A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

mardi 9 février 2021

Lire et relire

 


LA CHEVAUCHEE des STEPPES

Dans les foulées sauvages de Tamerlan et de Gengis Khan au pas d’Ouroz, Bucéphale et Boris, trois chevaux courageux dont il sait à l’avance le chagrin qu’il éprouvera à les quitter, Sylvain Tesson nous entraîne dans un périple de 3000 km à travers les steppes de l’Asie centrale, des montagnes célestes à la mer d’Arral.

Le souci constant du bien-être des montures souvent mises en danger par les aléas du terrain, la difficulté de leur trouver de l’eau, du grain, du fourrage, même les indispensables soins vétérinaires et l’entretien des pieds ; les tracas administratifs aux passages des frontières par les anciens cavaliers mongols devenus fonctionnaires regrettant le bon temps de la Russie soviétique ;les plaines marécageuses, les versants escarpés des montagnes, les sables du désert, Samarcande la mythique , Boukhara aux coupoles d’azur.

Pour finir à la désolation de la mer d’Arral bue par les champs de coton.

C’est ce que nous racontent Sylvain Tesson et Priscilla Telmon. Un voyage qui fait du bien quand on ne peut guère sortir de son périmètre.

vendredi 15 janvier 2021

Mobilier urbain

 Il faut le savoir, un arbre en ville est considéré comme mobilier urbain et à ce titre il peut être déplacé comme n’importe quel banc public ou abribus en fonction des aménagements décidés par les élus.

Seulement un arbre surtout grand ne se déplace pas. On ne peut que l’abattre. Seulement les élus ont des électeurs dont certains hurluberlus qui s’imaginent que les arbres sont des êtres vivants. Les élus tiennent à leurs postes et ne souhaitent mécontenter personne. Alors ce grand arbre qui tient trop de place est décrété vieux, malade et partant dangereux et comme les élus sont soucieux du bien être de leurs concitoyens c’est la mort dans l’âme qu’ils votent la mort de l’arbre.

Ainsi du grand arbre, un sophora plus que centenaire qui ombrageait le parking de la gare de Dreux. La gare et ses alentours ont été réaménagés et le sophora … hé bien, il était vieux et partant malade et ses énormes branches auraient pu tomber sur des voitures ou pire , des voyageurs !

Oh le hurlement des tronçonneuses qui vrille les oreilles et pénètre jusqu’au cœur… oh le fracas des branches qui s’écroulent dans le froissement des feuilles ! Pour panser la douleur il avait été décidé de planter un jeune arbre, un arbre « emblématique » : un chêne, un hêtre en tout cas un grand arbre. C’était en 2018.

Depuis on a vu pousser des sortes de cornets à frites rouges emmanchés sur des tiges grises ni droites ni spiralées, juste tordues le tout dans une matière improbable qui n’a en tout cas rien de naturel,  mais aucun jeune arbre.

Notre époque est bien indulgente envers les coupeurs d’arbres. Il en était autrement au 18° siècle. Témoin cet arrêt de la cour du Parlement :

« Nous, condamnons Charles Moulin à être attaché au carcan par l’exécuteur de la haute justice à un poteau qui, pour cet effet, sera planté sur la place publique de la ville de Coucy et y demeurera un jour de marché pendant deux heures ayant un écrit devant et derrière portant ces mots : coupeur d’arbres, et au dit lieu flétri des trois lettres GAL ; ce fait être mené et conduit aux galères du roi comme forçat pendant trois ans. »





 

vendredi 11 décembre 2020

Considérations sur les "malheurs" de notre temps.

 Chers habitants de notre belle planète, le propos qui va suivre n'est pas celui que vous souhaiteriez entendre, cependant il est celui qu'il vous faudrait écouter.

