenêtre. Pompon frémissait des moustaches, dressait les oreilles mais avant qu’il ait pu ouvrir les yeux, le merle avait sauté sur le mur qui séparait notre jardin de celui des voisins, à peine un mètre plus bas. Pompon bien réveillé ajustait un bond mais avant qu’il ait atterri, le merle avait reculé. Alors, le merle sautant et le chat rampant les deux progressaient jusqu’à un érable au feuillage panaché jaune et vert. Oui l’arbre, je l’ai connu. Un arbre vit plus longtemps qu’un chat.

Et là commençait une lente progression de branche en branche vers les hauteurs jusqu’au moment où le chat, prédateur oubliant toute prudence et son poids qui était m’a-t-on raconté respectable pour un chat, atteignait les branches trop minces et dégringolait jusqu’au pied de l’arbre tandis que le merle s’envolait en sifflant un air de victoire.

Aucun commentaire: