A vous, amis des contes, des légendes, des êtres et des lieux étranges; amis des jardins, des champs, des bois , des rivières ; amis des bêtes à poils, à plumes ou autrement faites ; amis de toutes choses vivantes, passées, présentes ou futures, je dédie cet almanach et ses deux petits frères: auboisdesbiches et gdscendu.

Tantôt chronique, tantôt gazette, ils vous diront le saint du jour, son histoire et le temps qu’il vous offrira ; ils vous diront que faire au jardin et les légendes des arbres et des fleurs. Ils vous conteront ce qui s’est passé à la même date en d’autres temps. Ils vous donneront recettes de cuisines et d’élixirs plus ou moins magiques, sans oublier, poèmes, chansons, mots d’auteurs, histoires drôles et dictons… quelques extraits de livres aimés aussi et parfois les humeurs et indignations de la chroniqueuse.

Bref, fouillez, farfouillez, il y a une rubrique par jour de l’année. Puisse cet almanach faire de chacun de vos jours, un Bon Jour.

Et n'oubliez pas que l'Almanach a deux extensions: rvcontes.blogspot.fr où vous trouverez contes et légendes de tous temps et de tous pays et gdscendu.blogspot.fr consacré au jardinage et tout ce qui s'y rapporte.

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mercredi 15 février 2012

Manuel de savoir vivre avec une (et même deux)border collie


Voici deux ans, il est arrivé ceci : 


Voilà ce que ça donne aujourd’hui :








En premier lieu, chacun sait que le Border est le plus intelligent des chiens, aussi n’oubliez jamais qu’en cas de mésentente ou d’incompréhension, ils ne viennent pas de la chienne mais de vous-même qui ne savez pas vous expliquer.
Le Border possède  des qualités innombrables sur lesquelles il n’est pas utile de revenir tant sont légions ses admirateurs.
Reste à passer sur quelques défauts minimes dont on a vite raison avec un peu de sens des négociations. La coercition est contre-productive et sérieusement déconseillée ; en effet, en cas d’engueulade, le Border s’affole, prend un air de chien maltraité propre à culpabiliser le redresseur de torts pour la journée entière et même au-delà ; le malheureux animal se réfugie alors sous un meuble et son désespoir peut le pousser à en ronger frénétiquement les pieds.
Voici démasqué un des défauts : ronger, dévorer. Bounty ne s’y est pas livrée, mais en revanche Félicie, pourtant convenablement nourrie et jamais punie en raison de maladies infantiles lui accordant toutes indulgences, Félicie à la forte dentition, s’y est livrée avec ardeur. Un nombre important de godasses y ont laissé la vie ; des pieds de chaises sont désormais customisés avec assez d’originalité ; des oreillers ont paru être passés dans les griffes de Jack l’Eventreur et un édredon y a laissé toutes ses plumes ; il m’a manqué ce jour-là un tonneau de goudron pour rendre justice à la façon du juge Lynch.
Puis le temps a passé et au moyen de quelques nonosses de substitution, la manie a disparu comme elle était venue. Le nonosse, il le faut costaud, sous peine de devoir être remplacé toutes les dix minutes. Le plus simple est de cuisiner régulièrement un pot-au-feu, l’os à moëlle étant celui qui s’avère le plus résistant.
Passons maintenant au péché de jeunesse par excellence, le pissou ; ici, dans la cuisine. Explication du spécialiste : si elle fait là et pas ailleurs, c’est qu’elle est propre et d’ailleurs, le border est un chien d’extérieur, pourquoi dort-il dans la maison ? Oui, pourquoi ??? L’idée étant quand même de ne pas manier le torchon avant le p’tit déj’, il a fallu agir.
Résolution du problème : blâme sévère et privation de gâteries matinales.  On désigne le méfait d’un doigt vengeur et l’on éructe : « Cochon ! Qu’estafé là ??? Va te cacher !!! ». On a fini par en venir à bout et il faut voir Bounty (c’était elle) courir le matin toute frétillante dans la cuisine pour me montrer que tout va bien et qu’elle mérite une récompense.
Tirer comme un bœuf sur la laisse ? Normal ! Le Border n’a nul besoin d’une laisse qui entraverait son action au cas où vous seriez en danger. Sa mission est de vous garder et de vous protéger ; ne gênez pas ses mouvements… enfin !!!  tout de même !!!
C’est d’ailleurs pour cette même raison qu’il poursuit avec ardeur tout véhicule proche ou lointain (et quand le véhicule a des phares allumés… ouch !!). Mais c’est également la raison pour laquelle vous le tenez en laisse puisque vous aussi, à tort ou a raison pensez que vous devez protéger votre chien. Il faut donc un peu de temps (et de patience) pour décoder la situation.
Premièrement, expliquer que les véhicules à roues, avec ou sans moteur, ne sont pas des prédateurs naturels de l’homme qui lui a été confié ; qu’au surplus, l’homme n’est pas un mouton ou quelque autre cheptel.
Dans un deuxième temps, lui confier autre chose à garder, du genre baballe ou petit bâton ; après un temps d’incertitude, confronté au dilemme chasser la voiture ou garder le bâton, le border se souviendra qu’il est avant tout un gardien et renoncera à la chasse.
Alors vous en viendrez enfin au problème de tirer sur la laisse, épisode qu’enseignent tous les manuels d’éducation canine.  Je pense qu’il serait judicieux de le faire lire aux chiennes également.
Reste les objets variés rapportés et déposés un peu partout. Le Border ne tente pas d’améliorer votre la décoration de votre intérieur, pas du tout ! Il vous offre des cadeaux, des jouets, il aime jouer et il vous aime ; il veut vous faire partager ses joies. Il vous rapporte des petits bâtons, des lapins ou des oiseaux morts pour que vous vous amusiez à les lancer au loin sans vous inquiéter ; il ne se lassera jamais de vous les rapporter. Si vous trouvez ces jouets un peu salissants, dites-lui que vous préférez les ballons par exemple, il ne se vexera pas… il aime tant à vous faire plaisir !
Mais on ne peut pas jouer toute la journée, le border le comprend parfaitement et n’hésitera pas à vous seconder dans vos tâches ; aussi n’hésitez pas à lui confier vos outils ! A ce stade, il est admis de tricher un peu : vous utilisez un stylo, confiez-lui un os en caoutchouc ; il s’endormira le nez dessus tandis que vous écrirez et sa conscience sera tranquille.
Ce chien si attentif a aussi besoin de détente : offrez-lui un frisbee, il fera des cabrioles étonnantes. Apprenez-lui quelques tours simples : faire le beau, saluer, donner la patte (Bonjour madame, chez nous), rouler, faire des huit entre les jambes, marcher en slalom et en mesure et plus si affinités…
Et n’oubliez pas les longues marches en forêt, où il tentera bien de rassembler quelques biches ou chevreuils pour vous les offrir ; rassurez dans ce cas le garde-chasse : le border rassemble mais ne dévore pas (les chaises, oui ! les biches non !). D’ailleur c’est un chien mieux toléré par les gardes forestiers que l’épagneul ou le labrador…
Comment en finir avec cet hymne à la gloire du Border ?... de manière abrupte puisque voici Bounty (c’est la noire) qui arrive frétillante et armée d’un morceau de bois… assez écrit pour aujourd’hui, il est temps de m’occuper d’elles…