Depuis des lustres, des lanceurs d'alerte nous ont averti que notre mode de vie préjudiciable à la vie de la planète allait provoquer des catastrophes: séismes, inondations et aussi la circulation de virus jusqu'alors inconnus. C'est arrivé! La terre entière est frappée d'une maladie qui a provoqué le désarroi du monde scientifique et médical autant que de nos gouvernants.
Rendons hommage à la rapidité avec laquelle les laboratoires se sont mobilisés à la recherche de vaccins et de remèdes quand on songe au temps qu'il a fallu depuis la première "vaccine" au 18° siècle et sinon l'éradication mais le traitement de maladies jusqu'alors mortelles telles que la variole, la tuberculose et plus près de nous le sida, avec lequel désormais on peut vivre.
Ce virus qui nous menace et nous prive de la vie confortable et insouciante que, -du moins dans nos pays privilégiés-, nous trouvions normal de mener, nous entrave.
Entrave particulièrement sensible à la veille des fêtes de fin d'année et des vacances de neige. Plutôt que nous en attrister, plutôt que nous révolter, songeons à réfléchir au soulagement que ce que nous considérons comme des privations va apporter à la Terre.
Nous serons privés de sports d'hiver. Vraiment? Est-il censé de dévaler une pente à toute allure au risque de se briser un membre pour ensuite faire une longue queue pour remonter? Remonte-pentes et canons à neige sont-ils ce que la Montagne préfère? On peut tout aussi bien profiter de l'environnement en raquettes, en traîneau à chiens ou en ballade dans les chemins s'il n'y a pas de neige.
Tout ce que nous considérons comme des brimades peut aussi bien s'envisager sur le mode positif. Confinement? C'est autant de circulation économisée et de bilan carbone amélioré. Et pour les artistes, les intellectuels un temps de pause et de méditation propice à la créativité.
Depuis le temps que nous sommes avertis que le moment est venu de ralentir le rythme de nos vies, que nous repoussons l'échéance et que nous nous gardons bien d'agir, prenons comme un bienfait cet arrêt inopiné.
Nous avons la chance de vivre dans un pays où même si encore beaucoup trop d'entre nous passent à travers les mailles du filet, on ne meurt pas de faim, où on bénéficie d'un système de soins pratiquement gratuit; un pas qui depuis bientôt 80 ans n'a pas connu de guerre territoriale. Si des attentats nous ont récemment endeuillés, songeons que c'est parce que d'autres contrées n'ont pas cette chance et qu'elles exportent chez nous une violence qu'engendre leur misère.
Aussi cessons de geindre et tâchons de tirer le meilleur parti de ce qui nous arrive. Les générations qui nous ont précédées et dont il reste encore quelques exemplaires ont connu bien pire


lundi 12 octobre 2020

Voyage immobile

 

La grande mer 

A rompu mes amarres 

Elle m'emporte 

Comme la semence dans la grande rivière 

La terre et les tempêtes 

Me transportent 

M'ont entraînée au loin 

M'animant d'une joie profonde.

 

 

Uvavnuk -

 

vendredi 9 octobre 2020

Mystères historiques

 

Avec les moyens scientifiques modernes, on a déjà résolu certaines énigmes historiques. On sait désormais que Louis XVII est bien mort dans la prison du Temple et que ceux qui sont apparus sous son nom étaient des imposteurs.

Mais quand il n'y plus de traces matérielles?
Par exemple on ne sait pas qui était vraiment Jeanne d'Arc. Est-il vraisemblable qu’une jeune fille de 18 ans qui jusque-là menait une vie tranquille dans la campagne lorraine puisse traverser la France à cheval et vêtue d’une armure. Bon d’accord elle ne la portait probablement pas tous les jours mais quand même quand on y pense c’est un peu compliqué à admettre. Etait-elle une demi- soeur de Charles VII, depuis longtemps formée au rôle qu’elle aurait à jouer ? L’a-t-il abandonnée au bûcher de Rouen ? Ou bien dans la fumée lui a-t-on substitué un cadavre. Elle aurait ensuite vécu à Orléans et même eu des enfants.
Et quid du frère jumeau de Louis XIV ? Etait-il le Masque de Fer- qui n'était pas de fer, d’ailleurs mais de cuir recouvert de velours- Ce frère jumeau a-t-il ou n'a-t-il pas existé et si oui, a-t-il régné à la place de Louis Dieudonné mort d'une fièvre maligne ? Le changement radical de caractère et de comportement du roi à cette époque pourrait s'expliquer ainsi. Louis XIV au moment de l'affaire des poisons a brûlé nombre d'archives déplaisantes. Etait-il le fils de son père ou de Mazarin?

