A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

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dimanche 4 octobre 2015

Cheval et discipline

Pour être efficace, la discipline doit être librement consentie. On n'obtient rien par la coercition. Il suffit pour s'en convaincre de regarder la retransmission d'une répétition d'un spectacle de Bartabas. Les consignes données à ses cavaliers disent toujours que le cheval doit comprendre et finir par aimer ce qu'on lui demande. Bien évidemment, on peut le faire obéir à la cravache et aux éperons. Mais jamais par ces moyens on n'obtiendra la danse magique de l'homme et du cheval; jamais ne naîtra la légèreté qui confine à la féerie.
L'équitation portée à ce niveau exige une discipline qui confine à l'ascèse mais qui touche aussi au grand art, et d'ailleurs aucun art ne peut s'exprimer sans discipline. Il faut le don bien entendu, mais le don sans travail et sans règle ne mène pas bien loin.
Il faut aussi savoir comprendre le pourquoi de la désobéissance; elle réside souvent en un exigence mal placée. Je me souviens d'un cheval qui exécutait parfaitement une épaule en dedans à droite et qui la refusait à gauche. Un ami grand cavalier et parfait instructeur, a fait descendre le cavalier et placé le cheval au centre du manège; il l'a longuement observé et a fini par découvrir la raison du refus: ce cheval avait la ganache gauche plus forte que la droite. Et cette disparité lui causait , dans le mouvement, une gêne proche de la douleur. Il n'était pas fait pour le dressage, de" haut niveau" en tout cas. Plein de bonne volonté par ailleurs il ne pouvait se soumettre à cette discipline.
Une discipline que j'aimais , à laquelle il m'a fallu renoncer: le Pégason était boiteux. Il souffrait d'une ostéoarthrose des antérieurs génératrice de boiteries intermittentes. Boiteries qui pouvaient se déclencher sans prévenir à n'importe quel moment. Sans compter la malice de ce grand rouquin qui eut vite fait de comprendre que boiter signifiait un retour rapide au pré.
Bref... il m'aurait fallu pour continuer changer de cheval. Mais quel est le destin d'un cheval boiteux? Je n'avais pas les moyens d'assumer deux montures, alors j'ai renoncé au dressage et passé 18 années à faire de belles ballades dans la campagne sur ce boiteux qui, avec l'aide d'un excellent maréchal ferrant n'a en fait pratiquement plus jamais boité...

vendredi 11 juillet 2014

Le pays du sourire.



Le Pégason était aimable.... un sourire ne lui coûtait rien...


mardi 10 juin 2014

En allant à la pêche aux souvenirs,

Il arrive qu'on remonte d'inattendus poissons. Anne, ma chère Anne, si tu vois ces images , montre-les à Max afin qu'il sache que je ne l'ai pas déshonoré...

Qu'il était beau, mon Pégason!


jeudi 24 janvier 2013

Au Gué , Au Gué...

Le Cher est en crue et Anne (des Ocreries) et son mari ont passé leur nuit à sortir leurs chevaux d'un panouille comme seuls savent s'y mettre des chevaux, et j'imagine qu'ils ont du être à la peine car les chevaux ont horreur de marcher dans l'eau. Pourquoi? parce qu'ils ne voient pas où ils posent leurs pieds. Et comme pour les décider force et autorité ne peuvent rien, reste la ruse.

Le Pégason (dont j'ai souvent vanté les différents mérites) avait deux refus (entre autres): un certain fossé qui traversait un pré, qui n'était ni large ni profond, mais qui ne lui disait rien et un gué. Un gué où autrefois passaient des voitures à cheval, dans une rivière pas bien large et dont ce passage avait été pavé de larges dalles, dont l'eau était claire et ne montait pas plus haut que ses genoux; pas même de quoi lui mouiller le ventre. Mais ce gué, il ne l'aimait pas et était  fermement décidé à ne jamais le traverser.

J'étais moi-même décidée bien autrement. Passer par là m'évitait de suivre une route départementale, ce qui à cheval n'est jamais agréable et aussi ce chemin traversait un grand parc forestier, à l'ombre, au lieu de traveser les champs de céréales, qui par vent, par pluie ou par soleil n'abritent guère le cavalier.
Nous en étions là en une certaine fin de matinée, moi fermement résolue à traverser et Pégason tout autant résolu à ne pas se mouiller les pieds. Nous étions en pourparlers quand l'heure a sonné au clocher de l'église annonçant qu'il était midi, qu'on m'attendait à la maison, que nous devions regagner Paris le soir même et donc qu'aucune perte de temps n'était souhaitable. Le bon sens commandait de faire demi-tour de suivre la départementale en se garant des voitures (que Sa Majesté n'aimait pas non plus et s'évertuait à tenter de botter... pour leur apprendre!!) , puis à prendre le chemin qui traversait les cultures sous le soleil de midi, en plein cagnard.
Seulement, tous les cavaliers savent bien que, si on laisse le cheval refuser, il refusera toujours et j'en veux pour preuve son autre ennemi, le fossé. Je n'étais pas seule ce jour-là et des cavaliers expérimentés, des mecs, me trouvant trop douce avec mon Pégason, ont imaginé de lui faire franchir le fossé à coups de cravaches et de branches mortes sur la croupe, si bien que... à la nuit tombée, il a fallu soit contourner le fossé, soit dormir là. On a donc contourné et le cheval qui avait compris que le fossé n'était pas obligatoire, ne l'a JAMAIS sauté.
J'étais seule et ce gué, il allait le passer Rountoudjiou!!
Des jambes, des reins, de la voix j'ai voulu le faire avancer; aucun moyen de le tenir droit, il se tortillait comme une ver, tentant même sa célèbres descente d'épaule qui d'ordinaire entraînait la descente brutale du cavalier. Mais celle-là, je la connaissais bien... le temps passait, je commençais à fatiguer... pas lui!
Il a fallu ruser... j'ai mis pied à terre et je l'ai conduit en bride au bord de l'eau, je l'ai laissé boire et lui ai fait traverser l'eau en main, aller-retour. Je suis remontée en selle, pensant que maintenant il savait où il mettait les pieds et qu'il allait y aller... Tu parles! la comédie a recommencé.


