A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

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mercredi 16 avril 2014

L'ami Jean...

"L'innocente beauté des jardins et des jours
Allait faire à jamais le charme de ma vie!"


Gracieuse profession de foi qu'on a envie d'adopter. C'est celle du plus illustre enfant de Château-Thierry. Un enfant si sérieux qu'il eut le désir d'entrer dans les ordres. Mais le bref séjour que fit le jeune La Fontaine- puisque c'est de lui que nous parlons- à l'Oratoire lui fit comprendre qu'à 20 ans, il est bien difficile de renoncer aux plaisirs de la vie et aux amis.
Fils peu contestataire, il épouse sans enthousiasme , mais pour ne pas contrarier son père. Un jeune fille  de 11 ans sa cadette et dont il n'est pas épris. La séparation aura lieu en 1671. 
Un autre désir de son père, mais qui lui convenait mieux était qu'il prit le poste officiel de contrôleur des eaux et forêts. Un poste selon ses goûts qui lui donnait la douce obligation de se promener et d'observer la nature.
En 1658, Jean de La Fontaine est présenté à Fouquet. Le voici pour son plus grand bonheur, poète à gage du surintendant. Vaux-le-Vicomte est un paradis baroque conforme à ses gôuts; il y rencontre de nombreux artistes et hommes de grand talent et devint l'ami de Le Nôtre. Bonheur fragile: en 1661, Fouquet est arrêté. Le si léger poète fait montre d'une rare fidélité envers le disgracié. L'Elégie aux Nymphes de Vaux est un plaidoyer en faveur de son ex protecteur:

Remplissez l'air de cris en vos grottes profondes;
Pleurez, Nymphes de Vaux, faites croître vos ondes....
... Oronte est à présent un objet de clémence;
S'il a cru les conseils d'une aveugle puissance,
Il est assez puni par son sort rigoureux;
E c'est être innocent que d'être malheureux.

Il va sans dire que cette démarche déplut au monarque. Mais de cette disgrâce, La Fontaine se soucia peu. Libertin au vrai sens du terme, il n'avait que faire des plaisirs officiels et ruineux qui se dispensaient à Versailles.
Il lui fallait néanmoins gagner sa vie; il entra dans la maison de la duchesse d'Orléans comme gentilhomme servant. Une sinécure qui se prolongea neuf ans. Neuf années qui lui permirent de composer les Contes, les Amours de Psyché et Cupidon et bien entendu les Fables. Il est désormais célèbre. 
Il passe de la duchesse d'Orléans à la plus exquise des femmes savantes, madame de la Sablière avec qui il noue une amitié qui durera douze ans. C'est chez elle qu'il finira ses fables, un "Carnaval des Animaux" qui dresse le  portrait sans concessions des personnages de son temps.
On connaît La Fontaine pour un épicurien, un galant toujours vert amoureux des femmes autant que de la nature; mais il est aussi un moraliste, un subtil analyste de l'âme humaine, un homme de principe qui n'hésite pas à lutter pour ses idées. Ainsi vers la fin du siècle éclate la Querelle des Anciens et des Modernes. Un combat ou les armes étaient plus souvent des épigrammes que des épées. Tenants des Anciens: Boileau, Racine, La Bruyère et La Fontaine qui soutenaient que toute création devait passer au crible des auteurs antiques. Tous étaient passionnés de poèsie grecque qu'ils traduisaient à longueur de temps.
Les Modernes ne juraient que par la Science, le Progrès, l'expérience et un style nouveau. Ils étaient menés par Charles Perrault qui paradoxalement remit au goût du jour les "Contes de Bonnes Femmes" qui sont encore les plus connus à l'heure actuelle. C'est ainsi que le temps a réconcilié les adversaires: le Loup et l'Agneau, le Corbeau et le Renard, la Cigale et la Fourmi, font bon ménage dans nos mémoires avec Cendrillon, Peau d'Âne et le Chat Botté.


lundi 3 décembre 2012

Invitation



... Volupté, Volupté, qui fut jadis maîtresse
Du plus bel esprit de la Grèce,
Ne me dédaigne pas, viens-t'en loger chez moi;
Tu n'y seras pas sans emploi.
J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique.
Viens donc; et de ce bien, ô douce Volupté,
Veux-tu savoir du vrai la mesure certaine?
Il m'en faut tout au moins un siècle bien compté;
Car trente ans, ce n'est pas la peine.

Jean de La Fontaine

lundi 22 août 2011

On n'en finit jamais avec les ânes...



Et que m'importe donc, dit l'âne, à qui je sois? 
            Sauvez-vous, et me laissez paître. 
            Notre ennemi, c'est notre maître :
            Je vous le dis en bon françois

(La Fontaine)



Claude

Euh... Claude... âne pour moi est un compliment; je viens de passer deux jours au milieu d'eux   et j'y serais bien restée...

samedi 24 juillet 2010

Roses d'été



Amants, heureux amants, voulez-vous voyager?
Que ce soit aux rives prochaines.
Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,
Toujours divers, toujours nouveau;
Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste.
J'ai quelquefois aimé: je n'aurais pas alors
Contre le Louvre et ses trésors,
Contre le firmament et la voûte céleste,
Changé les bois, changé les lieux
Honorés par les pas
De l'aimable et jeune bergère
Pour qui, sous le fils de Cythère,
Je servis engagé par mes premiers serments.
Hélas! quand reviendront de semblables moments?
Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète?
Ah! si mon coeur osait encore se renflammer?
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête?
Ai-je passé le temps d'aimer?

Jean de La Fontaine

dimanche 11 octobre 2009

Jours devenus moments, moments filés de soie,
Délicieux moments, vous ne reviendrez plus....

LA FONTAINE