A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

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mercredi 30 janvier 2013

Fatalité!

Un homme est mort cette semaine. Il a pris une balle dans la tête et c'est la faute à pas de chance!

Parce que voyez-vous, les sangliers ont le cuir si dur que, quand on leur tire dessus, une balle peut ricocher et, la perverse, trouver le moyen de traverser les airs en sens inverse sur près de 200m, pour aller se loger dans la tête d'un automobiliste sans discipline.
Il n'aurait pas dû, cet homme, circuler sur une route (une route, hein! pas un chemin forestier) sur la route donc, qu'il empruntait chaque jour pour conduire sa compagne sur le lieu de son travail.

Non, il n'aurait pas dû l'emprunter un jour de battue au sanglier, car lorsque les chasseurs, ces amis et protecteurs de la nature se déploient, rien ni personne ne doit entraver leur mouvement.
Le chasseur chasse, le passant passe et tant pis si la balle du chasseur passe à travers le passant. Car on sait bien qu'un chasseur responsable ne tire JAMAIS en direction de la route (ni des maisons d'ailleurs); c'est interdit et contraire aux lois de la chasse. Aussi l'irresponsable ne peut être que celui ou celle qui par mésaventure croise la trajectoire de la balle; il n'avait pas à se trouver là puisque c'est bien connu, les balles ricochent sur le cuir dur d'un sanglier: tous les membres de la partie de chasse peuvent en témoigner.
Comme auraient pu témoigner en cas d'accident ceux qui un certain jour du dernier automne étaient en "action de chasse", c'est le terme , en lisière d'un bois proche de chez moi. postés le long de la route que j'emprunte quotidiennement; ils lui tournaient le dos, certes, et moi j'allais au pas, en seconde, pour respecter leurs chiens qui respectent diversement les ordres. Un faisan a pris son envol dans ma direction et un des chasseurs afait volte-face et le fusil a décrit une arabesque en direction du volatile; le coup est parti au-dessus de ma  tête; le faisan est tombé dans le champ d'en face et moi, après avoir sursauté, le coeur battant et blême de frayeur, j'ai baissé ma vitre pour lui faire entendre mon point de vue sur sa façon de respecter les lois de la chasse.
-"Oh, mais , m'a répondu le connard, j'ai tiré au-dessus de vous!"
Encore heureux! Ses compères se sont rapprochés, tous étaient prêts à témoigner que jamais aucun  de ces bons apôtres n'avaient fait face à la route.
Donner suite? Appeler le garde-chasse  puisqu'il en existe un? J'étais seule, ils étaient douze; j'ai un chat, des chiens, des poneys dans un pré ; ils ont des fusils....

Un chat vous parle au jardin et le partriole s'envole dans les contes

mardi 6 septembre 2011

La Chasse


Brouillards d’automne
Beau temps nous donnent



Brouillards d’automne
Beau temps nous donnent


LA CHASSE

Les cris des chiens, les voix du cor
Sonnent dans les bois de Ferrières ;
L’écho de ces rumeurs guerrières
Epouvante le frais décor.

Les habits d’écarlate et d’or
Resplendissent dans les clairières ;
Les cris des chiens, les voix du cor
Sonnent dans les bois de Ferrières.

Les meutes ont pris leur essor,
Et le cerf dans les fondrières
Fuit, sentant leurs dents meurtrières ;
Mais partout il retrouve encore
Les cris des chiens, les voix du cor.

Théodore de Banville Les exilées. Rondels



A la mi-septembre, quand la nuit tombe, on peut entendre dans les bois bramer du cerf : une sorte d’aboiement rauque, un éternuement énorme qui fait songer à des êtres fantastiques. Mais rien que de naturel, c’est juste le cerf qui appelle ses biches.
Réputé dépourvu de fiel, il n’en est pas moins un mâle jaloux qui ne tolère aucun rival : si un jeune présomptueux tente de lui disputer sa harde, il le provoque en un duel parfois mortel, car il peut arriver au cours du combat, que les bois s’entremêlent. Les deux cerfs, ainsi immobilisés sont condamnés à mourir de faim, de soif et d’épuisement.
C’est pourquoi les gardes-chasse, quand deux mâles se disputent un territoire, en choisissent un qui sera sacrifié au cours d’une chasse.
La chasse à courre n’est pas, quand les règles de vénerie sont respectées, aussi cruelle qu’on veut bien l’affirmer. On ne court qu’un seul animal, celui qui doit disparaître. Et encore a-t-il toutes ses chances car le cerf est rusé. Quand il est fatigué, il se cache et un autre cerf prend le relais qui fatigue chasseurs et chevaux : il « donne le change » et comme on ne doit courir que la bête désignée, il faut retrouver sa « voie ». Les chiens ne s’y trompent pas, leurs aboiements disent l’ampleur de leur désarroi. Aussi le cerf poursuivi n’est-il  pas toujours pris et en tout cas, jamais on ne laisse un animal épuisé mourir lentement à la merci d’éventuels prédateurs. Quand il est pris, on l’achève au poignard. Cela s’appelle le « servir ». On utilise de nos jours où l’on manie moins couramment l’arme blanche, un fusil.
La chasse à courre (que je n’aime ni ne pratique), est moins scandaleuse que la corrida puisqu’elle a au moins une utilité : éliminer un animal pour éviter la mort de deux.
Les hommes ont de tout temps chassé le cerf, animal si utile à leur survie qu’il fut divinisé.
Hésiode qui lui attribuait mille ans de longévité – mais Hésiode était un poète – a contribué à en faire un symbole de l’éternité.
Tout, dans le cerf, était utilisé : la viande, la peau, les os, les tendons et sa ramure dont se paraient chefs et chamans. Sous le nom de trophée, elle orne encore de nos jours les salles des châteaux.
Quand l’humanité s’est hiérarchisée, les seigneurs se sont réservé le droit de chasse en général et du cerf en particulier. On raconte que l’empereur byzantin Andronic faisait poser des cornes sur les demeures des femmes qui avaient eu ses faveurs, donnant ainsi à leurs époux le droit de chasser le cerf ; d’où est venue l’expression : porter des cornes.



jeudi 16 septembre 2010