Et puis l'idée est venue: je l'ai conduit au milieu de l'eau , en main, et c'est là que je lui ai grimpé sur le dos. Feinté le Pégason, il fallait bien qu'il aille quelque part; il n'y avait plus qu'à lui mettre le nez dans le bon sens et à regagner la rive. Félicitations, récompense et retraversée dans les deux sens à deux reprises...
Il n'était pas loin de quinze heures, l'accueil à la maison assez rock n'roll, mais ensuite et jusqu'à la fin de ses jours le Pégason a traversé l'eau et pas seulement ce gué , sans plus faire de manières.



samedi 12 juin 2010

souvenir mélancolique


Les mauvais souvenirs???? je n'en ai pas ... je préfère les oublier.
Pourtant un anniversaire approche; bientôt les cerises seront rouges... C'était il y a cinq ans, par un mois de juin où il faisait un temps auquel on cherche vainement des excuses. Il faisait gris, et froid, le ciel pleurait. Mon Pégason allait mourir.
Oui, je savais qu'il était vieux; vingt-huit ans, c'est beaucoup pour un anglo. Mais il était encore si joyeux, si fringant... un peu moins sans doute depuis que la jument était morte. Inséparables ces deux-là; plus de vingt ans de pâture commune. Inséparables au point qu'il fallait ruser pour monter l'un quand on laissait l'autre au pré.
Elle, percluse de rhumatismes, de santé fragile , on attendait sa fin depuis longtemps, il n'y avait pas eu de surprise. Et lui, à son départ, n'avait pas bronché mais six mois plus tard, je l'ai vu dans le pré... triste. Je l'ai sellé plus pour le distraire que par réelle envie de monter.
Nous sommes partis, il trottait, cassait des branches qu'il croquait de bon coeur et puis soudain... comme un coup de frein... il n'avançait plus. Je l'ai stimulé, sans résultat; je l'ai mis sur le chemin du retour ce qui généralement lui faisait allonger le pas; il n'avançait pas mieux. Alors j'ai mis pied à terre et nous somme rentrés tout doucement.
J'ai appelé le vétérinaire... verdict sans appel: crise cardiaque. La jugulaire battait... battait... Rien d'autre à faire que la dernière injection. Je n'ai pas pu! Voir s'effondrer ce grand costaud était au-dessus de mes forces.
Après m'être assurée qu'il n'allait pas souffrir, j'ai préféré laisser faire la nature. Il y avait juste de temps à autre à lui faire une piqûre pour le soulager d'un emphysème pulmonaire provoqué par son état.
Il était conscient au point de faire avec ses dents on boucan d'enfer sur son abreuvoir quand il avait besoin de son injection.
Il n'y avait plus qu'à attendre. Chaque matin commençait  une nouvelle journée d'angoisse et de chagrin . C'était pitié de le voir décliner, de plus en plus maigre, les os perçant presque la peau puisqu'il n'assimilait plus la nourriture. Jusqu'à quand? Combien de temps encore? Ai-je eu tort ou raison? Fallait-il préférer l'arrachement brutal à la déchirure lente? Faire cesser la souffrance, mais la souffrance de qui? De celui qui inconscient, profitait du peu de vie qui lui restait ou la mienne?
Et puis un matin, je ne l'ai pas vu; il était tombé tout en bas du pré, dans l'ornière qui nous sépare du champ voisin. Il vivait encore et s'agitait. Alors le vétérinaire est venu; je lui ai donné un dernier sucre qu'il n'a pas avalé. Il s'est endormi vite... la pluie avait cessé et le champ était sec quand le fourgon de K.I.O est venu.
Et là encore... il a fallu lui lier les pieds, le tirer dans le fourgon où il n'était pas seul - c'est une tournée que fait K.I.O.
Puis le hayon s'est refermé, le camion est parti et là... là...mettre la bride à l'imagination, ne pas penser... surtout pas, à ce qui va se passer ensuite...
Et voyez-vous, quand on me demande pourquoi je n'ai pas un autre cheval... eh bien, c'est pour ça! Je ne crois pas pouvoir vivre une autre fois ces dernières semaines sous la pluie, ni ce départ dans le soleil du matin...non... je ne crois pas...
P.