Dans de domaine, les élucubrations ont autant de vraisemblance que les versions officielles qui semblent parfois en manquer. Et quels beaux sujets de romans….



vendredi 15 mai 2020

Réveil


Le matin, ce sont les merles qui sonnent le réveil. En haut parce qu’en bas, avec le double vitrage on ne les entend plus. En tout cas ça ne donne guère envie d’écouter les mauvaises nouvelles du monde tant il semblerait que rien d’heureux n’arrive sur cette planète. Aussi pour faire suite aux merles, à l’heure du thé et des tartines, j’ouvre France Musique.
Seulement voilà, depuis quelque temps les programmes du matin baignent dans la morosité ambiante. Aujourd’hui particulièrement où au bout de quelques mesures j’ai identifié Le Requiem. Alors la Folle du Logis s’est mise à pédaler dans ma tête. Ciel ! qu’est-il donc arrivé ? Qui est mort ?

Alors tandis que la bouilloire chantait, j’ai pris les nouvelles sur mon portable… Et non, rien de pire que d’habitude. Mais franchement, est-ce une façon de mettre en marche les gens ? Mozart n’a-t-il rien composé de plus gai ?

Messieurs les programmateurs réfléchissez un peu : qui a besoin de commencer la journée avec un Requiem  fût-il le plus beau de tous ?

lundi 20 avril 2020

Le chat et le merle


Les merles sifflent à cœur joie et sautillent de trilles en roulades. Le jeune Mimile tapi dans l’herbe les observe ; ce sont de beaux jouets, il voudrait bien en attraper un mais le merle est malin. Il anticipe le bond du petit fauve et va le narguer sur une branche basse du noisetier. Mimile saute, le merle saute aussi plus haut. Mimile grimpe sur les branches de plus en plus frêles et je me souviens de Pompon.

Pompon je ne l’ai pas connu mais il fut un des ces chats légendaires dont les familles gardent la mémoire. Il était noir et très poilu. Les gens du quartier l’avaient surnommé le « Chat en Culottes de Golf ». Il avait coutume de somnoler sur le rebord de la fenêtre de la cuisine. Si je n’ai pas connu Pompon, j’ai bien connu les lieux.

Donc Pompon dormait au soleil, comme dorment les chats avec vigilance. Un merle, toujours le même venait lui siffler aux oreilles,  perché sur la rambarde de la fenêtre. Pompon frémissait des moustaches, dressait les oreilles mais avant qu’il ait pu ouvrir les yeux, le merle avait sauté sur le mur qui séparait notre jardin de celui des voisins, à peine un mètre plus bas. Pompon bien réveillé ajustait un bond mais avant qu’il ait atterri, le merle avait reculé. Alors, le merle sautant et le chat rampant les deux progressaient jusqu’à un érable au feuillage panaché jaune et vert. Oui l’arbre, je l’ai connu. Un arbre vit plus longtemps qu’un chat.

Et là commençait une lente progression de branche en branche vers les hauteurs jusqu’au moment où le chat, prédateur oubliant toute prudence et son poids qui était m’a-t-on raconté respectable pour un chat, atteignait les branches trop minces et dégringolait jusqu’au pied de l’arbre tandis que le merle s’envolait en sifflant un air de victoire.